‹ De la gastronomieChapitre 50 sur 53 · CO · texte numérisé non relu

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Verdun, qu'il sortit d'une espèce de tabernacle dont il avait la clef.

Non seulement le diner fut bon, mais il fut très gai.

À près avoir parlé avec circonspection des affaires du temps, ces messieurs s’attaquèrent de plaisanteries qui me mirent au fait d’une partie de leur biographie ; ils parlèrent peu de l'affaire

qui les avait réunis ; on dit quelques bons contes, on chanta ; je my joignis par quelques couplets inédits : j'en fs même un en impromptu, et qui

fut fort applaudi suivant l'usage ; le voici :

Air: du Maréchal ferrant

Qu'il est doux pour les voyageurs De trouver d’aimables buveurs :

C’est une vraie béatitude.

Entouré d'auss: bons enfants, Ma foi je passerais céans Libre de toute inquiétude,

Quatre jours,

Quinze jours,

Trente jours,

Une année, Et bénirais ma destinée.

Si je rapporte ce couplet, ce nest pas que je € crois excellent ; jen a ait, grace au 1el ; F2

de meilleuts, et j'aurais refait celui-là si j avais

Er > ; x voulu ; mais jai préféré de lui laisser sa tournure

nn men me

d'impromptu, afin que le lecteur convienne que celui qui, avec un comité révolutionnaire en croupe, pouvait se jouer ainsi, celui-là, dis-je,

avait bien certainement la tête et le cœur d'un Français.

Il it bi ] éti

D4 avait 1en quatre 1ieures que nous étions

occuper de la ma-

à table, et on commençait à s nière de finir la soirée ; on allait faire une longue promenade pour aider la digestion, et en rentrant on ferait une partie de bête hombrée pour attendre le repas du soir, qui se composait d’un plat de truites en réserve, et de reliefs du diner, encore très désirables.

À toutes ces propositions je fus obligé de répondre par un refus: le soleil penchant vers l'horizon m ’avertissait de partir. Ces messieurs insistèrent autant que la politesse le permet, et s arrétèrent quand je leur assurai que je ne voyageai pas pour mon plaisir.

On a déjà deviné qu'ils ne voulurent pas entendre parler de mon écot: ainsi, sans me faire de questions 1importunes, ils voulurent me voir monter à cheval, et nous nous séparâmes après avoir fait et reçu les adieux les plus affectueux.

Si quelqu'un de ceux qui m'accueillirent si bien

existe encore, et que ce livre tombe entre ses mains, Je désire qu'il sache qu'après plus de trente ans ce chapitre a été écrit avec la plus vive gratitude.

Un bonheur ne vient jamais seul, et mon voyage eut un succès que je n'aurais presque pas espéré.

Je trouvai, à la vérité, le représentant Prôt fortement prévenu contre moi; il me regarda d'un air simistre, et je crus qu'il allait me faire arrêter ;

mais jen fut quutte pour la peur, et après quelques éclaircissements, il me sembla que ses traits se détendaient un peu.

Je ne suis point de ceux que la peur rend cruels, et je crois que cet homme n était pas méchant ; mais il avait peu de capacité et ne savait que faire du pouvoir redoutable qui Jui avait été confié: c'était un enfant armé de la massue d Hercule.

M. Amondru, dont je retrace ici le nom avec bien du plaisir, eut véritablement quelque peine à lui faire accepter un souper où il était convenu que je me trouverais ; cependant il Y vint, et me reçut d'une manière qui était bien loin de me

satisfaire.

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