‹ De la Gastroptose: Abaissement et Déformation de l'EstomacChapitre 10 sur 21 · ONDES · texte numérisé non relu

ONDES

A eu quatre sœurs ; deux mortes en bas âge, d’aflection indéterminée, deux vivantes et bien portantes.

Pas de maladie à noter dans son enfance, si ce n’est une rougeole à six ans.

Étant jeune fille, a toujours été maigre, pesant au maximum 50 kilogrammes, le plus souvent 45.

Réglée à quinze ans toujours régulièrement.

La malade a éprouvé vers l’âge de dix-huit ans quelques crampes d'estomac survenant plus spécialement quelques heures après les repas.

Mariée à vingt et un ans, a eu deux grossesses, l’une simple, l’autre gémellaire ; toutes deux arrivées à terme.

En allaitant, après sa deuxième grossesse, a eu quelques spasmes œsophagiens.

Depuis onze ans, époque à laquelle remonte sa dernière grossesse, elle a éprouvé des phénomènes douloureux du côté des reins et de l’estomac.

A subi, il y a quatre ans, un curetage de l’utérus, après avoir eu pendant longtemps des pertes blanches,

Les phénomènes morbides se sont un peu atténués depuis deux

ans, ils reviennent par périodes plus ou moins espacées, dans l’intervalle desquels l’état de la malade paraît être excellent.

État actuel, — Le matin, pas de symptômes morbides, pas d'état saburral; il n'y en a jamais.

L’appétit est variable, habituellement bon.

N'éprouve rien immédiatement après les repas ; mais trois ou quatre heures après surviennent des sensations douloureuses au creux épigastrique, des crampes, des tiraillements ; quelquefois les douleurs s’irradient dans tout l’abdomen et la région lombaire. Jamais de vertiges, de bouffées de chaleur ou d’oppression après les repas.

Parfois, mais rarement, des vomissements alimentaires, fréquemment la malade déclare avoir la bouche pleine d’un liquide aqueux, peu filant, de saveur douceâtre qu’elle rejette sans peine et sans effort par gorgées plus ou moins abondantes.

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Tous ces phénomènes disparaissent si la malade a le soin de se coucher ou de s'étendre pendant quelques heures tout de suite après les repas,

La constipation est d'intensité moyenne et les matières renferment assez souvent des glaires.

Signes objectifs. — Pas d'état saburral de la langue.

Dentition assez bonne.

Facies pâle et un peu bronzé, muqueuses légèrement décolorées.

Pas de douleur à la pression épigastrique, battements aortiques nets à ce niveau.

Le ventre paraît abaissé, légèrement déprimé au-dessous des côtes et laisse apercevoir un gonflement assez limité autour de l’ombilic.

La grande courbure et la limite inférieure de la petite tubérosité, recherchée par le clapotage et la succussion est à trois ou quatre travers de doigt au-dessous de l’ombilic : la petite courbure se dessine en quelque sorte à deux travers de doigts au-dessus de l’ombilic,

La percussion, la succussion et le clapotage confirment cette situation. En effet, la sonorité gastrique s'arrête à ce niveau inférieur et supérieur et on a très nettement de la matité au niveau du rebord costal.

On aperçoit quelques ondes péristaltiques peu accentuées.

Le rein droit est mobile au 2° degré,

La matité hépatique ne°se trouve ni augmentée, ni déplacée ; on ne perçoit pas la rate.

Le côlon ascendant et descendant est perceptible en état de spasme, formant la corde. On ne sent pas le côlon transverse.

29 janvier. — On fait prendre à la malade un repas d’épreuve composé de pain, viande et eau, Retiré deux heures après, il donne une bouillie abondante, très liquide, pas d’excès de mucus sur le filtre.

Acidité totale — 2,92.

Acide chlorhydrique libre, positif par la réaction de Günsbourg.

Le vert brillant donne réaction vert pré.

F, Es 2

Il y a des traces d’érythrodextrine et un peu moins d’achroodextrine.

Réaction positive des peptones.

Pas d’acide lactique ni butyrique.

Le toucher vaginal montre l’utérus assez solidement fixé en rétroversion,

Il n’y a rien à noter au cœur et au poumon.

Les urines n’ont ni sucre ni albumine.

On ne trouve aucun stigmate hystérique, quoique la malade soit d’un tempérament nerveux, qu’elle ait des colères faciles et parfois des craintes et des angoisses.

OBsERVATION II (inédite).

(Collection de M. le D' Tournier, registre 3, page 89).

Mre R..., âgée de soixante-sept ans (26 janvier 1899).

Pas d’antécédents héréditaires, fille unique, n’a eu aussi qu’une fille.

Aucune maladie à noter dans l’enfance ni plus tard.

A toujours été constipée, d’un tempérament nerveux et un peu irritable.

Toujours réglée régulièrement.

Mariée à vingt-cinq ans a eu à vingt-huit ans une grossesse mauvaise avec des vomissements pendant toute sa durée.

Légère obésité un peu plus tard.

Depuis l’âge de quarante ans, elle éprouve de fréquents malaises gastriques caractérisés par la pesanteur, des sensations de lenteur de la digestion.

Dans la nuit, sensations de malaises dans les jambes ; la malade est souvent obligée de se lever pendant une heure pour faire des renvois,

Depuis dix ans, les malaises ont un peu changé de caractère et sont du type suivant :

Le matin, sensation de chute du ventre et bouche mauvaise,

Une heure après le petit déjeuner et pendant toute la matinée, sensation de contact douloureux des aliments, nombreuses éructations sans goût, crachement abondant d'un liquide incolore, légèrement filant et de saveur un peu sucrée.

Après le repas de midi et du soir, la malade est bien pendant une heure, puis reprise plus forte du même syndrome,

Elle souffre quelquefois pendant la nuit, alors qu’elle est couchée.

Gargouillements intestinaux abondants.

Ces symptômes gastriques ont été plus ou moins périodiques, la malade est quelquefois restée plusieurs mois sans souffrir,

Depuis deux ans, elle a maigri, alors que cependant elle souffrait moins de son estomac.

. Mais l’amaigrissement et la pâleur se surtout accentués depuis le mois de juillet 1898.

Actuellement les signes subjectifs sont les mêmes qu’auparavant.

Examen objectif. — Facies pâle, amaigrissement marqué.

État saburral de la langue. Très mauvaise dentition depuis l’âge de quarante ans.

Le foie est ptosé et mobile, la limite supérieure de matité hépatique est abaissée de trois travers de doigt.

Pas de battements épigastriques.

Chute de l'estomac, clapotage sous-ombilical à 4 travers de doigt d’une ligne horizontale passant par l’ombilic.

Ventre globuleux.

Côlon ascendant en spasme.

Constipation toujours opiniâtre, avec selles glaireuses.

Un repas d’épreuve donne une bouillie CN AL mais d’extraction difficile.

Acidité totale — 3,65.

Réaction douteuse d'HCI libre par le Günsbourg.

Vert brillant donne vert pomme.

Phase de l’achroodextrine,

Un peu d’excès de mueus sur le filtre.

yo, Ve

Au cœur, choc de la pointe un peu étalé, pas de souffle, quelques irrégularités cardiaques.

Depuis le mois de juillet, urines abondantes surtout la nuit, plus de 2 litres par jour.

Un peu d'albumine.

Léger œdème des jambes il y a un mois.

Pas d’hypertension artérielle.

OBseRVATION III (inédite).

Collection de M. le D' Tournier, registre 3, p. 127.

Me P..., trente-six ans, demeurant à Lyon (10 février 1899).

Pas d’antécédents héréditaires.

Aucune maladie à noter dans l’enfance si ce n’est la rougeole.

A été élevée à la campagne et a toujours été un peu nerveuse. Dès l’enfance si on la contrariait elle perdait connaissance.

A l’âge de vingt ans, après la mort de sa mère a eu de l’aphonie pendant quinze jours.

A éprouvé dernièrement des névroses d'angoisse (phobie, craintes).

À eu quelques crises hystériques, étouffements avec perte de connaissance, quelques crises larvées.

Ovarialgie, pas d’anesthésie cutanée.

Toujours réglée régulièrement. Mariée depuis huit ans.

Trois mois après le début de l’aphonie, a eu brusquement des crampes d'estomac quelques heures après les repas, accompagnées de sensation de constriction épigastrique.

Pour les calmer, la malade éprouvait le besoin de se courber en avant, de presser avec la main sur l’estomac,

Elle eut en même temps des crachements d’eau claire.

Cette crampe a duré une demi-heure environ, après quoi la malade a été très lasse.

Depuis lors, ces crampes sont revenues très fréquemment, à peu près tous les jours et cela depuis quinze à seize ans.

Elles sont calmées instantanément par l'ingestion de lait chaud, mais le lait pris avant n'empêche pas la venue de la crampe.

Des linges chauds appliqués sur l’estomac la calment aussi.

La malade est restée trois ans sans éprouver de crampes ; elle n’en à pas eu pendant une grossesse.

Depuis trois mois, les crampes sont revenues très fortes et très violentes et surviennent régulièrement deux heures après le petit déjeuner du matin, trois ou quatre heures après le repas du midi et celui du soir.

Mais le soir les douleurs ne réapparaissent pas si la malade s’est couchée de bonne heure et s’est endormie.

L’appétit est resté bon ; habituellement il se produit deux ou trois éructations d’air après le repas; jamais d’aigreur.

La constipation est habituelle mais modérée, quelquefois des glaires, mais rarement.

L’intestin n’est pas perçu subjectivement.

Point de vertiges ni de dyspnée, quelques palpitations.

Objectivement, — Facies pâle sans être chlorotique, petit souffle veineux cardiaque, mais le sang n’est pas décoloré.

Amaigrissement notable persistant depuis l’âge de ving-cinq ans,

Etat saburral de la langue,

Dentition mauvaise depuis dix ans.

Le thorax est mince et grêle, les points où le corset paraît exercer sa pression sont élevés.

Il existe de la matité sous-cardiaque hépatique au niveau de l’espace de Traube, sauf tout à fait latéralement où on a une petite zône de sonorité très limitée.

Le foie n’est pas abaissé, mais paraît déplacé sur la ligne médiane.

On a du clapotage sous-ombilical net surtout du côté droit comme si l’estomac occupait la ligne médiane.

On ne voit pas la petite courbure.

Forme globuleuse du ventre.

Pas de glouglou rythmique spontané ; on peut cependant le pro-

Fee voquer un peu, assez difficilement, en comprimant la base du thorax.

Pas de rein mobile.

Chimisme stomacal donne l'acidité totale — 3,65,

Pas d’acide chlorhydrique libre.

Le vert brillant donne le vert pomme.

La réaction de l'acide lactique est positive, il se dégage une odeur butyrique intense.

Il y a du mucus en excès sur le filtre.

On perçoit la phase de l’érythrodextrine.

La recherche de la sensibilité fait reconnaître la présence d’une hémianesthésie droite.

On ne trouve rien au cœur ni aux poumons. Les urines de quartité normale et sans albumine renferment un petit excès de mucus.

OBSERVATION IV (inédite). | |

Collection de M. le D' Tournier, registre 3, p. 59.

Me L..., demeurant à Lyon, cinquante ans (15 janvier 1899).

Pas d’antécédents héréditaires.

Rougeole et coqueluche dans l’enfance. |

Toujours réglée régulièrement depuis l’âge de treize ans.

Mariée à vingt-deux ans, a eu quatre grossesses à terme et qui ont évolué sans troubles nettement caractérisés.

À toujours été vive et d’un caractère impressionnable se mettant assez fréquemment et rapidement en colère.

La malade s’est surmenée pendant de longues années, fournissant jusqu’à dix-huit heures de travail par jour, se livrant même à des travaux pénibles (elle aidait à charger sur des voitures des ballots de soie).

Il y a douze ans environ, la malade ressentit brusquement, après un violent effort, une douleur très forte dans tout l'abdomen, il lui sembla que quelque chose lui était tombé dans le ventre.

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Elle fat obligée de s’aliter pendant six jours et reprit ensuite son travail.

On lui ordonna alors le port d’une ceinture, mais au bout de deux mois elle la supprima de son propre chef,

Deux ans environ après cet accident, c’est-à-dire il y a dix ans, la malade commença à éprouver des malaises au creux épigastrique, des sensations de brûlure, de tiraillement, des crampes.

Elle eut à ce moment quelques vomissements aqueux et alimentaires qui survenaient irrégulièrement tous les huit jours et plus rarement.

Elle fut obligée depuis lors de surveiller son régime, remar quant elle-même qu’il y avait beaucoup d'aliments qu’elle ne digérait qu'avec peine. Se nourrissait presque exclusivement de blanquette de veau.

Ces malaises réapparurent d’une façon plus continue et plus violente, il y a sept mois environ, à la suite de chagrins et d’ennuis,

Objectivement. — Facies normal, aspect général bon quoiqu'il y ait un grand amaigrissement : la malade déclare avoir perdu 12 kilogrammes en dix mois; la dentition est bonne, mais la malade dit manger très rapidement sans prendre le temps de mastiquer ses aliments.

Il n'y a pas d'état saburral de la langue. L’abdomen est proéminent à l’ombilic, tandis que le creux épigastrique est nettement déprimé.

Le foie s’abaisse un peu, on peut le remonter, ce qui soulage la malade. Sa face supérieure est devenue antérieure ; la matité hépatique commence à 2 travers de doigt au-dessus du rebord costal.

Matité épigastrique. !

Clapotage manifeste à trois travers de doigt au-dessous de l’ombilic.

Vomissements survenant quatre ou cinq heures après les repas, presque toujours alimentaires.

Sensation d’eau sucrée à la bouche, la malade crache fréquem-

ment,

onde

Éructations fréquentes et sonores, sans goût caractérisé.

28 mars. — On procède à un nouvel examen de la malade, qui, depuis le 15 janvier avait été soumise à un traitement suivi. Port d’une ceinture, repas fixes, viandes pilées, bien cuites, pas de légumes crus, mastication lente, eau de Vichy.

La malade est allée tout à fait bien jusqu’à il y a quinze jours. Ses malaises étaient bien moins forts, mais elle n’a pas engraissé cependant.

Au mois de mars, à la suite de quelques ennuis, a eu de nouveaux malaises.

De suite après les repas et pendant les repas, gonflement de l'estomac avec sensation de malaise intense, elle est soulagée par quelques renvois.

Il semble bien aussi qu’il y ait un peu d’aérophagie.

On l’examine quatre heures après le repas de midi, la malade a des renvois nombreux.

On fait les mêmes constatations que la première fois.

Le tour de la taille pris au niveau de la 8° côte est de 68 centimètres ; pas de déformation thoracique,

Le tour de l’abdomen à l’ombilic est de 72 centimètres. L’ombilic est à égale distance du pubis et de l’appendice xiphoïde : {4 centimètres de l’un et de l’autre.

Avant l’insufflation, la limite inférieure de l’estomac est à 7 centimètres au-dessus du pubis. La petite courbure ne se perçoit pas; elle est masquée par le foie qui dépasse la ligne médiane et empiète sur le côté gauche. |

On a un peu de péristaltisme,

Sur la ligne mamelonnaire on trouve une bande, ‘de sonorité médiocre mais profonde, large de 4 à 5 centimètres, qui se continue avec la sonorité gastrique.

On introduit dans l’estomac 3 grammes de bicarbonate de soude et 2 grammesd’acide tartrique. On voit l’estomac se dessiner. La limite inférieure de sonorité est à 6 centimètres au-dessus du pubis. On ne peut voir la petite courbure qui est toujours sous le foie.

La sonorité latérale a 8 centimètres de largeur ; elle est nettement accrue.

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