‹ De la Gastroptose: Abaissement et Déformation de l'EstomacChapitre 11 sur 21 · SL LOO ER · texte numérisé non relu

SL LOO ER

Pas de rate mobile, ni de néphroptose.

Le sang est très décoloré, aspect anémique des téguments et des muqueuses.

Mais pas de signes de tumeur. Les borborygmes sont nombreux, la constipation a presque cessé.

OBSERVATION V (inédite).

Collection de M. le D' Tournier, registre 8, p. 66.

Me P..., habitant New-York, trente-deux ans (4 janvier 1899).

Pas d’antécédents héréditaires gastriques. Mère morte d’affection cardiaque, Une sœur morte d’une maladie du foie.

Dans l’enfance, rougeole, coqueluche, scarlatine.

Réglée à treize ans, a été anémique surtout à quinze, dix-neuf et vingt-quatre ans; elle a d’ailleurs toujours le facies pâle de l’anémie. ,

Elle se plaint d’avoir eu à ce moment-là quelques troubles digestifs peu accentués survenant plus spécialement une heure après les repas et consistant en quelques tiraillements d'estomac, parfois quelques brûlures et quelques renvois acides.

Ces troubles s’accompagnaient d’un peu d’état saburral le matin et d’un peu d’anorexie,

Me P... a toujours eu une très mauvaise hygiène alimentaire, mangeait beaucoup de pâtisseries et de gâteaux.

Depuis de longues années elle porte un corset qui l’enserre forte. ment et lui fait la taille dite de guêpe.

Elle est habituellement constipée,

Mariée à vingt-sept ans, n’a rien eu de particulier dans sa santé jusqu’à vingt-neuf ans où elle a eu un accouchement difficile. Elle semble avoir eu quelque jours après de la fièvre : en tout cas, elle a présenté à ce moment un état psychique délirant qualifié par des idées fausses et des actes bizarres,

À guéri complètement, mais a gardé une fissure anale qui a ultérieurement guéri. |

En juin 1897, elle s’est aperçue, dit-elle, d’une chute de matrice pour laquelle elle a été soignée ainsi qu’en 1898.

En août 1898 ont commencé quelques troubles digestifs et intestinaux : elle a eu en effet, pendant quelques jours, une poussée pseudo-dysentérique de côlite muco-membraneuse.

Depuis lors, l’état général a périclité.

On a porté à New-York le diagnostic d’ulcère de l'estomac et on a fait suivre un régime sévère.

Les malaises sont du type suivant : à jeun, sensation de vide au creux épigastrique ; une demi-heure à une heure après le repas, la malade a quelques éructations, parfois quelques aigreurs, des sensations de brûlure, des sensations douloureuses de toute sorte, de faiblesse générale, d’asthénie. Cet état dure quelques heures, puis tout disparaît.

Pas de vomissements. Un peu d’anorexie : la constipation persiste.

Objectivement. — Facies pale, état général médiocre, amaigrissement notable.

Dentiers artificiels. Léger état saburral de la langue.

Le foie paraît normal, la matité hépatique ne se trouve ni accrue, ni déplacée.

La palpation donne du clapotage au-dessous de l’ombilic et, par la percussion, on voit que la limite inférieure de la sonorité gastrique est à deux travers de doigt au- dessous de l’ombilic et que la limite supérieure se trouve à deux travers de doigt au-dessous du rebord costal.

La percussion auscultée confirme tous ces renseignements.

Pas de douleur à la pression dans la région épigastrique.

Un repas d’épreuve donne une bouillie épaisse : acidité totale — 2:09.

Pas d'HCI libre par le Gunsbourg.

Réaction du vert brillant faible — vert pomme léger.

Excès de mucus sur le filtre.

Phase de l’achrosdextrine.

Odeur butyrique.

ie LP

La palpation permet encore de noter un spasme intense du côlon ascendant et un rein droit très mobile.

Rien au cœur ni aux poumons. Pas de stigmates hystériques. Les urines sont normales.

OBsERvATION VI (inédite).

Collection de M. le D' Tournier, registre 1, page 448; registre 2, page 32,

M"eM..., trente ans (octobre 1894).

Comme antécédents héréditaires, grand-père mort d’un careinome d'estomac.

Mère bien portante, Sœur nerveuse et dyspeptique.

Rougeole et scarlatine dans l’enfance,

Excellente santé antérieure sans troubles digestifs, sans névropathie.

La maladie ‘actuelle a débuté il y a un an par de l’inappétence.

Mai 1894. — Début des vomissements alimentaires ; la malade a été soignée par M. le D' Cordier qui a constaté un abaissement de l’estomac.

Il a prescrit la ceinture de Glénard qui a fait cesser les vomissements pendant quelques semaines.

Puis les vomissements réapparaissent et prennent le caractère des vomissements de rétention. Elle a alors le syndrome clinique des sténoses du pylore.

Objectivement.— On constate un estomac dont la limite inférieure est à quatre travers de doigt au-dessous de l’ombilic : la petite courbure est abaissée et est perceptible à deux travers de doigt au-dessus de l’ombilic.

Clapotage manifeste.

A droite de la ligne médiane, on perçoit une petite tumeur grosse comme une noix, tumeur très mobile sous le doigt ; en la

faisant mouvoir, on peut arriver à la percevoir jusque dans la fosse iliaque droite.

On a nettement des mouvements péristaltiques visibles à travers la paroi.

13 octobre, — La malade étant à jeun depuis la veille, on retire des aliments de l'estomac : leur acidité totale est de 2,9.

15 octobre. — On fait un lavage de l'estomac ; le lendemain matin, on passe la sonde et on retire un peu de mucus qui ne renferme pas d’acide chlorhydrique : donc pas d’hypersécrétion,

Le même jour on donne un repas d’épreuve ; on retire une bouillie stomacale qui renferme de l’acide chlorhydrique combiné, mais pas d'HCI libre.

La malade a été soumise à un traitement demi-liquide, maïs la sténose s’est accentuée.

En janvier 1895, la malade a été vue en consultation par M. le D' Bouveret qui a constaté les signes de sténose du pylore.

On décide et fait accepter une intervention qui est faite le 17 février 1895, par M. Jaboulay,

On fait une gastro-entéro-anastomose avec le bouton de Murphy.

Le pylore est toujours mobile, on trouve deux nodules sur le pylore ayant le volume d’une noix et une petite masse sur l’épiploon,

L'opération est suivie de résultats médiocres ; la circulation gastro-intestinale ne s’est pas rétablie, on a du reflux biliaire dans l'estomac.

La malade meurt le 29 juin 1895, après avoir présenté une péritonite cancéreuse et des noyaux de généralisation dans le foie.

OBSERVATION VII (inédite).

Collection de M. le D' Tournier, registre 1, p. 384.

M" C..., trente-six ans (mai 1894).

Rien dans les antécédents héréditaires.

= Re

Rougeole et coqueluche dans l’enfance.

Réglée régulièrement depuis l’âge de quatorze ans.

Etant jeune fille a souffert de tiraillements et de crampes d’estomac, phénomènes qui se sont accentués il y a dix ans.

Mariée à vingt-quatre ans, a eu quatre enfants vivants et bien portants,

Depuis un an ou deux, état neurasthénique léger avec un sommeil agité, de la céphalée, des vertiges.

Les troubles gastriques se sont accrus, l’amaigrissement est considérable.

Les phénomènes douloureux surviennent assez régulièrement trois ou quatre heures après le repas de midi et après celui du soir. Ce sont des douleurs irradiées plus ou moins à tout l'abdomen mais partant de la région épigastrique, accompagnées de sensation de gêne, de réplétion, de tension gastrique.

Jamais de vomissements alimentaires.

Quelquefois la malade rejette par la bouche une quantité variant d’une cuillerée à soupe à un verre à vin, d’un liquide aqueux sans saveur et sans odeur.

Les douleurs disparaissent si la malade a le soin de s'étendre pendant plusieurs heures, immédiatement après le repas.

Objectivement, — Facies pâle et anémique, muqueuses décolorées, état général profondément amaigri : la langue est un peu saburrale, L’abdomen est saillant dans la région ombilicale, aplati légèrement au creux épigastrique. On perçoit du elapotage à quatre travers de doigt au-dessous de l’ombilic. La grande courbure se termine assez nettement à ce niveau, grâce à quelques mouvements péristaltiques que l’on produit facilement par la friction de la peau à ce niveau.

La petite courbure est aussi abaissée et la percussion montre qu’elle siège à deux travers de doigt au-dessus de l’ombilic.

On ne sent aucune tumeur dans la région pylorique. Le foie ne paraît ni abaissé, ni augmenté de volume. Le rein droit quoique légèrement mobile ne paraît pas déplacé,

On ne perçoit pas la corde côlique.

L’exploration par un repas d’épreuve montre qn'il y a une acidité totale très faible avec absence d’acide chlorhydrique.

On ordonne à la malade le port d’une ceinture, de la teinture de noix vomique, des frictions abdominales, un régime sévère, et l'amélioration se fait rapidement en l’espace de deux mois.

OgsErvaTION VIII (inédite).

Collection de M. le D' Tournier, registre à, page 116.

Me L..., trente-trois ans, institutrice (Drôme) (9 février 1899).

Pas d’antécédents héréditaires ni personnels à relever dans l'enfance et l'adolescence, — N'était pas nerveuse ; digérait bien.

Mariée à vingt ans ; a eu une fillette bien portante, Depuis cette époque, a été légèrement nerveuse à la suite de son accouchement; a eu pendant sept ou huit ans des tiraillements d'estomac lorsqu'elle était debout ; ne souffrait pas du tout assise ou couchée. Les tiraillements se manifestaient habituellement un certain temps après le repas, mais quelquefois elle les éprouvait en mangeant. — Aurait été guérie de ces malaises par une poudre qu'elle ne peut désigner.

Depuis son accouchement, elle était moins colorée, moins fraîche, avait un peu maïigri ; ses règles étaient peu abondantes. Un peu de leucorrhée. Quelquefois un peu de constipation.

En somme, était assez bien portante et pouvait exercer sans fatigue sa profession d’institutrice.

L'été dernier, la malade a eu un peu d’anorexie pour la viande, sans autre symptôme.

Il y a six mois, à Marseille, après une promenade à bicyclette, elle fut prise de douleurs dans le côté gauche, sous les côtes ; ces douleurs, survenues brusquement, furent assez fortes pour qu’on dût la reconduire chez elle, Cinq à six jours après, elle commença à vomir et, depuis lors, tous les jours ou tous les deux jours, se produisent des vomissements alimentaires, le plus souvent dans l'après-midi, une à deux heures après le repas. Au dire de la malade, les aliments sont vomis non digérés, sans saveur et sans

SIRET

beaucoup d'efforts. Après les vomissements, la malade a faim et se remet volontiers à manger.

Elle a maigri de 11 kilogrammes pendant ces quatre mois.

Après le repas, sensation de ballonnement et de pesanteur, mais pas de véritables douleurs, Jamais de vomissements de sang. Quelquefois des frissons après le repas.

Depuis quatre mois, constipation intense avec expulsion de glaires et de membranes. Les règles n’ont pas réapparu depuis le mois de décembre,

À l'examen objectif, on note l’état saburral de la langue ; on voit, lorsque la malade est examinée couchée, une saillie très nette au niveau et surtout au-dessous de l’ombilie; la limite inférieure de l'estomac paraît être à trois ou quatre travers de doigt au-dessous de l’ombilic; on voit la petite courbure se dessiner au niveau de la dépression ombilicale. Ces constatations sont faites à l’aide du clapotage, de la percussion et de la vue de mouvements péristaltiques délimitant l'estomac.

Il existe une zone de sonorité assez large, qui remonte sous les côtes. On constate entre l’ombilic et l’appendice xiphoïde une tumeur très mobile, du volume d’une petite noisette.

Pas de douleur à la pression.

L’intestin n’est pas perçu au palper. Pas de ganglions inguinaux ni sus-claviculaires.

Rien à l’utérus, au poumon, ni au cœur.

Sang très décoloré. Souffle veineux vasculaire au cou.

Urines rares, renfermant un anneau assez net d'albumine.

Les tiraillements ont eu un début brusque, trois semaines après l'accouchement, pendant une course en voiture. La crise a été très douloureuse, arrachant des cris à la malade ; on a dû faire arrêter la voiture.

10 février 1899. — Repas hier, à 3 heures de l’après midi. La malade a vomi ce matin à 7 heures. Cependant, à 9 heures, on retire encore de son estomac 500 grammes de bouillie sans odeur, d’acidité totale — 2,55, avec HCI libre (réaction faible).

Vert brillant — vert pré.

Phase de l’érythrodextrine.

Pas d’acide lactique ; pas d'acide de fermentation.

Pas d’excès de mucus sur le filtre.

Dansl’après-midi, on retire un repas d’essai (pain, 120 grammes; viande; 80 grammes; eau, deux verres ordinaires) ingérée depuis deux heures.

490 grammes de bouillie sont retirés.

Acidité : 1,825.

Pas d'HCI libre.

Très légère réaction du vert brillant.

Acide lactique.

Phase de l’érythrodextrine.

Nouvel examen de l’estomac : on constate encore la poche ombilicale décrite et des ondes péristaltiques; on sent à nouveau la petite tumeur. Traitement institué.

6 avril 1899, — La malade est revue. Le traitement a été incomplètement suivi pendant une à deux semaines, au point de vue du repos au lit. Depuis le début du traitement, la malade n’a plus vomi ni souffert. Son poids a augmenté de8 kg. 500; il est actuellement à peu près normal : 56 kilogrammes.

Elle a mangé ces jours-ci comme tout le monde, parce qu’elle n’était pas chez elle, et n’a eu cependant ni vomissement ni douleurs. La constipation a cessé. Les règles n’ont pas réapparu.

Sang beaucoup moins pâle, mais encore un peu décoloré,

Pas d’albumine dans l'urine,

La malade à beaucoup d’appétit et déclare pouvoir manger chaque jour deux douzaines d'œufs.

Repas d’essai analogue au précédent (pain, 120 grammes; viande, 80 grammes; eau, deux verres). Deux heures après, on constatela saillie ombilicale et sous-ombilicale s’accentuant dans la station debout; quelques mouvements péristaltiques visibles, provoqués par la percussion, non spontanés ; la grande courbure descend à quatre travers de doigt au-dessous de l’ombilie; la petite courbure forme un V dont le sommet est exactement sous l’ombilic,

Légère bande de sonorité sous-costale, large de trois travers de doigt à peu près.

Ombilic situé à 15 centimètres du pubis ; à 41 centimètres de l’appendice xiphoïde,

= Périmètre thoracique mesuré sur la face antérieure au niveau de

la & côte — 72 centimètres.

Périmètre mesuré au-dessus des côtes, un peu au-dessus de l'ombilie — 67 à 68 centimètres ; mesuré à 1 centimètre au- dessous de l’ombilic — 77 centimètres; ce dernier atteint 79 à 80 centimètres dans la station debout.

L’estomac étant en état de tonisme, on ne parvient pas à sentir la petite tumeur constatée précédemment. -

On passe la sonde et on retire avec difficulté 15 à 20 grammes de bouillie stomacale assez épaisse, qui donne les réactions sui-vantes :

Acide totale — 2,19.

Le réactif de Günsbourg ne donne pas la réaction d'HCI,

Le vert brillant donne une réaction faible.

L’acide lactique existe en petite proportion,

Phase de l'achroodextrine.

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