‹ De la Gastroptose: Abaissement et Déformation de l'EstomacChapitre 12 sur 21 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(Collection de M. le D' Tournier, registre 3, page 216.)

Mn° F..., cinquante et un ans (31 mars 1899),

Pas d’antécédents héréditaires. Bonne santé antérieure.

Un frère atteint d’épilepsie traumatique.

Réglée à vingt ans. Mariée à vingt-deux ans ; a eu deux enfants très bien portants.

De trente à quarante ans, elle a eu quelques malaises d'estomac survenant un peu tardivement après les repas; quelquefois sensation de brûlure pour laquelle la malade consulta un médecin à deux ou trois reprises.

Ménopause il y a un an,

Au mois de juillet 1898, la malade ayant travaillé pendant plusieurs heures à semer des pommes de terre, en restant courbée en

ET ue

avant et portant dans son tablier des pommes de terre qui appuyaient sur le ventre, commença le soir même à souffrir au niveau de l’épigastre et dans le dos. Quelques jours après, phénomènes douloureux assez accusés pour obliger la malade à s’aliter. Elle a gardé le repos au lit pendant plusieurs semaines, souffrant toujours un peu. En septembre et en décembre, nouvelles périodes de repos au lit.

Amaigrissement notable à ce moment.

En janvier, la malade, sur les conseils d’une autre malade, à pris du bicarbonate de soude qui l’a beaucoup soulagée : elle a pu se lever et engraisser.

Depuis quelques semaines, nouveaux phénomènes douloureux ; la malade vient consulter,

Le syndrome a été et est en somme actuellement le suivant : le matin, quelques sensations de brûlure à l'estomac calmées par le petit repas; mais une heure après celui-ci surviennent quelques éructations, quelques phénomènes douloureux dans le dos, les reins, le ventre, quelquefois un peu de brûlure à l'estomac. Les douleurs sont calmées par le repas de midi. Puis une ou deux heures après, le syndrome réapparaît plus intense, avec régurgitations acides. Après le repas du soir, nouvelle apparition du syndrome. Au début des accidents gastriques, la malade a été constipée et a remarqué la présence de glaires dans sés selles.

Au moment de son repos au lit, elle ne pouvait, dit-elle, rester levée « à cause que ça fatiguait son estomac »; elle ne vomissait pas, mais le goût des aliments lui revenait à la bouche après le repas.

Dans ces derniers jours, un peu de diarrhée par côlite probablement pseudo-dysentérique.

Le facies est pâle, un peu jaunâtre. Le sang est un peu décoloré, Appétit un peu diminué, mais a toujours persisté.

Examen de la malade couchée :

Ventre proéminent au-dessous de l’ombilic; ligne supérieure de sonorité en forme de V à branches assez largement ouvertes, descendant jusqu'à l’ombilic; grande courbure située à deux ou trois travers de doigt au-dessus du pubis,

PACOOIEE

L’estomac, en tonisme, se dessine sous la paroi; il est assez visible. Pas de clapotage, Mouvements péristaltiques peu nets : légères ondulations. Bande latérale mammaire de sonorité profonde, de trois doigts de largeur seulement.

Vers la région pylorique, légère induration ?

Côlon ascendant et côlon descendant en état de spasme; peu de douleur au palper.

Ces constatations ont été faites cinq à six heures après un repas.

Le foie est normal. Rien au cœur ni au poumon. Nervosisme modéré. Rien au toucher vaginal ni au toucher rectal.

Urines foncées avec anneau net d’albumine. Pas de sucre.

Le lendemain, 1* avril, à jeun, on retire avec la sonde 50 à 60 grammes de liquide jaunâtre, teinté par un peu de bile, avec un peu d’HCI libre et combiné (acidité totale — 2,55). La malade est examinée couchée : on n’a plus l’estomac proéminent à l’ombilic; on perçoit bien la corde côlique en état de spasme.

On insuffle l’estomac avec la bouche. On a très nettement une saillie ombilicale ; la petite courbure est à l’ombilic; la limite inférieure est à 4 centimètres au-dessus du pubis; la bande de sonorité costale apparaît large de 4 centimètres seulement.

On a, vers le pylore, comme une légère sensation de rénitence, comme un cordon un peu allongé (pylore, pancréas).

Battements épigastriques nets.

Un peu de douleur à la pression du pylore.

Rein droit mobile; foie un peu abaïssé.

Un repas d'essai n’a pu être retiré en raison du spasme du cardia; le tube de Faucher paraît ne pas pénétrer dans l'estomac et s'arrêter cependant à une distance telle que l’on doit songer à un abaissement du cardia.

OBsErvaïriION X (inédite).

(Collection de M. le D' Tournier, registre 2, page 863).

Mwe M.., vingt-cinq ans, employée de magasin (septembre 1898).

Pas d’antécédents héréditaires.

Dès l'enfance, un peu nerveuse, impressionnable, besoin de mouvements.

Réglée régulièrement depuis quatorze ans.

Mariée depuis quatre ans, a eu un enfant il y a trois ans qui est mort à l’âge de seize mois, Pas de grossesse ultérieure.

Utérus légèrement abaissé, paraît normal. La trompe gauche est perçue légèrement tuméfiée.

Pas de crises hystériques ni de stigmates. Pas d’insomnie ni de stigmates neurasthéniques. Elle est peureuse et pleure souvent.

A eu dans l’enfance la rougeole et la scarlatine.

Elle digérait bien, était peu constipée, aurait été chlorotique à quatorze ans et avait présenté à ce moment quelques troubles digestifs.

En 1899, pendant huit jours, a souffert au creux épigastrique et a dû garder le lit : elle restait pliée en avant à cause de la douleur et elle vomissait tout ce qu’elle prenait. Depuis cette époque a été constipée.

Déjà, avant sa grossesse, avait le ventre un peu ballonné.

Pendant sa grossesse a eu très gros ventre.

Depuis l’accouchement, constipation opiniâtre : ventre ballonné, surtout après les repas : elle éprouve une sorte de pesanteur etun léger état ébrieux. Le soir, elle ne peut manger que très peu. Les malaises se sont accentués depuis six mois.

Depuis deux mois, elle a de l'anorexie, elle mange très peu et le ballonnement est encore plus considérable après les repas; elle ne vomit pas.

Depuis huit jours, un peu de ptyalisme,

Objectivement. — Ventre volumineux, tympanique, abaissé en totalité.

Il n'existe pas de sonorité sous-costale, pas de glou-glou, clapotage sous-ombilical. |

La grande courbure se voit à deux travers de doigt au-dessous de l’ombilic; on la délimite par le clapotage et la succussion auscultée.

Ale —

En raison du tympanisme, on ne voit pas les limites de la petite courbure : elle paraît être à deux ou trois travers de doigt audessus de l’ombilic.

Spasme du côlon ascendant,

Rein droit un peu mobile.

Rien au cœur ni au poumon,

Chimisme stomacal. — On extrait difficilement une petite quantité de bouillie stomacale avec des parcelles de viande inattaquées.

L’'acidité totale — 1,46, Pas d’HCI libre.

Odeur butyrique.

Acide lactique positif.

Erythrodextrine.

Excès de mucus.

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