‹ De la Gastroptose: Abaissement et Déformation de l'EstomacChapitre 20 sur 21 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

La gastroptose est, avons-nous dit, une maladie qui peut guérir, ou du moins si l’estomac une fois ptosé ne peut reprendre complètement la situation qu'il doit occuper normalement, une thérapeutique rationnelle rendra à peu près nuls les signes subjectifs qu’on avait observés. Comme celui de la plupart des maladies, le traitement de la gastroptose doit être à la fois symptomatique et causal.

Le corset, souvent responsable de la gastroptose, devra être supprimé : on le remplacera par une ceinture sousmammaire, assez large, mais faite avec un tissu rigide qui servira à retenir les jupes. On fixera cette ceinture par des bretelles passant sous les épaules.

Il n’est point aisé de faire renoncer une femme au port du corset ; dans les cas, etils seront nombreux, où on se butera à un refus de ce genre, on pourra avantageusement prescrire un corset large et court, prenant bien la forme naturelle de la taille ; il est préférable qu'il soit d’un tissu très ferme afin de résister à la pression des cordons des robes.

C’est encore s’attaquer à la cause que de prescrire Île remède héroïque de Glénard, la sangle hypogastrique. On a donné de cet appareil de fort nombreuses descriptions et beaucoup d'auteurs ont apporté des modifications à la

TO sangle-type de Glénard. Ewald et son élève Küttner ont employé, pour relever les parois apdominales et les viscères prolabés, une ceinture d’étain légèrement courbe dont la grandeur varie suivant celle de l'abdomen. On la garnit de telle façon que son épaisseur aille en diminuant de bas en haut. Ge bandage est maintenu par des ressorts appropriés. Ces deux auteurs disent avoir obtenu d’excellents résultats avec leur ceinture; maïs c’est à notre avis un moyen trop compliqué et nous croyons préférable d'employer la sangle de Glénard ou encore une simple bande de flanelle que l’on entoure autour de l’abdomen en serrant fortement. L'application d’un bandage est, en général, suivie d'une sédation à peu près compléte de Fous les symptômes.

Glénard'avait bien’ affirmé que cette sangle agissait en relevant les organes ptosés, mais Bial, dans une série d'expériences, a prouvé que la limite inférieure de l’estomac ne remontait pas par l'application d’un bandage, Quoi qu’il en soit, c’est là le (rarement de éhoïx dans la Stbin rité des cas.

C’est aussi pour remédier ‘à la position défectueusé de l'estomac que Duret, de Lille, et ‘d’autres auteurs ont employé la gastropexie, tandis que quelques chirurgiens, plus nombreux à lheure actuelle, font ane gastro-entéroanastomose. Nôus ne voulons point entrer dans le détail de ces opérations ét nous nouscontenterons d'affirmer que ces deux interventions ont été suivies dans certains cas de notables améliorations.

Il est aussi indiqué d'ouvrir la cavité abdominale et de rompre les adhérences qui se sont produites lorsque ce sont elles qui sont la cause de la gastroptose,

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A côté de ces traitements qu’on pourrait appeler curatifs, il en est une multitude d’autres presque aussi impor tants. On pourra calmer les sensations douloureuses dont se plaignent les malades par des applications chaudes sur la région péri-ombilicale; on emploie à cet effet une serviette imbibée d’eau assez chaude et bien exprimée ; on l’applique sur la régiôn douloureuse, puis on l’enveloppe de gutta-percha afin de lui conserver plus longtemps sa chaleur.

L'alimentation dela malade sera surveillée avec soin et M. le D° Tournier prescrit à ses malades de prendre du lait dans lequel on bat des œufs en quantité aussi nombreuse que peuvent le supporter les malades; il leur ordonne de ne manger que de la viande hachée très fin et réduite presque en bouillie et de boire de l’eau de Vichy.

Mais si l’occlusion pylorique est assez accentuée pour produire de la rétention alimentaire et des fermentations gastriques, il est indiqué de faire des lavages de l’estomac. On devra aussi traiter la constipation, soit à l’aide de laxatifs, mais plutôt à l’aide de lavements. M. Tournier fait prendre tous les quatre à cinq jours à ses malades un lavement de 300 à 400 grammes d’huile d'olive, le soir, et conseille de le garder jusqu’au lendemain matin.

On relèvera les forces de la malade par des médications appropriées et l’on combattra, dans la mesure du possible, les symptômes d’anorexie que l’on voit se manifester.

Enfin, on pourra essayer d’accroître la tonicité des parois abdominales par l’hydrothérapie, par des frictions sèches de l’abdomen, par le massage, l’effleurage, le pétrissage ou le tapotement de la région gastrique; l’é-

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lectricité et la faradisation pourront rendre quelques services. Le repos au lit est indiqué et la malade au début devra rester couchée toute la journée, puis peu à peu elle ne sera plus obligée que de s'étendre un temps plus ou moins long, deux à trois heures environ après chaque repas.

Grâce aux moyens que nous venons sommairement d'indiquer, les signes subjectifs ne tarderont pas en général à s’atténuer et à disparaître, la malade reprendra de l’embonpoint, son état général s'améliorera rapidement, ses forces reparaîtrout et bientôt elle pourra reprendre ses occupations et vivre de la vie commune.

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