HISTORIQUE
Les déplacements de l’estomac n’avaient pas passé inaperçus aux auteurs anciens : nous avons trouvé dans la littérature médicale quelques cas assez nets de gastroptose. Dès 1729, Lieuteaud, dans son Historia anatomicomedica, relatait quelques faits où l’autopsie avait montré des estomacs situés au-dessous de l’ombilic, Un peu plus tard, Morgagni rapporte en son ouvrage : De sedibus et causis morborum, en même temps qu’une observation de son maître Valsalva, deux cas personnels, où l’étude clinique des malades lui permit de penser à un abaissement de l'estomac, qui fut constaté à l’autopsie. Vicq d’Azir accuse les corps à baleine de refouler l'estomac au-dessous de l’ombilic et Portal, en 1803, enseigne, dans son cours d'anatomie, que l'estomac, s’il est relativement fixe, peut cependant subir des déplacements vers le bas.
Andral, en 1821, dans le Journal de Physiologie expérimentale de Magendie, rapporte une trés belle observation d’estomac abaissé et dilaté. Vers la même époque, Frédéric Maeckel indique la possibilité de cette dislocation ; Wirchow, en 1853, et Küssmaul, en 1880, la mentionnent aussi.
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Mais ce sont là quelques faits restés épars dans la science jusqu’au moment où Glénard, dans une série de travaux parus depuis 1885 dans la Province médicale, le Lyon médical, le Bulletin de la Société médicale des hôpitaux et surtout dans la Revue des maladies de la nutrition qu’il fonda à Vichy en 1893, fit de la gastroptose presque une entité morbide et en fixa le mécanisme pathogénique et l’étiologie. Les comptes rendus et les travaux originaux se multiplient alors, surtout en Allemagne où les communications de Glénard semblent avoir provoqué les recherches les plus nombreuses.
Nous trouvons, en France, les noms de Pourcelot, de Cuilleret, de Chéron, de Hernette qui consacrent à l’étude de l’entéroptose leurs thèses inaugurales, de Ferréol qui soutient à la Société de médecine des hôpitaux l’opinion de Glénard, de Trastour et de Montunuis qui opposent le syndrome de la neurasthénie gastrique et de la gastroptose à celui de la dilatation stomacale de Bouchard. M. Bouveret fait faire les thèses de Chapotot et de Perret, et, dans son Traité des maladies de l'estomac, fait une courte mais excellente monographie de cette affection; Hayem et Lion lui consacrent aussi quelques pages dans le traité de Brouardel. Vers la même époque, Boudou reprend la théorie de Meynert et, dans sa thèse de Toulouse, 1896, étudie les rapports de la gastroptose et de la chlorose. Enfin M. Bouveret, dans la Revue de médecine de 1896, publie l’observation d’un malade atteint d’une sténose pylorique et d’un abaissement consécutif de l’estomac occasionnés par des adhérences de la cavité gastrique et de la vésicule biliaire.
Paul Delbet, en 1898, cite le cas d’une malade chez qui
des adhérences inflammatoires que le grand épiploon avait contractées avec les organes pelviens, amenèrent un abaissement notable de l’estomac.
Le professeur Bourget, de Lausanne, inspire la thèse de Poltowiez en 1892 (Contribution à l'étude de la maladie de Glénard et du carcinome de l'estomac à l’aide de l’insufflation directe), et, dans une communication faite au Congrès de médecine de Lyon de 1894, étudie les variations du chimisme stomacal dans la gastroptose.
En Angleterre, Dickinson étudie les méfaits du corset; Twedy,en 1894, publie dans le British medical journal une étude sur l’état de l'estomac dans l’entéroptose.
Pendant ce temps, les travaux se succèdent rapidement en Allemagne et de nombreuses théories surgissent qui cherchent à expliquer les dislocations stomacales. Ewald étudie les rapports des troubles gastriques et du rein flottant ; Landau et Kœælling font intervenir la diminution de pression intra-abdominale pour expliquer les changements de position des viscères ; Vülker et Hertz, en 1894, accusent le corset de produire des prolapsus gastriques ; Küttner et Dyer, en 1896, se rallient à cette opinion; Meynert, puis Brüggemann et Agéron soutiennent que la gastroptose est la cause véritable de la chlorose : Manfred Bial, Rosenfeld et d’autres auteurs cherchent à établir que l'estomac est aussi fréquemment abaissé chez les hommes que chez les femmes et admettent que les symptômes qu’on a donnés de la gastroptose sont généralement dus au nervosisme surajouté.
D’autres auteurs s’occupent plus spécialement des moyens de déterminer la situation et la forme de lesto-
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mac; Rüneberg, Jaworsky, Langherans préconisent la distension artificielle par l’insufflation; Boas palpe l'estomac à l’aide d’une sonde molle en caoutchouc: enfin, après Max Einhorn, Heryng et Reichmann, Küttner et Jacobson, Oppler utilise les résultats de la gastrodiaphanie pour vérifier les résultats de l’insufflation et de la percussion.