‹ De la Gastroptose: Abaissement et Déformation de l'EstomacChapitre 8 sur 21 · SUR FRE · texte numérisé non relu

SUR FRE

allemands qui ont étudié les déplacements de l’estomac, Braune, Küttner, Vülker, Hertz admettent tous que l’es-tomac est trop solidement fixé pour être véritablement déplacé, et voici, d’après ces auteurs, la forme que revêt l'estomac dans la gastroptose à la suite des diverses compressions qui agissent sur lui : L’estomac se déplace d’abord au niveau de son point le plus mobile, le pylore se trouve reporté vers la ligne médiane, en même temps qu'il s’abaisse ; mais c’est surtout la grande courbure qui se déplace, étant donné qu’elle est la plus variable dans sa forme et sa situation. Ce déplacement vers le bas et ce plus grand développement de l’arc inférieur de l’estomac sont surtout dus à l’abaissement et l’aplatissement de la grosse tubérosité. En même temps, la partie voisine du pylore, par le fait surtout de la rétention alimentaire et de l’ectasie, se développe et forme une véritable poche souspylorique.

Ces diverses modifications font que l'estomac, au lieu d’avoir une grande partie verticale et une petite transversale, prend un aspect tout différent, et l’on a alors une portion verticale très réduite et une transversale très développée. L’estomac revêt alors assez nettement la forme « d’une poire », c’est du moins ce qu'il est facile de constater sur les schémas du professeur Bourget, d'Heryng et Reichmann et d’autres auteurs. La grosse extrémité de la poire siégeant en bas et aux environs de la ligne médiane, tandis que la partie amincie représente la grosse tubérosité complètement aplatie et descendue.

Dès lors, les rapports pathologiques que représente l’estomac, soit avec la paroi abdominale, soit avec les organes voisins, sont assez complètement modifiés. La

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grande courbure se trouve abaissée : on peut la rencontrer dans une série de points échelonnés sur la ligne ombilico-pubienne ; sa position plus où moins basse dépend à la fois de la ptose stomacale et de la dilatation plus ou moins atonique qui lui est presque toujours associée.

La petite courbure participe elle aussi à ce déplacement : elle devient assez nettement perceptible même dans les cas moyens de gastroptose et peut arriver jusqu’à 3 ou 4 centimêtres au-dessous de lombilic.

Par le fait de l’abaissement de toute la cavité gastrique, y compris le pylore, il se produit une coudure bien marquée au niveau de la première portion du duodénum et consécutivement une sténose assez manifeste qui donnera naissance aux manifestations habituelles des occlusions pyloriques. Plus tard, l’estomac ainsi surchargé d’une façon à peu près continue se dilate considérablement et présente d’une façon assez constante les caractères de l’atonie. La tunique musculaire a perdu son élasticité et sa tonicité et l’examen objectif de l’estomac chez le malade montre qu’il y a à la fois ptose et myasthénie gastrique.

Le pylore peut être envahi par un néoplasme ou présenter les lésions scléreuses d’une cicatrice d’ulcère. Ce sont là deux causes, qui, indépendamment d’une compression, peuvent produire un abaissement total de l’estomac et il leur revient une part importante dans l’étiologie de cette dislocation.

Souvent aussi le foie est plus ou moins abaissé et plus ou moins déformé ; l’on trouve de la néphroptose à des degrés variables, quelquefois bilatérale, mais plus fré-

quemment à droite qu’à gauche : le côlon transverse peut être aussi déplacé.

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