‹ De la généralisation des anévrysmes miliairesChapitre 12 sur 42 · CAVITÉ ABDOMINALE · texte numérisé non relu

CAVITÉ ABDOMINALE

Reins. — Normaux. Le rein gauche pèse 110 grammes; le droit pèse 120 grammes et présente deux ou trois kystes.

Foie. — 1,100 grammes; un peu congestionné.

Vésicule. — Bile jaunâtre, un petit calcul non mamelonné.

Rate. — 150 grammes ; plaques de périsplénite.

Utérus. — Œufs de Naboth très-développés.

Nous suivrons la même marche dans l’exposition de

l’observation suivante :

HOSPICE DE LA VIEILLESSE (FEMMES)

Service de M. le docteur Vulpian.

(Observation recueillie par H. Liouville, interne du service.)

Année 1868, salle Saint-Nicolas, 2.

Étiennette Louise D..., 65 ans; entrée le 5 mai 1868; morte le 14 décembre 1868.

RÉSUMÉ SPÉCIAL A LA QUESTION

Trouble dans les idées. Phénomènes paralytiques jambe gauche.

Accès de démence sénile ; agitation. Nouvelle atteinte cérébrale à marche lente mais progressive, pas de différence de température appréciable dans les membres. Agonie ; mort avec phénomènes asphyxiques et augmentation notable de la température centrale après la mort.

Autopsie.

Artères de la base scléro-athéromateuses. Anévrysmes miliaires des vaisseaux méningés. Ramollissement superficiel des circonvolutions. Vaste foyer ancien d’hémorrhagie. Anévrysmes miliaires

— Al —

cérébraux. Ramollissement avec anévrysmes miliaires. Dégénération scléreuse secondaire de la moelle. Examen histologique de ces différentes parties.

5 mai 1868. — Trouble dans les idées. Difficulté d’obtenir des renseignements exacts quant aux antécédents (dit qu’elle a 60 ans). Réglée à vingt ans. Cataracte commençante du côté gauche. Marche assez bien. Traîne un peu la jambe gauche, la lève plus difficilement au-dessus du lit. Un peu d’incertitude dans les mouvements des membres thoraciques. Vient pour des douleurs qu’elle aurait dans la jambe gauche. Parle aussi de douleurs qu’elle aurait à droite. Parfois, douleurs dans le bras.

Elle porte sur le membre inférieur gauche des plaques rouges avec des groupes de vésicules irrégulières, de teinte grisâtre, louche, soulevant l’épiderme d’une façon variable, soit en petites vésicules arrondies, soit triangulaires, isolées ou le plus souvent agglomérées en petits îlots. Herpès-zona sur fond rouge.

Urine, densité 1,020; pas d’albumine, pas de sucre. Couleur pelure d’oignon avec l’acide azotique.

12 mai. — Diarrhée assez forte, liquide. (Sirop de coings, bismuth.)

Sort guérie le 27 mai 1868.

Rentre le 31 mai 1868, salle Saint-Mathieu, n° 20.

Vue bonne; ouïe bonne; crache le sang depuis trois jours. Rien dans la gorge ni dans la bouche.

Poumons. — Sonorité normale; pas de bruits anormaux.

Cœur. — Prolongement léger du premier temps à la base; pas de céphalalgie; affaiblissement de la mémoire; incertitude dans la démarche.

5 juin. — Perte considérable de la mémoire; la malade est très-affaiblie; elle tombe de temps en temps.

6 juin. — Toujours môme état; tombe de son lit; pupilles contractées.

10 septembre. — Grande agitation hier dans la journée et la

soirée; se lève et bat ses voisines; on est obligé de lui mettre la camisole de force. Affaiblissement intellectuel considérable; elle dit toujours à la fille de service « Oui, ma fille, batsmoi, ma fille. »

Un peu de sang dans la salive.

Il octobre. — On trouve un grand changement dans la malade; les phénomènes hémiplégiques se sont prononcés fortement. Ainsi le membre supérieur gauche est presque paralysé; lorsqu’on dit à la malade de le mettre sur sa tête, impossibilité d’exécuter ce mouvement que le droit exécute très-bien.

Elle élève à peine P avant-bras au-dessus du lit.

Lorsqu’on la fait marcher, elle ne peut se tenir seule, traîne la jambe gauche un peu plus qu’avant. La face paraît aussi plus manifestement hémiplégiée. Le côté gauche est immobile et tombant lorsqu’on la fait parler ou rire; le côté droit est très-tiré; la commissure labiale droite est abaissée; le bout de la langue est porté manifestement du côté gauche. Tous ces phénomènes avaient commencé leur évolution depuis plusieurs jours et ont atteint leur maximum aujourd’hui. — Depuis plusieurs jours, on remarquait aussi cet affaiblissement hémiplégique; pas de vomissements; pas d’attaques subites; se plaint de douleurs dans les reins; sensibilité au pincement conservée du côté gauche; sensibilité au froid conservée; pas de différence de température appréciable des deux membres abdominaux; pas de rotation de la tête ni des yeux.

16 octobre. — Depuis quelques jours la malade se plaint de violentes douleurs de reins, pousse des cris incohérents pendant toute la j ournée et la nuit; elle est fortement démente .

27 novembre. — Se plaint souvent de douleurs de reins; pousse des cris plaintifs.

8 décembre. — De plus en plus , la malade paraît s’affaiblir; la figure s’amaigrit; peau chaude et couverte d’un peu de sueur ; langue sèche ; quatre-vingt-seize puisa-

tions; continue à crier nuit et jour sans motif appréciable; complètement gâteuse depuis plusieurs mois; se plaint presque constamment de douleurs dans les reins; éruption ecthymateuse à la région fessière et sur la partie supérieure des cuisses (région postérieure); écorchure large comme la paume de la main à la fesse gauche.

L’avant-bras gauche est un peu fléchi et contracturé, les doigts sont fléchis et contracturés dans la paume de la main. Œdème assez considérable de la partie inférieure de l’avantbras et de la main du côté gauche. La malade ne peut exécuter qu’un très-léger mouvement de soulèvement du poignet du côté gauche; ne peut pas ouvrir la main.

Habituellement la tête est légèrement fléchie sur l’épaule droite, la face un peu tournée vers l’épaule gauche; léger strabisme externe de l’œil droit.

La malade peut remuer la jambe gauche; le membre inférieur gauche n’est pas œdématié; elle se plaint spontanément de douleurs dans le membre supérieur gauche; sensibilité conservée aux deux membres inférieurs. Lorsqu’on chatouille la plante du pied, il se produit de légers mouvements réflexes dans la jambe. La malade sent parfaitement le pincement et accuse de la douleur.

14 décembre. — Agonie très-prononcée. Depuis hier dans la journée, ne crie plus, a encore parlé; il y a plus d’agitation; toutefois, elle a reconnu sa sœur hier au soir; mais ce matin elle est dans le coma.

Pulsations impossibles à sentir.

Température axillaire. . . . 41°, 4

Température rectale 42°, 8

Inspirations 52.

La respiration s’arrête par moments. Peau chaude; moite; respiration anxieuse bruyante; râle trachéal; face cyanosée; yeux immobiles, le gauche en strabisme externe; pupilles peu dilatées; mains bleuâtres, froides.

Une heure après cet examen, dernières respirations et mort (40 h. 45).

Examinée dix minutes à peine après la mort, elle présente :

Les deux pupilles plus dilatées; la gauche 0m,005.

Température axillaire, 41°, 4 (therm. de Leyser).

Température rectale. 43°, 6.

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