‹ De la généralisation des anévrysmes miliairesChapitre 8 sur 42 · AO · texte numérisé non relu

AO

Autopsie du 8 novembre 1868.

Les os du crâne sont relativement assez durs; leur épaisseur est considérable.

On note un état plus profond et plus large que normalement, du sillon de l’artère méningée moyenne, du côté gauche.

A ce sillon correspond une artère méningée moyenne à peu près normale, mais accompagnée dans une grande partie de son trajet d’un caillot sanguin, double de sa grosseur, allongé vermiforme, et qui semble du calibre d’un conduit (sinus?) que l’on voit creusé aux dépens de la face externe de la dure-mère, et dans lequel serait plongée, pendant une partie de son trajet, l’artère même. Puis ce conduit se rend, après avoir abandonné l’artère, vers le sinus longitudinal supérieur, où il arrive en passant par les masses de corpuscules de Pacchioni. D’un autre côté, par son autre extrémité (interne et supérieure), ce même caillot correspondait à une dépression très-profonde dans la calotte du crâne, qui se trouve sur les parties latérales du sinus longitudinal supérieur au niveau des trous pariétaux, dépression faite aux dépens de la table interne du pariétal gauche.

A droite, soit sur la dure-mère, soit sur la face interne du crâne, il n’y a rien de pareil à noter.

Toute cette face interne de la calotte crânienne est, du reste et de plus, parcourue par des sillons vasculaires trèsnombreux, très-prononcés, tout cela anormalement.

De plus, en avant, vers le frontal (partie antérieure), de chaque côté de la suture frontale et placées symétriquement, se trouvent deux saillies d’ hypérostose, rugueuses, crénelées, épaisses d’un demi-centimètre, et laissant adhérer quelques débris de la dure-mère qui, parfois, semble passer audessous.

Mais un peu plus loin, et alors d’une façon beaucoup plus nette, on trouve une vraie tumeur osseuse, allongée, de la

grandeur de 3 centimètres de long sur un demi-centimètre d’épaisseur, et existant vers le bord concave de l’extrémité antérieure de la grande faux du cerveau.

De plus, sur les parties latérales du sinus longitudinal supérieur, existent des amas considérables de tumeurs blanchâtres très-adhérentes à la dure-mère, et même un peu adhérentes à la pie-mère et à l’arachnoïde enlevées en les détachant en ces points.

Une insufflation faite par l’orifice de cette sorte de sinus, qui contenait le caillot décrit plus haut, fait passer de l’air dans le sinus longitudinal supérieur, et soulève à la fois le sinus et ces petites tumeurs constituées par des corpuscules de Pacchioni (1).

Poids de l’encéphale, 1,085 grammes.

Après avoir enlevé les méninges, on trouve que les artères sont très-scléro-athéromateuses, surtout celles de la base encéphalique et l’origine des sylviennes.

A 3 centimètres de l’origine de la sylvienne gauche, ' on trouve une oblitération absolue de cette artère dans une étendue d’un demi-centimètre (coagulum jaunâtre et ancien).

Du même côté, une artère de troisième ordre comme volume, offre un caillot pointu bouchant le vaisseau sans y adhérer; il est constitué par une pointe jaunâtre un peu dure à laquelle s’ajoute un caillot rougeâtre dans une étendue de 2 centimètres.

A l’extrémité de cette artère ainsi oblitérée, on trouve une plaque considérable de ramollissement existant au niveau de toute la première circonvolution frontale gauche.

(1) Des faits à peu près analogues ont été décrits dans une remarquable Thèse d’anatomie, présentée à la Faculté de Paris, en 1868, par M. P. Trolard, actuellement à l’Ecole d’Alger : Anatomie du système veineux de V encéphale et du crâne.

Diamètre antéro-postérieur, 5 centimètres 1/2.

Diamètre transverse, 2 centimètres 1/2.

Dans ses deux tiers postérieurs, elle touche en arrière à la marginale antérieure. Au niveau, les méninges adhèrent tout à fait au cerveau ramolli.

La substance grise offre une pulpe de teinte rougeâtre puriforme, surtout dans un point qui touche un peu à la seconde circonvolution qui est alors comme ulcérée avec une zone limitante, rougeâtre et un centre vert puriforme.

Dans quelques points, au milieu même du ramollissement, se trouvent de petites taches jaunâtres entourées de petites taches rougeâtres saillantes.

Dans d’autres points du cerveau, soit de ce lobe, soit de l’autre, on trouve une quantité de petits anévrysmes miliaires.

Le ramollissement de cette circonvolution s’étend en profondeur, diminuant progressivement d’étendue jusqu’à la partie antérieure du ventricule latéral , correspondant vers le genou antérieur du corps calleux sans pénétrer dans ce ventricule.

Le ventricule étant ouvert, on voit sur la base une cicatrice gris jaunâtre, à demi transparente, un peu foncée, dure à la palpation, légèrement déprimée, s’étendant d’une part sur la partie coudée du corps strié et d’autre part en dedans sur la partie postérieure de la couche optique, mais là, en prenant une teinte plus blanche.

Cette cicatrice peut avoir 2 centimètres transversalement et d’avant en arrière.

Ce ramollissement ne paraît pas profond. Une coupe passant à 1/2 centimètre de la base parallèlement à cette base, dépasse les limites du foyer. Cette même coupe montre un petit foyer à teinte ocreuse brune à la partie antérieure de la couche optique. Dans le corps strié lacunes ocreuses nombreuses (noyau extraventriculaire).

Pas d’autres lésions du côté gauche.

Lobe droit. — Dans le noyau gris extra ventriculaire

du corps strié de ce côté, on trouve un gros anévrysme miliaire.

Du même côté dans une coupe plus bas, plusieurs anévrysmes dans le corps strié et la couche optique; lacunes dans la couche optique.

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