‹ De la généralisation des anévrysmes miliairesChapitre 7 sur 42 · AVANT -PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT -PROPOS

C’est à rhospice de la Salpêtrière, où déjà M. Cruveilhier, avait, en 1856, décrit et figuré, sous le nom d ’ apoplexie capillaire à foyers miliaires, certaine altération des vaisseaux cérébraux rencontrée par lui chez des infirmes démentes, que MM. Bouchard et Charcot établirent en 4866, pour la première fois, la relation qui leur semblait exister entre les épanchements sanguins du cerveau et la présence de lésions anévrysmatiques spéciales des artérioles encéphaliques. Dans les anévrysmes miliaires, ainsi qu’ils les appellent, ces auteurs virent dès lors l’explication plus

scientifique de F un des points restés jusque-là douteux dans la pat ho génie des hémorrhagies cérébrales.

Presque aussitôt des faits analogues rencontrés également en plus grand nombre à cet hospice, et surtout par les internes de MM. Charcot et Vulpian, furent présentés aux sociétés Anatomique et de Biologie, et vinrent confirmer Fexactitude des premières descriptions et l’importance de la découverte.

Bientôt même quelques travaux la consolidèrent et la fécondèrent pour ainsi dire: par exemple, ceux qui attribuent aux anévrysmes des méninges un rôle hémorrhagipare identique. Ce fait, du reste, entrevu déjà comme possible, avait été parfaitement indiqué en 1854 par M. Virchow, alors professeur à cette même Université de Wurtzbourg, où M. Kôlliker et M. Pestalozzi, son élève, avaient signalé dès \ 849 des lésions vasculaires pouvant se comparer, mais non se confondre avec les anévrysmes miliaires; lésions que l’on trouve également très-souvent dans le foyer des hémorrhagies cérébrales: je veux parler de Y ectasie dissécante ou anévrysmes des gaines.

Toutefois, les recherches restaient dirigées presque exclusivement sur les altérations artérielles du cerveau; et avant 1868, aucun fait, à notre connaissance au moins, n’était encore venu démontrer la lésion étendue à d’autres parties du système circulatoire et faire ainsi supposer l’existence

d'une même cause morbide générale , dominant en de certaines conditions, l’économie tout entière.

La généralisation des effets du même processus morbide, qui préside à la formation des anévrysmes miliaires cérébraux, devait assurément paraître plus naturelle, et considération très-secondaire en pathologie humaine, satisfaire plus complètement Fespritphilosophique. Cependant elle indiquait de nouvelles sources d’hémorrhagie et montrait ainsi des causes possibles de maladies, venant se surajouter, en les points les plus divers, aux affections déjà si graves du cerveau.

Mais, comme il se pouvait que cette cause générale révélât sa présence dans des régions ou des organes accessibles à nos moyens d’investigation (par exemple, les artères superficielles que l’on palpe avec la main, ou la rétine dont les lésions sont, justifiables de l’ophthalmoscope), elle pouvait également ainsi aider au diagnostic et appeler davantage, peut-être même encore à temps, tous les soins du médecin vers la recherche de moyens thérapeutiques généraux à opposer en pareil cas.

Ce fut encore à la Salpêtrière, aux autopsies des malades qui succombaient à l’ infirmerie, qu’en 1868 je pus constater manifestement ces faits et en fournir la preuve publique. Travaillant comme interne sous la direction de M.Vulpian, j'étais assuré de son contrôle si autorisé et de ses bienveillants conseils, et je manquerais au plus impé-

ricux comme au plus doux devoir de reconnaissance, si je n’indiquais la large part qui lui revient dans ces recherches. Mes remerciements doivent aussi s’adresser aux auteurs distingués qui, dans leurs cours ou leurs ouvrages, ont bien voulu, après avoir constaté les faits de généralisation que j’avançais, leur donner l’appui de leur autorité scientifique, et en ces matières, où la foi n’est plus de mise, mon témoignage ne peut que gagner à avoir été contrôlé et accepté déjà par MM. Béhier, Bouchard et Charcot.

Le plan de ce travail me paraît ainsi tracé :

Exposer comment une question nouvelle devait naturellement se poser après les recherches sur le rôle des anévrysmes miliaires du cerveau dans la pathogénie des hémorrhagies cérébrales; question qui embrassât d’une façon plus générale, à la fois et les manifestations spéciales multiples des petites artères lésées, et les causes diverses capables de les influencer ainsi pathologiquement.

Rappeler la possibilité d’altérations anévrysmales nombreuses soit sur le système artériel encéphalique (cerveau ou méninges), soit sur le système artériel général.

Signaler la coexistence de ces altérations spéciales , particulièrement avec les anévrysmes miliaires du cerveau et relater les observations qui, pour la première fois, établissent ce fait.

En développer l’importance au point de vue de la pathologie générale, de l’étiologie, du diagnostic.

Montrer que dans quelques cachexies et états diathésiques, des anévrysmes miliaires cérébraux ont été observés ; et que, en dehors de la condition de vieillesse, ces maladies générales prédisposent profondément tout le système circulatoire à se modifier dans un sens identique ( forme anévrysmale ), préparatoire d’hémorrhagies possibles.

Un appendice contiendra le complément de certaines observations, qui dans le cours du travail n’ont pu être que citées ou résumées trop brièvement; il en renfermera également d’autres, qui par un ou plusieurs points ont directement rapport à la question.

Enfin un chapitre sera consacré à quelques nouvelles recherches histologiques sur la structure des anévrysmes miliaires et l’altération des vaisseaux qui leur donnent naissance.

La question des anévrysmes miliaires cérébraux a pris dans ces derniers temps et surtout grâce à l’impulsion des travaux remarquables de MM. Bouchard et Charcot, une telle importance dans quelques discussions scientifiques; et les altérations qu’elles révèlent ont semblé, en effet, participer d’une façon si nette à la formation de certains états morbides de l’encéphale, différemment interprétés autrefois, qu’il devient utile d’enregistrer les notions qui les concernent, au fur et à mesure de leur constatation bien évidente (t). Or, parmi les plus désirables de ces

(1) Voir dans les bulletins des Sociétés de Biologie et anatomique, pour l’année 1868, les présentations de MM. Bassereau, Bouchard, Bourneville, Charcot, Durand, Fremy, Hayem, Lépine, Liouvillc et Vulpian.

Bouchard et Charcot, Diverses communications, Soc. de Biologie, 1866 et 1867.

Hayem, Soc. de^ Biologie, 1866.

Bouchard, Hémorrhagie cérébrale , thèse doctorat, Paris,

Bouchard et Charcot, Archives de physiologie , 1868.

Behier, Leçon clinique à l’hôpital La Pitié, Gazelle des Hôpitaux , 20 février 1868.

notions, on pouvait placer presque en première ligne, celle que devait fournir un examen de plus en plus approfondi des modifications que la maladie ou que l’âge apportent dans le système vasculaire envisagé d'une façon générale (1); et, l’on devait penser que dans de certaines conditions surtout, des faits se rencontre-

(1) J’ai placé la maladie avant Vâge, parmi les causes possibles des altérations vasculaires, bien qu’un grand nombre de nos observations aient été recueillies à l’un des hospices de la vieillesse, et sur des femmes qui avaient presque toutes, plus de 60 ans. Car, je pense qu’il y a peu d’aphorismes médicaux aussi vrais que celui qui résume, dit-on, l’opinion d’un médecin distingué, M. Cazalis, qui lui-même a longtemps dirigé le service des vieillards de la Salpêtrière.

Cet aphorisme est le suivant : « On a l’âge de ses arteres. »

En effet la dégénérescence calcaire, crétacée du système artériel n’est pas uniquement spéciale à la vieillesse.

Wilson et Young disent avoir trouvé des ossifications dans les artères de jeunes enfants.

M. Andral en a vu dans l’aorte d’un enfant de 8 ans; d’après lui aussi, cinq ou six malades en présentaient, qui avaient 24 ans ; enfin, il en signale dans l’artère mésentérique d’un sujet âgé d’environ 30 ans.

Dans la thèse inaugurale de mon ami R. Blache {Maladies du cœur chez les enfants. Paris 1869) , on peut lire le fait suivant, qui lui a été communiqué par le docteur Taupin :

«G..., 14 ans, apprenti dans une fabrique d’allumettes, « n’accusant aucun rhumatisme antérieur, mourut en no- « vembre 1836 (hôpital des Enfants) , d’une affection orga- « nique du cœur, dont la marche avait été très-rapide.

u A l'autopsie, on constata une hypertrophie et dilatation a du cœur droit; une double insuffisance et rétrécissement,

raient qui permettraient de reconnaître dans réconomie une même manifestation morbide générale, sous l'influence dominante de laquelle le système vasculaire serait ainsi assujetti tout entier, soit que cette même cause, générale ait fait sentir partout à

« surtout mitral. Enfin, une dégénérescence calcaire considé- « rable de l’endocarde et des parois artérielles, dans toute «l’étendue de l’aorte jusqu’aux iliaques. »

Quoiqu’il ne soit pas indiqué dans les deux observations suivantes que tout le système artériel fût malade, nous croyons utile de constater que les anévrysmes cérébraux ont pu amener des hémorrhagies mortelles, à un âge (25 et 24 ans), ou l’on n’est certes point accoutumé à les rencontrer et où, d’habitude, on se sent plus en droit d’invoquer, en diagnostic, le ramollissement par embolie.

La première observation est due à mon ami M. G. Hayem, et figure aux Bulletins de la Société de biologie , pour 1866.

« Il s’agit d’une jeune fille de 21 ans, qui mourut à la « Riboisière dans le service de M. le docteur Oulmont.

« On rencontra un anévrysme qui pouvait mesurer le voce lume d’un gros pois, siégeant sur une des branches de la « sylvienne gauche et ayant déterminé à la fois une liémor- « rhagie cérébrale méningée et ventriculaire, bien qu’il fût , « pour ainsi dire, incrusté dans la substance cérébrale. »

La 2° observation est extraite du journal The Lancet (volume 2, n° 17. 1868). J’en dois la traduction à l’obligeante amitié de mon collègue Ed. Alling :

« Le docteur Peacock présente à la Société pathologique « de Londres un cas d’anévrysme de l’artère cérébrale recc cueilli chez une femme de 24 ans. Elle avait été frappée « de paralysie avec perte de la parole, mais s’en releva ; dans « une seconde attaque elle ne recouvra pas ses sens et mou- « rut. A l’autopsie, on trouva une extravasation sanguine sur

la fois scs derniers effets, soit qu’elle ne les ait traduits encore qu’en des points limités.

La différence de texture, des dispositions anatomiques propres à certains organes, et peut-être aussi des modifications cachectiques, pourraient alors expliquer en partie la différence dans les effets pathologiques produits et constatés.

Pourtant, les premières observations de MM. Bouchard et Charcot, ne semblaient pas avoir relaté une pareille manifestation; et les conclusions de leur premier mémoire, « ne les autorisaient point, disaient-ils,

« h admettre cette généralisation dans l’état morbide « spécial des vaisseaux qu’ils étudiaient » (1).

« tout le côté gauche du cerveau s’étendant jusqu’au som- <; met. Au niveau de la bifurcation de la carotide interne se « trouvait un petit sac du volume d’une noisette. Il n’y avait « pas de connexion apparente entre ce sac et le sang extra- « vasé. Il y avait un ramollissement du corps strié et de la « couche optique. »

Enfin, différents faits consignés dans le cours de ce travail , montreront des altérations vasculaires analogues rencontrées aux âges les plus variés (29, 34, 48 ans, par exemple) et attribuables à des diathèses ou à des cachexies, qui, parmi leurs effets, peuvent frapper l’économie tout entière d’une vieillesse anticipée.

(4) « Dans quelques cas nous avons vu des anévrysmes « beaucoup plus volumineux, disséminés sur des branches « importantes des artères des méninges, compliquer les ané- « vrysmes miliaires.

« Une fois nous avons constaté, dans les mêmes circon- « stances, une dilatation fusiforme et cirsoïde de la basilaire « avec une semblable altération de la sylvicnnc gauche à son « origine.

Toutefois, alors que nous avions l’honneur d’être l’interne de M. Vulpian, en î 868, à l’infirmerie de la Salpêtrière, nous fûmes à mêmede constater souven tsur des cerveaux atteints d’hémorrhagies ou de ramollissements (que les désordres fussent anciens ou récents), des anévrysmes miliaires existant en assez grand nombre et à la fois soit sur les vaisseaux des méninges ou entre les circonvolutions (A. extra-cérébraux), soit sur les vaisseaux mêmes de l’encéphale, et dans l’intérieur de la pulpe nerveuse (A. intra-cérébraux, superficiels ou profonds). Mais, de plus, il nous semblaquedans d’autres régions aussi, le système vasculaire, le plus souvent si modifié par la dégénérescence, présentait en plusieurs endroits à la fois, une tendance à la dilatation par places, à l’usure ou à la rupture de quelques parties des parois, en un mot, une disposition manifeste à la formation d 'anévrysmes.

Dans ces cas, il s’agissait donc bien probablement d’une même cause générale : elle portait son action sur l’ensemble du système circulatoire; sans avoir peut-être provoqué, en dernier lieu, les lésions que l’on constatait, cette cause générale les avait au moins

« La coexistence de ces diverses lésions nous a fait penser « que la périartérite scléreuse que nous avons décrite n’est <( pas exclusivement dévolue aux vaisseaux intra-cérébraux , « nous la considérons comme une altération générale du « système artériel encéphalique ; mais rien ne nous autorise « encore à y voir une affection plus générale ; jamais chez nos « malades nous n’avons rencontré d’altérations vasculaires « analogues dans d’autres parties du corps. » (Charcot et Bouchard, Archives de physiologie, t. II, 1868, p. 121.)

préparées, et au milieu des désordres les plus différents, et qui, au premier examen, semblaient devoir être si distincts, à cause de leur éloignement régional, on pouvait encore et la retrouver et l’accuser.

Nous cherchâmes alors plus avant dans celte direction, car c’étaient surtout les faits authentiques qui manquaient seuls; l’idée avait nécessairement dû venir à ceux qui réfléchissaient sur les causes nouvelles attribuées à un certain nombre de lésions encéphaliques; et aujourd’hui, nous pouvons du reste lire dans les leçons sur l’hémorrhagie cérébrale, faites à Ja Salpétrière par M. Charcot et qui se publient actuellement avec la collaboration deM. Bouchard, les lignes suivantes :

« Il n’est pas invraisemblable qu’on pourra décou- « vrir dans les profondeurs des viscères autres que le « cerveau, des dilatations ampullaires développées sur « les plus fines artérioles, et en tout semblables aux « anévrismes miliaires. Jusqu’ici aucun fait ne peut « être invoqué à l'appui de ces vues.

«Elles sont dignes, cependant, croyons-nous, d’être « soumises au contrôle d’observations suivies (1). »

(1) Pendant l’impression de ces feuilles, ajoutent MM. Bouchard et Charcot, M. Liouville vient de communiquer à la Société de Biologie, trois faits recueillis dans le service de M. Yulpian à la Salpêtrière, dans lesquels la coïncidence d’anévrysmes miliaires du cerveau avec des anévrysmes de petit volume, siégeant sur les artérioles de différents viscères, a été observée.

(Charcot, Leçons sur les maladies des vieillards (rédigées avec Bouchard), 2e série (en publication, 1800).

Les faits qu’il nous a été donné de rencontrer auront peut-être, nous l’espérons du moins, répondu complètement à cet appel.

Lavoie était du reste également préparée par ces notions déjà acquises : quil peut exister des anévrysmes sur la même artère cérébrale , comme Lebert , dans ses recherches sur les dilatations des artères de calibre, l’avait indiqué pour la cérébrale moyenne et pour la basilaire; que des anévrysmes multiples se rencontrent sur plusieurs artères du cerveau (carotide interne) : soit le tronc, soit les divisions cérébrales, soit l’artère ophthalmique (Lebert); communicante antérieure et communicante postérieure (Lebert, Charcot et B ourneville) (1), ou bien l’artère basilaire et les vertébrales (Hardy); ou la basilaire et l’artère sylvienne (Bouchard) (2), ou plusieurs artérioles de la pie-mère ( Lépine ).

(1) Dans la thèse de M. Durand, page 38, ou trouve une observation de M. Bourneville, recueillie dans le service de M. Charcot, en 1868, et qui se résume ainsi pour ce point spécial :

a Hémato-encéphalie, anévrysmes des artères vertébrales, <•: cérébelleuse inférieure et antérieure, sylvienne droite, « Communicantes postérieures. Rupture de l’anévrysme de « l’artère communicante postérieure gauche. Anévrysmes « miliaires.

a Ancien foyer ocreux. »

(2) « Dans ce cas, dit M. Bouchard, l’hémorrhagie résultait « de la rupture d’un anévrysme développé sur une artériole « intracérébrale.

« La déchirure linéaire du sac et le caillot qu’il renfermait

« On savait de plus que M. Virchow (1) avait depuis « longtemps décrit les petits anévrysmes ampullaires « qui se développent sur les artérioles des méninges, « et qui, dit-il, causent par leur rupture, plus souvent « qu’on ne l’indique, des hémorrhagies intra-cra- « niennes. »

Ces anévrysmes sont habituellement multiples aussi.

Toutefois le distingué professeur de la Charité de Berlin, n’avait pas encore eu l’occasion de voir ces mêmes petits anévrysmes en fonction hémorrhagipare, ni de décrire complètement ceux de la pulpe cérébrale (2).

« ne laissait aucun doute sur cette origine, et un autre ané- « vrysme intact, voisin du premier, montrait que les altéra- « tions vasculaires n’étaient pas limitées, mais qu’un état « morbide du système artériel encéphalique préparait depuis « longtemps cette apoplexie. »

(Bouchard, Sur quelques points de la pathologie des hémorrhagies cérébrales. Th. doct. Paris, 1867, page 68.)

(1) Archiv. fur anatom. path ., Bd. III.

(2) Dans sa Note sur deux cas d'hémorrhagie sous-méningée, {Mémoires de la Société de biologie , 1867), M. Lépine constate la présence de nombreux anévrysmes miliaires sur les vaisseaux des méninges, et croit pouvoir les regarder comme la cause de l’épanchement sanguin.

Je résume ces deux observations si intéressantes : lre obs. — « Femme Ber..., 78 ans. Juin 1867. (Service de M. Charcot.)

« Apoplexie foudroyante; coma profond ; flaccidité généraie; déviation des yeux et de la tète; paralysie faciale «gauche; le lendemain, hémiplégie du même côté; con- « tracture du membre supérieur du côté droit; puis deux

Nous-mêiiie avions déjà observé un cas, dans lequel, avec des anévrysmes miliaires dans la protubérance, (cause de petits foyers hémorrhagiques, ayant laissé une teinte ocrée) existaient d’autres anévrysmes miliaires sur les vaisseaux méningés, qui entouraient cette protubérance.

Quelque temps après, sur un cerveau de femme épileptique, que M. Boyron voulait bien m’apporter à examiner, je constatais des altérations vasculaires analogues multiples aussi; comme elles siégeaient en

« jours après, apparition d’une eschare sur la fesse gauche; « élévation terminale de la température. Mort.

« Autopsie. — Hémorrhagie sous-méningée ; infiltration « diffuse dans les méninges; petit foyer sanguin au niveau «de la scissure de Sylvi. us; destruction superficielle de la « première circonvolution sphénoïdale (marginale inférieure «droite); anévrysme d’une branche de V artère sylvienne; un « peu d’hémorrhagie intra-arachnoïdienne. »

2e obs. — Femme Buy..., 79 ans. Juillet 1867. Salpêtrière. Attaque d’apoplexie foudroyante; chute ; coma profond ; abaissement de la température centrale ; hémiplégie droite ; écoulement de sang par l’oreille droite. Les jours suivants, température normale; persistance du coma; aggravation de la paralysie du membre supérieur droit; trouble de la pupille; eschare de la fesse du côté droit ; Élévation considérable de la température centrale; mort.

Autopsie. — Hémorrhagie sous-méningée circonscrite au niveau de la scissure de Sylvius et du lobe sphénoïdal gauche; destruction partielle des circonvolutions de ce lobe ; anévrysmes des méninges ; très -petite hémorrhagie intra-arachnoïdienne à gauche; fracture du rocher du côté droit; épanchement sanguin très-minime entre dure-mère et os.

d’autres régions (méninges périlbulaires), elles avaient produit également les désordres particulierssuivants : Je ne donne qu’un simple résumé de l’observation :

« D... Marie. (Service de M. le docteur Dclasiauve. Salpô- « trière, décembre 1868.)

« Anciennes hémorrhagies cérébrales; paralysie à droite; « attaques épileptiformes fréquentes; difficulté de la parole ; « intelligence affaissée ; caractère triste; pleurs faciles. Cé- « phalalgies tenaces et répétées ; nouvelle hémorrhagie nièce ningée et cérébrale à droite; convulsions épileptiformes ; « mort. »

Autopsie. — Vaisseaux athéromateux ; anévrysmes miliaires méningés et péribulbaires ; hémorrhagie intraméningée et sous-méningée ; hémorrhagie cérébrale récente, retrouvée dans les ventricules latéraux et moyen ; hémorrhagie ancienne côté gauche (corps strié) ; sclérose cicatricielle autour des foyers rétractés; encéphale pesant 1140 grammes.

De pluson savait encore queM. Cruveilhier (i) avait,

(1) « D’après MM. Bouchard et Charcot, ce serait M. Cru- « veilhier qui aurait le premier, sans doute, vu et figuré • « dans son atlas, ces petits corps que l’on désigne auj ourct d’hui sous le nom d’anévrysmes miliaires. »

Mais il pensait que c’étaient là de petits foyers apoplectiques, « des globules de sang — comme il les appelle, — en « contact immédiat avec la substance nerveuse, et non pas . « des anévrysmes. »

Comme lui, M. Calmeil et postérieurement, W . Gull ainsi que Meynert et Heschl, les virent; ils reconnurent bien que c’étaient des anévrysmes; ils les signalèrent môme dans des cas d’hémorrhagie cérébrale, et cependant aucun de ces auteurs, assurément si distingués, ne fixa la relation probable, ne signala la coexistence fréquente , et ne détermina le rôle très-important qu’il est permis de leur supposer.

dans son magnifique atlas d’anatomie pathologique, cité le cas d’une coexistence d’ anévrysme de la vertébrale avec des anévrysmes multiples de l'aorte (1); que M. Lebert avait trouvé un anévrysme de la cérébrale antérieure et un de la splénique ; faits du reste rapportés parM. Gouguenheim (2), qui de plus, en cite quelques autres, utiles également à consulter.

On voit donc, que certains auteurs avaient bien depuis longtemps déjà signalé l’existence d’anévrysmes multiples, soit sur différentes artères volumineuses du cerveau, soit sur différents points de ces mêmes artères. Mais toutefois on constate aussi qu’ils n’avaient point été frappés de l’intérêt qu’il devait y avoir, à rattacher à une cause unique pouvant exercer encore ailleurs ses effets, ces manifestations d’apparence identique, si diversement réparties (3).

(1) « Sur une femme de 60 ans, on comptait plusieurs «anévrysmes sur l'aorte, l’artère mésentérique supérieure, « et enfin un anévrysme de la grosseur d’une balle sur l’ar- « tère vertébrale droite, au sommet de la pyramide anté- « rieure. Il était rempli de caillots fibreux , laissant un « canal au courant sanguin. La partie postérieure du pont « de Varole présentait une dépression profonde ; les pyra- « mides antérieures offraient une coloration jaunâtre, mêlée « de gris avec des traces d’épanchement ancien, (Gruveilhier, Anatorn. pathologique , livre XXXIII.)

(2) Gouguenheim, Thèse doct. Paris 1866.

(d) Bien que j’aie voulu limiter mon sujet aux notions qui concernent surtout les faits d’anévrysmes miliaires du cerveau, je n’en dois pas moins constater que les auteurs qui ont écrit sur les anévrysmes en général, et qui les ont surtout

Pour les anévrysmes miliaires, ils n’avaient point, on le comprend, pu tenir compte des coexistences si intéressantes des dilatations vasculaires généralisées avec eux : ces anévrysmes spéciaux leur étaient inconnus, ou étaient interprétés d’une tout autre façon.

envisagés au point de vue chirurgical, ont tous signalé l’existence d’une diathèse anévrysmale.

De remarquables ouvrages publiés par M. Broca (1856) , ou insérés dans les nouveaux Dictionnaires par M. Richet (1865), et par M. L. Lefort (1866), signalent tous des faits extraordinaires de volumineux anévrysmes multiples , soit doubles, soit triples, et même plus nombreux.

(( Donald Munro (1771) trouve deux anévrysmes sur le « tronc fémoro-poplité du côté gauche et quatre tumeurs « de même nature sur les artères du membre abdominal « droit.

«M. Manec présente à la Société anatomique (1827), plus « de 30 anévrysmes recueillis sur le cadavre d’un vieil- « lard, et l’on cite ce fait qui parut si extraordinaire, de Pel- « letan, qui en compta sur le même individu jusqu’à 63. » Enfin, à ma connaissance, au commencement de cette année (1870), M. le docteur Labbé constatait, à l’autopsie d’un des opérés de son service (hôpital Saint- Antoine) âgé de 28 ans, deux anévrysmes l’un sur la fémorale droite au pli de l’aine, l’autre sur la poplité droite, et un état tout à fait particulier des artères qui cassaient sous les fds à ligatures, quelque grandes que fussent les précautions que l’on prenait en les serrant.

J’aurai à revenir plus tard sur cette nouvelle et dernière observation dont quelques-uns des détails m’ont été procurés par M. Rosapelli. Elle m’a paru être du plus haut intérêt; et il en doit découler, suivant moi, un certain enseignement thérapeutique.

C’est alors que notre ami, M. Durand, voulut bien consigner dans sa thèse (1) (août \ 868) le fait suivant que nous venions (juillet 1868) d’observer avec M. Yulpian, et qui, pour la première fois, nous le croyons (dans des cas d’affections cérébrales pouvant être causées par des anévrysmes miliaires), établissait d’une façon positive, et avec autopsie, la manifestation d’une cause générale, présidant à la formation de ces variétés de dilatations anévrysmales, multiples et situées en des régions différentes (2).

Il s’agissait, en effet, des artérioles cérébrales , d’une part, et de l’autre, d’un tronc plus volumineux et bien différent : la splénique.

(1) G. Durand, Des anévrysmes du cerveau. Thèse doct., 1868 (août). Paris.

(2) On sait, en outre, que les dilatations des artères, qu’il ne faut pas confondre avec les anévrysmes (quoique ceux-ci puissent leur succéder), peuvent se rencontrer aussi dans plusieurs points à la fois de l’économie.

a Le cabinet de la Faculté renferme, dit P. H. Bérard, une « préparation d’un exemple remarquable de dilatation avec « allongement (varice artérielle) : toutes les artères du membre <( supérieur sont dilatées; l’artère cubitale prend vers la par- « tie inférieure de F avant-bras un volume quadruple de celui « qui lui est habituel : elle forme en même temps des llexuo- <i sités très-rapprochées. Le volume de l’artère et les circon- « volutions augmentent encore au-dessous du poignet; là « ces dernières sont ramassées de manière à former une tu- « meur qui remplit la paume de la main et rappelle les pelo- « tons vasculaires résultant de l’agglomération des veines « variqueuses. »

Voici du reste le fait relevé dans nos notes : mais lions résumons, toutefois, l’observation qui est fort longue, enregistrant uniquement le point qui nous occupe aujourd’hui, c’est-à-dire la généralisation de la disposition anévrysmatique (1), dans des cas d’anévrysmes miliaires cérébraux :

Dans une autopsie que nous avons faite à la Salpêtrière, le 24 juillet 4868 (service de M. Yulpian), d’une femme âgée de 74 ans, et chez laquelle tout le système artériel était le siège de lésions scléro-athéromateuses plus ou moins prononcées, mais accusées surtout sur les artères de la base de l’encéphale, comme sur quelques branches de l’aorte abdominale, nous avons observé la coïncidence de plusieurs anévrysmes existant sur plusieurs artères de régions différentes. Ainsi sur les cérébrales , anévrysme de la grosseur d’un grain de mil, arrondi, noirâtre, existant dans la partie antérieure du lobe frontal gauche, entre les deux substances d’une circonvolution.

Ainsi, sur deux branches de bifurcation de Y artère splénique, deux anévrysmes de la grosseur d’un pois chacun, arrondis, à parois très-épaisses, dures, mais encore perméables, car un stylet passant par une branche artérielle ressortait par i’autre, ayant traversé la dilatation. Toutes les parois des vaisseaux avaient aussi subi une modification dans leur consistance (dureté) et dans le calibre du conduit qui était parle fait très-rétréci.

Dans le reste de l’observation, nous trouvons notées, en

(i)Ces faits ont été publiés dans les Bulletins delà Société de biologie (1868), sous le titre de: Diathèse anévrysrnatigue généralisée, par H. Liouville. On peut aussi les rouver dans la Gazette médicale de Paris ( 868).

résumé .-pour le Cerveau : des deux côtés, mais prédominant du côté de l’anévrysme, des lésions anciennes caractérisées par des foyers à teinte ocreuse et des lacunes le plus souvent colorées existant dans le lobe frontal, dans le corps strié et jusqu’au milieu de la protubérance annulaire (ce dernier foyer pouvait loger une grosse lentille (hémorrhagie cérébrale ancienne).

Pour le Cœur : les parois sont molles; elles sont friables ; leur teinte est jaunâtre, couleur feuille morte.

Endocardite au niveau de la base du ventricule gauche. Elle parait ancienne; mais toutefois il existe quelques infiltrations sanguines récentes.

Plaques scléreuses sur la face ventriculaire de la valvule mitrale.

Elles n’apparaissent point de l’autre côté (1).

Ces plaques irrégulières, assez épaisses et saillantes, vont gagner le bord libre des valvules sygmoïdes de l’aorte, bord qui est épaissi et de teinte louche. L’artère coronaire est scléreuse dans presque toute son étendue, à tel point que parfois elle n’offre qu’un très-petit calibre pour le passage du sang.

L’Aorte offre dans toute son étendue des plaques scléreuses qui s’accentuent, deviennent athéromateuses à mesure que l’on descend. Cela est très-évident dans tout le parcours. Elles prennent même bientôt une dureté qui transforme l’aorte ouses divisions en cylindres à parois cassantes. La coloration de ces points à l’intérieur est bleuâtre, parfois noire. Cela se prononce surtout non loin de la bifurcation en iliaques.

(1) Nous avons souvent observé ce fait, dans nos autopsies de 1869, à la Salpêtrière ; nous avons eu occasion, à la Pitié, de le constater encore très-nettement, dans des cas où les lésions de l’endocarde étaient même déjà assez avancées et plusieurs fois à la Société anatomique, nous avons justifié cette même remarque.

Sur la capsule de la Rate , il existe de fortes plaques d'aspect cartilagineux, rugueuses, saillantes, épaisses, traduisant un état accentué de périsplénitc.

Nous avons déjà décrit les deux anévrysmes des branches artérielles qui se rendaient à cet organe. Nous n’y reviendrons pas. *

Depuis la présentation de ce fait, il nous a été donné d’observer en août 1868, également à la Salpêtrière et dans le service de M. Vulpian, deux nouveaux cas trèsnettement caractérisés de ces sortes de véritable diathèse anévrysmatique, semblant indiquer qu’un processus pathologique identique concourt à la formation de ces anévrysmes multiples et variés sur des artères de systèmes et de calibres différents.

Une simple coïncidence fortuite ne nous paraît pas, dans ces cas se répétant ainsi à notre observation (1), depuis que nous avons l’attention éveillée sur eux, pouvoir être ici invoquée d’une façon plausible.

(4) Sur un total de quatre-vingt-douze autopsies faites en 1868, dans l’espace de sept mois, à la Salpêtrière (service de M. Vulpian), il m’a été donné de rencontrer dans d/.rcas des anévrysmes miliaires cérébraux très-nettement constatables sur les vaisseaux de l’encéphale, soit ceux du cerveau, soit ceux des méninges. — Ils coïncidaient tous avec des altérations spéciales des centres encéphaliques. Mon collègue , M. Bourneville, dans les autopsies d’affections cérébrales, du service de M. Charcot, en a également rencontré un nombre remarquable.

De plus cinq cas m’ont été, cette même année, apportés, venant des services d’aliénés, pour être étudiés et préparés.

Nous en rejetons l’idée, croyant plus scientifique et plus utile de nous rattacher à une explication peutêtre discutable, mais au moins sérieuse.

Voici ces nouveaux faits qui ont été du reste déjà signalés, mais sommairement, dans la remarquable thèse que nous avons déjà citée de notre ami M. le docteur Ch. Durand :

Observation recueillie par H. L.

Obs. — Marie Gl..., femme âgée de 81 ans, placée dans le service de M. Vulpian, à la Salpêtrière, avait offert pendant sa vie, à de nombreuses reprises, des étourdissements, des congestions cérébrales et des troubles divers qu’on rapportait à des altérations encéphaliques devant différer également le plus souvent comme siège.

Son intelligence était des plus atteintes.

Elle mourut le 7 août 1868 à la suite de phénomènes cérébraux qu’il fut difficile de bien préciser.

Comme nous l’avons fait pour d’autres observations intéressantes à d’autres points de vue, nous résumons également l’autopsie, et nous nous bornons à ce qui concerne notre sujet actuel :

Pas de néo-membranes sur la dure-mère.

L’un remis par M. Bassereau (service de M. Moreau); deux remis par M. Roque (service de M. Trélat) ; le quatrième, par M. Cornillon (service de M. A. Voisin); le cinquième, par M. Peltier (service de M. Trélat).

Sur les dix cas , particuliers à notre service de vieillards, j’ai rencontré trois fois , d’une façon irrécusable, et en la cherchant , la disposition anévrysmatique généralisée. (Note de 1868, complétée plus loin.) H. L.

Les vaisseaux de la base sont rigides, à teinte blanchâtre, et exsangues.

Les méninges s’enlèvent facilement; toutefois, elles exulcèrent un peu la substance grise au niveau du lobe moyen, surtout du côté droit.

Ici, la substance grise est presque complètement ramollie, et au-dessous de la méninge, injectée vasculaire, on voit de petites dépressions jaunâtres, multiples, creusées dans cette substance (lacunes superficielles ocreuses).

Sur les vaisseaux de la pie-mère, augmentés de volume et plus apparents, injectés, on trouve de petites dilatations arrondies, les unes de la grosseur d’un grain de mil, les autres plus petites, et que le microscope confirme être de petits anévrysmes.

Quelques-uns apparaissent ainsi comme appendus à des touffes vasculaires, et beaucoup (car ils sont très-nombreux) correspondent à des places du ramollissement superficiel signalé plus haut et à ces lacunes hémorrhagiques, ocreuses, également superficielles.

Outre ces anévrysmes miliaires méningés, il existe des deux côtés, mais alors à gauche surtout, un certain nombre d’autres anévrysmes miliaires également sur les circonvolutions et dans les circonvolutions; ils apparaissent surtout, une fois les méninges enlevées. Leur volume, celui d’un grain de mil, est plus fixe.

Une préparation micrographique faite à l’état frais, des points cérébraux ramollis, donne, en dehors des lacunes ocreuses, Ides corps granuleux énormes, des vaisseaux tout à fait athéromateux, contenant parfois de ces corps granuleux qui, d’autres fois, sont libres; des tubes altérés et des cellules nerveuses, presque transformées en amas granulograisseux, quoiqu’elles aient encore conservé à peu près leur forme. Les noyaux des cellules et des vaisseaux sont trèsgranuleux.

Un vaste et ancien foyer hémorrhagique existait dans la partie postérieure et moyenne du lobe occipital droit, for-

mant une poche jaunâtre à teinte ocreuse, capable de loger une petite orange, ayant détruit la substance blanche et les bords de quelques circonvolutions qui sont comme rongées; ce qu’il en reste est plus dur et résiste sous le doigt. Ces circonvolutions, ainsi réduites en volume, formaient comme un plan affaissé; elles sont recouvertes des méninges un peu plus dures, rétractées, et à cette place il y a comme une dépression, résultant d’un ancien travail de cicatrisation.

Quelques-uns des vaisseaux qui s’y rendent sont plutôt pâles, blanchâtres, un peu durs, mais â conduit libre; d’autres sont durs et comme scléreux; leur calibre paraît oblitéré, et ils ont subi la dégénération scléro-athéromateuse.

Des diverses altérations existant sur la moelle, nous ne noterons que celles qui ont rapport à une dégénération manifeste (sclérose), existant très-nettement sur les cordons postérieurs (région cervicale, partie supérieure); -mais sur le cordon postérieur gauche, région cervico-dorsale, cette altération scléreuse se présente sous la forme triangulaire.

Sur la face externe du Cœur , au tiers inférieur du ventricule gauche, sur la masse graisseuse qui y est située, on voit distinctement deux anévrysmes miliaires , superficiels, l’un très-visible à l’œil nu, l’autre petit, tous deux confirmés par le microscope qui démontre de plus que les vaisseaux sur le trajet desquels ils se remarquent, sont athéromateux.

Le cœur n’offre pas d’insuffisance aortique, mais un rétrécissement au-dessous de l'anneau aortique, causé par une endocardite ancienne, et des plaques scléreuses sur la face ventriculaire de la valvule mitrale. Ces plaques rétractent la base de la mitrale et la base des sygmoïdes. Une de ces plaques est dure et très-résistante. Toutefois, pas plus que les autres, elle ne se voit sur la face du côté de l’oreillette. Nous avons déjà signalé ce fait.

Vers la pointe du ventricule existe un caillot enchevêtré dans de petits cordages très-fins. Ce caillot est composé d’une masse sanguinolente noire, recouverte de matières

grisâtres. Non loin existe une rétraction cicatricielle de l’endocarde.

Dans les vaisseaux de la couche sous-épithéliale de l 'œsophage, se voient â l’œil nu deux anévrysmes du volume d’un grain de mil, arrondis, solides, résistants, d’une couleur rouge-brunâtre. Les vaisseaux qui les portent, examinés au microscope, sont de plus couverts de granulations graisseuses, noirâtres; des gouttelettes graisseuses même existent.

Les vaisseaux de l’utérus sont dilatés.

Les veines sont rigides, très-sinueuses. De plus, il faut noter qu’il y avait des hémorrhoïdes.

On le voit donc, le svstème vasculaire avait dans une grande étendue subi une notable modification; et cette modification, partout aussi la même, était la dilatation forcée, la rupture, l’ anévrysme.

L’observation suivante a une importance encore plus grande, comme on s’en convaincra facilement aux premières lignes de l’autopsie. C’est dans ce cas qu’il nous fut, en effet, donné de constater pour la première fois, et d’une façon très-nette, des anévrysmes, presque parfaitement visibles à la simple inspection, existant sur la rétine , en même temps qu’il y en avait de même dimension dans les artérioles du cerveau (1).

(1) Nous ne connaissons, avant la présentation de nos pièces à la Société de biologie (1868), aucun fait démontrant, d’une façon absolue, la coexistence d’ anévrysmes dans la rétine, avec des anévrysmes miliaires dans l’encéphale.

Nous savons bien qu’on a pu constater au fond de l’œil des hémorrhagies, des dilatations vasculaires, des anévrys-

De plus, certains points du cœur et de Y œsophage offraient des dilatations anévrysmales analogues sur quelques-uns de leurs petits vaisseaux ; et Y aorte, ainsi que ses branches, dégénérées par l’athérome, présentaient des anévrysmes d’une dimension déjà notable.

Observation recueillie par H. L.

Emilie T..., femme âgée de 87 ans, placée dans le service de M. Vulpian à la Salpêtrière, avait eu, il y a deux ans, une hémiplégie subite à droite, sans perte de connaissance, nous disait-elle. La faiblesse avait duré dix-huit mois et avait paru s’amender notablement.

Toutefois elle resta sujette aux étourdissements et à ce que l’on appelait autour d’elle, des accès de fièvre chaude.

En effet, elle ressentit à l’infirmerie quelques-uns de ces

mes même, mais, ces examens ont été faits seulement pendant la vie, et l’on n’a rien dit, pour les anévrysmes, de l’état réel des vaisseaux cérébraux; ou bien, dans les autopsies, les lésions de l’œil ont seules fixé l’attention, et les recherches ne semblent point avoir été dirigées dans le même sens, en ce qui concerne l’étude des vaisseaux encéphaliques.

On lira avec intérêt la relation des faits de MM. Sons , Hénocque et Léon Tripier (de Lyon) , ainsi qu’un exposé historique fait dans la séance de la société de biologie (23 janvier 1 869), à l’occasion d’une présentation analogue aux miennes, par MM. Bouchereau et Magnan. Depuis, il m’a été donné (février 1870) de vérifier, avec M. Charcot , cette importante coexistence. Sur une femme de 72 ans, dont je relate plus loin l’observation, nous constatâmes de très*nowbreux anévrysmes miliaires cérébraux avec hémorrhagies, et en même temps plusieurs anévrysmes miliaires rétiniens, avec suffusions sanguines et hémorrhagies de cet organe.

accès, pendant lesquels la face presque seule devenait plus chaude, brûlante, puis rouge et pourpre. Elle était alourdie, et parfois la joue droite fut notée comme plus chaude et plus rouge que normalement et même que la joue gauche.

C’est au milieu de ces phénomènes qu’elle s’éteignit le 15 août 1868.

A l’autopsie le Cerveau pesait 1,120 grammes.

L’œil droit examiné montre :

La Rétine offrant des vaisseaux très-apparents, très-gorgés de sang, flexucux, et sur leur trajet des dilatations arrondies, espacées, rappelant tout à fait des Anévrysmes qu’on soupçonne d’abord , mais que l’on constate bien avec la loupe (1). Le cristallin était dur et un peu rougeâtre en quelques points.

Les deux artères vertébrales, mais surtout la gauche, offrent à leur surface une vascularisation considérable que l’on n’a pas l’habitude de voir jamais si nettement; elle se présente sous la forme d’arborisations très-accusées, qui rappellent assez bien une injection très-heureuse des vasa vasvrurn. Elles sont très-athéromateuses ainsi que leurs branches, et leur calibre en paraît ainsi très-rétréci.

Il n’y a pas de néo-membranes sur la dure-mère.

Les artères de la pie-mère sont par places très-athéromateuses; sur de fines ramifications, l’on observe des dilatations qui ne disparaissent pas, même en pressant le long du trajet des vaisseaux (et qui sont de petites dilatations anévrysmales).

Sur le lobe sphénoïdal droit, trois à quatre petites plaques d’un jaune ocré, friables, (ramollissements superficiels).

(1) Des lésions pareilles pourraient être constatées par l’examen ophthalmoscopique qui assurément rendrait encore dans ces cas de vrais services cliniques [note de 1868). Toutefois dans notre observation, il eut été rendu impossible par l’opacité du cristallin.

L’artère sylvienne droite, scléro-athéromateuse, otfre à sa surface une injection très-marquée des vasa vasorum.

A la partie postérieure du lobe occipital et dans la queue du noyau intraventriculaire (corps strié), petites lacunes et même petits foyers jaunâtres hémorrhagiques.

Non loin de là, dans les circonvolutions, plusieurs anévrysmes miliaires.

Le noyau extraventriculaire du corps strié est criblé de petites lacunes à teinte jaune ocreuse.

La bandelette optique gauche paraît saine, mais vers la partie inférieure du lobe frontal, on voit un petit anévrysme de teinte ocrée.

Nombreuses lacunes dans la substance blanche avoisinante.

Dans le noyau intraventriculaire du corps strié, des lacunes jaunâtres ocreuses, et à côté d’elles se trouvent plusieurs anévrysmes miliaires.

Un peu plus en avant, dans le même noyau, existent superposées l’une à l’autre deux pertes de substance irrégulières, cicatrisées, à bords très-indurés.

Ces lacunes pouvaient loger une lentile.

Dans la couche optique, petit foyer jaunâtre, ocré, avec détritus résistants.

Dans la substance blanche des parties antérieures, ancien petit foyer ocreux.

Rien à l’extérieur du cervelet, teinte jaune soufre des circonvolutions.

Dans le corps rhomboïdal droit, anévrysme miliaire. A gauche, lacune et foyer jaunâtre dans la substance blanche, à 1 centimètre du corps rhomboïdal.

La protubérance est mouchetée de petites taches arrondies, colorées d’un brun jaunâtre; quelques-unes un peu saillantes, dures, ne disparaissant pas parle lavage : ce sont de petits anévrysmes miliaires.

Cœur. — 'La face externe du cœur offre à droite, sur la supe fi ie de l’oreillette et de l’aurioule surtout, des dilatations ampu multiples des vaisseaux, ne disparaissant ni par

le lavage ni par la pression, revêtant un aspect pointillé, un peu saillant : ce sont de vraies dilatations anévrysmales, arrondies, de ces petits vaisseaux. Du reste, sur toute la surface du cœur on remarque une injection très-vive des plus fines ramifications vasculaires gorgées de sang.

Le myocarde est jaune, graisseux, friable.

Une vascularisation des plus vives se remarque encore sur les parties qui enveloppent la vésicule biliaire, d’où un petit relief très-apparent à sa face externe.

De même pour les reins qui sont très-congestionnés.

Dans la couche sous-muqueuse de l’œsophage on distingue, vers le tiers supérieur, des dilatations arrondies, noirâtres et brunes, de diverses grandeurs, depuis un grain de mil jusqu’à une tête d’épingle; elles sont situées sur les vaisseaux de cette couche, distantes les unes des autres, et ne se laissant déprimer ou modifier ni par le lavage ni par la pression. Elle" sont bien limitées, arrondies, et les vaisseaux aux dépens desquels elles sont formées présentent de suite leur calibre normal, après comme avant ces vraies dilatations anévrysmales.

Or, dans ce cas, sur le trajet de l’artère Aorte, il existait, outre des foyers athéromateux et des. plaques calcaires, des poches anévrysmales ayant refoulé la tunique externe qui leur sert de coque unique. Elles étaient arrondies et saillantes; leur volume était à peu près celui d’une moitié de noix, et leur relief analogue.

Mais de plus on trouvait bientôt deux anévrysmes bien formés de la grosseur, l’un d’une amande, l’autre d’une cerise, sur l’artère iliaque droite et sa première petite branche ramifiée.

A ce dernier anévrysme succède une petite artère de la grosseur d’un fin stylet.

Ces poches, dures à l’extérieur, assez lisses, sont remplies de caillots rouge brun, durs, stratifiés en couches traduisant nettement par leurs teintes variées, des âges différents.

Ici donc, comme dans les cas précédents et d’une façon plus saisissante encore, on constate la généralisation de la disposition du système vasculaire à se dilater et à s’anévrysmer ; en un mot, la diathèse anévrysmatique généralisée est flagrante , irrécusable.

Tels sont les premiers faits, qu’il nous ait été donné de rencontrer.

Nous avons pu mettre sous les yeux des membres de la Société de biologie les pièces anatomo-pathologiques, qui ne pouvaient, du reste, laisser aucun doute.

En outre, la plupart avaient déjà été examinées par M. Vulpian, sous la direction duquel nous pratiquions les autopsies.

De plus, il nous fut donné de les présenter à M. Bouchard, et nous eûmes la satisfaction de voir que les distingués auteurs des travaux si consciencieux sur Je rôle des anévrysmes miliaires dans Y hémorrhagie cérébrale acceptaient désormais l’interprétation de généralisation d’une disposition anévrysmale , qui ressortait de nos observations.

Voici comment ils s’expriment (1) :

« Nous avons dit, dans la première partie de ce mé- « moire, que nous ne nous trouvions pas autorisés à « voir, dans les anévrysmes miliaires, et dans la péri- « artérite qui leur donne naissance, rien qui permette « d’y reconnaître une altération étendue à tout le sys- « tème vasculaire.

« Quelques faits observés par M. Liouville, ten- « draient à modifier cette opinion.

(1) Charcot et Bouchard, Archives de physiologie, 1868.

« Il a vu, en effet, en même temps que les ané- « vrysmes iutra cérébraux, des anévrysmes semblables « sur l’œsophage et sur le cœur (1).

(1) Dans cette énumération, il s’est glissé involontairement un oubli, qu’on peut du reste réparer, en se reportant à notre observation publiée, qui est complète (page 27). C’est l’oubli d’ajouter aux anévrysmes de Y œsophage et du cœur , les anévrysmes que nous avions si nettement constatés sur la rétine, et déjà nous accordions à ce premier fait une certaine importance pratique, car nous pensions de suite, et laissions entrevoir l’espérance qu’on pourrait peut-être employer utilement Vophthalmoscope pour essayer de diagnostiquer des dilatations anévrysmales des vaisseaux de V encéphale , si des altérations analogues ( anévrysmes miliaires) se constataient au fond de l’œil. Ce n’est malheureusement qu’à l’autopsie qu’il nous fut, dans ce cas, possible de les noter (le malade ayant un certain degré d’opacité cristallinienne qui avait empêché, pendant la vie, l’examen ophthalmoscopique dirigé dans ce sens).

Du reste, en émettant cette idée qui reposait sur une constatation d’anatomie pathologique dans un cas bien déterminé, je ne faisais que suivre l’impulsion générale actuelle, qui cherche à perfectionner et à multiplier les procédés d’investigation, en vue de se rapprocher le plus possible de la vérité.

Sans compter les immenses services rendus journellement aux oculistes par la merveilleuse invention d’Helmoltz, des tentatives récentes ont été commencées pour faire de l’ophthalmoscopie une branche de la science du diagnostic cérébral et étendre ainsi son champ d’investigations; et l’on peut dire, qu’en France, les leçons et le livre de M. Bouchut , sur le Diagnostic des maladies du système nerveux par Vophthalmoscopie (18G6), comme aussi les recherches de M. Galezowski,

« Il a bien voulu nous montrer ses préparations et « nous avons pu constater la parfaite identité de ces « derniers anévrysmes avec ceux qui se développent « dans l’encéphale. »

(. Archives de physiologie , t. I, n° 6, 1868. - — Nouvelles recherches sur la pathogénie de T hémorrhagie cérébrale, par MM. Charcot et Bouchard. )

Dès ce moment, ce point particulier qui intéressait la pathogénie générale de la question, commença à intervenir plus directement dans l’exposition des faits qui concernent ce genre d’altération ; et dans une récente édition de leurPathologieinterne(l), MM. Béhier et Hardy, regardèrent les cas sur lesquels nous nous étions appuyé, « comme offrant au point de vue de la « pathologie générale, cette importance qu’ils tendent « à établir que les altérations anévrysmatiques se rat- « tachent beaucoup plus à une altération du système « artériel tout entier qu’à une lésion localisée dans tel « ou tel point de ce système. » (29 édition, 1869, art. Hémorrhagie cérébrale.)

Nous fûmes ainsi encouragé à poursuivre cette recherche, et nous pûmes bientôt voir confirmer nos idées par plusieurs faits (2), auxquels nous sommes

ont parmi tant d’autres, contribué puissamment à ces efforts dignes, assurément, d’être continués.

(1) Béhier et Hardy, Traité de pathologie interne. 2e édition, 1869. Paris.

(2) Dans le travail des Archives de physiologie (MM. Charcot et Bouchard) parut également pour la première fois, à la

loin d'attribuer une valeur identique, pris isolément, mais de l’ensemble desquels peuvent ressortir quelques preuves certaines, à l’appui de ce que nous voulons établir.

Nous allons essayer de les passer successivement en revue :

date de 1868 (page 654 du volume) et après nos communications, l’observation suivante qui, à mon sens, indique une tendance manifeste de différents vaisseaux à s’anévrysmer; et on peut regretter que ce point n’ait pas paru frapper davantage les observateurs de ce fait intéressant, qui eussent peutêtre, dans ce cas, rencontré des lésions analogues dans d’autres points de l’économie.

Je transcris l’observation telle qu’elle est résumée.

Hôpital Saint-Antoine. — Dr Laboulbène.

Observation communiquée par M. Huchard , interne.

a S... (Jean-Baptiste), 63 ans.

a Cet homme est amené à l’hôpital le 4 mars 1867 avec a une hémiplégie droite et une contracture des membres du « côté gauche; on n’a sur lui aucuns renseignements.

« Il meurt le 5 mars 1867.

(c A l’autopsie, on trouve un foyer hémorrhagique consi- « dérable dans l’hémisphère gauche, et dans le corps strié « de l’hémisphère droit on trouve la cicatrice jaune chamois , « d’un ancien foyer hémorrhagique.

« La surface des circonvolutions est parsemée d’anévrys- « mes miliaires très-abondants; les artères de la base sont « athéromateuses. Le cœur a son volume normal, mais les k valvules sont fortement incrustées de concrétions calcaires.

g V aorte est fortement athéromateuse, et au niveau de la « partie convexe de la crosse , il existe un petit anévrysme dissé- « quant. »

D’abord nous constatâmes une fréquence remarquable des faits, où se rencontrent à la fois des anévrysmes miliaires du cerveau avec des anévrysmes de même grandeur, très-nettement formés dans les méninges , et dans le cours de ce travail on en trouvera des exemples intéressants.

Pour le moment nous pouvons en résumer une nouvelle observation. — Nous pouvons également en transcrire deux observations complètes :

Bien que les sources de la circulation cérébrale, proprement dite, soient en définitive, à peu près les mêmes que celles d’où dérive la circulation des enveloppes, il y a toutefois là des artères de calibres différents, des conditions différentes aussi de régions et de rapports, qui obligent à interpréter avec la donnée de l’existence d’une cause générale, les modifications analogues (1) que sur ce même système, il est

(1) En 1867, notre collègue et ami, M. Lépine, s’exprimait ainsi :

« Les anévrysmes des méninges et ceux des artérioles de «la substance nerveuse sont identiques; ils naissent sous « l’influence du même processus, lequel est complètement « indépendant de l’athérome.

« Les anévrysmes des artères plus ou moins volumineuses « de la base paraissent dépendre de la même altération des « tuniques du vaisseau, l’artério-sclérose, et tout porte à « croire que la coexistence des anévrysmes volumineux et des « anévrysmes microscopiques déjà signalée par Gull, et qui « existait dans notre première observation d’hémorrhagie « sous-méningée, sera désormais fréquemment rencontrée. » (Note sur deux cas d’hémorrhagie sous-méningées.

Mémoires de la Société de biologie, 1867.)

permis de constater; et de plus, on se souvient que ce fut au début, au moins pour nous, un des premiers points (1) dont la connaissance nous fit penser à la possibilité de rencontrer, dans certains cas donnés, ces lésions analogues en différentes parties du corps.

Commençons par l’observation résumée :

{Observation recueillie et résumée par //. L .)

Femme R..., 84 ans, Salpêtrière, 30 novembre 1868 (service de M. Yulpian).

Entrée à différentes reprises pour des bronchites, mais ayant surtout offert des phénomènes fréquents de démence sénile et de congestions cérébrales.

Excitation encéphalique s’étant manifestée à des époques différentes sous la forme d’accès de démence. Améliorations obtenues, chaque fois, par une application de sangsues derrière les oreilles.

A la dernière entrée, phénomènes subits et graves de paralysie : Attaque brusque apoplectiforme. Déviation conjuguée des yeux. Tendance à la rotation de la tête.

Différence dans la température des membres des deux côtés.

Autopsie. — Trois membranes vasculaires (néo-membranes, face interne de la dure-mère); anévt'ysmes miliaires méningés.

(1) J’ai reçu, ces jours derniers, communication d’une observation inédite de mon collègue et ami Raymond.

Chez une femme H..., 73 ans (morte de démence sénile), le 9 mars 1867, il avait manifestement aussi constaté des anévrysmes miliaires intra-cérébelleux , avec des anévrysmes miliaires des artères cérébelleuses postérieure et supérieure , dans un cas d’hémorrhagie idu cervelet avec vomissements.

Dilatation des vaisseaux artériels et veineux de la base du cerveau. Dégénération scléro-athéromateuse de ces conduits artériels.

Ramollissement rouge, dans une grande étendue de tout le lobe gauche; anévrysmes miliaires cérébraux.

Voici maintenant les deux observations que nous croyons par leur importance, devoir publier complètement.

Un Résumé, du reste, placé en tête de chacune d’elles, fixera les points qui afférent le plus directement au sujet que nous traitons :

HOSPICE DE LA VIEILLESSE (FEMMES)

Service de M. le Dr Vulpian.

(Observation recueillie par H. Liouville, interne du service. )

RÉSUMÉ SPÉCIAL A LA QUESTION

Phénomènes paralytiques (côté droit). Obscurcissement intellectuel. Par moments, accès de démence sénile avec poussées de chaleur à la face et rougeur. Nouvelle attaque apoplectiforme avec coma. Différence de température dans les membres des deux côtés. Mort.

Autopsie.

Artères de la base scléro-athéromateuses. Oblitération de quelques branches (sylvienne gauche). Ramollissement consécutif du cerveau. Nombreux anévrysmes miliaires cérébraux dans les deux lobes. Foyer hémorrhagique dans le cervelet (corps rhomboïdal). Nombreux anévrysmes miliaires cérébelleux. Foyer hémorrhagique dans la protubérance. Anévrysmes miliaires, parties voisines. Altérations anévrysmatiques des artères méningées rachidiennes. Dégénération scléreuse secondaire de la moelle. Examen micrographique de ces différentes lésions.

(Voir la planche, à la fin du travail).

Année 1868. — Jeanne L...., 77 ans; entrée le 25 mars 1868, morte le 8 novembre 1868.

25 mars 1868 soir. — Grand embarras de la parole. On a de la peine à comprendre ce qu’elle dit. Mémoire obtuse.

Pas de chaleur à la face. Langue un peu saburrale. Pas d’appétit; se plaint de douleurs au niveau de l’estomac. Pas de vomissements. Constipation, dit-elle, depuis huit jours.

Affaiblissement du bras droit et de la jambe du même côté. Marche cependant.

Gros râles sous-crépitants à droite et à gauche en arrière.

Douleur vive à la pression de l’épigastre ; pousse des cris. Légère matité dans ce point et légère rénittence.

Pas de vomissements ni le moindre trouble fonctionnel de l’estomac. J. Ipéca.

26 mars. — Cette nuit elle s’est levée, voulait aller dans son dortoir. Eau de Sedlitz, 2 verres.

28 mars matin. — Température rectale 37° 4/5.

16 avril 1868 matin. — Agitation dans la nuit, parlait, voulait se lever.

22 avril matin. — Se lève parfois, cherche à battre, et l’on est obligé de la camisoler. *

Face rouge, chaude. La paupière supérieure gauche est légèrement gonflée.

Parle seule. Langue nette, mange bien, va à la garde-robe. Pas d’eschares.

6 novembre 1868 soir. — État comateux dont on peut assez facilement faire sortir la malade, soit en la pinçant, soit en lui donnant à boire, ce qui provoque la toux ; elle avale de travers ; il paraît passer peu de liquide.

Sous les paupières fermées, yeux fixes, médians, pupilles égales, non dilatées.

Tête fortement penchée à gauche, en rotation.

Hémiplégie droite. Membre supérieur et inférieur avec augmentation très-notable de la chaleur dans les parties pla-

cées dans les mêmes conditions (augmentation pour le côté droit).

Température axillaire droite 39°, 6

— — gauche 39°, 4

On nous a dit qu’en l’amenant, la joue droite était trèschaude et très-rouge ; la joue gauche était pâle et froide. Ce soir la différence existe encore un peu, mais elle est bien moins notable.

Les yeux paraissent lixes. Langue sèche. Respiration embarrassée.

Pulsations 96.

Température axillaire 39°, 6.

Température rectale 40°, 4.

Respiration 42.

Expiration assez bruyante par la langue projetée en avant et ne bougeant pas.

Eschare au sacrum (qu’on dit remonter à huit jours).

N’a pas parlé dans la journée ; a essayé un moment de parler, mais les mots étaient si embarrassés qu’on ne distinguait rien.

Depuis, aggravation. R ne lui a plus été possible d’essayer de parler.

Respiration stertoreuse.

Elle peut remuer le membre supérieur et le membre inférieur gauches.

Au début, la jambe droite ne pouvait déjà pas être levée, mais elle n’était pas encore roide.

Le côté droit paraissait très-douloureux au toucher, soit la jambe et là cuisse, soit le bras (blessure vers le coude droit, suite de chute). On ne retrouve plus ce soir cette exagération de sensibilité, mais il y a des plaintes si on la retourne. N’a pas évacué. Mort dans la nuit.

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