DIAGNOSTIC CLINIQUE
Le diagnostic clinique précis avant le cinquième mois présente les plus grandes difficultés et ne peut être fait qu’exceptionnellement.
En effet tant que la gestation évolue sans accident, elle s'accompagne d'un minimum de symptômes. Ce sont ceux d’une grossesse utérine : suppression des règles, apparition de phénomènes dits sympathiques, tout cela est normal et n’incite pas la femme à se faire examiner. Cependant dans trois de nos observations nous voyons signalées des métrorragies et expulsions de membranes dès le début.
L'examen objectif de la femme peut fournir des renseignements plus précis. À mesure que l'œuf se développe la palpation décèle sa situation latérale, l'orientation plutôt transversale de son grand axe.
Mais ici, comme toujours, c'est le toucher combiné au palper qui montre que la tumeur de consistance rénittente est en relation avec un utérus plus ou moins hypertrophié, mais jouit vis-à-vis de lui d’une certaine indépendance. Les déplacements imprimés à la tumeur peuvent permettre de sentir la
mise en tension du pédicüle qui les rend solidaires. Plus difficile à apprécier doit être la situation des annexes et du ligament rond par rapport au sac fœætal, signe anatomique sur lequel Guillaume insiste mais qui doit être cliniquement délicat à découvrir : la contractilité du sac, sous la main qui lexplore, peut être par contre plus facile à percevoir et prend aiors une valeur décisive.
Les erreurs quel’on peut commettresont multiples. Une fois le diagnostic de grossesse bien établi, on peut prendre l'utérus unicorne hypertrophié pour un utérus réellement gra vide et le sac fœtal latéralement situé et solidaire de cet utérus pour une tumeur utérine pédiculée.
Plus rarement on pourrait êétretrompé par la rénittence de la tumeur, croire à un kyste avarique développé dans l'épaisseur du ligament large, ou à un kyste du parovaire.
La perception du ligament rond, quand elle est possible, au pôle externe de la tumeur pourrait faire croire à une grossesse interstitielle, mais dans ce cas la tumeur fœtale fait corps avec l'utérus, elle lui est intimement actolée et ne présente pas l’indépendance relative que la corne rudimentaire doit à son pédicule.
Enfin, l'erreur de beaucoup la plus fréquente au cours des premiers mois, consiste à croire à une gestation tubaire en évolution. Le diagnostic différentiel est le plus souvent très difficile, la situation du ligament rond et de l'insertion tubaire est malai-
sée à préciser sauf sur des femmes maigres, faciles à palper et de préférence placées sous chloroforme.
Seule la recherche de la contactilité du sac fœtal peut donner la clef du diagnostic.
Quandla gestation atteint ou dépasse le cinquième mois, les éléments du diagnostic se présisent : l’auscultation du cœur fœtal permet de situer l'œuf. La situation latérale, la recherche de ses rapports avec la corne non gravide, la mise en tension du liga-: ment rond, plus facile qu'au cours des premiers mois, diminuent les chances d'erreur.
Quant à la gestation tubaire, il est exceptionnel de la voir évoluer aussi loin. 3
En résumé le diagnostic est d’autant plus facile que la gestation est plus avancée. L'essentiel est de diagnostiquer le siège ectopique del'œuf.
Le diagnostic étaut fait, il faut appliquer à cette dangereuse gestation la règle de conduite adoptée pour lesgestations ectopiques. Règle formulée ainsi par M. le professeur Pinard :
« Toute grossesse ectopique diagnostiquée commande l'intervention chirurgicale. »