De la glycosurie
Pourquoi les anciens n'ont-ils pas été maîtres du symptôme glycosurie, qui aurait offert un texte fécond à leurs controverses, et qui devait jouer un rôle si important dans les temps modernes? La réponse est facile : on dissertait volontiers sur les quatre humeurs et les quaire qualités que l'on ne voyait pas, et l'on passait à côté de la circulation, qui se serait révélée à qui aurait voulu la voir. Une observation superficielle, peu de goût pour l'analyse, si ce n'est dans le domaine des idées pures, aucune recherche suivie, pas de recours aux procédés de l'expérimentation, tel est, en somme, le caractère de l'ancienne médecine.
Le caractère des sciences modernes, depuis Bacon el Descartes, est inverse, et il n'est pas étonnant qu'elles aient moissonné à pleines mains dans le champ où l'on n'avait pas récolté.
La médecine a eu d'abord la plus grande part dans l'élude de la question qui va nous occuper; puis elle s'est aidée de la chimie qui lui a donné un utile concours, mais qui est, comme on le sait, un auxiliaire quelque peu compromettant. Ce n'est qu'en recourant aux lumières de la physiologie qu'elle a trouvé sa véritable voie , et le résultat ne s'est pas fait attendre: de nouveaux horizons ont été découverts.
Le sujet que nous abordons ici était, à l'origine, cir-
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conscrit dans los liiiiiles élioilcs de la question du diabèle. Le problème est autrement large.
Rendre du sucre n'est point le fait de l'ôlre malade tout seul. L'économie indique, par ce sifjne, quelques-unes des modifications qu'elle subil : saine, elle peut en fabriquer, quand nous puîsons nos uialériaux dans un ordre particulier d aliments; troublée, mais pbysiologiquement, elle en odre dans la [jrossesse et dans la lactation; souffrante enfin, elle peut encore, par la présence ilu sucre, dévoiler les désordres qui l'affeclenl, comme dans le diabète, comme dans les maladies qui portent la perturbation dans les fonctions cérébrales ou respiratoires, comme dansées singuliers états où l'éther et le chloroforme jettent l'organisme.
Tels senties vastes horizons que nous avons à parcourir; a peine aurons-nous le temps, en sacrifiant quelques détails, de nous arrêter sur les points culminants.
Voici le plan de cette dissertation :
r Nous ferons, dans une partie liislorUjue, l'exposé de la découverte du sucre dans l'urine, cl celui des doctrines physiologiques et chimiques, à l'aide desquelles on a cherché à expliquer ce phénomène ; 1° nous indiquerons les caractères de Vurinc sucrée; o" nous traiterons des faits cliniques relatifs à la présence du sucre dans l'urine, et II" nous terminerons par des considérations relatives au diagnostic, au pronostic et à la ihérapeulique.