‹ De la Gourme de Castration chez le Cheval et le Mulet (Ses localisations inguinales et lombaires)Chapitre 5 sur 8 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Ü, — Localisations Inquinales superficielles,

OBSERYVATION À. — Cheval entier, noir, 3 ans, 1 mètre 60.

Castration effectuée le 3 juillet 1920.

Suites normales. Cicatrisation des plaies se poursuivant — sans -ædème — jusqu'aux 24-25 juillet.

A cette date, apparition d’une forte toux qui fait croire à un début d’angine, mais disparaît brusquement le 27, faisant place à une légère inappétence. |

Température 39°9.

Flanc droit cordé, boiterie postérieure droite. À l’exploration rectale, les cordons sont nets dans leur portion intraabdominale.

Extérieurement, le pli inguinal droit, très sensible à la pression, est déformé. I] semble s’affaisser sous une pression dirigée de haut en bas.

Lotions chaudes et frictions résolutives sont prescrites.

29 juillet. — Ponction de deux pointes de cautères profondes et larges.

Elimination d’un pus abondant, blanc crémeux, inodore, absolument comparable au pus gourmeux des adénites sousmaxillaires.

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Des irrigations biquotidiennes de la cavité purulente, à l’eau bouillie, assurent en quelques jours la résolution de cette lésion sans complication nouvelle d’abcédation.

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I, — Localisations pelviennes

OBsErvATION B. — Mulet, bai brun, 2 ans à.

Commémoratifs : Opéré courant janvier 1922.

En Février suivant, — soit environ trois semaines après l'opération — le mulet, qui a toussé quelques jours, devient inappétent, le ventre levretté.

Une élimination de pus a eu lieu — par le méat urinaire — 5-6 jours avant notre visite.

A l'exploration rectale, un abcès du plancher pelvin est perçu, à gauche de la portion membraneuse de l’urèthre, et assez bien localisé. :

Réplétion accusée de l’anse pelvienne notamment.

L'absence de réaction œdémateuse tendant à empiéter sur la paroi abdominale comme dans l’observation suivante, la température peu élevée, l'aspect général du sujet plutôt amélioré, nous font présumer que la localisation pelvienne — datant de quelques jours déjà — est en voie de régression.

Aussi, ne croyons-nous pas devoir mettre à contribution l’action sérothérapique — quitte à y recourir en cas d’apparition d’une complication nouvelle. $

Une médication évacuatrice destinée à déblayer la masse intestinale de son contenu, est seule employée.

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OBsERVATION C. — Cheval entier, 4 ans, bai cerise, 1 mètre 61.

Castration effectuée le 15 avril 1921.

Commémoratifs : Suites normales. Cicatrisation rapide, sans œdème du fourreau.

Du 27 au 30 avril, apparition d’une toux forte et d’une « glande » dans l’auge, faisant présager une angine.

Adénite et toux disparaissent spontanément ; quelques jours après de l’anorexie survient, puis de la raideur de l’arrièremain et, le 8 mai, le sujet élimine par le méat urinaire une certaine quantité de pus après la miction.

9 mai. — Première visite. Abattement accusé du sujet. Ventre levretté. Enorme saillie de la corde du flanc des deux côtés.

Température : 40°7.

A l'exploration rectale, on note sur le plancher pelvien un plateau d’œdème étendu à gauche contre la vessie et la portion membraneuse de l’urèthre, depuis le trou obturateur, en arrière. 1l déborde, en avant, largement sur la paroi abdominale qu’il surplombe, adhérent en cet endroit à l’anse pelvienne refoulée en arrière, distendue par son contenu alimentaire.

Toute cette zone est très douloureuse à la pression, particulièrement dans sa portion arrière.

La compression par la main, au niveau de la portion membraneuse, fait apparaître des efforts de miction donnant évacuation à une petite quantité de pus crémeux, blanchâtre, sans odeur, rappelant le pus des abcès gourmeux.

Nous sommes en présence d’un abcès du plancher pelvien, constitué au niveau du trou obturateur gauche, accompagné d’une forte réaction péritonéale et ouvert par contiguité de tissu dans l’urèthre, au niveau de sa portion membraneuse.

Un abcès de fixation est pratiqué, ainsi qu’une injection intraveineuse de 90 cm3 de sérum antistreptococcique.

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10 mai. — Amélioration de l’état général.

Température : 39°8. Flancs moins cordés. Très peu d’émission de pus après la miction.

11 mai. — Amélioration soutenue.

Température : 39°1. Ventre tombant, flancs creux. Régression notable du plateau œdémateux qui semble vouloir libérer, en sa partie avant, l’anse pelvienne évacuée d’une grosse partie de son contenu.

Douleur presque nulle à la pression du plancher pelvien.

Réinjection de 70 cm3 de sérum antistreptococcique.

14 mai. — Ponction de l’abcès de fixation qui élimine une grosse quantité de pus d'assez bonne nature, bien lié, inodore.

Température : 38°6. Aspect très gai.

L'exploration rectale décèle seulement, à gauche et en arrière du col vésical un épaississement indolore.

Remise progressive au régime normal. Guérison définitive sans autre complication.

Notons deux faits en passant :

1° Tout ce processus inflammatoire — élaboration de la collection purulente, réaction péritonéale, travail d’élimination du pus par nécrose de la paroi uréthrale — qui a demandé plusieurs jours, a suivi les deux signes cliniques observés dans les derniers jours d’avril : adénopathie, toux pharyngienne — indices habituels d’une angine gourmeuse en début d'évolution.

?° La régression spontanée de ces deux signes coïncidant avec l'apparition de manifestations secondaires qui vont dominer le tableau symptomatique.

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I, — Localisations Inguinales supérieures et sous-lombaires,

Un premier groupe est constitué par des localisations inguinales simples sans adjonction de lésions sous-lombaires. | |

Ce mode de localisations gourmeuses consécutives à la castration est celui que nous avons rencontré le plus souvent en clientèle.

Toutefois, comme ces observations cliniques ne diffèrent entre elles que par l'intensité de la réaction gourmeuse, la durée d'évolution, les doses de sérum injectées — le résultat final étant le même, une guérison complète —, nous avons cru devoir éviter des redites fastidieuses en ne présentant que les deux observations suivantes :

OBsERVATION D. — Cheval entier, noir, 4 ans, 1 mètre 60.

Commémoratifs : La castration a été effectuée le 10 ou 11 décembre 1923. Dans la nuït du 17 au 18, le cheval est trouvé — litière bouleversée — transpirant et très essoufflé.

18 décembre. — Forte hyperthermie, abattement marqué. Dyspnée accusée.

À l’auscultation, large zone de congestion pulmonaire à gauche ; à droite, foyer pulmonaire en voie d’hépatisation situé en arrière et au-dessus de la pointe olécranienne.

Les plaies de castration sont normales, en voie de cicatrisation ; pas d’'œdème de la région inguinale, ni du fourreau.

Le flanc droit est cordé.

L'’exploration décèle :

1° Un abcès inguinal supérieur en formation — de a grosseur d’un œuf de poule — situé à l’entrée de l’anneau inguinal droit ;

2° Au-dessus et remontant vers la paroi interne du creux du flanc droit, un plateau œdémateux soudé à un segment intestinal correspondant ;

3° Un gros tassement alimentaire des divers segments intes-. tinaux du flanc droit.

Toute cette zone est très douloureuse à la palpation.

Un large sinapisme de 500 grammes de farine de moutarde est appliqué et maintenu deux heures autour de la poitrine.

19 décembre. — Pas d’amendement des signes généraux. Diminution de la zone congestionnée du poumon gauche. Injection intrajugulaire de 100 cm3 de sérum antistreptococcique.

20 décembre. — Température abaïissée, mais cependant encore supérieure à 39°. Aspect général meilleur. Le flanc droit est redevenu creux. La localisation inguinale semble bien enrayée dans son développement ; le plateau œdémateux est moins épais, moins sensible.

Nouvelle injection intraveineuse de 50 cm3 de sérum A. S.

L'annonce d’une défervescence et d’une amélioration notable dans l’état général nous font ajourner notre visite au 24 décembre.

24 décembre. — Température : 38°7. Disparition du plateau d’œdème ; seule, une petite bride lâche empêche encore le glissement de la main à plat vers les parties hautes du creux du flanc droit.

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L'abcès inguinal supérieur, encore que bien perceptible, est notablement diminué. Au foyer pulmonaire droit, le souffle a disparu pour faire place à de la crépitation, indice de régression.

Revu le 26, puis le 31 décembre, le cheval est déjà à cette époque remis à un demi-régime ; il entre en convalescence.

Seul, lé poumon droit conserve un murmure plus rude au niveau de l’ancienne zone hépatisée.

La localisation inguinale supérieure n’est plus perceptible.

OBSERVATION E. — Cheval entier, alezan, prenant 4 ans, 1 mètre 59 environ.

Arrivé de Bretagne, fin mars 1924, le sujet a présenté, pendant quelques jours, de, l’inappétence et une légère hypertermie.

Une petite adénite sous-maxillaire existe encore le 15 avril, jour de la castration.

Les suites opératoires sont très normales ; la cicatrisation des plaies se poursuit rapidement, sans œdème.

10 mai. — Le sujet présente une très forte hypertermie — 41°1 — de légères coliques et un mauvais aspect général.

Dos voussé, meéinbres rassemblés, notre opéré est immobile, tête basse. Les mouvements réspiratoires abdominaux sont petits, saccadés. La corde du flanc est extrêmement saillante des deux côtés.

Déplacé, le sujet boite du postérieur droit. A l’exploration rectale nous trouvons une énorme réaction inguinale, côté droit. Partant de l’anneau inguinal supérieur, elle remonte le long du détroit antérieur du bassin dont elle déborde en dedans le côté droit.

L'importance de la lésion abdominale, les signes généraux nous font porter un pronostic assez sombre.

Une injection intrajugulaire de 100 cm3 de sérum À. $S. est pratiquée.

13 mai. — Nouvelle injection intraveineuse de 50 cm3 de sérum A. S. a

La réaction inguinale s’est développée. Dans la partie moyeñné de cette masse phlegmoneuse, dure, irrégulièrement ” bosselée, très douloureuse à la pression, existe un point dépressible ; menace précisée, faisant redouter dans un délai rapprôché, l’ouverture de la cavité purulente et la péritonite.

Autour du phlegmon, et sur la paroi abdominale inférieure droite s'étend un plastron œdémateux adhérent à divers segments intestinaux, siège d'une stase importante de matières alimentaires.

17 mai. — Amélioration de l’état général. Température : 39°.

Le développement de l’abcès inguinal supérieur semble enrayé. À travers la paroï rectale son volume paraît être bien supérieur à un poing. Les segments intestinaux du flanc droit se sont libérés de leur contenu.

100 cm3 de sérum A. $S. sont à nouveau injectés dans la jugulaire. RE

Un abcès de fixation est pratiqué.

25 mai. — Amélioration soutenue. Diminution légère — mais appréciable — de la lésion inguinale. La ponction de l’abcès donne un pus abondant. ;

26 mai au 3 juin. — Amélioration persistante. On note progressivement une régression de la lésion abdominale.

25 juin. — De l'énorme lésion, il reste une tuméfaction indolore, inférieure au volume d’un œuf de poule.

Revu le 22 juillet, le cheval a repris de l’état. De l’abcès inguinal supérieur il ne reste aucune trace explorable.

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