‹ De la Gourme de Castration chez le Cheval et le Mulet (Ses localisations inguinales et lombaires)Chapitre 7 sur 8 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

de ces localisations qourmeuses

Des données de la pathologie générale nous pouvons

déduire les deux principes suivants :

1° La diminution de résistance d’un tissu exalte la virulence des germes et en favorise le développement ;

2° Après le tissu conjonctif du foyer d’inoculation, le système lymphatique est le meilleur terrain de culture pour les streptocoques.

Or n'est-ce pas là deux conditions réalisées par la plaie de castration : une plaie béante découvrant un tissu cellulaire péri-inguinal, lâche, abondant, ainsi que des tissus funiculaires lésés, en travail d'élimination d’escarre.

Double raison en vérité pour que le streptocoque gourmeux déposé en ce milieux si favorable y cultive hâtivement. |

Or nos observations montrent généralement l'inverse. C'est ainsi que le temps écoulé entre l'acte opératoire et

l'apparition des premiers signes pathologiques a été de

Le DATI

21 jours dans l'observation À,

21 — — — B, 23 — — — C, T — — — D, 25 — — — E, 1 an — — F, 99 — — — G, et 8 — — — H Ainsi donc — sans tenir compte des délais extrêmes

— le streptocoque, introduit dans la plaie opératoire, mettrait une moyenne de 20 jours pour réaliser sa lésion locale, toutes les conditions optima d'’exaltation de sa virulence se trouvant réunies ? Fait étrange, en contradiction évidente, non seulement avec les principes de pathologie énoncés plus haut, mais encore avec les faits cliniques.

Ne savons-nous pas, en effet, que dans l'infection gourmeuse des premières voies respiratoires, l’inoculation de la pituitaire est rapidement suivie de l’adénopathie sousmaxillaire ; que l’œdème périvulvaire de la gourme coitale apparaît déjà 4 à 7 jours après l'infection vaginale ?

Et cependant, dans ces deux cas, la porte d'entrée du streptocoque est une muqueuse, c’est-à-dire un tissu dont le pouvoir défensif est infiniment supérieur aux tissus fraîchement traumatisés d’une région opératoire !

Nous venons de parler de la gourme coïtal, maladie qui se caractérise par un œdème périvulvaire et périnéal, plus ou moins abondant, dont la production est facilitée par le tissu conjonctif particulièrement lâche dans ces régions. Or cette texture conjonctive se retrouve absolu-

ment analogue dans la région inguinale du mâle. Si donc les manifestations de la gourme de castration, que nous venons de rapporter, avaient pour cause une souillure opératoire des plaies, nous devrions observer — avant toute autre localisation — un œdème plus ou moins envahissant de la région testiculaire, des plis de l’aine, du fourreau ayant pour point de départ la plaie de castration. Or rien de tout cela. Bien au contraire, nos observations notent toujours des suites opératoires normales, une cicatrisation des plaies complètement ou à peu prés terminée et jamais le moindre œdème. |

D'ailleurs, il existe chez le cheval entier ou la jument une série de lésions inguinales gourmeuses absolument homologues de celles de nos castrés. Il n’est donc plus possible pour celles-là d’invoquer, comme facteur étiologique, l'infection du trauma-opératoire. Sont nombreux par exemple les jeunes poulains porteurs d’abcès gourmeux testiculaires, sous lombaires, mésentériques évoluant à la suite d’une angine de même nature.

Sur un cheval entier, alezan, cinq ans, nous avons observé un abcès inguinal superficiel, siègeant en avant et au-dessus du testicule droit, entre Ile fourreau et la face interne de la cuisse. Il rappelait absolument la localisation de nos opérés de l'observation A. |

Sur une jument, bai, âgée (19 ans environ), qui jusqu'alors vécut isolée, en montagne, loin de tout contage, nous avons vu évoluer très rapidement — à la suite de l'introduction d’un jeune cheval dans la même écurie — une gourmeé ganglionnaire mortelle, présentant les loca-

lisations suivantes :

1° Des abcès inguinaux superficiels, affaissant à droite

et à gauche le pli de l’aine ;

2° Un énorme phlegmon gourmeux partant de l’anneau inguinal supérieur droit, remontant le long de l’entrée du bassin dont il débordait largement en dedans le

détroit antérieur ;

3° Un abcès d’un ganglion sous-lombaire el mésentérique.

Ainsi donc, à part les lésions du plancher pelvien, nous retrouvons chez des sujets entiers ou des juments — c'est-à-dire des sujets non soumis au traumatisme opératoire — toute la gamme des lésions gourmeuses inguinales de nos opérés. Nouveau faisceau de preuves opposable à une explication des accidents inguinaux de castration par une souillure du trauma opératoire et infection ascendante consécutive.

Ces multiples cas de localisations ganglionnaires, observés si fréquemment chez le poulain ou le jeune cheval comme complication d’angine ou de pneumonie gourmeuses, ne sont pour notre esprit qu’un épi-phénomène, en quelque sorte, dans l’évolution de l'infection, de la maladie primitive. Cette interprétation toute naturelle pour des lésions qui sont la réplique même de celles de nos opérés, étant valable pour Îles premières, devrait donc être rejetée pour les secondes ! La similitude des lésions nous a conduit, au contraire, à rechercher dans la pathogénie des premières, la véritable explication des secondes.

Ainsi donc, logiquement, la pathogénie des accidents

inguinaux de la « gourme de castration » doit être recher-

re chée dans le mode d'évolution, la marche même de cette tocoque gourmeux, son polymorphisme, ses facultés pyoment dit dans la nature même de l'agent causal : le streptocoque gourmeux, son polymorphisme, ses facultés pyogènes, son électivité pour certains tissus.

La gourme est un « Protéé », ont déjà dit nombre d’auteurs. Elle se présente, en effet, d’une saison à l’autre — voire même d’une exploitation à l’autre — sous un masque symptomatologique différent.

Ici, elle réalisera des pneumonies à forme sévère, évoluant rapidement vers la pleuro-pneumonie mortelle. D'autres fois ce seront des localisations synoviales ou articulaires ; enfin des lésions ganglionnaires des cavités splanchniques, multiples, lointaines, sans lien de parenté visible, en quelque sorte, avec l'affection primitive.

Sous le couvert d’une angine de faible ou moyenne intensité, par exemple, elle évoluera insidieusement, traîtreusement, allions-nous dire. Une friction résolutive a calmé l’inflammation pharyngienne débutant et fait résorber l’adénite sous-maxillaire, tout semble rentré dans l'ordre. Le sujet, un moment boudeur, reprend son allure hormale et « profite ».

Quelques semaines se passent, tout à coup une régression de l'état général se produit. L'appétit devient capricieux, le poil prend un aspect terne et piqué, de petites coliques sourdes apparaissent. L’abcès ganglionnaire mésentérique est constitué, l'exploration rectale le décèle sous

la voute lombaire, complication lointaine, insidieuse qui dérouterä certes, tout praticien non familiarisé avec les modes d'évolution du processus gourmeux.

C’est que la gourme n'est pas « une » dans ses manifestations morbides, à l’inverse d’autres affections telles que la fièvre charbonnéuse, le tétanos par exemple. Ici, un agent rigoureusement spécifique, fait évoluer la maladie suivant un cycle déterminé, reproduisant les mêmes lésions anatomiques, les mêmes manifestations symptomatiques.

La résistance du terrain ou la virulence du germe spécifique détermineront seules la marche de la maladie qui évoluera sous une forme chronique, aiguë, septicémique.

Dans ses formes curables, la maladie une fois enrayée, évoluera normalement, sans surprise, vers une guérison.

C’est ce défaut d'unité, c’est cette aptitude à créer — en tout point de l'organisme — des lésions secondaires, après guérison apparente du foyer initial, que le Professoeur Cadéac a si bien caractérisé en disant que la gourme est la « maladie des surprises ».

Ces « surprises » sont conditionnées le plus souvent, — et plus particulièrement en ce qui nous concerne dans ce travail — par des foyers de suppuration liés à la nature même de la gourme. Elle est, en effet, suivant le même auteur, une « infection streptococcique, caractérisée prin- « cipalement par des inflammations catarrhales des pre- « mières voies respiratoires et par des foyers de suppu- « ration susceptibles d'évoluer dans tous les organes de « l’économie ».

Ces foyers de suppuration multiples, à distance du pre-

Sen DER

mier point d'infection, sont la signature même de l'infection streptococcique gourmeuse. Grâce à eux, les localisations inguinales de la gourme de castration et les localisations abdominales de la gourme naturelle apparaissent comme deux manifestations sœurs d’un même processus infectieux dont l’agent causal est le streptocoque équin et le mécanisme celui des abcès métastatiques de cette septicémie qu'est l'infection purulente.

Le streptocoque équi mis en évidence, en 1888, par ScHüTz d'abord, ensuite par Sranp et JENSsEN, est l’agent proprement dit des manifestations catarrhales et suppuratives de la gourme. La faculté extrême d'adaptation de ce streptocoque ne permet pas de dire qu'il existe un streptocoque équin, mais bien des variétés nombreuses du genre équs.

Tout d’abord — à ne s’en tenir qu'aux manifestations cliniques — le groupe de streptocoques gourmeux se trouve opposé à un autre groupe : les streptocoques pyogènes, agents de l’érysipèle de l’homme, de l’anasarque de nos animaux domestiques. Aux premiers appartient la faculté de créer en tout point de l'organisme ces foyers de suppuration que nous constatons chez nos opérés ou chez les autres malades sourmeux. Mêmes manifestations catarrhales, puis suppuratives chez les uns et chez les autres sans tendance aucune à la formation d’œdèmes souseutanés étendus ou circonscrits.

Inversement, dans Iles divers cas de fièvre pétéchiale ou anasarque du cheval que nous avons observés, il ne nous a jamais été donné de pouvoir déceler à l'exploration ni de voir évoluer par la suite des abcès inguinaux ou sous-

DAME à PL,

lombaires comparables à ceux que nous signalons plus haut chez nos gourmeux.

Ici, pas de tendance à la suppuration comme avec les streptocoques gourmeux, mais une action vasculaire, vaso-dilatrice plus spécialement réservée aux streptocoques pyogènes.

D'autre. part, des réactions sérothérapiques montrent de façon plus évidente encore cette différenciation. C’est ainsi que le sérum de Marmorecx — obtenu en traitant des chevaux par des cultures de streptocoques pyogènes — actif contre l’anasarque et l’érysipèle, reste sans effet sur la gourme du cheval. Inversement, le sérum antigourmeux du chien est actif contre la gourme du cheval, mais demeure privé de toute activité sur le streptocoque virulent de Marmorecx (Lignières).

Enfin, des réactions de laboratoire, basées sur la déviation du complément ont semblé — depuis un an — devoir séparer plus nettement encore le streptocoque gourmeux des autres représentants de la même famille. Broco-RoussEu, Forcror et UrBan ont, en effet, montré que la réaction de Borprer-Gexcoux, appliquée à la recherche des anticorps dans les sérums antigourmeux, est toujours positive lorsqu'on s'adresse à des cultures de Streptocoques gourmeux. Eile reste au contraire négative si l’on se sert vis à vis des mêmes sérums antigourmeux de streptocoques pyogènes humains ou animaux.

Or, ce même streptocoque gourmeux est susceptible d’adaptations, d’affinités plus spéciales encore, au point de constituer de véritables variétés ayant un masque de spécificité plus étroite. C’est ainsi que le D' LaBar a

NE y jo

montré que le streptocoque gourmeux pouvait engendrer des séries de races ou variétés adaptées à un ou plusieurs organes d’une même espèce animale, tels que synoviales articulaires, appareil ganglionnaire lymphatique. Sous l'influence « des causes encore inconnues qui les ont rendues virulentes », ces variétés de streptocoques se trouvent si bien adaptées aux tissus, aux organes — qui ont en quelque sorte « présidé à leur adaptation primitive » — qu'elles se refusent à vivre en dehors de ceux-cI. |

Ainsi donc, de l’ensemble de ces travaux, nous pouvons déduire :

1° Que c’est bien à l’action des streptocoques gourmeux et non des streptocoques pyogènes qu'il convient de rattacher les lésions suppuratives observées chez nos opérés en infection aussi bien que chez les malades atteint de gourme ;

2° Que cette notion d’électivité dans l’action pathogène de certaines espèces de streptocoques gourmeux permet de concevoir plus aisément la production de ces localisations ganglionnaires inguinales ou abdominales, à l’exclusion de toutes autres.

__ Dans toutes nos observations, en effet — à part l’observation : D (pneumonie) — nous n'avons jamais eu à noter d’autres localisations que celles de l'appareil lymphatique ; celles-ci faisant suite directement à l'inflammation catarrhale de début, localisée aux premières voies respiratoires. Ni lésions pleurales, ni lésions articulaires ou synoviales antérieures ou intercurrentes.

Quant à la pénétration de ces éléments streptococciques dans j’appareil lymphatique, nous pensons qu'ils y sont introduits par la circulation sanguine. Toutefois, non pas à la manière dont le concevaient VERNEUIL et GUÉRIN pour l'infection purulente, c’est-à-dire par propagation à la paroi veineuse de l'infection périphérique, déterminant ainsi « une phlébite infectieuse dont le thrombus morcelé pourra ensuite passer dans la circulation générale », entraînant les germes pathogènes fixés sur chaque embolie.

Ce mécanisme de thrombo-phlébite, particulièrement fréquent dans l'infection puerpérale, ne semble pas devoir être réalisé dans nos localisations gourmeuses ganglionnaires.

Puisque nous avons remarqué chez tous nos opérés — sauf un — l’absence de lésions pulmonaires, il faut donc admettre que les embolies capillaires réalisées lors de l'infection, primitive des cavités naso-pharyngiennes, soient assez petiles pour pouvoir traverser — sans y être arrêtées — les capillaires du poumon, revenir dans la circulation générale, pour de là être réparties dans l’économie.

Il nous semble plus rationnel d'admettre une pénétration lymphatique directe des streptocoques gourmeux au niveau de la muqueuse, siège de l’inflammation catarrhale. Ils pénètrent dans les espaces lymphatiques sousmuqueux à la faveur des érosions et de la desquamation épithéliale de la muqueuse pituitaire ou pharyngienne. « Ils parcourent les vaisseaux lymphatiques, puis les gan- « glions, pour être enfin déversés dans la circulation

« générale. » (Sacquepée). Chacune de ces étapes pouvant, ou non, donner lieu à une réaction perceptible.

Ceux des streptocoques qui ne sont pas touchés par le pouvoir agglutinant et bactériolytique du sérum sanguin se trouvent amenés par la circulation dans ces petits organes Iymphoïdes que sont Îles ganglions Iymphatiques.

Arrêtés en ces organes par les leucocytes, les streptocoques y sont partiellement détruits, commè aussi ils peuvent n'y subir qu’une simple atténuation. Encore virulents, ils réagissent contre le mouvement phagocytaire qui tend à les envelopper. Il en résulte une tuméfaction du ganglion qui s’hypertrophie et suppure.

Ainsi, naissent à distance ces multiples adénopathies, indices de la participation prise par ces petits organes Ivmphoïdes au processus de défense général.

Compte tenu de tout ce qui précède, il nous semble donc possible d'émettre cette opinion, que les accidents gourmeux de la région inguino-lombaire dans [a castration du cheval et du mulet ne sont plus le fait d’une inoculation opératoire directe — comme le pensait JOUQuAN — mais l'expression clinique d’une infection streptococcique gourmeuse, .à localisation plus particulièrement ganglionnaire.

Diagnostic

Nous donnerons en quelques lignes, avant de passer à la dernière partie de ce travail : le traitement, les principales indications du diagnostic de ces localisations inguinales.

En moyenne, 25 à 30 jours après la castration, une hyperthermie (39°5-40°) accompagnée d’une boiterie d’un membre postérieur — le droit plus spécialement — doit immédiatement faire songer à une complication inguinale. |

Le taxis du pli inguinal d’abord, ensuite l'exploration rectale de l’anneau supérieur correspondront au côté de la boiterie feront reconnaître à coup sûr, un abcès en voie de formation.

Le bon aspect des plaies et du pus qui s’en écoule, les symptômes généraux beaucoup moins accusés différencieront de l'infection purulente.

L'absence d’un œdème dur, partant de la région opératoire, à marche envahissante, allant de pair avec des signes généraux d’une exceptionnelle gravité éloigne l’idée

de septicémie gangréneuse.

L'abcès septique de l’aine par retention et infection de l’escarre du cordon, donne tout d’abord l’impression d'un abcès inguinal superficiel. Il s’en différencie à son pus fétide, mal lié.

Entre le contenu de ces deux collections purulentes inguinalés, il y a la même différence qu'entre celui d’un abcès gourmeux de l’auge et le pus fétide, mal lié de l’abcès de la glande sous-maxillaire, dû à la pénétration d’épillets de brôme dans les canaux de cette glande.

La différenciation avec la funicule de castration est basée sur l'existence dans cette dernière complication d’une tuméfaction du cordon à sa partie inférieure et l'absence de signes généraux.

Traitement

Le Traitement se résume en une ponction et détersion de la cavité pour les lésions superficielles, telles que celle de l’observation : A. |

Quant aux autres, inguinales supérieures, sous-lombaires, pelviennes dont la marche est rapide et la situation assez inaccessible pour une action directe, nous avions eu recours, tout d’abord, à un traitement médicamenteux administré par la voie sanguine. C'est ainsi que dans l'observation : G — qui date de 1920 — le salvarsan fut employé en injections intraveineuses deux jours consécutifs, à la dose de 2 gr., puis 1 gr. 50, mais sans résultat.

Depuis cette époque, c’est de la sérothérapie antigourmeuse que nous faisons la base du Traitement, en employant, ou non, comme adjuvent, la production d’un abcès de fixation, par exemple dans les observation : C. E. Ce furent des résultats favorables obtenus par cette méthode sur des poulains porteurs de lésions abdominales sourmeuses, qui nous incitèrent à expérimenter le même

ul

Traitement chez nos opérés. Aussi, depuis 1921, appli-

se 1 NS C0 es

quons-nous de façon systématique aux complications gourmeuses de la castration ce traitement sérothérapique.

Nous savons, certes, que les avis sont assez partagés en ce qui concerne |’ « efficience » des sérums antistreptococciques. Certains reconnaissent avoir obtenu de ceuxci de bons résultats, d’autres au contraire semblent ne pas avoir à s’en féliciter.

Ainsi Rour et JacouLer ont signalé l'influence favorable sur l’évolution d’une gourme d’un sérum d'animaux immunisés contre du streptocoque gourmeux, injecté à [la dose de 20 à 50 cm3 seulement.

Jers et Prorkowski, partant de différentes souches streptococciques gourmeuses, auraient obtenu un sérum très actif. À la dose de 50 cm3 il produit chez des sujets gourmeux une défervescence avec résorption et guérison des abcès. (DEemeny et SzENDE, CEDERBURG).

WiscHERER, au contraire, semble lui dénier tout effet préservateur chez les poulains. Des résultats encourageants auraient été également enregistrées par Vicomr et GaTni avec la gourmine de Ruprez, sérum de souches gourmeuses à virulence exaltée.

Bref, nous dirons avoir retiré personnellement, jusqu'à ce jour, d'heureux effets de l'emploi du sérum antistreptococcique.

Ces divergences dans les résultats obtenus en matière de sérothérapie antigourmeuse, seraient peut-être éclairées par des renseignements précis eur l’origine et la différenciation des souches culturales employées à traiter les sujets producteurs de sérum. C’est, en effet, d’une connaissance plus poussée dans la différenciation, dans la sélec-

tion des diversès races streptococciques que dépend peutêtre — suivant l'expression de BesrenkA — « l'orientation de la sérothérapie antistreptococcique ».

On sait par exemple qu'un sérum, même polyvalent, provenant de souches pyogènes, sera peu ou pas efficace contre le streptocoque gourmeux, parce que s'adressant plus spécialement aux formes humaines, erysipélateuses. C'est le cas par exemple du sérum de Marmoreck.

Au contraire, un sérum en provenance de souches gourmeuses et pyogènes multiples aura toute chance de juguler une infection streptococcique débutante parce que contenant des anticorps multiples et divers dont, quelques-uns, se trouveront directement opposables à l’antigène ou aux antigènes en vause.

Le sérum que nous avons employé dans le traitement de nos accidents gourmeux de castration est le sérum fourni par les laboratoires MéÉRtEUx de Lyon. C'est un sérum antistreptococcique provenant de chevaux hyperimmunisés — à dose « fantastique » — par de nombreuses souches de streptocoques gourmeux et pyogènes. Sa polyvalence entretenue, est accrue, à chaque occasion, par l'apport de nouvelles variétés.

Il est probable que c'est à la richesse de la flore streptococcique d’une part, — plus de vingt races d'origines diverses, — et aussi à l'énorme quantité de culture injectée aux chevaux producteurs, que sont dus Îles heureux résultats obtenus par l'emploi de ce sérum.

La polyvalence sérique doit répondre au polymorphisme streptococcique.

Sur nos opérés, nous avons toujours pratiqué l'injection

Le LE A ha

de sérum antistreptococcique, dans la jugulaire, mélangé ou non à du sérum physiologique, et toujours à dose massive d'emblée.

C’est ainsi que le sujet à localisation pelvienne de l'observation : C reçut, le 9 mai, 90 cm3 ; le 11 mai, 70 cm3.

On se rappelle qu'ici l’abcès pelvin s'était ouvert spontanément dans l’urèthre dès le 8 mai. Nous n'avions donc pour but que de combattre les symptômes généraux et l’extension du processus inflammatoire au péritoine.

L'injection du 9 mai produisit dans les quarante-huit heures, une régression des signes péritonéaux, une amélioration de l’état général.

La 2° injection du 11, complète l’amélioration première et conduit le sujet à la convalescence.

Notons — pour une plus grande exactitude — que le 9 également, un abcès de fixation avait été pratiqué. Dironsnous que cette médication adjuvante doit revendiquer pour sa part le succès ? — Nous ne le croyons pas ; l’amélioration, la détente ayant été enregistrées dès le lendemain, le 10 —, l’abcès de fixation n'avait pas encore à cette date un développement suffisant pour pouvoir influencer si favorablement la marche de la maladie.

D'ailleurs, dans les observations suivantes (Obs. E. D.), l’action sérothérapique est très nettement marquée.

Le sujet de l'observation E reçut, on s’en souvient : 1610 "mar re C0.

lé 13 mai... . 1602

Dès le 17, amélioration netle, arrêt du développement

A à OR

de l’abcès inguinal droit. Ce ne fut que ce jour-là — et devant l'amélioration obtenue par l’action sérique — que nous eûmes recours à la médication adjuvante de fixation, tout en l’accompagnant d’ailleurs, d’une nouvelle injection de 100 cm3 de sérum antistreptococcique.

Huit jours après la dernière des trois injections (au total 290 cm3) la régression des lésions était manifeste ; un mois après elles étaient peu notables, deux mois plus tard introuvables.

Enfin, la lésion inguinale supérieure du sujet de l’obs. D évolua vers la guérison définitive en 12 jours, sous l'influence — éxclusive cette fois — de l’action sérique. 150 cm3 de sérum streptococcique furent injectés à ce sujet en deux jours.

Ainsi donc, ces heureux résultats ajoutés à d’autres plus nombreux obtenus par ailleurs sur des porteurs de lésions ganglionnaires abdominales, survenues au cours d’une affection gourmeuse initiale, nous ont confirmé dans cette opinion, que le traitement sérothérapique effectué hâtivement et à doses massives est le traitement de choix des complications inguinales et lombaires de la gourme de

castration chez le cheval et le mulet.

Conclusions

La gourme de castration du cheval et du mulet, considéréé jusqu'ici par la plupart des auteurs comme la conséquence directe d’une faute opératoire, ne peut plus être désormais envisagée de cette manière. Sous cet aspect, en effet, elle est — sinon disparue — du moins extrêmement rare, grâce à une observation plus stricte des règles de l'hygiène et à de meilleures méthodes opératoires.

Mais, loin d’être resserré, le cadre de cette affection doit être au contraire très élargi. Elle a droit désormais à tout un chapitre dans l'étude de la gourme dont elle constitue une entité symptomatologique bien caractérisée par la production d’abcès ganglionnaires de la région inguinolombaire.

Comme la gourme proprement dite, la gourme de castration est conditionnée par une infection streptococcique du groupe équin ; c'est-à-dire par des streptocoques à manifestations catarrhales et suppuratives.

Cette infection, le plus souvent latente, inconnue ou

méconnue au moment de l'opération, devra toujours être

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