LÉSIONS COMPRENANT PLUSIEURS ORGANES DU COU
Les auteurs n’ayant pas parlé en détail de la lésion de chacun des organes entrant dans la constitution du cou, nous avons cru devoir essayer de remplir celte lacune. Mais le plus souvent ces organes ne sont pas atteints isolément; il conviendrait de reprendre l’examen de rcusemble du cou , et de parcourir les lésions sous le point de vue
de leur gravité directe ou relative.
Eu effet, les lésions du cou sont très-graves ou mortelles lorsque l’ait ou la nature ne peuvent ordinairement en arrêter le résultat funeste : comme la lésion subite de la moelle épinière , celle de 1 altère
vertébrale. -
Elles sont moins graves, si l’art ou la nature peuvent ordinairement arrêter ce résultat, par exemple, l’ouverture d’un petit rameau
artériel. ...
Enfin , elles ne le sont pas lorsque l’art ou la nature les guérissent
en peu de jours , dans les cas ordinaires piqûre , plaie légère de la
^ Néanmoins rappelons notre division émise plus haut relativement à la gravité eu égard aux professions.
Jusqu’à présent nous avons fait de l’analyse ; nous avons abstrait chaque organe de ses voisins pour étudier séparément toutes ses lésions ; il nous reste à faire de la synthèse pour arriver aux faits tels qu’ils s’observent.
Ce travail consiste à remonter des détails à l’ensemble , c est-a-dire à partir d’uu organe donné, et supposer la maladie s’étendre de pro-
che en proche aux tissus environnans, clans l’ordre que présente l’observation pratique.
Nous aurons à voir alors combien chaque lésion peut intéresser l’organe du cou.
La gravité sera en rapport avec l’importance des organes lésés, et au nombre de ceux qui sont intéressés. •
Ainsi, une angine trachéale sera d’autant plus grave qu’elle seraac-’ corapagnée de la propagation de l’inflammation dans les parties voisines , qu’elle sera avec gangrène, ulcération, abcès, etc. La lésion traumatique sera d’autant plus grave qu’elle sera plus profonde, qu’elle aura intéressé un plus grand nombre d’organes.
La plaie la plus étendue, la décollation, ne peut être l’clTet du suicide chez l’adulte, à moins qu’il n’eût imaginé un instrument analogue à celui que je ne puis nommer , et que nous ne rencontrerons bientôt plus sur nos places publiques.
Il pourrait arriver que le médecin fût requis de prononcer si l’enfant qu’on lui pi’ésente a supporté cette mutilation pendant le travail de l’accouchement ou par l’efl’et de l’infanticide.
Ce serait à l’aide des principes généraux à la faveur desquels l’on résoi t la question d’infanticide, que l’on procéderait à cette recherche.
Llle pourra être le résultat de l’accouchemcnt , si l’enfant n’a pas respiré, si la section est couverte des eaux de l’amnios, si elle est l’eflet du déchirement. La section par l’instrument tranchant ne prouverait cependant pas le meurtre ; l’accoucheur peut avoir employé cet instrument.