Manceau. Th. Nancy
RCUT
tions où Thiersch après avoir traité des lésions de tuberculose cutanée par le râclage, a recouvert ensuite la plaie avec des lambeaux épidermiques et les résultats ont été excellents. |
M. Lejars a bien voulu nous communiquer les observavations suivantes qu'il a vues dans le service de Thiersch : « J'ai eu l’occasion, dit-il, d'observer en 1888 à Leipzig à la clinique de M. le professeur Thiersch de nombreuses applications de la greffe qui porte son nom.
Elle était d'usage courant et journalier dans le service et non seulement elle servait à réparer les vastes plaies bourgeonnantes, reliquat de brûlures ou de traumatisme, mais ‘on l’employait encore dans le lupus, dans l’épithélioma cutané, après le grattage et l'éradication du tissu néoplasique ; enfin, après les autoplasties, la perte de substance laissée par le lambeau d'emprunt était recouverte, séance tenante, par les lanières dermo-épidermiques. |
Les résullats de cette pratique multipliée étaient fort beaux. Je me souviens surtout d’une femme, dont le cuir chevelu, presqu’en entier, rongé par l’épithélioma, avait été ainsi restauré : elle avait un crâne de chauve, un peu rouge par place, mais intact, régulier et lisse, et cette peau nouvelle glissait un peu sur les plans sous-jacents.
Voici deux faits de greffe dont j'ai été témoin: Il s’agissait dans le premier cas d’un lupus de la joue, qui primitivement s'était étendu à toute une moitié de la face, et avait largement intéressé le nez; mais on avait gratté et greffé toute la surface cutanée de l’auvent nasal et la reconstitution était alors complète: la peau de transplantation était blanche et lisse et n'avait pas d’adhérences profondes.
Ce premier succès autorisait la poursuite de la cure: c'était ainsi par séances successives, par segments qu'on recouvrait les larges pertes de substance.
Le second fait se rapporteà une greffe sur plaie fraiche après autoplastie. C'était pour un épithélioma de la paupière inférieure qui empiétait sur la joue : la tumeur fut largement circonscrite au bistouri, et toute la plaque néoplasique extirpée. Îl restait une perte de substance assez étendue et qui comprenait presqu'en entier la portion cutanée de la paupière inférieure. Pour la combler, on dessina sur la tempe un lambeau arrondi, à pédicule inférieur, qui fut disséqué, rabaltu et suturé au bord de la plaie palpébrale inférieure ; la surface ainsi mise à nu, sur la région temporale, fut recouverte de greffes dermo-épidermiques ».
Vautrin à Nancy a également employé la greffe Ollier- Thiersch après râclage du lupus et a obtenu un résultat immédiat excellent.
Ainsi donc la greffe d'Oilier-Thiersch appliquée pour restaurer des plaies faites pour l’ablation d’ulcérations néoplasiques {épithélioma sudoripare), ulcérations tuberculeuses, donne d’excellents résuliats parce qu’on s'adresse à une plaie fraiche. Mais on ne doit pas oublier cependant qu'iei la greffe n’est qu'un moyen réparateur et nullement curateur et ne s'oppose pas à la récidive si elle doit avoir lieu.
Quoi qu'il en soit, les résultats obtenus sont encore plus fréquents que lersqu'on s'adresse aux surfaces suppurantes et couvertes de bourgeons charaus.
Partant de cette idée, on comprend très bien que les chirurgiens avaient pensé à la greffe d'Ollier-Thiersch pour guérir certaines lésions fort rebelles, nous voulons parier des cica-
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trices diflormes. Îei toat est en faveur de la réussite, bonne nature du terrain, plaie fraîche, absence de pus si on procède aseptiquement. Aussi les succès ont été nombreux.
Sans doute, lorsque la cicatrice est petite on peut s’adresser aux méthodes autoplastiques ordinaires, mais aussitôt que la surface devient an peu grande (cicatrices de brûlu res), il faut s’adresser à la méthode des lambeaux dermoéidermiques.
Dans la restauration des cicatrices difformes par la méthode Ollier-Thicrech, on peut préparer le terrain, soit par l'excision, la section ou la rupture des brides cicatricielles. |
Enfin ici encore la greffe Oilier-Thiersch peut venir compléter les autres méthodes autoplastiques.
L'application de greffes Ollier-Thiersch contre les cicatrices diflormes a été employée ces dernières années, et le professeur Heydenreich a fait à ce sujet une communication dans un des derniers congrès de chirurgie et a traité depuis cette question dans une leçon parue dans la Semaine médicale, 1889 (1).
Dans cette communication le professeur de Nancy insiste non seulement sur la fréquence de la réussite, mais aussi sur la qualité de la peau obtenue, qui est souple et résistante comme la peau environnante dont elle se différencie fort peu.
Telles sont les nombreuses applications de la greffe Ollier - Thiersch.
Voici pour nous les qualités de cette méthod: :