INDICATIONS ET APPLICATIONS
On a maintes fois l'occasion d'appliquer des greffes en chirurgie.
D'après les avantages nombreux présentés par la greffe dermo-épidermique, telle que nous l'avons décrite, on comprend que les applications en étaient nombreuses.
Au début cette greffe, comme celle de Reverdin, avait seulement été employée pour guérir les ulcères variqueux, les brûlures dont on connaît les chances de la guérison, des plaies bourgeonnantes résultant des pertes de substance traumatique ou opératoire.
On s'est ensuite adressé à la greffe Ollier-Thiersch pour guérir des plaies plus anfractueuses, telles que celles résultant des gangrènes, des nécroses. C’est ainsi que nous avons vu dans une observation de Heydenreich, que nous reproduisons ici au n° 8 et 9, que ce chirurgien avait tapissé une plaie en entonnoir et avait obtenu un excellent résultat, grâce à l'application de lambeaux petits et multiples à ce niveau. Disons cependant que ces greffes ne donnent des succès constants que dans les surfaces planes ou du moins peu inégales.
Les greffes peuvent et ont été également employées pour amener une cicatrisation rapide des plaies résultant d’an-
thrax énormes, plaies érysipélateuses et même tuberculeu-
ses (4). Mais dans ces cas il faut bien savoir que les succès sont moins constants, car il y a ici une question de terrain qui influe sur la greffe. Ainsi donc les résultats obtenus sur ces terrains pathologiques viennent bien loin derrière ceux obtenus pour les plaies chirurgicales et traumatiques, les
| plaies contuses et les brülures. C’est aussi pour celte raison qu'il y a des insuccès nombreux dans les ulcères variqueux.
C’est cependant dans ces derniers cas que les chirurgiens ont surtout appliqué les greffes, et il faut savoir que, malgré tous les désavantages les succès obtenus dans ces cas montrent qu'il faut toujours tenter cette méthode de restauration.
Dans ces dernières années le champ d'intervention de la greffe s’est étendu. On lapplique avec succès dans l’opération de la syndactilie, qui donnait jadis des résultats si médiocres.
“En Allemagne on a appliqué la greffe Ollier-Thiersch, soit : pour guérir des plaies de la face (Nagel), soit pour une rhinoplastie (Hübscher). Enfin la greffe Ollier-Thiersch peut seconder d’une façon très utile les autoplasties (méthode italienne ou française), en recouvrant une surface où on a emprunté le lambeau. On amène ainsi une cicatrisation rapide d’une plaie souvent difficile à guérir.
Pour nous, nous dirons qu'on doit toujours tenter cette opération complémentaire quand on ne peut suturer la plaie opératoire ainsi produite. En effet, ainsi que nous l'avons dit, les plaies fraiches constituent le meilleur terrain pour le
succès de la greffe. C'est ainsi qu'on peut lire des observa-