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« J'ai traîté, dit-il, les femmés dont il est question | pendant près de deux ans; la tuméfaction tubaire disparut, et, ce n’est qu'aprés que le mal eût duré des années, que la conception eût lieu. Ce sont là des faits rares. »
Bétrix (de Genève) (!) présentant une observation de grossesse survenue à la suite de salpingite double conclut que : « dans ce cas, l’une des deux trompes au moins est redevenue perméable et son revêtement épithélial s'est trouvé capable de transporter l’ovule ou le spermatozoïde qui a déterminé la fécondation. Cette observation semble fournir la preuve absolue de la possibilité, pour les trompes, de recouvrer dans certains cas, leurs fonctions normales après avoir été guéries par la ponction et ce sera pour les chirurgiens un enseignement précieux de ne pas priver des femmes jeunes d'organes qui peuvent être guéris sans en faire l’ablation. »
Vuillet (®) revenait dernièrement dans la Gazette Gynécologique sur la profession de foi qu'il avait faite au Congrès de Bruxelles au sujet du traitement conservateur. Il cite un cas dans lequel une malade ayant une salpingo-ovarite double guérit par les petits moyens qui aboutirent à l'évacuation spontanée, et devint enceinte un an après. Il en conclut que les lésions annexielles purulentes n’ont pas pour conséquence forcée l’anéantissement fonctionnel des trompes et des ovaires.
D'après cet auteur « la grossesse ectopique . en
(1) Bétrix. Nouvelles arch, d'Obst. 1894. p. 252. Congrès de Rome 1894. (2) Vuillet. Gazette gynécologique 1895, p. 353.
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général et. surtout la grossesse. dans les kystes. tuboovariques prouvent du reste la possibilité d’une con-
ception dans ces organes, bien qu’ils aient subi um
maximum d’altération. I suffit qu'il persiste une
parcelle de la couche ovigéne, et que la. trompe
reste ou redevienne perméable, pour ge une conception puisse se produire. ».
Liell (?) cite un cas de double pyosalpinx qui se vida par l'utérus, on fit un curettage et la grossesse Survint. L'auteur en conclut que l’épithélium cilié, des trompes, quoique détruit par la suppuration, 9 pu se régénérer. |
Nous ne saurions mieux faire avant de terminer
3 Pétude de \cer point que de nous appuyer sur l’opi-
nion de Doléris @), celui qui,en France, a le plus écrit en faveur de la gynécologie conservatrice.
«La possibilité du fonctionnement normal de l’ovi-
Fanate après une ou plusieurs atteintes d’inflamma-
ne “tion catarrhale, même avec des déformations mar-
quées et des sur-distensions des parois de l’organe,
‘na. rien de contraire an raisonnement. <
Dre Lorsqu' un conduit comme la trompe est inter-
Re posé à à deux cavités (utérus et péritoine), sécrétant
des fluides de densité différente, l’un muqueux, l’autre séreux, de réaction chimique différente, l’un
“très alcalin, l’autre neutre, et que la paroi de ce
“conduit est elle-même revêtue d’un épithélium à plasma peu Stable, plutôt liquide que demi- liquide,
i y à grande chance pour que le courant tende tou-
@ Lien. American Journal of Obst. Mars 1895.
(2). Doleris. Nouvelles archives d Obstetrique 1892, p. 161. JAUBERT
Ones
jours à se maintenir. En tous cas, il y a une prédominance des conditions en faveur de son rétablissement, sil vient à se produire une interruption passagère.
« Le rôle des déviations de l’oviducte et des déformations de son canal, dans la stérilité féminine, me paraît être de beaucoup plus important que celui des altérations matérielles des parois tubulaires.
« Or même les déviations, même Îles déformations, même les ectopies les plus singulières n’empêchent pas absolument la pénétration des spermatozoïdes et la fécondation anormale d’un œuf en dehors des voies naturelles ou dans le pavillon d’une trompe malade et déplacée ; témoins les cas connus de grossesse extra-utérine. Ces cas seraient plus nombreux qu’on ne le croit généralement s'il fallait se fier à certaines statistiques. Rares ou fréquents d’ailleurs, ils suffisent à montrer qu'une trompe mème
malade, même déviée, peut jouer son rôle physiologique. À plus forte raison, lorsque la déviation est insignifiante et la lésion légère, ce qui arrive un certain temps après le début de la plupart des oophoro-salpingites.
« De ce qui précède, je ne veux tirer qu'une con- ‘clusion : c’est la possibilité de la guérison complète, fonctionnelle, des lésions des annexes de l’utérus. »
Isaac (1) fait dans sa thèse un rapprochement inté- ‘ ressant au point de vue de limpotence fonctionnelle
(1) Isaac. De la grossesse consécutive aux traitements conservateurs dans
les affections inflammatoires des annexes. Thèse de Paris, 1895.