INTRODUCTION
Le problème de la durée de la grossesse est d’une haute importance, car, en dehors de l'intérêt qu'il présente au point de vue physiologique, il touche de très près aux graves décisions de législation sur la légitimité des naissances, la transmission du pouvoir et de la fortune, aussi il ne faut pas s'étonner si, à toutes les époques de l’histoire, il a préoccupé les médecins et suscité les passions dans tous les milieux.
D’après Homère, la grossesse durerait près d’un an, car Neptune dit à une nymphe qu'il vient de séduire : « Jeune fille, réjouis-toi de t’être unie à moi ; l’année en achevant sa révolution te verra mettre au monde deux illustres rejetons. » La loi des XII tables, qui date de 451 avant Jésus-Christ, disait que tout enfant né plus de dix mois après la mort du père supposé devait être considéré comme illégitime.
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Hippocrate; le père de la médecine, qui eut le mérite de résumer les connaissances de son temps, connaissances basées sur de longues observations, accordait une grande influence aux différentes phases de la lune sur les fonctions menstruelles — qui se reproduisent périodiquement tous les vingt-huit jours et fixait à la gestation une durée de dix mois lunaires soit 280 jours, et il ajoutait que la femme qui prétendait avoir porté plus de ce temps s'était trompée. — Si on parcourt ce qu'ont écrit les auteurs anciens, on remarque que, s'ils considéraientcommie normales les grossesses de sept à huit mois, ils avaient assigné une date assez exacte à ‘la durée maxima de la grossesse. Aulu-Gelle, dans ses Nuits Atliques, dit que l’empereur Adrien avait admis comme maximum trois centsjours. Le Code Justinien qui date de l’année 560 environ après Jésus-Christ fixe les mêmes limites au terme de la grossesse. Cetie loi adoptée par les Décemvirs est ainsi formulée : Post decem menses mortis natus non admittitur ad legitimatum hereditatem (1). Avec Avicenne, médecin arabe qui vivait au début du x1° siècle, on commence à admettre les grossesses prolongées et alors on arrive à citer les observations les plus bizarres de faits invraisemblables.
En 1327, le Parlement de Grenoble aurait rendu un arrêt « au profit d’une dame qui fit un enfant en l’absence de son mari, et, sans avoir eu connaissance