‹ De la grossesse: dite prolongéeChapitre 8 sur 33 · DETTE RAS · texte numérisé non relu

DETTE RAS

traction du produit de conception ». Toutes ces définitions nous semblent inexactes parce qu'incomplètes, car il arrive que le produit de conception meurt et séjourne dans l'organisme maternel pendant un temps plus ou moins long comme cela se voit dans les gestations ectopiques et quelquefois dans les gestations utérines. Si l’ovule, après avoir été fécondé, reste fixé par exemple soit sur l’ovaire, soit dans la trompe, il se produit alors une sorte de kyste qui a beaucoup de chances de ne pouvoir se distendre suffisamment, n'étant pas, comme l'utérus, pourvu de fibres musculaires extensibles. Si, par chance, les parois du kyste résistent, aucun accouchement spontané n’élant possible, le fœtus meurt et subit peu à peu une transformation régressive, dont le dernier terme est une sorte de momification, ou de transformation crélacée, d’où le nom de lithopædion. Il arrive aussi que le fœtus, sans subir de transformations, reste dans le liquide amniotique, comme il se conserverait dans un bocal de musée anatomique. Auvard rapporte, d’après Sappey, le cas d'un fœtus demeuré ainsi cinquante-six ans qui, à l’autopsie de la mère, paraissait aussi intact qu'un enfant venu au monde récemment. D'après les définitions précédentes, toute femelle portant un lithopædion serait en état de gestation et la femme citée par Auvard l'aurait été presque tonte sa vie. Dès que l’évolution fœtale s'arrête, bien que le produit de conception reste dans l'utérus, il n’y a plus gestation au point de vue physiologique, mais bien rétention; car un

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