RETENTION DU FOETUS MORT
Nous avons dit que quand la grossesse ectopique évoluait jusqu'à terme, et qu'elle avait été considérée jusque-là comme une grossesse normale, malgré quelquefois un cortège de symptômes anormaux (douleurs survenant par crises, pertes de sang intermittentes, constipation opiniâtre avec débâcles fétides et vomissements bilieux) qui ont été attribués à des causes diverses, il se produisait le phénomène du faux-travail au cours duquel le fœtus, après quelques mouvements convulsifs, trouvait la mort.
La femme, au contraire, se sent mieux à partir de ce moment, et souvent elle ne va consulter, surtout si elle n'a pas été suivie au cours de sa gestalion, quélonnée de la prolongation inaceoutumée de sa grossesse.
À linterrogaloire, on apprend, outre les incidents qui ont accompagné l’évolution de la gestation, des faits particuliers survenus après le fauxtravail. La femme ne sent plus remuer ; il s’est produit une montée laiteuse, avec où sans colostrorrhée, quelquefois un écoulement lochial; l'albumine urinaire, si elle existait, a disparu ; les varices se sont
affaissées ; les phénomènes symphatiques de la gros?
esse an nausées, vomissements) se sont évanouis soudain ; et surtout, Le ventre a diminué de volume. Les règles reviennent deux mois environ après de faux-travail.
On peut mettre en évidence des symptômes physiques :
A l'inspection, tumeur de forme mal limitée, irrégulière, plutôt transversale, au lieu de l’ovoïde à grand axe vertical de l'utérus gravide.
À Ja palpation, la tumeur immobile est collée à la paroï au lieu d'être mobile comme l'utérus en gestation, de contour imprécis, ne se contractant pas pendant l'examen. Le fœtus, très superficiel, semble êlre sous la peau.
À lP’auscultation, les bruits du cœur fœtal n'existent pas.
Mais ces signes physiques ne sont souvent pas assez nets, comme nous l'avons déjà dit en étudiant la grossesse extopique avant le faux-travail, pour affirmer le diagnostic. Le fœtus est bien mort, sans doute, mais en l’absence de signes manifestes, il pourrait très bien s'agir d'un fœtus mort in-utéro plutôt que d’un fœtus ectopique, d'autant que les signes fonctionnels sont les mêmes dans les deux cas (remarquons qu'après deux mois de rétention, Je diagnostic ne se ‘posé pas, car il n’est pas habituel que le fœtus mort in-utéro soit retenu au delà de ce temps).
C'est alors que deux nouveaux procédés d'inves-
ose
tigation pourront nous donner d'utiles renseignements : |
1° Stehlo a fait plusieurs fois le diagnostic de grossesse extra-utérine avec rétention du fœtus mort grâce à la ponction exploratrice du cul-de-sac de Douglas à la seringue de Roux, procédé qui seul, d'après fui, permettrait un diagnostic sûr et exact. Cette méthode fut également employée ‘par Stamm, à Mayence, avec succès et sans préjudice (Courtois). Mais Neumann trouve quelle ne semble pas toujours avoir une sûre valeur et qu'elle n’est pas sans danger à cause de l'infection toujours possible ;
2° Bien supérieur est l'examen radiologique après injection de lipiodol dans la cavité utérine. Si le fœlus est mort in-utéro et retenu, on obtient une image lipiodolée qui lui est étroitement juxtaposable, rendant plus nets ses contours. S'il s’agit au contraire de la rétention d’un fœtus ectopique, l'image lipiodolée est celle d’une cavité utérine normale, el cette constatation est suffisante pour le diagnostic, vu qu’on connaissait la grossesse de la femme, sans qu on ait besoin de voir en dehors d’elle l'image radioscopique du fœtus.