STATE
Le terme fixé pour la grossesse était le 28 mars 1926, et cette date a été passée sans qu'il survint l'expulsion fœtale. Souffrant du ventre, des reins, ayant maigri, ayant des petites poussées fébriles {38°,5), quelques pertes de sang jaunâtres, constantes, la malade change de médecin et ce dernier, devant la difficulté du cas, demande mon avis.
Appelé le 3 mai, c’est-à-dire un peu plus d'un mois après la date présumée du terme, je constate un ventre développé comme s’il s'agissait d’une grossesse au huitième mois, avec masse dépassant l'ombilic de trois travers de doigt, saillant surtout à gauche. Il s’agit d’une tumeur assez régulière. Au toucher, on sent le col élevé, remonté à droite, dont la lèvre gauche est allongée, effacée, ramollie.
À gauche, on sent une masse juxta-utérine, dure, avec une certaine rénitence, et de la fluctuation. À l’examen, on à l'impression d’une tumeur ovarienne incluse, et ce serait le diagnostic qu'on ferait s'il n'y avait pas eu une hisloire de grossesse aussi nette. Mais comme on ne peut pas ne pas tenir compte de cet arrêt de règles, de cette augmentation progressive du volume du ventre, des affirmations du médecin traitant ayant entendu les bruits du cœur, du développement des seins avec sécrétion lactée, il faut penser, soit à une grossesse utérine normale, arrêtée dans son développement avec rétention du fœtus, ou bien à une grossesse extra-utérine avec mort du fœtus. La déviation du col, son élévation plaident en faveur de ce deuxième diagnostic, mais, signe capital, on perçoit, se prolongeant avec ce col, le corps utérin du volume d’une orange, en avant et à droite, nettement indépendant de la grosse masse hystique, et dont les mouvements se transmettent nettement au col. C’est la présence de ce fond utérin qui fait faire le diagnostic de grossesse extra-utérine. On décide de pratiquer une radio-