LENS
g'aphie qui met en évidence la présence d’une têle de fœtus à terme ; les autres parties squelettiques fœtales se voient également très bien sur le cliché.
On songe à mettre en évidence la cavité de la matrice avec une injection intra-utérine de lipiodol, mais celle-ci est difficilement cathétérisable à cause des douleurs que provoquent les tentatives de cathétérisme et l’on y renonce.
C'est donc de l'examen clinique seul que résultait l'affirmation de la situation extra-utérine du fœtus, de la sensation affirmée de l’existence d’un utérus indépendant de la tumeur, siégeant à côté d’elle.
Il s'agissait d’un cas rare, qui comportait, au point de vue opératoire, certains aléas. Je montrai la malade à mon maître, M. Villard, qui confirma de tout point le diagnostic et l'indication opératoire.
Quelle conduite fallait-il tenir en présence de ce cas pour faire courir le moins de risque à la malade? Trois méthodes ont été employées pour des cas analogues :
1° L'extraction du fœtus et la marsupialisation du kyste ; »° l’exlraction du fœtus et la marsupialisation du sac fœtal ; 3° l’ablalion du sac en entier.
Il fut fait, sans préjuger de la méthode à employer, une laparatomie médiane dépassant l’ombilic, qui montrait l'exactitude du diagnostic : grossesse tubaire partiellement intra-ligamentaire, avec: utérus nettement indépendant à droite, le sommet du sac adhérent à l'épiploon et au gros intestin.
Vouloir détacher ces adhérences sans avoir vidé le sac, c'était s’exposer à la rupture de la poche et à l'irruption de son contenu dans un ventre mal et difficilement protégé.
On décida done de réduire la poche, en évacuant les eaux et le fœtus, ce qui fut fait après une excellente protection. Le fœtus extrait pesait 3 kil. 200. On laissa
Pie
en place le placenta, bourrant la poche de quelques compresses, autant pour absorber le sang que pour offrir une certaine résistance au clivage, Dès lors, il fut procédé à la libération des adhérences intestinales et épiploïques. On enlève l’appendice hypertrophié, distendu, adhérent à la poche. On se porta ensuite vers la corne tubaire dans l'espoir de faire une exérèse du sac avec conservation de l’utérus et des annexes droites saines, mais on avait de la peine à trouver le bon plan de clivage et la véssie, déplacée par le sac fœtal, était menacée. On fut done conduit à pratiquer une hystéreciomie après dissection en avant de l'utérus, en tissus normaux. Dès lors, la dissection du sac de bas en haut fut très simple, mais ce sac élail formé en dedans par les parois du rectum et de l'S iliaque étalés, et à ce niveau toute dissection était impossible, le sac fœtal faisant corps avec le péritoine de cette partie du gros intestin, et on abandonna ces surfaces internes du sac,cruentées, qu’on se proposa d’exclure après avoir drainé par le vagin. Il fut placé une grosse compresse dans la loge de décortication du sac fœtal, dont un chef sortait par le vagin et on péritonisa d’une
façon atypique au-dessus de ce drainage. Fermeture com- -
plète de la paroi. Drainage prophylactique du tissu cellulaire.
Les suites furent simples, A PART DES PHÉNOMÈNES DE RÉSORPTION S'ACCOMPAGNANT DE TACHYCARDIE pendant quarante-huit heures, quelque chose d’analogue à du cmoc ANAPHYLACTIQUE. La mèche vaginale fut sortie au troisième jour. Pas de suppuration de la paroi.
OBSERVATION III (Lacouture et Charbonnel,
Journal de Méd. de Bordeaux, 18 février 1912.)
Grossesse extra-utérine {tubo-abdominale) arrivée à terme. — Accidents graves. Laparotomie. Extraction du fœtus mort el du placenta. — Hystérectomie ; gquérison.
Mme B..., 39 ans. Pas d’antécédents héréditaires ni personnels à signaler. Réglée régulièrement depuis l’âge de 11 ans, elle s’est mariée à 21 ans et a eu 3 grossesses espacées de 2 à 5 ans, grossesses absolument normales, sans suites pathologiques.
Au mois de juin 1910, commence son histoire pathologique. À ce moment, elle présente un retard de quelques jours dans ses règles, et, à la suite, une hémorragie assez abondante qui s'arrête deux jours, sous l’influence du repos. Réglée en juillet et en août, elle présente une autre hémorragie vers le milieu d'août, pendant dix jours. Elle ne voit pas de médecin et passe ainsi septembre, octobre et novembre avec règles régulières. Mais en décembre, elle se sent très fatiguée. Elle ne pense pas d’ailleurs au début d'une grossesse, car elle n'en ressent pas les troubles habituels.
Pendant les mois de décembre, janvier, février 1911, mentrues irrégulières ; peu abondantes en décembre et janvier, elles font défaut en février, si bien qu'on peut se demander si l’on n’a pas affaire à des pertes sanguines pathologiques imputables au début de la grossesse ectopique vers cette époque (décembre).
Le début de mars est marqué par une métrorragie sans aucune douleur lombo-abdomino-pelvienne, hémor-