‹ De la grossesse et du paludismeChapitre 10 sur 12 · AIS · texte numérisé non relu

AIS

Comme maladie antérieure cette femme n’accuse que des

fièvres paludéennes et présente cette particularité, qu’elle n’a

jamais été atteinte de fièvre que pendant l’état de grossesse. En dehors de cet état, elle n’a jamais éprouvé le moindre

malaise. |

Pendant les grossesses antérieures la fièvre ne la pas quittée. Deux de ses enfants sur quatre sont arrivés à peu près à terme, {es deux autres dans le huitième mois. Aucun des quatre nest vivant : le premier est mort vingt-trois jours après la naissance, il était tout enflé; le second et le troisième sont morts dans le courant du troisième mois, le quatrième a vécu cinq mois et a toujours été jaune d'après ce que raconte sa mère. Celle-ci n'offre ni tuberculose ni affection cardiaque. ;

Anémie profonde, double bruit aux jugulaires droites, fièvre tierce, qui a résisté au sulfate de quinine et aux préparations arsenicales. Face bouffie, teinte jaune-paille, muqueuses décolorées, affaissement considérable, dyspnée, œdème de la vulve et des malléoles, albuminerie, splénomégalie, pas d’ascite appréciable. Depuis plus d’un mois la malade ne quitte pas le lit et tout fait prévoir une issue funeste.

Le 12 septembre 1878, notre malade après un travail de onze heures, expulse un enfant mort-né du poids de 1.800 grammes. Elle mourut le 14, deux jours après l’accouchement et son autopsie ne révèle, outre les désordres viscéraux consécutifs à la cachexie paludéenne, que l'absence d'involution utérine. L'organe tout entier est exsangue, très volumineux et n'offre aucune déchirure. Cette femme a succombé à la cachexie palustre.

Observation VII.

(BERNAScONI, interne hôpital de Mustapha).

Accouchement prématuré. Enfant né viable, meurt quelques heures après la naissance.

M... Louise, 32 ans, ménagère, entre à l'hôpital le

8 novembre 1900. Elle est Ra SA te de7 ne et est impaludée depuis 7 mois également. Elle a eu 3 enfants, etjamais de fausses-couches. Tout d’ abord les accès survenaient irré- e gulièrement, mais depuis deux mois la fièvre est devenue ZA quotidienne, D AR NE RSS Un médecin lui aurait ie à un moment 2 où 3 grammés de quinine. Mais elle ne prit Es de ce médi- £ cament. > La fièvre persistant, elle entre à l'hôpital où l'on cote 0 sa paleur; et son profond amaigrissement. Re Les urines ne PÉDIÈPMIER pas d’akbumine, mais de l'uro- LS : biline. ; Se : La températuré s se met à baisser, mais les lipothymies : devenant fréquentes, on fait une injection de sérum arti- k ficiel le 11 novembre à 10 heures du matin. = À 1 heure de l'après-midi, la malade est prise des douleurs de l’accouchement, et elle expulse un enfant du sexe masculin, né viable, mais très faible. Cet enfant, mis en couveuse, meurt quelques heures après sa naissance. Pendant trois jours, suites de couches normales, mais le 14 novembre, la température monte à 38° le soir, avec transpirations. Les lochies ne sont nullement fétides. L'utérus, ce jour, était en bonne voie de rétraction et il n'y avait aucune sensibilité dans la sphère génitale. Le foie et la rate sont légèrement tuméfiés et sensibles. Les muqueuses conjonctivales et gingivales sont absolument décolorées. :

Le 15, l'accès de fièvre reparaît plus intense et nous faisons une injection sous-cutanée de 1 gramme de chlorhydrate de quinine, en prescrivant de donner Les jours suivants 1 gramme de quinine par la voie buccale.

Les lochies devenant légèrement fétides, nous pratiquons trois injections intra-utérines de mno“k.

Le 17, le 18, nouveaux accès vespéraux.

En dehors de ces accès, la malade se sent bien et demande à manger. Nous abandonnons la voie buccale pour la voie sous-cutanée, et nous injectons 1 gramme de chlorhydrate de quinine.

La fièvre se jugule aussitôt, et les lochies redeviennent inodores, et la malade se remet progressivement.

Observation VIII (Résumée). — JACQUEMIER.

Paludisme congénital.

Jeune femme atteinte de fièvre quarte pendant sa grossesse. Après un violent paroxysme, elle accoucha d’une fille qui pendant sept, semaines présenta des accès violents à la même heure que sa mère.

Le

Observation IX (Boucaur).

Paludisme congénital.

Une fille de Lille, paludique, devint enceinte peu de temps après avoir contracté ce mal, accoucha à terme d’un enfant paludique, qui était débile, avec un ventre gros et distendu, et qui mourut à l’âge de 22 mois. On fit son autopsie, et on constata une rate énorme pesant neuf livres.

Observation X (Duruy).

La nommée P... Julia, 27 ans, accouche d’un enfant mortné, qui paraît avoir de 7 à 8 mois et qui est mort depuis quatre ou cinq jours.

Depuis le deuxième mois de sa grossesse, la femme P... a souffert de fièvres intermittentes.

Observation XI (Dumo£Larp et VIALLET).

Accouchement prématuré. Mort de l'enfant quelques heures après la naissance.

La nommée D... âgée de 31 ans, entre à l'hôpital civil de Mustapha, salle Bouillaud, le 12 août 1908.

Elle vient directement de Lavaraude (pays fiévreux) qu’elle

habite depuis de nombreuses années, sans avoir cependant jamais contracté les fièvres. Il y a quatre jours la maladie a . débuté subitement par des phénomènes généraux et de la fièvre. C'est pour cette raison que la malade vient à l’hôpital.

Rien de particulier dans ses antécédents héréditaires. Mariée à 5 ans, elle a eu trois enfants bien portants. Jamais de fausse-couche. Elle est encore enceinte actuellement dit-elle, de sept mois environ, asserlion que confirme l'examen.

La maladie actuelle a débuté il y a quatre jours, subitement, Le dimanche 9 août, à 4 heures du matin, la malade est réveillée par de violents maux de tête, des vertiges, des nausées et de la fièvre. Elle essaie de se lever, mais elle perd connaissance, On la recouche et la fièvre terminée par des sueurs abondantes, dure jusqu’à 8 heures du matin.

La malade très affaiblie, n’a cependant plus de fièvre jusqu'au lundi soir 10 août. Ce jour-là à # heures du soir, un nouvel accès apparaît qui dure deux heures, avec grandes transpirations.

Mardi 11 août. Accès de 7 heures à 11 heures du matin.

Mercredi 12 août. Transportée à l'hôpital, elle a un nouvel accès en route. |

La nuit du 12 au 13 se passe bien, et le 13 au matin, nous nous trouvons en présence d'une femme sans fièvre actuelle, mais très anémiée.

Cette anémie intense, une splénomégalie assez marquée, une légère teinte subictérique généralisée, nous mettait en présence d'un syndrome d'ictère hémolytique assez fréquent dans le paludisme. L'examen du sang révéla la présence d'hématozoaires.

Le 14, après une journée satisfaisante, la malade est prise d’un accès de fièvre vers les 7 heures du matin, avec frissons, stupeur, et léger délire.

À 9 heures du matin, lorsque nous voyons la malade, l'état semble très grave, et faisons immédiatement la prescription suivante : .

Chlorhydrate de quinine, 2 grammes.

Sérum stérilisé à 7/1000, 200 centimètres cubes.

HD

A injecter dans le courant des 24 heures par 20 centimètres cubes toutes les deux heures environ.

La fièvre tombe à 8 heures du soir, la nuit est assez bonne.

Le 15 août, on devait administrer encore 1 gr. 30 de quinine, lorsque vers les 2 heures de l'après-midi des douleurs abdominales se produisent subitement, et la malade accouche prématurément, en quelques minutes, sans complication et sans hémorragie d’un enfant du sexe masculin. L'enfant vient au monde vivant etrespire une heure environ, au bout de laquelle il meurt.

L'examen du sang met en évidence de nombreux hématozoaires. Le placenta et le cordon aussi en contenaient. Ces : hématozoaires étaient analogues à ceux trouvés däns le sang de la mère.

Mais pendant cette journée du 15, en présence de cet accident, il ne fut malheureusement pas donné de quinine, et le 16 un nouvel accès soporeux, très grave, se montrait.

L'état semblait presque désespéré. A la visite du 16, nous ordonnions trois injections intra-fessières de 0,50 centigrammes de quinine à 11 heures du matin, 4 heures et 10 heures du soir.

Le 17 août, légère amélioration. On donne 2? grammes de quinine dans 200 centimètres cubes de sérum, en dix injections sous-cutanées, 20 centimètres cubes toutes les deux heures. Pas d’accès.

Le 18 août amélioration manifeste. Quinine 1 gr. 50 dont une piqûre de 0,50 centigrammes et quatre cachets de O0 gr. 25 pris à intervalle dans la journée. Pas d'accès. Un peu de fièvre, mais sans frissons.

Le 19 août, la malade toujours très fatiguée, mais nous donne l'impression qu'elle est kauvée. Elle se plaint d’une douleur abdominale gauche. Pas d'accès. Quatre cachets de 0.25 centigrammes de quinine.

Le 20 août, prise de sang, pas d'hématozoaire, pas de quinine.

À partir de ce moment, la malade n'a plus d'accès. Le 24 août, fièvre légère, mais sans accès. Etat général bon

HN Et OR ns ee Te |

MAG ee Les 25, 26, 27 août, quinine 1 gr. 50-en six cachets de 0,25 centigrammes.

Le 3 septembre, phlébite jambe Loue fièvre, œdème, douleurs. Immobilisation, friction au collargol. Rien du côté de l'utérus. Malgré cette complication, l'état général se

relève de plus en plus, et un mois plus tard on peut la considérer comme guérie, sous l'influence de la quinine donnée.

Observation XII. (Dusout).

Accouchement prématuré, Enfant mort-né.

Le 5 octobre 1886, je fus appelé à huit kilomètres de Pau, auprès d'une femme d'une trentaine d'années, enceinte de six mois et demi environ. Quelques jours auparavant, elle avait été prise à la suite d’un refroidissement et de fatigues exagérées, d’une fièvre intermittente que je constate encore au moment de mon arrivée. La fièvre quoique continue a des redoublements marqués et très réguliers etje ne puis constater avec cela, aucune lésion organique propre à l'expliquer.

Je donne 75 centigrammes de sulfate de quinine chacun des deux premiers jours, et voyant que la fièvre ne change pas de caractères, je porte la dose à 1 gramme le troisième jour (7 octobre).

Cette dernière dose est continuée jusqu’au 9 inclusivement, et comme j'observe ce jour-là, une amélioration notable, je suspends la médication, et ne revois la malade que deux jours après.

Or, le 9, j'avais ausculté notre malade, et avais constaté très nettement les battements du cœur du fœtus, comme les jours précédents; le 10 et le 11, je ne la revois pas et le 12, je suis appelé auprès d'elle, pour une recrudescence, ou mieux, pour une réapparition de fièvre. Ce même jour, je pratique de nouveau l’auscultation sans pouvoir entendre les battements du cœur fœtal, ni les mouvements actifs que j'avais très distinctement observés jusqu’au 9 octobre. Les jours suivants, la fièvre persiste, malgré l'administration journalière de la même dose de quinine, seulement elle est

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séparée par des intermissions plus franches et plus longues, et revêt le type tierce, parfaitement marqué, sans offrir le moindre caractère de gravité, elle semble rebelle à la médication spécifique, et je suis obligé le 14 et le 15 octobre de donner le quinquina en potion, toujours à la même dose, 1 gramme. Dans la nuit du 15 au 16, notre malade accouche d’un fœtus mort-né. Grâce aux altérations, on reconnaît que la mort ne remonte pas au-delà de quelques jours, et en rapprochant cette circonstance des données si précieuses fournies par l’auscultation, je puis exactement préciser la date de la mort du fœtus, que j'avais dû annoncer d'avance. Elle a eu lieu le 10 ou le 11 octobre, probablement le 11, et il est remarquable qu’elle ait juste coincidé avec l'interruption du traitement de la veille, et du jour même.

La mère après avoir accouché. très heureusement le 16 octobre, n’a pas tardé à se rétablir, le traitement par le sulfate de quinine ayant été continué pendant quelques semaines.

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