‹ De la grossesse et du paludismeChapitre 7 sur 12 · INFLUENCE DE LA GROSSESSE SUR LE PALUBDISME · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA GROSSESSE SUR LE PALUBDISME

Nons venons de voir, dans le chapitre précédent, l'influence du paludisme sur la grossesse, et nous allons maintenant examiner une autre influence, c’est celle de la grossesse sur le paludisme.

Le paludisme est défini (1) : L’ensemble d'états morbides simulant presque toutes les maladies et ayant pour cause le développement des diverses espèces de plasmodies, dans les globules sanguins. Ces états morbides ont comme caractères communs : la fièvre, généralement intermittente, l’anémie, l’hypertrophie de la rate et du foie et enfin le dépôt de pigment noir dans les viscères et les téguments .

Il nous est permis de penser avec Pitre Aubinais et Burdel, que la grossesse, par la dépression qu’elle exerce sur l’organisme, par l’anémie qu’elle provoque, doit avoir une action sur la malaria. :

Il est certain que la fatigue de l’évolution de la gestation, prépare au germe paludique un excellent

terrain de développement.

(1) Brumpr, Parasilologie.

d'Al

Be quelle façon s’exerce cette action ?

Auelsch et Aiener nous enseignent « qu’elle peut se träduire non pas seulement par la gravité des fièvres, mais aussi, dans de nombreux cas, par leur tendance au retour, par des lésions persistantes de la rate et du foie, dues aux dépôts de pigment qui s’effectuent sans cesse : dans ces organes » (1).

Pitre Aubinaïs va même plus loin, et affirme que les accès simples se transforment en accès pernicieux pendant la grossesse. Il y a certainement exagtration, car de l’avis de tous ceux quiont vécu dans les pays chauds,

il n’est pas fréquent de voir cette transformation, sur-

tout si la malade à pu être mise à l'abri de réinoculation.

Il est un fait évident, que les accès cèdent moins vite à la médication ordinaire dans l’état de grossesse, et même il est assez fréquent de voir les accès se répéter plus souvent; c'est cette répétition des accès, qui entraîne le passage de la forme aiguë à la phase chronique de l’intoxication.

Là, alors s’établissent ces névralgies, que rien ne peut expliquer ; la cachexie dans ce cas est alors précôce, et provoque fatalement l’expulsion du fœtus.

C’est en termes affirmatifs que Le Dantec et Catrin s'expriment :

« La grossesse, disent-ils, peut non seulement réveiller, mais encore transformer: le paludisme, et les suites de couches sont toujours traversées par des retours au paludisme ».

(1) Kielsch et Kiener, Trailé des maladies des pays chauds.

L'observation IV, que nous publions, nous donne*un aperçu bien net de cette influence de la grossesse sur le paludisme, nous voyons qu'il s’aght d’une femme qui a eu autrefois des fièvres intermittentes dont elle a guéri d’une façon complète, grâce à un traitement approprié. Cette guérison est telle qu'elle peut mener quelques mois après sans incident, une grossesse à terme. pa

Sept ans s’écoulent ; elle quitte le pays où elle a contracté les accès pernicieux et n’y songe pour ainsi dire plus. Elle vient habiter une région où ces accidents sont à peu près inconnus; survient une nouvelle grossesse et voilà tout à coup les accidents fébriles qui reparaissent. Cette observation n’est pas unique, car nous voyons dans la thèse de Bonfils, neuf observations de femmes enceintes chez lesquelles les accidents palustres qui avaient existé autrefois, se réveillèrent sous l’influence de la grossesse .

Tous ces faits que nous venons de relater, ne sont pas faits pour nous surprendre, car si nous nous rappelons les recherches de Verneuil, relations à linfluence du traumatisme, sur le paludisme et dont l'effet est d’en réveiller le plus souvent les manifestations. Or, comme il a été souvent dit, laccouchée n’est qu’une blessée, et il serait étrange de voir l’accouchement avoir chez les femmes atteintes de paludisme, une action qui ne serait pas celle du traumatisme (r). |

Avant de terminer cette étude, nous voudrions dire

(1) Gaz. Hegp : Méd. et Chirurgie. J. Chambrelent 1894.

ES

Page 1