‹ De la grossesse utérine prolongée indéfinimentChapitre 6 sur 26 · Procédé de calcul basé sur cette théorie · texte numérisé non relu

Procédé de calcul basé sur cette théorie

Il va de soi que le calcul de la durée de la gestation admis jusqu’ici n’est pas altéré par ces considérations, puisqu’il est basé uniquement sur l’observation. Le premier jour de la dernière époque menstruelle sera peut-être toujours la date la plus pratique, pour calculer la fin de la gestation. D’après ce qui précède, la dernière époque a évidemment un rapport beaucoup plus constant avec la fécondation que le coït fécondant lui-même, puisque l’ovule est probablement très-vite fécondé chaque fois après sa sortie de l’ovaire; cette sortie a lieu à des époques périodiques régulières, tandis que la cohabitation ne fait que déposer dans le canal génital de la femme le sperme fécondant auquel il faut tantôt un jour, tantôt quinze jours d’après Schrœder, jusqu’à ce qu’il arrive sur l’ovule; le coït n’a donc pas de rapport constant avec la fécondation. Gomme le moment de la rupture du follicule de de Graaf n’est pas connu, et que l’ovulation qui conduit à la conception est accompagnée d’une suppression menstruelle et ne se fait remarquer en général par aucun signe extérieur, le plus pratique sera toujours de compter à partir de la

1 Théorie positive de l’ovulation spontanée, p. 280. 1847.

dernière menstruation; seulement il ne faut pas oublier que la fécondation de l’ovule n’a eu lieu probablement que 2û jours plus tard.

On calcule le plus commodément la fin de la gestation d’après Nægele, en comptant 280 jours à partir du 1er jour de la dernière époque menstruelle.

Il n’est pas douteux pour Schrœder que la durée de la gestation ne soit en rapport avec les périodes menstruelles, et le plus probable est que l’accouchement arrive quand neuf périodes menstruelles se sont écoulées depuis la chute de l’ovule. Pour une période menstruelle de 28 jours, Schrœder calculerait ainsi : Dernière période commencée le 28 mai; la période suivante serait revenue le 25 juin. La chute de l’ovule fécondé a peut-être eu lieu le 22 juin. Ajoutez 9 périodes de 28 jours chacune, vous aurez le 1er mars comme jour de l’accouchement.

La grande difficulté de toutes ces manières de calculer consiste à connaître le type de la menstruation qui, outre que souvent il n’est pas connu, n’est pas constant du tout chez une seule et même femme, puis^ que l’époque revient tantôt après 28 jours, tantôt après 30 ou 26 jours, et avec de plus grandes différences encore. Schrœder aurait vu chez la même femme la naissance d’enfants mûrs arriver après 258, 265, 270, 27û et 293 jours à partir du 1er jour de la dernière menstruation.

Schrœder ne doute pas un instant qu’un enfant présentant tous les caractères de la maturité ne puisse naître depuis le 2ûOe jusqu’au 320e jour1.

disons en passant que Gaston (thèse de Paris, p. 55 et 56, 1875), se demandant si la durée des époques menstruelles influe sur la durée de la gestation , commet une erreur en attribuant cette opinion à Schrœder. Charpentier, dans sa traduction du Manuel d' accouchements de Schrœder (Paris 1875, p. 70), donne lieu à cette erreur de Gaston quand il dit : « Chez les femmes qui ont de longues époques menstruelles la grossesse dure beaucoup plus longtemps, et l’on peut admettre que les deux faits, les longues durées menstruelles et la longue durée de la grossesse, sont la conséquence d’une seule et même cause, une faible excitabilité des nerfs de l’utérus et de l’ovaire.» Au lieu de longues époques ou durées menstruelles, il faudrait lire « longues périodes menstruelles », c’est-à-dire longs intervalles entre deux menstruations successives. (Voir

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