SÉANTE DU 17 MAI
(Suite de la discussion du rapport de M. Piorry.)
M. Bouvier : Un de nos honorables collègues, que nous vénérons tous, pour lequel nous professons tous la plus haute estime, M. Bégin , a dit que ce qui a trait à la guérison de la surdité était la seule partie réellement médicale de la question qui nous occupe. Je ne puis partager cette manière de voir. D’abord, au point de vue physiologique, il est clair que le mode d’instruction des sourds-
(1) L’opinion de M. Bousquet, exprimée avec tant de netteté , de franchise et de talent, nous paraît un résumé excellent de tout ce qu’a pu fournir de plus clair l’expérience des hommes les plus compétents en matière d'éducation des sourds-muets. M Bousquet, qui a vécu dans l’intimité d’Itard, de M. Husson, de M. Guéneau de Mussy et des plus habiles professeurs de notre maison, exprime avec une parfaite connaissance de cause la seule opinion qui doive prévaloir dans ce débat. P. M.
"fOO ' DE LA GÜÉRISOS DE LA SÜRDI-MÜTITÉ. '
ittïaets est un problème entièrement du ressort de la physiologie; et cek eSf si vrai, que les professeurs éminents, les savants distingués,
. îjR ont traité ce sujet, ont été forcément conduits, avant tout, à ' acquérir les connaissances physiologiques qui leur manquaient, et que tout médecin doit posséder. Mais il n’est pas moins évident, au point de vue pathologique et thérapeutique, qu’il n’y a rien de plus médical que les suites de la surdité congéniale, de la surdité de la première enfance, et les moyens d’en prévenir où d’en corriger les effets funestes par rapport à l’intelligence et à toute l’existence physique et morale des individus ainsi mutilés. A qui donc, je le demande, à qui les malheureuses mères de ces enfants s’adresserontelles, sinon à leur médecin, non seulement pour solliciter la guérison de cette infirmité, mais encore pour en conjurer les suites, si elle est reconnue incurable ? Ne perdons pas de vue notre rôle dans la question qui s’agite. Nous sommes réunis en ce moment pour une grande consultation médicale. La mère qui nous invoque, c’est l’administration, mère née des pauvres et des affligés. Les êtres qui éveillent sa sollicitude, ce sont les vingt ou trente mille sourdsmuets de la France, sur le sort desquels elle nous interroge. Heureux si nous nous élevons à la hauteur de celte noble mission !
Je rappelle les faits.
Le rapport de la commission, dont notre honorable collègue, M. le professeur Piorry, a été l’organe, avait pour objet de répondre à des questions adressées à l’Académie par M.le ministre de l’intérieur. Ces questions portent sur deux points :
1“ Sur la possibilité de procurer à certains sourds-muets un degré quelconque d’audition, au moyen du traitement indiqué par M. le docteur Blanchet ;
2“’ Sur l’avantage qu’il pourrait y avoir à développer plus spécialement, comme le propose M. Blanchet, la faculté d’articuler et, au besoin, de lire la parole sur les lèvres, chez les élèves qui seraient admis au traitement, ainsi que chez d’autres définitivement privés de l’ouïe, mais n’ayant pas entièrement perdu l’usage de la parole.
Les conclusions de la commission sont favorables au traitement de M. le docteur Blanchet ; elles sont également favorables à sa proposition de modifier le mode d’instruction de l’Institution des sourds-muets, pour les deux catégories d’élèves que je viens de désigner. C’est sur ces conclusions que nous sommes appelés à voter.
Permettez-moi, dans l’examen des motifs qui peuvent éclairer notre vote, de renverser l’ordre des questions, de commencer par
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la question pédagogique, sur laquelle je désire surtout fixer votre attention.
En effet, c’est la question de l’instruction des sourds-muets qui nous est le moins familière ; c’est surtout à son sujet que nous avons besoin de nous éclairer mutuellement, et qu’il était difficile à la commission de nous faire partager sur-le-champ toutes ses convictions.
Afin de répondre à M. le ministre, sur cette question, avec connaissance de cause, je crois nécessaire, malgré ce qui a été dit jusqu’ici, et peut-être aussi à cause de ce qui a été dit, de se faire d’abord une idée nette de ce qu’est, en général, l’éducation des sourds-muets, de ce qu’elle doit être, et de la valeur des principales variantes qu’elle présente dans la pratique.
L’éducation, au point de vue moral et intellectuel, pourrait être définie, dans le langage figuré des élèves de l’abbé Sicard, la culture de l’esprit et du cœur. Pour le physiologiste, c’est l’art de faire acquérir à l’enfant toutes les notions, tous les sentiments moraux les plus capables de préparer son bonheur à venir.
L’éducation, pour atteindre ce but, dispose de trois moyens, qui sont :
1* L’exercice de l’intelligence et des facultés affectives, ou de la pensée et du sentiment moral de l’enfant ;
2° Sa contemplation du monde extérieur, l’intuition directe, par ses sens, de tout ce qui existe ou se passe autour de lui ;
3“ Sa communication avec ses semblables, et la connaissance qu’elle lui donne de leurs pensées, de leur notions, de leurs sentiments.
Le premier moyen, l’exercice des facultés morales et intellectuelles, ne peut être employé que par l’intermédiaire des deux autres; car, en nous renfermant dans le cercle de la pédagogie, nous n’avons pas de moyen direct d’exciter l’action cérébrale.
La contemplation du monde extérieur est provoquée, chez le sourd-muet, de la même manière que chez l’entendant; elle ne diffère, dans le premier, qu’en ce qu’il a un sens de moins pour l’exercer, et qu’il se trouve dans la nécessité d’y suppléer par ceux qui lui restent.
La difficulté de la communication du sourd-muet avec ses semblables, et réciproquement, est ce qui le distingue essentiellement de l’enfant qui entend, et ce qui donne à son éducation son caractère spécial.
Les communications de cette nature ont lieu de deux manières.
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par les signes ou le langage graphiques, et par les signes que j’appellerai organiques, par ce qu’ils sont le produit immédiat de l’action des organes.
La communication graphique, applicable ait sourd-muet, comme à celui qui entend, se l'ait à l’aide de la lecture, de l’écriture et du dessin.
La repi’ésentation graphique des mots constitue le principal moyen d’éducation, dans la surdi-mutité. Le sourd-muet qui sait lire et écrire est en état, non seulement de converser, par cette voie, avec tous les hommes de son pays qui possèdent les mêmes notions, mais encore de comprendre ses maîtres, d’étüdier seul sans maître, et de parcourir le vaste champ des connaissances humaines, même les plus élevées. On se rappelle ce jeune de Vigan, sourdmuet, qui, en 18ti3, étonna une commission académique, dont M. Cauchy était rapporteur, par ses connaissances étendues, acquises presque sans maître, en physique, en chimie, en astronomie, en botanique, en mathématiques, y compris lé calcul différentiel et intégral.
On peut dire que tes autres procédés d’éducation du sourd-muet ont pour premier but de l’amener à lire et à écrire facilement et correctement sa langue ; que la mesure de la perfection qu’il a acquise dans ses exercices est aussi celle du degré d’instruction qu’il a atteint; que le sourd-muet qui n’y réussit que très imparfaitement doit être, par cela seul, peu éclairé, si ce n’est dans les arts manuels, où les notions acquises par l’intuition et l’imitation qui en dérive, ainsi que par le langage organique, peuvent lui suffire.
Les signes du langage organique s’adressent à l’ouïe, à la vue, au toucher, ou à plusieurs de ces sens à la fois.
Le sourd-muet ne peut faire usage des signes qui n’affectent que l’ouïe. Cependant il est rare que le nerf acoustique soit insensible à toute espèce de vibration, surtout lorsqu’elle est transmise par les parois du crâne, comme le montretit les recherches de M. Bonnafont, auquel je laisse le soin de faire connaître ses nouvelles Observations sur ce point et les applications qu’on en peut faire au sujet qui nous occupe ; bien que notre collègue n’ait peut-être pas assez distingué les sensations réellement acoustiques, produites par le diapason , de celles qui ne dérivent que de la sensibilité générale. On n’ignore pas que le son et le bruit s’accompagnent, en effet, de mouvements perceptibles à la vue ou au toucher, d’ébranlements partagés par nos organes et faisant impression sur la sensibilité générale, de manière à manifester leur présence par ces sensations
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diverses, à défaut de celle qu’ils produisent sur le sens de l’ouïe. Il n’est pas moins connu que l’on peut tirer un certain parti de ces sensations, pour la vie de relation des sourds-muets, et votre commission vous a rendu compte des faits curieux observés à cet égard par M. Blanchet.
Il existe trois sortes de langage organique applicables à l’éducation des sourds-muets : la dactylologie, le langage oral et la mimique.
La dactylologie est, comme le dit l’abbé de l’Épée : « ce que font » les écoliers de nos collèges pour converser d’une extrémité de leur sciasse à l’autre (1). » Elle consiste à placer successivement les doigts d’une seule main, ou les deux mains, dans une position qui représente plus ou moins exactement la forme de chaque lettre. Tout le monde devine qu’on figure aisément de cette façon un O, un C, un I, un L, un V, un D, etc.; et quant aux lettres plus difficiles à rendre, les conventions y suppléent. Au moyen de cet alphabet manuel, on peut épeler tous les mots d’une langue et les rendre sensibles à la vue, comme s’ils étaient écrits sur le papier, avec la diflerence qu’on n’a jamais devant les yeux que la lettre que l’on figure, la trace des autres ayant disparu à mesure qu’elle s’est produite.
Ce langage manuel, à peine plus rapide que l’écriture, est beaucoup plus lent que la parole, et, par cela même, peu applicable aux communications des sourds-muets entre eux et avec les parlants. On a bien tenté de le perfectionner sous ce rapport en attribuant à certaines positions des doigts la valeur de syllabes ou de mots entiers ; mais il en est résulté une telle multiplicité de signes n’ayant plus rien de commun avec récriture, que ce procédé ne s’est jamais généralisé. Depuis longtemps la dactylologie n’est plus guère en usage que dans deux circonstances : 1° lorsqu’on veut indiquer à un élève qui ne connaît pas le langage oral la manière d’écrire un mot sans l’écrire soi-même; 2’ pour les noms propres qui se rencontrent dans la conversation mimique, quand ils ne sont pas remplacés par une désignation tirée du langage d’expression
Le langage oral doit nous arrêter quelques instants. Son carac tère essentiel n’a pas toujours été bien compris. Nous sommes si habitués à ne voir dans la parole que les sons qui frappent notre oreille, que nous ne pouvons facilement en isoler l’action et les mouvements des organes qui les produisent. Or, pour le sourd-
(t ) InsUlutiùn iei sourds et rituels par la cote des signes méthodiques. Paris, 4776, 4" partie, p. 26,
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muet, c’est uniquement cette action qui constitue le langage oral, soit qu’il la constate chez les autres par la vue et le toucher, soit qu’il la sente en iui-même au moment où il l’exerce. Les ditférentes positions des lèvres, des arcades dentaires, de la langue, des joues, de la paroi inférieure de la bouche, du larynx, etc., dans la prononciation de chaque son, positions reconnues par le sourd-muet chez son interlocuteur, perçues par lui au sein de ses propres organes, forment un alphabet labial, ou plutôt oral, une véritable chéilologie ou stomatologie tout à fait comparable à l’alphabet manuel, à la dactylologie, qui résulte des différentes positions des doigts. Seulement cet alphabet oral frappe moins la vue et offre plus de complication dans les mouvements propres à chaque signe, il est tout à fait conventionnel et il n’a pas, comme la dactylologie, l’avantage de reproduire les signes de l’écriture. N’oublions pas toutefois que c’est la même langue, que le langage oral n’est qu’une autre manière de représenter les mots, et, jusqu’à un certain point, les mêmes lettres, quand notre orthographe bizarre ne détruit pas l’accord des langues écrite et parlée.
J’ai fait abstraction jusqu’ici du son émis par le larynx dans la voix ordinaire, du souffle de la voix basse fourni par l’appareil respiratoire ; mais il va sans dire que la parole n’est obtenue qu’à la condition que l’action des parois thoraciques, dans un cas, l’action de ces parois et des muscles du larynx, dans l’autre, s’ajoutent aux mouvements des diverses parties de l’appareil buccal. Il faut même y joindre l’action du voile du palais, qui détermine la direction du son ou du souffle laryngien vers l’une ou l’autre ouverture extérieure du tuyau vocal.
C’est encore par la vue, le toucher et la perception intérieure de ses propres modifications organiques, que le sourd-muet reconnaît et apprend à exécuter lui-même tous les mouvements des organes respiratoires et vocaux qui coïncident avec ceux de la bouche, pour produire toutes les articulations de la parole. L’effort de ces organes se traduit, en effet, par leurs changements de volume et de situation, par les vibrations dont ils sont le siège, ou qu’ils déterminent dans les parois du tuyau vocal, par l’écoulement de l’air à travers les ouvertures du nez ou de la bouche, écoulement perceptible au tact pour la main placée au-devant de ces ouvertures.
Ce sont ces différents indices qui mettent le sourd-muet en état de produire des sons qu’il n’entend pas, mais qu’il sent vibrer dans sa poitrine, et d’acquérir ainsi la voix de la parole articulée, dont il semblait à jamais privé. On est même parvenu à régler ses intonations, si souvent imparfaites, en lui faisant apprécier par le tou-
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cher la différence des vibrations de la paroi inférieure de la bouche suivant le ton des sons vocaux.
On comprend néanmoins quelles difficultés il faut surmonter pour obtenir une grande précision dans ces exercices, avec quelle facilité les articulations qui exigent plus d’effort seront omises dans la prononciation des mots, ou remplacées par d’autres, produites par des mouvements peu différents, et, d’un autre côté, quels obstacles la rapidité de la parole, la profondeur d’une partie de ses organes, apportent à la perception visuelle du langage oral, ou, comme on dit, à la lecture sur les lèvres.
L’habileté du sourd-muet à se servir du langage oral est en rapport:
1“ Avec son degré d’intelligence;
2“ Avec les rudiments d’audition qu’il conserve ;
3° Avec l’état plus ou moins parfait de la vision, et surtout des organes de la parole, sous le rapport de leur conformation et de l’agilité de leurs mouvements ;
U° Avec l’ancienneté de la surdité, lorsqu’elle n’est pas congéniale, avec l’usage que l’enfant a pu faire de la parole avant de perdre l’ouïe, ainsi qu’avec l’espace de temps pendant lequel il a cessé de parler ;
5“ Avec l’âge auquel on a commencé à exercer l’enfant à l’articulation des sons ;
6“ Avec le temps et les soins consacrés h cet exercice, l’attention et la bonne volonté qu’y a apportées l’élève, l’étendue et la fréquence de ses relations avec les parlants, et le plus ou moins de difficultés qu’il a rencontrées à employer un autre langage;
7° Enfin, avec le degré de connaissance qu’a le sourd-muet des mots et de la langue qu’il doit lire sur la bouche ou qu’il doit luimême articuler.
Chacune de ces influences mériterait d’être appréciée en particulier; mais leur examen m’entraînerait trop loin dans ce moment. Je dirai seulement qu’à part l’idiotisme, une mauvaise conformation ou l’impossibilité d’assouplir dans un âge avancé les organes de la parole; à part l’opiniâtreté de l’élève à se refuser à cette étude, l’existence de lésions pulmonaires ou autres qui l’empêcheraient de supporter les efforts qu’elle exige, aucune autre circonstance ne s’oppose d’une manière absolue à l’emploi du langage oral. Je n’en excepte pas l’insensibilité presque complète des nerfs acoustiques, qui, d’après les recherches de notre collègue, M. Bonnafont, priverait les sourds-muets de la parole, en les empêchant de s’entendre
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parler, parce que j’ai vu des sujets placés dans celte condition
défavorable, qui n’en possédaient pas moins le langage oral.
Au reste, ce serait une erreur de croire que la perfection soit indispensable à la pratique du langage oral. De ce que cette perfection est rare, de ce qu’un grand nombre de sourds-muets, éduqués au moyen de l’articulation, parlent mal, on ne saurait conclure au peu d’utilité de ce procédé. Assurément, si nous nous trouvions dans un pays où personne ne parlerait notre langue, nous nous estimerions tous très heureux, et notre honorable collègue M. Bousquet comme les autres, de comprendre et de parler la langue de ce pays, comme les sourds-muets les moins habiles comprennent et parlent notre langage oral. Ne voyons-nous pas journellement des étrangers, des Français même, se faire parfaitement comprendre de nous malgré des vices de prononciation dont ils ne peuvent se défaire? Ne voyons-nous pas des lésions graves des organes de la parole, telles que l’imperfection de la voûte et du voile du palais, altérer la prononciation à un tel point qu’elle devient par moments inintelligible, et personne s’est-il jamais avisé de dire que le langage de ces individus soit inutile, et qu’il faille les condamner à parler par signes, parce qu’ils mal? Pour quelques embarras momentanés à
s’entendre, pour quelques équivoques sérieuses ou plaisantes, qui donc voudrait sacrifier ainsi, mê. ce dans son état imparfait, un des premiers attributs de l’homme, celui qui, après l’intelligence, l'élève le plus au-dessus de la brute?
Au lieu de nous rebuter des imperfections de langage des sourdsmuets, travaillons plutôt à les restreindre, à les faire disparaître, s’il se peut, et puisque certains d’entre eux, non moins sourds que les autres, atteignent pourtant, sous ce rapport, à une perfection comparable à celle des entendants, recherchons quelles sont les conditions spéciales auxquelles ils ont dû ce précieux avantage, et faisons tous nos efforts pour étendre ces conditions â un plus grand nombre de leurs pareils, soit en cultivant à temps et sans relâche leurs facultés orales, soit en perfectionnant les procédés d’enseignèment de signes vocaux.
Ce langage, d’ailleurs, qui nous paraît si souvent insuffisant quand nous voulons converser avec un sourd-muet parlant, est beaucoup mieux compris de ses compagnons d’infortune, de ses maîtres, de ses parents, de tous ceux, en un mot, qu’il fréquente le plus habituellement, et qui, tous aussi, savent mieux que nous se faire entendre à ses regards. La suppression, l’altération ou l’articulation imparfaite d’une partie des lettrés, des syllabes ou même des mots.