‹ De la guerison de la surdimutite et de l'education des sourdsmuets expose de la discussion qui a eu lieu a l'Academie imperiale de Medicine; avec notes critiques, reflexions, additions, et un resume generalChapitre 10 sur 29 · RAPPORT A L’ACADÉMIE DE MEDECINE · texte numérisé non relu

RAPPORT A L’ACADÉMIE DE MEDECINE

mission ont répétées eux-mêmes, peuvent percevoir par les nerfs de sensibilité générale des vibrations, depuis 80, 90, 100 jusqu'à 1,000 et même 1,200, et recevoir ainsi V impression tactile d'un certain nombre d'ondes sonores, et que la culture et le dév eloppement d e cette [acuité devront n écessai rement leur faciliter la vie de relation et allégerTeur injirraiiti

"V Qu'il est indispensable que les élèves des deux catégories que nous venons de signaler, lis uns pour retirer plus de bénéfice du traitement, les autres pour conserver ou développer leur faculté de parler et d’ entendre ; d'autres, enfin, pour acquérir celle de lire la parol e sur les lèvres et ne pas perdre iusot/e du langage articu lé, reçoivent une éducation spéciale donnée exclusivenient par des professeurs parlants chargés de les exercer suffisamment à l'articulation.

Qu'il est encore nécessaire, pour assurer et hâter le progrès de la parole et le développement de l'audition, de les placer dans une division spéciale, de les isoler dans tous les instants de la journée des autres enfants qui n'offrent pas les mômes dispositions à acquérir le langage articulé ou à recouvrer l’ouïe;

Que pour pouvoir établir cette division et empêcher que d'après le système de rotation en usage à l'école de Paris, les sourds parlants, les demi- sourds-muets, les sujets susceptibles de recouvrer l'ouie et la parole, ne restent entièrement confondus avec ceux qui sont tout à fait sourds-muets, qu'ils ne soient indistinctement instruits comme eux pendant toute la durée de leurs études, presque exclusivement à l'aide des signes par des professeurs sourds-muets ou parlants, qu’ils perdent par conséquent l'usage de la parole et sortent des écoles avec une aggravation de leur infirmité, il faut classer tous ces enfants dès leur entrée dans l'institution ;

5” Qu'eiilin , en observant ces règles, il y a tout lieu d'espérer que les élèves des deux catégories mentionnées pourront rentrer à la lin de leurs éludes dans leurs familles et dans la société avec la faculté de communiquer et de converser plus ou moins complètement à l'aide du langage articulé.

Piorry, ra/jporteur.

DISCUSSION DU RAPPORT

— M. Villerme fait remarquer que les renseignements obtenus, soit des parenls, soit des professeurs, soit des personnes diverses qui ont eu l'occasion de fréquenter des sourds-muets, sembleraient faire craindre que les prétendus succès annoncés ne fussent qu’épbémères, et que, peu après In cessation des exercices, les élèves ne perdissent bientôt celte laculté d'entendre et de parler qu'ils semblaient avoir recouvrée.

— M. B( tl'sQUBT ajoute qu'il est, pour ainsi dire, de notoriété publique que l’on n’a jamais pu obtenir que les sourds-muets revinssent aux conditions de l'audition ordinaire, en sorte que ceux-là mêmes qu'à l'aide d'exercices assidus on avait dressés à entendre les allocutions directes et a y répondre ne tardent pas, quand ils sont abandonnés à eux-mêmes, à retomber dans leurs habitudes de mimique, seule forme île conversation qu’ils puissent adopter pour la pratique usuelle et journalière.

— M, Fkrbus, qui a fait partie de plusieurs commissions scientifiques, pense qu’on a obtenu, en effet, des résultats avantageux chez les sourds muets doués de quelque intelligence par les divers systèmes d'éducation tentés soit en France, soit eu Allemagne, mais que le plus ordinairement on a de la peine à obtenir des inventeurs l’explication des procédés qu'ils emploient , et que dans les cas où l’on fait intervenir, comme M. Blanchet, les impressions tactiles pour venir en aide à l’audition, ce n’est, le plus souvent, que comme moyen d’appeler et de fixer l'attention du sourd-muet. Il insiste d'ailleurs avec le rapporteur sur la nécessité de séparer les sourdsmuets en diverses classes, et notamment de mettre a part les idiots, qui sont assez nombreux dans les établissements consacrés aux sourds-muets.

— M. Londe demande quel est le procédé employé par M. Blanchet pour rétablir l'audition.

— M. le rapporteur répond qu’il emploie l'orgue, et qu’à

l’aide d’un instrument appelé acoumètre M. Blanchet mesure exactement le nombre de vibralious du ton apprécié par chaque élève. v

DISCUSSION DU RAPPORT

Il répond ensuite aux objections de MM. Bousquet 'et Villerraé, qu’il n'v a pas de doute que les organes no doivent continuer à être longtemps exercés pour que l’audition puisse se soutenir, et qu’il importe surtout de maintenir les sujets en rapport avec les personnes qui parlent, et de les séparerdes élèves qui n’ont point les mêmes facultés acquises.

M. Baillaruer, membre de la commission, rappelle qu’il y a vingt ans l’Académie a déjà entendu un rapport de M. Husson (1) sur le même sujet , avec des conclusions fort analogues à celles du rapport actuel. 11 regrette que M. Guéneau de Mussy ue puisse communiquer à l’Académie les remarques qu'il avait présentées à la commission lorsqu'elle s'est réunie pour voler les conclusions du rapport.

— M. Bèrard présente quelques remarques physiques et physiologiques sur les procédés signalés dans le rapport ; il insiste sur la distinction à établir entre la sensation tactile commune et la sensation d'élection de chaque sens qui paraissent avoir été confondues par M. Blanchet. L’idée d’aider l'éducation de l'audition par le concours des impressions tactiles est d’ailleurs fort ancienne. Quanta la mesure d’appréciation propre à M. Blanchet, et qui indique comme règle le nombre des vibrations, ce n’est là qu’un «les éléments du son. Naturellement il faut tenir grand compte aussi de l'intensité du son , qui ne parait avoir été prise en considération que dans les expériences delà commission.

— M BoUiLt,At'D déclare que dès les premières séances de la commission il a protesté contre cette hérésie physiologique, signalée par M. Bérard, et qui consiste à attribuer aux nerfs de la sensibilité générale la perception des ondes sonores.

— Après quelques nouvelles réflexions de MM. H. Gaultier de Claubry sur ce point, et les répliques deM. le rapporteur, M. Bonnafout , membre correspondant , ayant demandé à présenter des observations propres à élucider le sujet , mais que l’heure avancée de la séance ne lui permettait pas de développer, la discussion est. ajournée, et la séance est levée à cinq heures moins un quart.

(t) De l'éducation physiologique du sens auditif chez les sourds-muet s, question soumise par le gouvernement au jugement de l’Académie, pat M. Husson. ( Mémoires de l’Académie de médecine. Paris, 1833, t. II, p. 4 78 et suiv.)

UK LA CUKKISUM UE LA SURDI-MUTITE.

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