OBSERVATIONS
Bastibn. . . .
Enteml des deux oreilles.
Sonaiulilion supérieure à d roi le s’élève à 8,180 vibrations, reproduit exactement les sons qui se trouvent dans le registre de sa voix.
A son entrée son audition était de 312 vibr.
D’après les renseignements des parents, cet élève est devenu sourd à la suite de convulsions à l’âge de quinze mois.
Son audition et sa parole ont été cultivées par M. Blanchet à l'institution et chez lui pendant les vucauccs.
Grammont. . .
Audition de 120 à 3,000 vibrations.
Lorsque cet élève est entré, il avait une audition de 1,000 vibralionsqui ne lui per- 1 , mettait que de saisir quelques mots. Son audition s'est améliorée.
Legras . . . .
Audition très développée.
En 1847, M. Menièrc l'a déclaré atteint d'une surdi • mutité incurable.
Cet enfant est devenu sourd à l’âge d’un an trois mois, à la suite d’une encéphalite aiguë. Comme M. Bonnafont l’a constaté, il a l’ouïe très développée. Il a recouvré l’ouïe et la parole par les soins du docteur Blanchet, avant son entrée dans l'Instilu- 1 lion. Depuis son admission, M. Blanchet ne s’est pas occupé de son articulation, ill a continué le traitement de l’audition seulement.
iCORBOY ....
Audition, 256 vibrât.
Perception tactile,
1,400 environ.
Peu de dispositions à parler.
Lesceur. . . .
Audition mauvaise; 500 vibrât, seulement.
Perception tactile,
1,500 vibrations.
Cet élève parle avec un peu moins de facilité qu’à sou entrée à l’école. Il perd l’usage de la parole.
Ronce. ....
Audition, 2,024 vibrât.
Perception tactile ,
1,100 vibrations.
Il est tombé de voiture sur la tête, à sept ans, sur le côté droit, et c’est le côté gauche qui est atteint de la surdité la plus pro J | fonde. Il parlait à son entrée à l'Institution et conversait assez bien. Avant le traitement, 526 à droite, 1,000 à gauche. 1
i Vincent. . . .
Audition, 2,048 vibrations.
Perception tactile ,
1,500 vibrations.
Il parlait à son entrée à l’école; seule-' ment sa parole est difficile par suite d’un tic nerveux qui lui est survenu à la suite d’une encéphulite.
Cet élève entend la parole , et de même que le précédent, il parviendrait à converser avec tout le monde si l’on continnail le traitement de son audition et qu’on lui.
donnât un professeur parlant. Asou entrée 900 à droite, 1,100 à gauche.
Nous croyons devoir placer à la suite de ces trois tableaux des notes recueillies tout récemment par M. Volquin sur chacun des
oo
bE LA UUÉRISON DE LA SURDI-MUTITÉ.
élèves dont parle M. Bouvier. Si cet orateur s’attribue le droit de contrôle, il ne peut avoir la prétention d’y échapper, et nous lui dirons : Patere legcm quant ipse fecnti.
Docukrsous a été vu deux fois par M. Blanchet, à cinq ans de distance. Comment alors aurait -il pu doter cet enfant de fa parole?
Routai. — Cet élève est noté par M. Blanchet comme susceptible d'une amélioration auditive. Pourquoi , depuis le ! 4 octobre t 850 qu'il est à l'Institution, n'entend-il aucun son, et pourquoi M. Blanchet n'a-t-il pas amélioré l'ouïe de ce jeune homme? Robert est sourd, complètement sourd, et n’entend pas les mots prononcés à son oreille; l'erreur de M. Blanchet est facile à concevoir lorsqu'on saura que du 14 octobre 1850 au 4 5 juillet 1 853, ce chirurgien n'a vu cet élève que douze fois.
Picard (Alfred). — Cet enfant a toujours entendu , il n'a jamais perdu l’ouïe complètement; il a été pendant quelque temps soigné par M. Blanchet, mais la mère de ce jeune élève, ne remarquant aucune amélioration dans l'organe de son fils, et sur les prières de celui-ci, qui soufTrail réellement du traitement qu'on lui imposait, a interdit au docteur Blanchet de continuer des expériences aussi peu favorables.
Quant R la parole, ce jeune enfant, à son entrée, maniait la langue comme le peut faire un enfant de trois ans, c elait le même langage enfantin qu'il possédait lorsqu'il perdit l'ouïe. Aujourd'hui sa parole est lente, il est vrai , mais claire et bien accentuée, et nous pouvons affirmer qu’il a gagné beaucoup au cours d'articulation, qu'il a constamment suivi depuis son entrée R l’Institution ( tï octobre 1 849).
Plaid. — Nous sommes de l'avis do M. Blanchet, cet élève parlait bien en entrant R l’Institution ; quant R ce qui regarde la lecture sur les lèvres, on nous permettra bien de revendiquer la part qu'y a eue le cours d'articulation que cet élève a toujours suivi , et avec fruit. MM. Yaïsse , Valade- Gabel, père et fils, etc,, ont contribué beaucoup au développement de celte faculté de lire sur les lèvres, que possède Plaud.
Nous ne dirons rien de la sensibilité tactile qui a été augmentée , cela peut être intéressant, mais ce n'est d'aucune utilité pour cet élève.
('lard jeune. — Nous ne pouvons établir avec précision quel était le degré d'audition de co jeune élèvo R son entrée R l'Institution ; mais ce que nous pouvons assurer, c est que nous n'avons pas remarqué qu'il y eût aucun changement dans la faculté qu'a cet élève de percevoir les sons; il a suivi, et suit toujours le cours d’articulation, et toutes les leçons lui ont été, et lui sont encore données au moyen de l'ouïe, dont il possède une partie assez notable.
Plaryl jeune va toujours chez M. Blanchet, et il n'est pas encore devenu enlendaul-parlant; il est entré R l'Institution le 27 octobre 1854, il avait
DISCUSSION DU RAPPORT
déjà été traité, avant son entrée, par le même chirurgien. On peut donc dire qu'il a subi trois ans de traitement, et cependant il est loujours demisourd !
Plard aîné. — Celui-ci a été traité pendant six ans, et l'amélioration tant promise n'a été remarquée par aucune des personnes qui connaissent cet élève. Combien faudra-t-il de temps encore pour amener la guérison î
CoLomfcs. — Cet enfant qui , au dire de M. Blanche! , est dans le m éme état qu'au moment de son entrée, est au contraire une preuve de ce qu’on peut obtenirau cours d'articulation. Colomès a parléjusqu'à cinq ans, cela est vrai, mais ayant perdu l'ouïe à la suite d'une fièvre typhoïde très violente, il a perdu la parole, et la difficulté de la lui rendre a été très grande : pendant longtemps on n'a obtenu de lui que des sons gutturaux ressemblant fort peu ao langage humain ; maintenant nous ne dirons pas qu'il parle purement , que sa voii est agréable , mais au moins il peot se faire comprendre.
Il désire apprendre à parler , ajoute M. Blanchet; mais si ce chirurgien voyait cet élève plus souvent, il saurait que depuis le 16 octobre 1848 , l'enfant suit le cours d'articulation.
Colomès a été traité, avant son entrée à l'Institution, par M. Blanchet; il a été à sa clinique dans les premiers mois de son séjour à l'Institution, mais son oreille rebelle a résisté à tout traitement.
Lcraw. — Que peut faire au professeur d’articulation que Lurain perçoive les vibrations de l'acoumèlre appliqué sur sa poitrine T c’est une observation qui ne prouve pas que l'ouïe de ce jeune homme ait jamais été améliorée.
Il offre quelques dispositions à parler , dit encore M. Blanchet, mais pourquoi n'a-t-il pas cultivé ces dispositions? pourquoi n’a-t-il reçu Lurain à sa clinique que trois fois en 1848, et une fois en juin 1853? Lurain a des dispositions pour parler, mais c’est le cours d'articulation qui a fait valoir ces dispositions, car depuis cinq années l’élève suit le cours.
Bissos, qui, suivant la note de M. Blanchet, n'entendait aucun son articulé, entend maintenant la parole. Mais il est de notoriété, à l'Institution, que Bisson a toujours été demi-sourd, et pourtant on le note comme étant, à son entrée, un des élèves les plus sourds do l'établissement I
Desbatkr. —Cet élève se servait assez facilement de la parole pour n'avoir jamais recours aux signes, dit la note de M. Blanchet. Si l'on avait laissé Deshayes livré à sa seule intelligence; si cette faculté, qui est presque nulle, n'avait pas été développée au moyen du langage mimique, Deshayes serait encore ce qu'il était à son entrée, un pauvre enfant presque idiot, disant : papa, maman, j'ai faim, j'ai soif, etc., mais il est fort douteux qu’il eût pu exprimer d autres idées . puisque ce n'e.-t quaprès de longs et laborieux efforts qu i! a pu apprendro, je ne dirai pas à lire, mais
à épeler ! Cet élève ne perd donc pas à séjourner à l' Institution, on l'entretient à parler, on l'instruit ; quant à son audition, elle est ce qu'elle était à son entrée, c'est-à-dire qu'il entend fort bion la parole ordinaire.
Lech Evaluer. — Rien à dire de cet enfant, il est sourd et bien sourd; M. Blanchet a échoué. On l'entretient à parler.
Larbé. — Encore un élève comme Desbayes , il entend très bien , mais son intelligence étant presque nulle, il apprend par le langage mimique ce qu'il ne peut concevoir par les oreilles. Plus lard , lorsque son intelligence sera développée, l'instruction auriculaire sera employée avec plus ou moins de fruit, suivant ce développement principal.
Gocrxav. La note de M. Blanchet nous étonne, et elle surprendra tout
le monde, en effet, lorsqu'on saura que cet élève, qui est depuis cinq ans dans l'Institution, a été vu par ce chirurgien pour la première et unique fois au mois de juin 4 853.
Gournay, comme le dit la note de M. Bonnafont, est sourd de naissance, et si M. Blanchet a reconnu que cet élève, ayant la main placée sur l'appareil vocal de son interlocuteur, répète quelques mots, nous le remercions de ce témoignage , qui prouve que le cours d’articulation n’est pas aussi dépourvu d'utilité que l'affirme M. Bouvier.
Gournay if'avait jamais parlé avant son entrée à l’Institution, et a suivi le cours d’articulation pendant cinq ans.
Bastie*. — Rien à dire, si ce n’est qu'en même temps que cet élèverecevail des leçons de M. Blanchet, il suivait le cours d'articulation.
Gramost entendait à son arrivée comme il entendait maintenant.
Legras. — Je n'ai remarqué aucun progrès dans son audition , qui me semble telle qu'elle était à son arrivée dans notre maison.
Corrot. — Peu de dispositions à parler, dit M. Blanchet. Si ce chirurgien avait suivi cet élève, il aurait vu tous les progrès faits par lui dans l’acquisition de la parole. Cet enfant a travaillé avec ardeur à l'élude de la parole, et maintenant, si sa voix n'est pas agréable, il peut très bien se faire comprendre.
Il est tout naturel que M. Blanchet ne sache pas cela, il a vu Corroy une fois on 4 818 et une foi» en 4 853. Total deux fois à cinq ans de distance.
Lescecr. — M. Blanchet trouve que cet élève parle avec moins de facilité qu'à son entrée à l'école. Il perd l’usage de la parole. On ne relève pas celte assertion, qui mériterait une qualification sévère....
Les élèves de l’institution Dubois possèdent-ils, à un plus liaut degré, la faculté de parler que les élèves du cours d’articulation de l'Institution impériale? Cette question pourra paraître oiseuse, après toutes les considérations que j'ai présentées jusqu’ici. Mais
DISCUSSION DU RAITORT. 341
M. Malgfligne nous a dit avoir vu ceux-ci parler aussi bien que ceuxlà ; je ne puis donc me dispenser d’examiner ce point.
Il est évident qu’il faut établir ici des catégories, comme je l'ai fait pour l’Institution impériale.
Une lettre ministérielle, en date du 11 juin 1852, a informé M. Dubois qu’il ne lui serait confié, à l'avenir, « que des sujets » ayant entendu et parlé jusqu’à un certain âge, ou ayant con- » servé un certain degré d’audition. » Cette sage mesure n'ayant pas été prise plus tôt , il en résulte que le personnel des élèves comprend toutes les sortes de sourds-muets, comme à l’Institution impériale.
En effet, sur 46 élèves des deux sexes, je trouve :
Sourds-muets de naissance (autant du moins qu’on peut le
savoir) . 26
Devenus sourds de la naissance à l'&ge de trois ans ... Il
— de trois à dix ans . ‘6
— à une époque inconnue 3
Total 46
Sur ces 46 sourds-muets :
7 entendaient un peu à leur entrée; 6 articulaient; la plupart ne disaient que quelques mots; un seul à qui M. Deleau avait rendu en partie l'audition, parlait passablement.
14 n’entendaient pas, mais articulaient plus ou moins; 2 parlaient assez bien : l’un de ces deux ne savait que le patois de son pays.
25 n'entendaient ni ne parlaient à leur entrée dans l’institution ; 18 sont sourds-muets de naissance; quelques uns fort peu intelligents.
II y a, comme on le voit, un certain rapport, sauf des différences de détail, entre ce personnel de l'institution Dubois et les 47 sourds-muets de l’Institution impériale dont j’ai parlé plus haut, lesquels toutefois, il ne faut pas l'oublier, sont déjà le résultat d’un premier triage des 115 élèves de l’Institution.
Les 25 sourds-muets complets, bien muets, de M. Dubois, peuvent être rapprochés des 25 élèves du cours d’articulation, queM. Volquin voudrait dorénavant laisser de côté, à cause de l’insuccès de ses efforts ; car ces derniers se composent sans doute des élèves qui entendaient ou parlaient le moins à leur entrée.
Noue savons ce qu'on a obtenu sur ces 25 élèves au cours d’articulation ; voyons les résultats de l’enseignement de M. Dubois dans la série correspondante, précisément de même nombre.
Sur les 25 sourds et muets complets dont il s’agit :
11 lisent sur les lèvres presque aussi bien que M. Dubois luimême, avec la différence résultant de leur vocabulaire plus restreint, à cause de leur âge et de leur instruction nécessairement moins étendue. Je ne puis mieux donner l’idée de leur habileté à comprendre la parole par la vue, qu’en les comparant à ce jeune Lechevallier, sourd complet, de l’Institution impériale, où il n’est entré qu’en octobre 1852, parlant et ayant appris de son frère la lecture sur les lèvres, aussi fort sur la parole que les plus anciens et les meilleurs élèves du cours d’articulation, auquel il assiste plutôt comme moniteur que comme écolier.
9 composés en majorité de ülles très jeunes, encore peu avancées dans leurs études, ne comprennent, par la lecture sur les lèvres, que des phrases courtes ou répétées plusieurs fois.
5 n’en sont encore qu’à lire sur les lèvres des mots isolés.
Par rapport à l’articulation de la parole, pour ces 25 élèves, aucun n’articule assez purement pour se faire comprendre, à la première vue, des étrangers.
9 parlent passablement et se font très bien entendre de leur famille et de tous ceux qui vivent habituellement avec eux.
10, la plupart jeunes, ne parlent pas mal pour leur temps d’étude, et montrent des dispositions à mieux articuler.
6 parlent mal et ne se font comprendre que pour demander les choses nécessaires à la vie.
"Üf
Le simple énoncé de ces faits, rapproché de ce qu’on a vu plus haut pour les élèves de l’Institution impériale, tout en montrant les limites naturelles de l’art, relativement à l’éducation, par la parole, des sourds-nés complets , fait voir clairement à quel poiut la méthode de l’enseignement mimique , combinée avec le cours d’articulation, est inférieure à l’enseignement pur lu langage oral, pour apprendre à parler à cette classe de sourds-muets. Il n’en est pas autrement, par rapport aux catégories suivantes.
Des 7 élèves entendant plus ou moins à leur entrée :
Diqii jccfByGôU^fe
DISCUSSION DU RAPPORT
h parlent et lisent sur les lèvres de manière à comprendre môme les étrangers et à en être compris; l’un d’eux, le nommé Gallet, avait recouvré, en partie, l'audition par les soins de M. Rlanchet.
1 ne lit pas moins bien sur les lèvres, mais ne se fait bien comprendre que de scs parents et de ses amis.
1 articule imparfaitement, quoique susceptible de progrès, et lit passablement sur les lèvres; c’est une sourde-née, qui ne parlait pas à son entrée.
1 peu intelligent, n’ayant que sept mois d'étude, parle mal, et ne lit sur les lèvres que des mots isolés.
Enfin, sur les 14 sourds parlant un peu à leur entrée :
9 possèdent, d’une manière assez complète, la faculté d’articuler et celle de lire sur les lèvres; les uns exécutent également bien ces deux actes; les autres excellent davantage dans le premier ou dans le second ; les deux sourds-muets qui parlaient le mieux à leur entrée se trouvent dans cette catégorie.
3 jouissent de ces mêmes facultés à un degré un peu moins marqué.
2 articulent mal et ne lisent sur les lèvres que des mots isolés; l’un a une affection paralytoïde de la face; l'autre avait passé plusieurs années dans deux institutions de sourds-muets, et n'avait appris à prononcer quelques mots que deux mois avant son entrée.
Ifi
Une dernière remarque au sujet de l’articulation, dans l'institution Dubois : il est évident qu’elle ne se borne pas, comme pour un grand nombre d’élèves du cours d’articulation, à la prononciation matérielle des mots; tous les enfants, même les moins habiles, se servent de ce qu'ils savent de langage parlé pour rendre leurs pensées, pour exprimer leurs sentiments, pour énoncer ce qu’ils ont appris dans leurs études. Je m'en suis convaincu bien des fois en conversant avec eux, en les interrogeant de vive voix sur les différentes matières de leur enseignement.
Je ne me suis pas contenté d’examiner les résultats immédiats de l'enseignement de l’articulation à l’Institution impériale; j’ai, en outre, cherché à connaître les produits ultérieurs, définitifs, de cet enseignement.
La classe Ilard fournissait un premier moyen d’y parvenir. Une
DE LA OUÉMsO.N DK La StRDl-MÜTIlK.
comlition rigoureuse de son organisation , d’après le vœu de son fondateur, est d’en exclure l’emploi du langage mimique. Le cours d’articulation était naturellement la pépinière d’uù devaient sortir les élèves de cette classe. C’était là que je devais rencontrer ses meilleurs produits.
Or, la classe de perfectionnement actuelle, confiée au talent de M. Valsse, se compose, sur huit élèves, de six muets : trois le sont complètement; trois autres articulent quelques mots cl savent un peu lire sur les lèvres, encore l’un d eux est-il étranger à l’Institution de Paris. Deux élèves seulement entendent et parlent. L'un est Plard alué, dont la commission vous a entretenus : c’est le 11 ° 1, 2' série, du rapporl(l). Vous savez déjà qu'il ne peut être cité comme un produit du cours d'articulation. Le second n’est ni sourd ni muet, aussi parle-t-il fort bien ; peut-être pourtant parlait-il mieux encore à son entrée (2). Il parai lavoir l’ouïe un peu dure, mais à un degré bien inférieur à celui qui doit suffire pour motiver le séjour d'un enfant dans une institution de sourds-muets; car ce serait une grave erreur de croire que les demi-sourds doivent être exclus de ces établissements; ils ne peuvent être instruits que là. Cet élève, en tout cas, n'a rien appris au cours d’articulation, si tant est qu’il y soit allé.
Ainsi, le cours d'articulation n’a rieu fourni à la classe Itard d’aujourd’hui ; il n'avait apparemment rien à lui fournir.
Le second moyen de retrouver les merveilles du cours d’articulation dont a parlé M. Malguigne était aussi simple. Il ne s’agissait, au point de vue qui seul me préoccupe, au point de vue de mon amendement relatif aux sourds parlants, que de rechercher quelle aptitude à la parole présentaient, à leur sortie de l'Institution impériale, les élèves sourds qui parlaient en y entrant.
J’ai réuni huit à dix faits de ce genre, établis par les témoignages les plus authentiques. Dans presque tous, le séjour de l’établissement a nui à la parole. Bien que la plupart de ces élèves suivissent le cours d’articulation, leur vocabulaire s'est amoindri, l’usage leur
(t) Bulletin de l'Académie de médecine, t. XVIII, p. 662.
(2) Argument commode , élastique ; à l'aide d'un peut-être on va loin. Six lignes plus bas , M. Bouvier se sert du mémo procédé pour un autre élève : Si tant est, dit-il, qu’il soit allé à la classe d’articulation. Il est affligeant de relever de semblables phrases dans un discours qui a été imprimé par M. Bouvier. Que ces façons de parler échappent à un orateur , on s'en étonnerait moins; mais la plume à la main, en corrigeant los épreuves, voilà qui nous (tasse. I*. M.
DISCUSSION du rapport.
manquait, ils oubliaient les mots pour les signes ; souvent même leur organe vocal perdait de sa souplesse.
Un de ces jeunes gens, sujet très distingué, m'a raconté lui-méme les effets qu’il a éprouvés sous l'influence du régime mimique.
« Étant obligé, m’a-t-il dit, de vivre avec des sourds-muets du » matin au soir, je n’avais aucune occasion de faire usage de la pari rôle, et ma langue, réduite à un silence forcé, s’est trouvée comme » paralysée; il en est résulté qu’à ma sortie de l’Institution, j’ai » éprouvé des difficultés pénibles pour parvenir à m’exprimer clai- » rement et me faire comprendre de la société toute nouvelle dans » laquelle je me voyais jeté. »
Pendant son séjour dans l’Institution, ce jeune homme avait remarqué qu’il parlait mieux après les vacances, parce que les signes n’étaient pas en usage chez ses parents, et qu’on ne s’y servait que de la parole.
Cependant j’ai rencontré des exceptions à cette règle; mais elles n’étaient pas dues au cours d’articulation. Elles se sont même quelquefois manifestées chez des sujets qui ne suivaient pas ce cours. Il leur a suffi d'une ferme volonté, d’une mémoire active, de la pratique de la lecture, pour conserver ou pour retrouver plus tard une faculté qui n’était qu’assoupie. Mais c'étaient des esprits d'une trempe rare, et il est clair qu’on ne saurait opposer ces faits particuliers à un principe général que confirme l’expérience journalière.
Je crois avoir démontré qu'aucune objection sérieuse ne peut s’élever contre l’amendement que je propose ; je crois avoir prouvé, en particulier, que le cours d’articulation, quoique ayant constitué, dans le temps, un véritable progrès, est tout à fait insuffisant pour doter d’un langage complet les sourds parlants, de même que les demi-entendants; que, sous ce rapport, ce prétendu enseignement de la parole est un leurre, une véritable déception.
Je suis heureux, en terminant, d’avoir à invoquer un dernier témoignage. Je lis ce qui suit dans une consultation d'un honorable confrère, dont l’opinion est ici d’un grand poids:
« Ernest..., âgé de dix ans, est devenu complètement sourd » en 1846. Divers traitements employés jusqu’ici n’ont eu aucun » résultat avantageux. Il est probable que la surdité restera d'une » manière définitive. I.a faculté de parler s’est altérée graduelle- » ment; les mots lui manquent; il prononce mal, cl sou langage » deviendra encore moins intelligible. Cet enfant a besoin de soins » particuliers, et il conviendrait qu’il fût placé dans une insti-
» tution de sourds-muets où l’on s'occuperait de l’articulation des
» mots (1 ). •
Le signataire de cette consultation est M. le docteur Menièrc. Ce qu’il conseille dans ce cas particulier, c’est ce que jo réclame pour tous les enfants placés dans des conditions semblables, c'est l'exercice incessant de la parole; et, vous le voyez, ce n’est pas la méthode de l’Institution impériale qui peut atteindre ce but.
Ainsi la mesure que je sollicite, que la commission avait proposée, ltar.1 l'appelait do tous ses vœux ; son digne successeur, M. lu docteur Menière, la met en pratique : la question est jugée.
— M. Bégin : La commission a été mue par cette pensée, qu'elle ne devait pas devancer l'expérience. La commission, pas plus que qui que ce soit, n'est en mesure de résoudre celte question. Ëlle est donc restée parfaitement dans le vrai en ne voulant pas se prononcer à cet égard. L)u reste, l’Académie ne doit point s’arrêter à discuter les points secondaires; ce qui est essentiel pour nous, c’est desavoir s’il faut, oui ou non, mettre à part telle ou telle catégorie de sourds-muets La commission dit que l’expérience n’a pas prononcé, M. Bouvier dit le contraire: tel est le terrain de la discussion actuelle.
— M. lk Président : Une proposition est faite par la commission mixte; elle consiste il mettre à part les sourds-muets qui entendent un peu. M. Bouvier propose d’ajouter à celte catégorie les sourds complètement sourds, mais qui sont néanmoins susceptibles d’apprendre la parole.
— M. Malcaigne demande qu’on mette aux voix paragraphe par paragraphe.
— M. le Président lit le premier paragraphe, mais s’apercevant que M. Bégin est absent, il fait remarquer qu’il n’y a plus personne pour défendre la rédaction de la commission.
(1) J ai, depuis quinze années, donné bien des certificats semblables, je conseille toujours aux parents qui veulent s’occuper eux-méines de féduca tion de leur enfant sourd-muet , de le faire parler , de lui apprendre à lire sur les lèvres, surtout quand il s’agit d’un enfant qui se trouve dans les conditions de celui que cite M. Boovier. Mais ce sont là deux circonstances particulières très importantes, et qni dominent l’éducation du sourd-muet. Agissez d’abord ainsi, vous réussirez plus ou moins , suivant la capacité intellectuelle de l’élève , suivant ce qui lui reste d audition et de parole; plus lard vous aurez recours aux antres moyens de communication, vous compléterez l’instruclion de l’enfant, vous lui donnerez tout ce qu'il est possible de lui donner, et ce ne sera pas oncore trop. P. U.
Discussion DU RAPPORT . St\l
— M. Malgaigne : La pensée intime de la commission, c'est que les sourds qui parlent ne doivent pas rester dans l’établissement, mais être rendus à la société.
— M. Piorrt : Je ne vois pas lu nécessité d’amoindrir l'établissement de Paris en le privant d’une classe. Je comprends maintenant la portée de l'amendement de M. Malgaigne, et je demande la suppression du dernier membre de phrase de ce paragraphe.
— M. J. Guérin : Il faut, avant tout, qu’il n'y ait pas d'équivoque. 11 y a un parti qui désire que les sujets qui sont jugés susceptibles de recouvrer la parole restent dans l'établissement, mais dans une dusse à part. Reprenant la question en litige, je désire qu'on sache bien sur quoi l’on vote. La commisèion demande qu’on élève à part seulement les élèves de la première catégorie, c'est-à-dire ceux qui entendent encore un peu. M. Bouvier a insisté, avec raison, pour qu’on adjoigne à cette première catégorie ceux qui sont complètement sourds, mais qui néanmoins peuvent parler. Je demande, à mon tour, qu’il soit bien entendu qu’on mettra également à part, non seulement les sourds qui parlent, mais encore ceux qui ont parlé jadis, et qui ont perdu l’usage de la parole par suite de quelque maladie ou accident. Je me rallie donc à l'amendement de M. Bouvier, mais en spécifiant un degré de plus.
Voici la conclusion que je proposerais de substituer à celle de la commission:
» L’Académie pense qu'il y aurait avantage à ce que les élèves des deux catégories qui précèdent, ceux qui sont susceptibles de recouvrer l'ouïe, et ceux qui, quoique affectés d'une surdi-mutité incurable, ont conservé l'usage de la parole ou sont aptes à la recouvrer, soient placés dans une division spéciale de l’établissement et soumis à une éducation donnée exclusivement par des professeurs parlants. Mais il serait utile qu'un conseil supérieur de perfectionnement, institué en permanence auprès de l’établissement, fût chargé de régler et de surveiller l’application de ces réformes. »
— M. le Président : Un premier amendement a été proposé qui consiste à supprimer les mots « et d'un même établissement. »
L'amendement, étant appuyé, est mis aux voix et adopté.
— M. Malgaicnk demande la parole surl’amendementdeM. Bouvier. — On demande, dit-il, qu’il soit fait deux classes à part, l’une pour les sourds qui n’entendent pas du tout et qui parlent, l'autre pour les sourds qui partent et entendent un peu. Ce serait préjuger de la méthode allemande. M. Bouvier sait ce que valent ces méthodes ; pour moi, je ne le sais pas. Je demande donc qu’on ne prive pas les sourds-muets de la mimique, et qu’on ne préjuge pas d'une
Dfi 1.1 GUERISON DE LA SURDI-MUTITE.
question qu'on ignore. Le conseil d’adminislralion plus tard appréciera lui-même.
— M. le Président : Je vais mettre aux voix d’abord le sous-amendement de M. J. Guérin comme étant le plus large et celui qui s'éloigne le plus de la rédaction de la commission.
Le sous-amendement de M. Guérin est-il appuyé?
— M. Guérin : Il est appuyé par M Renault. (M. Renault fait un signe affirmatif.)
— Une voix: H. Piorry l'appuie.
— M. Cazeaux : M. Piorry appuie tout. (Rires.)
— M. Guérin : Je n’ai pas développé mon sous-amendement; je demande à le faire en deux mots. Les sourds-muets auxquels je demande l’application de l’éducation dans une classe à part sont ceux qui sont devenus sourds-muets postérieurement à la naissance, par suite de maladie ou d’accident, ainsi que M. Bonnafont en a rapporté un exemple chez un militaire. Il n’y a entre ceux-ci et les autres qu'une différence de temps et de degré. Il est important de comprendre dans la même catégorie ceux qui parlent et ceux qui ont parlé.
— M. Baillarger : Je désire qu’il soit bien entendu , avant de procéder au vote, que l’Académie est parfaitement libre en dehors de ce qui a été constaté par la commission. La commission n'a eu à constater qu'une seule chose, l'influence des instruments de musique sur l'éducation de l’ouïe. Pour tout ce qui est en dehors de cet ordre de faits, comme membre de la commission, je déclare me récuser.
Sur l’observation faite par un membre que, en cas de rejet, le vote sur l'amendement de M. Bouvier entraînerait nécessairement le sous-amendement de M. Guérin, M. le Président métaux voix l’amendement deM. Bouvier.
Cet amendement est rejeté.
Le premier membre de phrase de la conclusion de la commission, avec la suppression proposée, est mis aux voix et adopté.
Le second membre de phrase commençant par ces mots : « Quant à ceux qui n’entendent en aucune façon, etc., » est mis aux voix et adopté.
— M. Piorry lit la rédaction de la commission, ainsi conçue :
Cinquième réponse. — « Quant aux élèves de la première catégorie, l’Académie s'en réfère à ce qu'elle a dit plus haut. Quant aux autres, elle doit redire encore qne l’expérience n’a pas encore suffisamment décidé à cet égard. »
DISCUSSION Ull RAPPORT. 3'|9
Cette rédaction lui ayant paru peu claire, il propose d’y substituer la suivante :
« Quant nu succès à espérer du traitement par l'instruction au moyen du développement gradué et successif de l'ouïe et de la parole, des exercices d'acoustique et de langage articulé pour les élèves de la première catégorie, l’Académie s’en réfère à ce qui a été dit plus haut (concl. 1”).
» Pour ce qui a trait aux autres catégories, elle redit encore que l'expérience n’a pas suffisamment décidé à cet égard. » (Appuyé.)
Cette rédaction est mise aux voix et adoptée.
Sixième réponse. — « M. le ministre remarquera que , dans ses réponses, l’Académie n’a pas parlé du traitement chirurgical ni des méthodes de M. Blanchet. Ce médecin u’a fait que mettre en usage des méthodes thérapeutiques connues avant lui... (La rédaction de la commission s’arrêtait là.) M. Piorry propose d’ajouter ce qui suit : ... à part cependant l'application de divers instruments (tels que les acoumètres et l'orgue) qui sont plus précis que les autres pour mesurer le degré de l'audition et les progrès qu’elle peut faire sous l’influence du traitement. » (Appuyé.)
Cette conclusion , ainsi complétée par M. Piorry, est mise aux voix et adoptée.
Septième réponse additionnelle proposée par M. Bégin. — a L’Académie est d’avis qu'il serait utile, pour résoudre les questions pendantes entre les diverses méthodes de traitement de la surdi-mutité, et pour imprimer, au besoin, une direction nouvelle à l'éducation des sourds-muets, de créer près de l’Institution impériale un conseil de perfectionnement analogue à celui qui a été attaché à l’École polytechnique.» (Adopté.)
La séance est levée à cinq heures et quart.
11 nous a paru nécessaire de reproduire le texte des questions ministérielles, des réponses proposées par la commission dont M. Piorry était le rapporteur, et enfin des réponses définitivement adoptées par l'Académie. Après tant de débats, le lecteur pourrait avoir perdu de vue ces points, obscurcis peut-être par la discussion ; il retrouvera dans ces dernières pages la substance de cette affaire, le résumé officiel d'après lequel l’administration est appelée à créer une organisation nouvelle des établissements de sourds-muets, à moins qu’elle ne préfère n’y rien changer.
DE LA GUÉRISON DE LA Sl'RDI-MOTITÉ.
4" Après avoir constaté l’état des élèves de l'Institution nationale des sourds-muets truites par le docteur Manchet :
Examiner si parmi les élèves qui entrent chaque année dans rétablissement, il ne s’en trouve pas un certain nombre, ainsi que le signale ce chirurgien, qui, par suite du traitement qu'il a imagine, seraient susceptibles de guérison ou d’amélioration, et pourraient arriver à saisir la parole directement par l’oreille, ou par l’intermédiaire d’instruments acoustiques, ou par d’autres moyens.
4° Que d’après l’examen des élèves auquel la commission a procédé, il s’en est : trouvé constamment dans chaque série ! un certain nombre (1 sur S, à ou 5) dont , l'a lire lion s’est montrée susceptible d’élre | guérie ou améliorée, et qui, soumis à une éducation et à un traitement convenables, pourraient arriver à saisir directement la parole par l’oreille ou par l’inter- ! méiiiaire d’instruments acoustiques ;
Que l'appréciation des altérations de l’ouïe, de l'appareil vocal ci des résultats du traitement, faite à l'aide des acoumèlres et du nombre des vibrations perçues, a paru à la commission un moyen d’une grande exactitude et non moins utile que l’emploi de l’orgue appliqué aux exercices de gymnastique vocale et auditive.
1° Parmi les élèves entrant chaque année à l’établissement, il s’en trouve généralement un certain nombre qui paraissent susceptibles d’amélioration et qu’il importe de soumettre à un traitement spécial; mais l’expérience n’a pas encore appris s’ils sont susceptibles de guérison complète.
1 “ SI d’autres élèves n’ont pas conservé 3 ° Que relativement à d'autres sourdsl'usage de la parole et ne seraient pas muets atteints de la perte de l'ouïe a un susceptibles d’acquérir la faculté de la âge avancé, mais possédant à un degré lire sur les litres, quoiqu’ils soient at- plus ou moins parfait Cusage du langage teints d’une surdité incurable. articulé , ils peuvent , quoique affecté - 1
d'une surdité à peu prés incurable , uon seulement converser, mais encore développer la faculté de parler et acquérir celle de lire la parole sur les lèvres ,
2* La possibilité de lire la parole sur les lèvres est une faculté commune à tous les sourds-muets, et sert de fondement à l’instruction de ces infortunés dans les écoles allemandes , et à Paris dans divers établissements.
Quant à l’articulation de la parole, elle peut, toutes choses égales d’ailleurs, relativement à l’intelligence de ces élèves, être obtenue è un degré d’autant moins imparfait que l’action de parler était primitivement moins complètement abolie.
3* Examiner xi les élève* de celle der- 3* Que les sourdx-muets do celle dernière catégorie ne pourraient pas rcce - nière catégorie, ainsi que le constatent voir quelque notion du son par les nerfs les expériences nombreuses que les memde s« psibdîlé générale, comme l’indique bris de la commission ont répétées eux- M, Blamhit. mêmes, peuvent percevoir par les nerf»
de sensibilité générale, un certain nombre de vibrations, depuis 80, 90, 400 jusqu’à 4,000 et même 1,200, et recevoir ainsi certaines notions du son , et que la
cullure cl le développement de celte faculté devront nécessairement leur faciliter la vie de relation et alléger leur infirmité*.
3* Les mouvements vibratoires des corps qui constituent la condition physique de la notion du son, chez les sujets possédant le sens de l'ouïe, ne peuvent jamais donner une telle notion aux sujets privés de ce sens.
Mais, ainsi qu’il est généralement connu en physiologie et en pathologie, ces mouvements vibratoires produisent sur les organes de la sensibilité tactile une impression et uuc notion spéciales que les sourds-muets peuvent mettre à profit dans un certain nombre de circonstances.
Ce moyen d’instruction a été proposé et mis en pratique antérieurement aux recherches de M. Blanchet sur ce suiet.
A° La commission voudra bien faire A* Qu’il est indispensable que les élèves connaître également si, dans sa pensée, des deux catégories que nous venons de il y aurait avantage à ce que. suivant le signaler, les uns pour retirer plus de béyœu exprimé par ce chirurgien, les élèves néfice du traitement, les autres pour concnmposnnt les deux catégories ci-dessus server ou développer leur faculté de pardésigtiées, les uns pour retirer plus de 1er ou d’entendre , d’autres enfin pour bienfait du traitement, les autres pour acquérir celle de lire la parole sur les développer leur faculté d’articuler et de lèvres et ne pas perdre l'usage du langage lire la parole sur les lèvres, fussent appb- articulé, reçoivent une éducation spéciale Ms a recevoir i ne ÉDUCATION spéciale donnée exclusivement par des professeurs donnée exclusivement par des professeurs parlants chargés de les exercer suflisamparlants, qui les exerceraient plusieurs ment à l'articulation ; heures par jour à l’étude de la parole. Qu'il est encore nécessaire, pour assu-
rer et bâter le progrès de la parole et le développement de l’audition, de les placer dans une division spéciale , de les isoler dans tous les instants de la journée des autres enfants qui u 'offrent pas les mêmes dispositions à acquérir le langage articulé ou à recouvrer l'ouïe;
Que, pour pouvoir établir celte division et empêcher que d’après le système de rotation en usage à l'école de Paris, les sourds parlants, les demi-sourdsmuets , les sujets susceptibles de recouvrer Coûte et la parole ne. restent entièrement confondus avec ceux qui sont finit à fait sourds-muets , qu’ils ne soient indistinctement instruits comme eux pendant toute la durée de leurs études , presque exclusivement a l'aide des signes par des professeurs sourds-muets ou parlants, qu'ils ne perdent par conséquent l’usage de la parole, et ne sortent des écoles avec une aggravation de leur infirmité, il faut classer tous ces enfants dès leur entrée dans l’Institution.
W Les élèves de la première catégorie, c’est-à-dire ceux qui
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peuvent encore entendre, doivent être séparés des autres sourdsmuets, et il y aurait un inconvénient réel à les reunir dans des classes communes. Il en 'est surtout ainsi de ceux qui, ayant entendu et parlé dans leur enfance, auraient ensuite été frappés de surdi-mutité.
Quant à ceux qui n’entendent en aucune façon et ne peuvent que lire la parole sur les lèvres, l’expérience n’a pas encore décidé suffisamment entre la méthode française, ou l’éducation par la mimique, et la méthode allemande, ou l’éducation par la parole.
5* Qu’cnfin en observant ces règles, il y n tout lieu d’espérer que la plupart des élèves des deux catégories mentionnées pourront rentrer à la fin de leur» cours d’éimle dans leurs familles et dans la société avec la facilité de communiquer et de converser plus ou moins complètement ù l’aide du langage articulé.
5° Quant au succès à espérer du traitement par l’instruction au moyen du développement gradué et successif de l'ouïe et de la parole, des exercices d’acoustique et de langage articulé pour les élèves de la première catégorie, l’Académie s’en réfère à ce qui a été dit plus haut (conclusion première).
Pour ce qui a trait aux autres catégories, elle redit encore que l’expérience n’a pas suffisamment décidé à cet égard.
L’Académie a volé en outre deux autres conclusions qui ne répondent à aucune question du ministre: voici ces conclusions :
6” M. le ministre remarquera que, dans ccs réponses, l’Académie n’a pas parlé du traitement chirurgical ni des méthodes de M. Blanchct. Ce médecin n’a fait que mettre en usage des méthodes thérapeutiques connues avant lui, à part cependant l’application de divers instruments (tels que les acoumètres et l’orgue) qui sont plus précis que les autres pour mesurer le degré de l'audition et les progrès qu’elle peut faire sous l’influence du traitement.
7° L’Académie est d’avis qu’il serait utile, pour résoudre les questions pendantes entre les diverses méthodes de traitement de la surdj-mutité, et pour imprimer, au besoin, une direction nouvelle à l'éducation des sourds-muets, de créer près de l’Institution impériale un conseil de perfectionnement analogue à celui qui a été attaché à l’École polytechnique.
5'» Enfin, elle- exprimera un avis sur l’opinion de M. Blanchct-, qui assure que les élèves soumis à ce mode particulier d'instruction et à un traitement approprié pourraient rentrer à la fin de leurs cours d’étude dans la société avec la faculté de communiquer à l’aide du langage articulé-
RÉFLEXIONS SUR LES RÉPONSES ADOPTÉES PAR L’aCADÉMIE. 55S