‹ De la guerison de la surdimutite et de l'education des sourdsmuets expose de la discussion qui a eu lieu a l'Academie imperiale de Medicine; avec notes critiques, reflexions, additions, et un resume generalChapitre 4 sur 29 · EXPOSÉ DE QUELQUES FAITS · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DE QUELQUES FAITS

RELATIFS A LA QUESTION PENDANTE DEVANT L’ACADÉMIE IMPÉRIALE DE MÉDECINE.

Le SI juillet 18/»7, SI. le comte Duchatel invitait le directeur de l'Institut royal des sourds-muets à confier au docteur Blanchet quatre ou six élèves que celui-ci choisirait, afin de faire des expériences sur ces sujets pour leur rendre l'ouïe au moyen d'une méthode particulière à ce médecin.

Le 20 octobre de la même année, le Ministre de l’intérieur adressait au directeur de l'Institution une nouvelle dépêche, par laquelle il faisait savoir que le docteur Blanchet, nutpiel des élèves de l'Institution royale avaient été confiés, désirant soumettre à l'appréciation d'hommes compétents les premiers résultats qu'il avait obtenus et les mettre à même de juger l'efficacité du traitement |mr lui employé pour l'amélioration de l'état des sourds-muets, il y avait lieu du convoquer pour cet examen la commission consultative. Celle commission se réunit pour cet objet le 12 novembre. Elle était ainsi composée: M. de Lanncau, directeur de l'Institution; SI. Thomas, président; SIM. ftliclielot. Goupil, Garay de Monglave, membres ; SI. de Watteville, inspecteur des établissements de bienfaisance, délégué par le Ministre pour assister à cet examen. Slessieurs les professeurs de l'Institution furent appelés, ainsi que le docteur Monière, à cette séance. SI. le docteur Blanchet introduisit les élèves qui lui avaient été confiés et il fit ses expériences.

SI. Blanchet rappela que, sur cinquante et un élèves présents à l’Institution à l’époque où il fut admis à expérimenter (l), d en j

(t) C'était pendant les vacances.

avait pris sept mi hasard, qu'il avait fait examiner par plusieurs notabilités médicales dont il invoquait le témoignage

M Rlanchet indiqua alors les moyens dont il s'était servi pour constater le degré de surdi- mutité de ses élèves, moyens qui consistaient en : 1° un diapason promené sur les parois du crAue ; 2° un acoumètro de son invention; 3° une montre; 4” la parole (voix articulée et non articulée). L’acnumèlre servait à mesurer le degré d'audition. Cet instrument, selon M. Rlanchet. d'une grande exactitude, sonnait ut 3, et, a la température île 15 degrés centigrades, donnait 512 vibrations par seconde. Le son le plus fort était entendu à 250 mètres et le plus faible à 13 mètres 55 centim. Une aiguille courant sur un quart de cercle indiquait les intensités de sou que donnait l'instrument ; un chronomètre placé sur l'appareil servait à déterminer le temps que les ondes sonores mettaient à être perçues; enfin, cet instrument était dans l'octave de la voix humaine.

SI. Rlanchet, après avoir déclaré connaître les moyens employés par llard et ses prédécesseurs , prétendit que les siens étaient tout différents, et qu'il prenait l’engagement de les publier plus tard; il ajouta que, dans le cas même où il ue lui serait pas possible de guérir complètement un sourd-muet, c'était au moins une chose utile que de chercher à diminuer son infirmité.

Passant ensuite à l’examen des élèves à lui confiés, M. Rlanchet a fait voir à la commission qu’ils entendaient tous l'acoumètreR un degré plus ou moins fort; et il les lit solfier à l'aide d'un orgue mélodium.

M. Rlanchet finit en disant qu'il espérait que quelques uns de ces enfants pourraient rentrer, avec le temps, dans la catégorie des entendants parlants; qu'il trouvait un puissant secours dans la musique, qui avait pour ses élèves un grand attrait ; qu'il employait alternativement l'Iiarmonica, le piano à cordes et l'orgue; que sou traitement ne présentait pas de danger, et que les enfants le demandaient et même le recherchaient après l'avoir expérimenté.

La commission, après avoir entendu le docteur Rlanchet ctt examiné les élèves, répondit au Ministre de l’intérieur qu'il lui était \ impossible, quant à présent, de se fixer sur le mérite de l'expérience ! qui venait de lui être soumise, et qu'elle décidait que, dans une ( réunion prochaine, elle examinerait de nouveau les élèves quelle 1 | venait de voir.

[ Quelque temps après cette expérience, peu concluante cependan t , M. le comte Ruchalel prenait un arrêté à la date du 2 février 18ff8, arrêté par lequel M. le docteur Rlanchet était attaché à l'Institution

ihstoihe ces faits. S

royale des sourds muets en qualité do chirurgien chargé spécialement du traitement de la surdi-mutité.

Le 20 octobre de la même année, M. Rlnnchet demandait au Ministre de l'intérieur d'étre mis à même de faire application dons l'Institution de Paris, sans qu'il lui lût opposé d’obstacles, de la méthode curative dont il était inventeur pour la guérison de la surdimutité. Avant d’accueillir cette demande, le Ministre, voulant se renseigner sur la valeur et l’utilité du système précité, priait M. le président de l’Académie de médecine de faire nommer par ce corps savant une commission de trois de ses membres chargée de l’éclairer à ce sujet.

La commission consultative s’assembla une seconde fois pour juger du mérite des moyens curatifs employés par le docteur Blaucbet Celte seconde expérience ne fut pas plus heureuse que la première; et enfin, le U décembre 1852, elle adressait au Ministre une lettre dans laquelle elle disait : « gu appelée dans deux circonstances I » différentes à apprécier les résultats obtenus par le docteur Blanc het,\

» elle avait déclaré ne pas trouver dans leur examen les éléments d’une 1 » conviction favorable; gue, depuis, il ne s'était rien produit gui pût » modifia • son opinion ; qu après plus de gualre années d'expérience,

» l'épreuve lui paraissait complète, et gu' elle n hésitait pas à penser » qu'il était sans aucune utilité de la prolonger davantage. » <

Voila l'opinion officielle, voila comment a été jugé M. le docteur Blanchet; il n’a pa s réu ssi t jans I œ uvre q u’il a ent repr ise: i l a essayé de « uérir. mais il ije l’a pu ■ et cepen d ant i XÜdT t avoi r e u des s uccès. La commission nommée par l' Académie de médecine les a constatés ; la est tout le débat engagé aujourd’hui.

A cela nous répondrons une seule chose : pour constater des résultats, il faut d'abord avoir vu les enfants au point île départ, c’est-à-dire lorsqu'ils ont commencé à être traités. Si, sur la foi du i docteur Bianchet, qui a pu lui-méme s’abuser, on prétend que les ] enfants qu’il a montrés à la commission étaient complètemen t sourds lorsou’il les a nr j s . on se trompe beaucoup et nous allons J le démontrer. i

Tous les élèves qui entrent dans les institutions de sourds-muets ne sont pas complètement sourds ; il y en a môme une bonne partie «Uti oiitjçpjiscrvé un reste d'auditi on assez nutablu-iJes tms 'en tüiüaü les cm s. d'a utres les sous île la parole , sans en saisiTîôûîes les délicatesses; d aut res enfin , et c’t^t le nlus niait nmnliii’ entendent a ssez p our pou voir c o mprendre un mm ■ pii l,n, avec force a l'oreille ^ ht nue l'on fasse bien iilteiiliun que nous disons un mot, lion pas uue phrase : ils saisissent deux ou trois syllabes,

A DE LA GUÉRISON DE LA SURDI-Ml'TITÉ.

mais ils ne peuvent aller plus loin; leur organe se fatigue, et tous les sons s’embrouillent dans leur oreille.

Or, il faut le dire, la commission académique n'a vu que ces dernieis sujets; elle a examiné :

Plard aîné, qui est devenu sourd & six ans et qui, à son entrée à l'Institution, entendait comme il entend maintenant, parlait comme il parle maintenant (c'est lui-méme qui l’a affirmé, non-seulement à nous, mais encore à des membres de l’Académie, notamment à MM. Ferrus, Bouvier, Gerdy et Bonnafond).

Plard jeune, qui a perdu en partie l’ouïe à treize mois, mais qui entendait parfaitement la parole prononcée avec force derrière lui, au moment où M. Blanchet a commencé

qui entendaient à leur arrivée à l'Institution

son traitement.

BaSTIEN, qui est devenu sourd à un an, et qui entendait du côté droit lors de son entrée à l’Institution.

Legras, qui entendait à son arrivée à l’Institution.

I Ihbekt, 1(1. 1(1- surtout du côté

gauche.

Picard (Alfred), qui est devenu sourd «à quatre ans, et qui entendait h son entrée à l’Institution.

k Grammont,

Desbayes,

Vincent,

Lobbé,

Lesueur,

Bisso.n,

Pellan, qui n’entendait rien, et qui n’entend pas davantage aujourd’hui.

Parady, qui entendait du côté gauche.

Ronce, Id. IJ.

» El enhir-Pl.*ut>,-qni n’entendait pas, etqu i n’en tend pas encore aujourd’hui, mais a qui M. Blanchet préffïul avoir appris à parler! Or, il est de toute notoriété que la mère de ce jeune élève, devenu complètement sourd à veuf ans, âge où un enfant parle fort bien, a e ntreten u chez lui l’ habitu de de p arler et lui a ap pris à lirej

Voilà ce que la commission a vu^ elle a vu tous ces enfants entend repassez bien; elle a vu Plaud parler.et lire sur b* lèvres avec "facilité, et comme elle n’avait pas constaté «de-point de départ, comme elle n’avait pas examiné ces enfants à leur entrée en iraite-

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