‹ De la guerison de la surdimutite et de l'education des sourdsmuets expose de la discussion qui a eu lieu a l'Academie imperiale de Medicine; avec notes critiques, reflexions, additions, et un resume generalChapitre 5 sur 29 · I11ST0IBE DES FAITS · texte numérisé non relu

I11ST0IBE DES FAITS

meut, elle a parfaitement pu croire qu’ils étaient tous sourds et tous muets.

Il faut pourtant que la lumière se fasse, que la vérité qu’on dit tout bas soit criée tout haut. La commission consultative établie près de l'Institution impériale sait à quoi s’en tenir sur ces prétendus résultats : elle a dit franchement et loyalement son opinion à M. le Ministre de l’intérieur, qui, voulant être complètement éclairé à ce sujet, a demandé l'avis de l’Académie de médecine. Or, il est bien prouvé maintenant que M. Blancliet n'a encore obtenu aucun résultat : c'est prouvé pour les hommes les plus compétents en cette matière.

Et comme l'a dit M. Menière : « Parce que quelques sourdsmuets incomplets sont arrivés à percevoir certains sons, s'ensuit-il que ces pauvres enfants cessent d'appartenir a la catégorie des individus qui ne peuvent communiquer avec les entendants qu’au moyen de procédés artificiels? » Nous ne sommes pas de cet avis ; nous voyons bon nombre de sourds-muets qui entendent, comme nous le disions plus haut, des mots détachés, mais pour qui l’oreille

n'est à peu près d'aucun usage dans la société. l( La question médicale est à notre avis tranchée, quant à ce qui] /regarde le docteur Blancliet, mais elle entraîne, ou du moins on l'a/ [fait suivre d’une haute question pédagogique.

, On a dit : « Voilà des sourds-muets qui entendent un peu; il

faut l es instruir e, non pys comm e on l’a fait j usqu'à pr és ent, au^ moye n n u langag e rqimk gn;. mais p ar l;i parole, a Un honorable membre de l’Académie, M. le docteur Bouvier, va

plus loin : il veut que tous les sourds-muets soient instrui ts par la jr yrole^ '

En un mot, on veu t, dét ruire tout qe qui esjsto, tou t ce q ue la tradition a établi pour fonder quelque chose de^yag uc et d'in -

ouliuii — .

Examinons donc la question sous ce double point de vue.

Il y a soixante-quinze ans, un saint prêtre, animé de l’amour de l’humanité, se dévoue à l'éducation d’une classe d'infortunés qu’on avait jusque-là regardés comme des parias de la société : il fonde une méthode, il instruit ceux qui jusque-là n’avaient pu l’être; et, pour instruire ses élèves, il les étudie d'abord, et en les étudiant, il voit que ceux-ci sont déjà en possession d'un langage, langage naturel fort simple, fort peu étendu, qui peint le peu de connaissances qu’ils ont. Le bon abbé s'en empare : ce sera le levier avec lequel il va soulever le monde intellectuel pour le faire voir à ses disciples; cette langue, c’est la mimique. L’abbé de l'Épée lui donne

DE LA GUÉRISON DE LA StJRDI-MUTITÉ.

des règles que, jusqu’alors, elle n’avait jamais eues, et bientôt avec son aide il fait pénétrer dans le cœur de ses élèves des idées de morale, des idées de justice, des idées d'amour pour le Créateur, que ces pauvres déshérités n’eussent jamais conçues. L’abbé Sicard, esprit éminent, philosophe et métaphysicien distingué, continue 'œuvre de sou illustre mettre, et. à l'ombre de ce génie, instruits au moyen de la mimique, surgissent des hommes remarquables : Clerc, Massieu, Berlhier et Lcuoir, tous instruits au moyen du langage des signes, viennent montrer à un public enthousiaste comment ils ont profité des leçons de leur illustre maître. Bientôt l'œuvre s'étend; elle était grande, elle devient immense. Par toute la France, de modestes instituteurs, hommes de bien et de talent, ouvrent des écoles ; partout le langage mimique y eut employé, partout on se sert de ce moyen pour faire pénétrer l'instruction chez les sourds-muets, et fou obtient de brillants résultats, et l’on voit les élèves devenir professeurs a leur tour. C'est ainsi que nous avons aujourd'hui :

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