HISTOIRE DES FAITS
chel n’est j MT fjvé à jtuc nn insultât , . nous avons cité l'opinion delà commission consultative établie prés de l’Institution de Paris, com* mission composée d'hommes éminents à qui l'on peut appliquer les mêmes éloges que ceux adressés par M. le docteur Bouvier à la commission académique de la surdi-mutité.
Quant à la question pédagogique, nous avons montré quels résultats on a obtenus jusqu'ici; nous avons donné la liste des principaux sourds-muets qui, instruits par le langage mimique, sont aujourd hui professeurs : ce sont là, nous le perisous, des faits eonroncluants et irréfutables.
Qu'on nous permette, en terminant, de citer le passage d'une lettre adressée par M Lagorce, directeur de l'institution des sourdsmuets de Montréal (Canada), à M. l'abbé Barras, aumônier de l'institution de Soissons :
Amérique du Nord, Montréal, 4" octobre 4 85S « Monsieur et ami,
» Je suis enfin de retour à Montréal I
« Apres avoir béni Dieu du succès démon voyage, ma première pensée, vous le voyez, est de vous rappeler votre promesse et noire mutuel engagement de travailler, par tous les moyens possibles, à accélérer la civilisation religieuse des infortunés sourds-muets.
• Tel était, vous lo savez, pour ce qui concerne le Canada, l'unique but de mon voyage en Angelerre, en Italie et en France.
- J'ai visité avec bonheur les instituts des sourds-muets de Paris, Lyon, Marseille, Orléans, Saint-Étienne, Rouen, Soissons, etc..., puis je suis parti pour l'Italie; à mon arrivée à Rome, comme Américain, je m'y suis trouve étranger, — mais comme instituteur de sourds-muets, j'ai retrouvé, à l’aide des signes, une patrie. En conversant avec les sourds-muets de l'institution de Rome, j'ai reconnu, avec satisfaction, la méthode française. Presque tous les procédés de l'enseignement sont ceux de la Franco; et votre belle langue des signes naturels, enviée et imitée par les autres nations, quoique incomprise et méconnue de l'Angleterre et de l'Allemagne, semble avoir obtenu du génie vif et gracieux de 1 1 laite sa perfection, >
Nous pourrions encore donner l'opinion de M. Harvey Peet, directeur de l'institution des sourds-muets de New-York, qui, venu il y a deux ans en Europe pour visiter les écoles îles sourds-muets, dans le rapport qu'il adressait à la législature, mettait la méthode française au-dessus de toutes les autres.
Laissons donc subsister ce langage presque créé par l'abbé de
l'Épée, perfectionné par l'abbé Sicard, poli par.Bébuin et ses successeurs, et si admirablement décrit par le docteur Blanchel : continuons de nous servir de la bonne vieille méthode qui a fait éclore Clerc, Massieu, MM. Berthier, Lenoir, Alibert, Pélissier, Dubois, etc. Suivons encore la tradition; nous savons où nous allons, ne quittons pas le certain pour l'incertain, ce qui est bon pour ce qui ne l'est pas. L aisso ns la parole à ceux qui peuvent s’en servir, ne détruisons pas l’ouvrage édifié par notre immortel maître, l’abbé de l'Épée ; cet héritage sacré qu'il nous a laissé, soixante-quinze ans l'ont consacré, il est resté debout. Un jou r, e n 1832 . on a voulu le détruire, il s’est relevé plus triomphant que jamais; aujourd'hui on désire le renverser encore, c’est à l’Académie de médecine, à cette compagnie qui renferme les praticiens les plus distingués du monda savant, à décider qui a raison de l’expérie nce o u de l’ut opie.
Hector Volquin ,
Chargé du cours d’articulation à l'Institution impériale des sourds-muets de Paris.