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Une question se présente ici naturellement, et, malgré mon désir d'écarter d'une discussion dans laquelle je voudrais que les partis les plus divers fussent unanimes, tout ce qui est de nature à réveiller et à mettre en jeu les passions politiques, je ne puis me dispenser d'en dire un mot. Quelle est la forme de gouvernement qui se prêtera le mieux à la réalisation et au maintien de l'association des peuples? Ce sera celle qui donnera aux gouvernés le plus de valeur morale en les disposant toujours davantage à respecter la justice. Or, sans entrer id dans des explications détaillées, je puis dire au moins qu'à mes yeux un peuple qui comprendrait et pratiquerait le régime le plus libéral dans toute sa sincérité et sa pureté devrait être le plus sage et le plus juste, le plus austère dans ses mœurs en même temps que le plus éclairé, le plus ami de l'ordre et par conséquent le mieux disposé à respecter l'autorité,
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qui là seulement a une origine sacrée et peut être con* stamment empêchée de s'écarter du véritable but de son institution. Mais j'avoue qu'à s'en tenir à la définition que je viensd'en donner, on ne trouve pas beaucoup de peuples qui méritent d*avoir une pareille forme de gouvernement. Et puis on peut m'objecter que Topinion que j'émets à cet égard n'est qu'une opinion isolée au milieu de beau* coup d'autres opinions contraires. Je tiens grand compte de ces opinions quand elles sont sincères et désintéressées, et je reconnais que je n'ai nullement le droit de lier à des sentiments privés et à des affections personnelles le succès de la grande entreprise dont je traite en ce moment. Je désirerais seulement que tous ceux qui partagent notre horreur pour la guerre et qui demandent avec nous la suppression des armées comprissent bien les conséquences de cette demande, et que, voulant le but, ils voulussent aussi les moyens. Quelle est en effet la plus forte objec* tion de nos adversaires communs? C'est incontestablement celle-ci, qui revient à chaque instant dans leurs discours : « Quand vous aurez imaginé la meilleure des a combinaisons théoriques possible, quand vous l'aurez « mise en pratique, en supposant même que tous les sou** «c verains actuels soient amis de la paix, vous aurez beau a faire» vous n'empêcherez pas d'arriver, plus tôt ou plus «( tard, un moment où, dans le sein même de votre asso-* «c ciation, quelque monarque ambitieux ou cupide, né tt avec l'amour de la gloire et la passion des conquêtes, « qui est une des passions de la nature humaine, doué « d'une grande habileté et se voyant placé par sa naisa sance ou par quelque autre caprice du hasard à la tête a d'une puissante nation, croyant être ou voulant devenir
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« plus f(H*t à lui seul que le reste de la confédération, cher*- € obéra et trouvera des occasions pour troubler votre con* 0. cert universel, soit par la yiolence, soit par la ruse, et « pour démolir à son profit ce bel édifice pacifique que <i vous aures eu tant de peine à construire, n En rappe« lant cette objection, je suis loin de la donner pour insplur b]e : je crois avoir démontré qu'il existait des moyens de mettre à la raison ce monarque même, quelque puissant pu habile qu'on voulût le supposer. Je veux seulement «montrer quelles sortes de difficultés et de dangers peut rencontrer l'institution que nous voulons réaliser. Cette réserve faite de mes appréhensions privées, je suis disposa, je le répète, à faire de larges concessions pour intéresser ftu succès de notre œuvre des opinions qui, sur un autre terrain, se montrent inconciliables. Je dirai donc que la forme de gouvernement appelée moos^rchie constitutioa-r nelle, et qui existe aujourd'hui dans plusieurs États européens, se prêtera aussi, quoique avec moins de facilité, à la réalisation de l'association des peuples. Restent les quelques États ciimme la Russie, T Autriche, Naples, etc., sur lesquels s'appesantit encore le joug de l'absolutisme. C'est 4eceç6té qu'on rencontrera le plus d'pbstacles; car, il ne fiut pas se le dissimuler, la grande mesure de l'union des peuples ne serait qu'un mot, si elle n'était pas accompagnée de la reconnaissance expresse de plusieurs libertés fondamentales, telles que la liberté religieuse, la liberté de la prQS§e, la liberté des éohanges, et d'autres, qui sup^ posent la chute immédiate de toutes ces bs^rrières ^uxquellej} l's^bsolutisme e^ plusieurs raisons de tenir. Ce qui le désolera surtout, ce i$efa la suppression de ses armées perr manenteçi, but pripeipal i$ Vvmmt Qt la néiffNiiité ie re^
eennattre une raison supérieure et une forée oommune, auxquelles il devra subordonner son jugement et sa yo« lente personnelle. Je crois néanmoins que ces obstacles 3ont de nature h être surmontée sur quelques points, et que plusieurs des monarobies absolues enaore axiâtantes fieront entraînées par la feree de Te^iemple et ne refuseront point d'entrer daps la confédération. Quant à celles qui Tondraient demeurer à Téçart, on verrait bien com^ mçnt elles se trouveraient du vida qui se ferait autour d'elles. Si elles prenaient l'offensive, on serait fortifié con-r tre elles p^r Tassoeiation et en mesure de repoussa pvomptement et aveo suiscès leur uyuste a^ssion. Dans le sentiment de sécurité qui naît de l'union, on attendrait que le temps achevât leur éducation et qu'à leur tour elles vinssent sellieiter leur admission dans la grande famille. On demande!^ sans doute si la confédération des na^ tiens européennes ne pourrai^ pas aussi, à mesure que les eircon^tance&favorables se présenteraient, attirer dans son sein d^autres nattions des autres papties du monde, parti? eulitoement des Amérique. Rien ne sera plus raisonnable ni plus praticable. Mais le plus pressé est de réaliser la grande association européenne.