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PoBetloii d'aii Triliiiiial snprèaaeet 4l*iuie forée eoflimiuie*
La France et l'Angleterre sont incontestablement à la tête de la civilisation moderne par les lumières, l'industrie
CONSIDÊBAlKmS HOBALES Et POLinQUES. S61
et l'esprit progressif. La France est, parmi les nations continentales, la première et la plus puissante par sa position, la richesse de son sol et le caractère initiateur de ses habitants. L'Angleterre est la première des nations maritimes et commerçantes, et elle mérite de tenir ce rang élevé par la grandeur de ses vues. C'est donc à ces deux nations qu'il appartient d'entrer les premières dans les voies nouvelles et d'y attirer à leur suite, par la persuasion et Teffi* cacité de Texemple» les autres nations attardées de l'Europe. Aussitôt qu'elles voudront s'entendre, elles seront toutes-puissantes pour le bien, et elles mériteront la reconnaissance et les bénédictions du monde. Il est évident que, dans la constitution actuelle des diverses nations eu« ropéennes, il n'y en a pas une qui soit assez puissante pour oser se mesurer contre les forces réunies de toutes les autres. Je n'excepte pas même ce qu'on appelle souvent le colosse russe, et qui est bien loin de mériter ce nom; car ce qui fait la force réelle, ce n'est pas une grande étendue de pays occupés par des populations éparses, à demi barbares, sans unité de mœurs» de langage, d'intérêts, et toujours prêtes d'ailleurs à secouer le joug de fer sous lequel elles gémissent. Lors donc que la grande confédération des divers peuples se sera établie, la paix du monde sera infailliblement assurée.
Je suppose l'association entre les principaux Etats euit>péens formée par l'initiative et sur la proposition de la France et de l'Angleterre, initiative et proposition dont je tiens le succès pour infaillible le jour où ces deux grandes nations voudront abjurer tout sentiment de rivalité et se donner franchement la main. Le Tribunal suprême est institué et installé, et la force qui lui est nécessaire pour
an Tioisdan Minm.
faire au besoin exécuter ses jugements, est organisée *. Voyons comment il fonctionnera. .
Il est clair que toute nation qui est entrée librement dans Tassociation a pris d'avance rengagement, en cas de difficultés et de contestations avec ses coassociés, de s'en rapporter au jugement du Tribunal suprême et de s'y soumettre. Les injures qui sont ordinairement des causes ou des prétextes de guerre, et dont une nation en corps ott de simples particuliers peuvedt avoir à se plaindre de Ick part d une autre nation et à demander le redressement, sont de deux sortes : ou elles sont le fait de simples particuliers! agissant à Tinsu et sans Tassentiment de leur sou* verain, ou elles sont le fait même du souverain, qui violerait, par exemple^ les conditions.de8 traités oU toute autre garantie de bon voisinage, établie explicitement ou implicitement par le pacte fondamental d'union. Dans rua et Tautre cas, le souverain de la nation lésée portera sa réclamation devant le Tribunal suprême, qui jugera si elle est fondée ou non, et qui^ dans la première supposition^ mettra le souvemin de la nation lésante en demeure ou d'exiger de ses sujets ou d'accorder lui«méme, selon les cas, la réparation à laquelle l'offenseur aura été condamné. Presque toujours^ lorsqu'il s'agira d'injures provenant de simples particuliers, la réparation sera accordée, et tout se terminera pacifiquement. Mais il pourra arriver que la satisfaction soit refusée, particulièrement lorsqu'il
* Je' ferai voir biehtot) dans Tarticle où Taurai â parler d*an système trfltisUoire de défense, eomment, en supprimant la profession militaire et Torganisaiion actuelle des armées permanentes, on peut très-facilement établir une force publique imposante, qui n^aura rien de commun avec ces armées, et qui se tietidra toujours prête à faire respecter les jàcemeats du Ttribunal upréœe.
COKSIDÉRAniH^ IH>IUULtS ET POUTIQUES. fiÔS
s'agira d'injures proTenani du souyeraio iui-mdme. Âtorft te Tribunal suprême déclarera que la nation lésante a man^ que à l'engagement qu'elle avait pris comme toutes séS Ê^associées de respecter les décisions du pouvoir repfé-^ êentant la communauté. Afin d'apporter dans l'exercice de son autorité le plus de maturité et de modération pos^ siirle, il fixera un délai passé lequel, si ta résistance à soti autorité continuait, il déclarerait que la natfôn infidèle à sa promesse est retranchée de la confédération. De ce mo«ment, tout rapport des nations associées avec la nation retranchée devra cesser. Cette peine, vi^itablemeni terrible au point de vue élevé d'intelligence et de moralité où nous supposons les associés arrivés, suffira le plus ordinairement potir ramener à la raison la nation qui se serait ainsi mlêfê. S'il arrivait en^fin, ce qui est bien peu probable^ mais ce qu'il faut prévoir, car nous ne nous attenddns point À voir jadiais l'amour-propre, Topiniàtreté et les mauvaises passions entièrement extirpés de la nature humaine, s'il arrivait, dis-je, que la nation en question prit une attitude décidément hostile et qu'elle en vint à por^ ter la guerre sur le terrain de la confédération, ce serait alors le cas où les nations, obligées aussi bien que les individus de veiller à leur conservation par une légitime défense, sont replacées dans l'état de nature et doivent repousser une injuste agression. Le Tribunal suprême ordonnerait de dii*iger contre les agresseurs les forces de la confédération, et l'on conçoit facilement que ces forces réunies en auraient fini bientôt avec les perturbateurs de Tordre général, qui voudraient engager une lutte aussi inégale. Plus la confédération aura d'étendue, moindres seront les chances pour que celte lutte insensée s'engage^
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ou pour qu'une fois engagée elle se prolonge. Il faut bien comprendre que, dans Tordre de choses sur lequel nous raisonnons, du cdté de ceux qui auraient épuisé tous les moyens que peut suggérer la raison pour vivre en paix avec leurs voisins et qui se verraient encore injustement attaqués, se trouverait, indépendamment de la supériorité de force physique, une immense force morale, naissant du sentiment de leur bon droit et de la réprobation universelle qui s'élèverait contre les agresseurs.
L'ordre de choses dans lequel il s'agit de fedre entrer aujourd'hui les différents peuples étant entièrement nouveau, personne ne peut avoir la prétention de résoudre dès à présent toutes les questions de détail qui se rattachent à l'organisation de l'association, par exemple, les questions de savoir où siégera et comment se composera le Tribunal suprême ; si chaque nation confédérée, petite ou grande, y enverra un même nombre de représentants ou un nombre proportionné à son étendue ; dans quelle proportion les nations associées contribueront à fournir la force nécessaire pour faire exécuter ses jugements, s'il venait à en avoir besoin ; etc., etc. Ce sont là autant de questions au sujet desquellesonne saurait aujourd'hui vouloir prendre un parti définitif, mais sur lesquelles il importe cependant que les hommes pensants portent leur attention, afin que des solutions soient au moins préparées quand viendra le moment de l'exécution. Ce qui importe et presse le plus pour le présent, et ce qui est sans doute le but principal de la société de la Paix, c'est de propager ridée de la nécessité et de la possibilité que les peuples s*anissent pour rendre désormais la guerre impossible, ou au moins pour en réduire aux plus minimes proportions
considérahom mokaliss sr potmouES. 265
les désastreuses conséquences dans les cas toupurs plus rares où elle deviendrait inévitable. Gela bien c<Mnpiis et la volonté de mettre la main à Tœuvre naissant enfin, l'exécution s'ensuivra avec les perfectionnements auxquels il n'est donné à personne d'arriver du premier bond et que l'expérience seule pourra indiquer. Je n'avûs donc point à discuter ici les diversea questions relatives aux détails d*exécution, et je me contente de dire que le nombre de membres dont se composera le Tribunal suprême, quel qu'il soit, serait, si cela dépendait de moi, peu considérable. « Eh quoi ! diront certaines gens, c'est à un nou- « veau Conseil des dix que vous allez confier le pouvcôr c< exorbitant de régler souverainement, sans contrôle ni « veto des parties intéressées, les destinées de l'Europe, du « monde peut-être ! » Que l'on se rassure y s'il est vrai que Ton ait réellement peur. Je n'accorde au Tribunal suprême qu'uû pouvoir dont on ne peut pas abuser, celui d^empécfaer le mal. S'il s'agissait de lui conférer des fonctions politiques et législatives en permanence, je serais le premier à reculer devant la pensée de créer aujourd'hui un tel pouvoir. Mais, une fois que le pacte d'union, fixant les lois fondamentales des rapports internationaux, aura été rédigé et librement accepté d'ailleurs par toutes les nations confédérées, le Tribunal suprême n'aura plus à exercer que des fonctions judiciaires, qu'un rôle de conciliation, et ici non-seulement il n'y a aucun inconvénient, mais il y a plusieurs avantages à ce que ses jugements soient sans appel, et doivent absolument recevoir leur exécution sans avoir besoin d'être soumis à la sanction préalable des parties intéressées. Il ne faut pas non plus se le représenter occupé à entasser sophismes
tur sophismes eiMome eertains parleiin de telles asseiH*» bléest brouillant les intérêts des proTinces et des partie»liers comme tels hommes d'Etat et tels administrateurs. Il contribaeray j'espère, à amoindrir Timportanee perscmnelle que s'attribuent ceux qui sent en possession de eette belle besogne, mais il ne les dépouillera pas ; car, ea sup» posant les nationalités formées, comme elles défraient toujours l'être et comme elles ne le sont pas toujoorsi d'éléments sympathiques et naturels^ de T^ritables raisons d'être» établies sur la communauté d'origine» de langue, de mœurs, declimat» etc., il importe que chacune des nattions confédérées conserve sa liberté et son indiyidualité propre, s'organise et se gouyerne intérieurement comme elle l'entendrai en respectant, cela va sans dire, les limites qui auront été convenues dans l'intérêt commun de la confédération. Son rôle à lui sera plus digne. Sorte de pre* vidence terrestre, il veillera silencieusemwt et en se tenant toujours par la pensée sous le regard de la Protidence divine, à ce que rien ne vienne doubler l'ordre général et la paix de la communauté. Il ne fabriquera pas de lois, il appliquera celles de réternelle sagesse» Un pa* reil rôle demande plus] de sens et surtout plus d'honnêteté que de faconde, et ne peut être rempli que par des hommes réunissant à une haute capacité la plus haute vertu, véritable élite, tête et cœur de l'humanité. Oroti peut absolument trouver en Europe quinze ou vingt sages de cette trempe ; on n'en trouvera jamais des eatitaines^.
* On remarquera que ]e ae dis pas qa*on ne treaverait point en Europe des ceniaioes d'hommes capables ni des centaines d'hommes vertueux. A Dieu ne plaise qu'elle soit réduite à uii tel état dé pauvreté t il y a au contraire, d^one part tieaucoup d*hommes capaMoi ttids fin
coNsmÉRAnom «OMUt «r poliuques. S67
Pour trouver ces qudques véritables sages» il a'y a^ seloa mei^ qu'un moyen, c'est de ne les payer qu'en monimiè de vénération et de reconnaissanee* Toutefois^ comme il peut s'en ifencontrer parmi les hommes dénués de fortune^ et que métne c est là plutôt qu'ailleurs qu'il s'en renëoiiA trera, il ne faut pas que cette circonstance mette celui qui serait jugé digne d'une aussi grande mission dans rim|HiS6Lbilité de la remplir, et par conséquent de l'ao* cepteri II convient^ dans ce cas, de le défrayer^ pal* une modeste indemnité, des dépenses de strict nécessaire qu'entraînerait pour lui et sa famille l'acceptation de son mandat *. Mais qu'on se garde bien de Tenrichir. Cette suprématie nouvelle devra se distinguer de celles du passé par sa sublime simplicité et ne briller que par rèclat de ses mérites éminents ; elle n'aura d'autre cortège, d'autre garde que l'amour et k gratitude des peuples. Est«ce tiue ce genre de royauté n'est ^as une création digne du siècle? iPeut^tre répondra-t-on l « C'est trop beau. » Nous
ma&queoi d'honnèieté» et de Tautre beaaeoup plus encore d'hommçs vertueux mais malheureusement sans capacité soit naturelle soit acquise. Je dis^ ce qui est fort différent, qu*on ne trouverait pas en Europe des eentaiiies d'hommes Hanissanià umshauie capacûélapl^ huût» bertu, ^ le mets à part les frais de voyages, de oourriers et de boreaui» qtd seraient bien loin toutefois d'égaler les énormes dépenses nécessitées par ces splendides ambassades que les divers Etats européens entretiennent auJbUrd'hui.Car un des aVaiitages^ très-sccohdairè aissurémetit, mais qui mérite d'être noté, du système proposé, serait de rendre bomplétemeai inutiles et par conséquent de permettre de supprimer ces ruineuses ambassades. En effet le représentant ou les représentants de chaque nation confédérée auprès du Tribunal suprême correspondant habituelle'' nieiu avec elle, ce Tribunal serait constamment tenu au eourant de lotit ce qui surviendrait d'important dans chacune d'elles, et chacune d'elles à son tour serait informée par son représentant ou ses représentants respectif^ de te qui se passerait chee ses coassociées. .
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savons ce que veut dire et ce que cache cette réponset que Ton a répétée toutes les fois qu'il s'est agi de faire un pas en avant, et qu'après avoir de toutes ses forces résisté au progrès, on s'est trouvé à bout d'arguments et de moyens. Si l'on écoutait ceux qui tiennent ce langage» Thumanilé resterait éternellement embourbée. Mais cette fois encore elle marchera, malgré leurs efforts pour l'entraver. Elle n'aura pas peur comme'eux de Texcès du beau, sachant trop bien qu'au milieu de tous ses progrès, il lui restera toujours une somme très-grosse de mal,