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li'aireBlr que prépare l'assoelatlon de» people* ««m^t-il dépovrvK de peéelef
Parmi nos adversaires, il en est quelques-uns dont je n*ai rien dit encore et à qui je dois ime réponse. Ceux-là ne reprochent pas à Tavenir que le présent annonce et prépare d'être trop beau. Les yeux sans cesse tournés vers un passé qu'ils regrettent et qu'ils voudraient faire revivre, ils le trouvent supérieur au présent et surtout à l'avenir, par cela seul qu'ils y voient plus de poésie et de pittoresque. Il faut s'entendre et ne pas se contenter de lire quelques pages du grand livre de la nature sans tour-
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lier les feuilleU. Il est incontestable qu*à mesure que le progrès de la civilisation introduit le bon et l'utile dans la \ie humaine, il y a un certain pittoresque et une certaine poésie même, si Ton veut, qui en disparaissent. Assurément il y a plus de pittoresque dans une forêt vierge et dans ses sauvages habitants que dans nos champs ensemencés et dans les populations qui les arrosent de leurs sueurs; dans les cérémonies psûennes et les pompes éblouissantes des cultes qui parlent aux yeux et à l'imagination, que dans la noble simplicité d'un culte s'adressant avant tout à la raison, ne donnant aux sens que leur stricte et légitime satisfaction, et ne réunissant les hommes que pour leur apprendre chaque fois à faire un nouveau pas dans la voie de leur véritable amendement ; dans un vieux monastère, caché au fond d'un frais vallon, ou dans un château gothique, assis fièrement sur un roc escarpé, que dans une rue bien clignée de nos cités ou dans Télégante villa d'un commerçant enrichi ; dans une de ces bandes de brigands ou de mendiants, fort beaux en peinture et dont les espèces s'éteignent heureusement, que dans une famille d'artisans honnêtes et timides ; dans une armée rangée en bataille ou paradant au soleil, que dans une troupe d'ouvriers travaillant dans un ateUer. Mais, sous ce pittoresque du passé, il faut voir aussi les affreuses réaUtés qu'il recouvrait et qui composaient la majeure partie de la vie humaine. II faut voir, dans cette forêt vierge, Thébétement ou la férocité de ces hordes qui s'y disputaient avec les bêtes fauves leur chétive nourriture ; dans ces multitudes, qui ne sont religieuses que par les sens et l'imagination, cette absence affligeante de véritable développement intellectuel et surtout d'amélioration
CONSIDÉIUTUMIS MOHALES £T POLITIQU£S. 281
morale ; aux pieds de ce vieux mouastère ou de ce château gothique, ces populations dégradées et vivant honteusement d'abrutissantes aumânes ^ ; parmi ces bandits ou ces estropiais, la barbarie et la fainéantise ; dans ces brillants soldats enfin, les instruments aveugles de la destruction et les dés(Buvrés corrupteurs des mœurs. C'est pour le sage un spectacle qui navre le cœur, que celui de toutes les misères dont l'humanité a été accablée jusqu'ici, et loin qu'il regrette de voir s'amoindrir cette source de tristes émotions et de peintures dramatiques, il voudrait pouvoir la tarir entièrement ; et en cela il ne croirait nullement dépouiller l'existence humaine de sa meilleure et plus noble poésie. Il y aura toujours, dans le monde physique comme dans le monde moral, de quoi
* Je me trouvais naguère dans nne vallée de la Normandie, que se partageaient autrefois un couvent et un château féodal autour desquels Tégéuient de rares et pauvres habitants. Elle est maintenant couverte d* usines de toute espèce, de riches cultures et de riantes maisons de campagne, et habitée par une population nombreuse, active et aisée. En ylsitant les ruines du couvent, je remarquai sur un pan de muraille ces ▼ers fraîchement tracés :
Trop heureux qui vivtit
DsDt cet lièelei fublimes Où, du géaie humais dorant eacor les cimei , Le vieux soleil gothique à lIiorixoB mourait.
Dans le même moment, un de ces robustes mendiants comme on en voit encore quelques types en Normandie, autrefois leur terre classique, vint rôder autour de moi. Ce rapprochement fit soudain naître dans mou esprit la réËexion suivante : Celui qui a ainsi exhalé sa plainte d^ètre né quelques siècles trop tard, ne sait pas apparemment^ à moins qu'il ne descende d*un Montmorency, que, dans ces temps qu*il admire et quMl regrette, son prétendu bonheur eût été peut-être celui de cet être dégradé, qui, ne trouvant plus à la porte du couvent ou du ch&teao la pitance de ses aïeux, exploite la curiosité des passants.
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éveiller et nourrir le eentiment du beau, et les artiste» qui craindraient de manquer désormais de sujets propres à eiercer le génie prouveraient par là qu'ils sont aussi dépourvus d'intelligence que de talent. Est-ce que Thomme, en arrachant à la nature une partie de ses secrets et en la forçant à se plier avec moins de résistance à ses besoins, ne découvre pas de nouvelles sources de douces émotions et de sentiments élevésf Parce qu'il aura émoussé les plus rudes aspérités de son séjour, parce qu'il aura £ait de pro« digieux efforts pour eq chasser la misère et Tignorance, qui y occuperont toujours une trop grande place, parce qu'il aura défriché des plaines, assaini des vallées, abrégé l'espace et ménagé le temps et la peine, on crie que tout est perdu pour les arts. Mais les grandes scènes de la nature ne sont-elles pas toujours là pour inspirer qui sait les regarder et qui les comprend? À-4-on supprimé les montagnes et les vallons, les torrents et les ruisseaux, rOcéan et les tempêtes, les volcans et les tremblements de torre, les nuages et la foudre? En atténuant autant que possible les incendies, les inondations et la peste, en cherchant surtout à prévenir désormais cet autre fléau qui les résume tous, l'horrible fléau de la guerre, supprimet-on cette riche nature morale, qui doit aller toujours s'épurant et s'agrandissant, supprime-t-on la lutte du bien contre le mal, les efforts de la volonté contre les passions et les intérêts, les innombrables douleurs de l'épreuve? Poètes, peintres, statuaires, .artistes de tout genre, au lieu de prostituer votre talent à décrire ou à représenter des batailles aussi hideuses au point de vue moral que dégoûtantes et ineptes «ous 1^ rapport artistique, célébrez la dignité huEiaine restaurée, les conquêtes de
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la liberté et toutes les merveilles d'un moude nouveau d'idées et de sentiments. Marchez avec les générations nouvelles, confiants dans l'inépuisable fécondité de la nature, vers cet avenir aux confins duquel nous touchons déjà et qui vous ouvre de nouveaux horizons. Si quelquefois vous aimez comme nous à reporter vos regards vers les temps anciens, que ce soit pour exciter cet iniérét de curiosité qui s'attache naturellement aux souvenirs et aux vieux débris, et non pour soupirer ridiculement d'inutiles et coupables regrets. Quand vous nous peindrez les ruines, belles uniquement en tant que ruines et vues de loin, d'un lugubre passé, que ce soit surtout pour nous ramener ensuite, pleins de reconnaissance pour l'infinie bonté de Dieu, vers un présent meilleur malgré ses misères encore trop nombreuses, et pour nous mieux faire pressentir, par la comparaison de ce qui fut avee e» qui est, ce qui doit être et ce qui sera.