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Marie Tudor, fille de Henri VIII, et qui succéda (1553) à son frère Edouard VI, à peine sur le trône, fait mourir Jeanne Grey, rétablit le culte catholique, aidée de son lâche parlement, qui approuve ou condamne le lendemain ce qu*il avait condamné ou approuvé la veille, et les échafauds se dressent de nouveau pour opérer des conversions. Marie ne règne que cinq ans : règne toujours trop long sous une furie égarée par la fausse dévotion.
Elisabeth, sa sœur, lui succède (1558). Son premier acte est de rendre la liberté au culte protestant ; mais bientôt elle veut soumettre ce culte à l'uniformité. Toujours aidée du Parlement, elle rétablit la suprématie, et fait dresser, comme symbole de la religion anglicane (1562) , ces trenteneuf articles qui emprisonnent de nouveau la pensée religieuse. Elle secourt les protestants dans les Pays-Bas; mais elle le fait secrètement et par des motifs plus politiques
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que religieux ! elle veut créer des embArraé à FEspa^e, qui est encore la première puissance maritime. Marie Stuart, reine d'Ecosse, s'aliène par ses dérèglements le cœur de ses sujets; elle met le comble à l'indignation publique en épousant l'assassin de son époux (1568)* Obligée d'abdiquer et de fuir, elle vient imprudemment chercher un asile auprès d'Elisabeth. GelleK;! l'abreuve d'ignominies pendant dix^huit ans, la retient prisonnière contre toute espèce de droit, puisque Marie était souveraine au même titre qu elle, l'implique dans une conspiration et se souille du meurtre juridique de cette princesse (1587). Cet acte tyrannique fournit à Philippe II un prétexte pour déclarer la guerre ^ l'Angleterre. L'adjonction du Portugal donnait alors à l'Espagne l'empire des mers» Philippe arme cette flotte de 130 grands vaisseaux, décorée du nom à'inviincible armada, et qui portait 20,000 soldats, outre le grand inquisiteur et 150 dominicains. A peine engagée dans le canal, cette flotte se voit harcelée par les vaisseaux anglais, et bientôt une violente teitipête la fait échouer en partie et en disperse les restes (1 588) . Cette défaite délivre l'Europe de la crainte d'un asservissement général, que Philippe faisait alors peâer sur elle. Il y survécut encore dix ans, et mourut en laissant l'Espagne écrasée sous le poids de ses dettes. On a évalué les dépenses de son règne à 6 milliards de francs. Ce fut sous le règne d'Elisabeth queTarmée navale anglaise commença à devenir considérable. La flotte qu'elle opposa à l'armada se composait de 176 bâtiments de plus petites dimensions mais beaucoup mieux gouvernés que ceux de la flotte espagnole, et était montée par 15,000 hommes. Pendant que Philippe soudoyait les ligueurs de France, Elisabeth avait secouru le
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paHi protestant (1590)^ et cette assistance ayait contribué àU succès de Henri IV. L'Irlande, qui, dès le milieu d 11 douzième siècle, avait été adjugée à Henri II par une bulle du pape Adrien IV, avait refuâé d*âddpter la réforme. Elisabeth retife aui catholiques irîatidais la faculté d'od* cuper deô emplois publics. Ceux-ci se révoltent (1596)} Elisabeth lêS féduit par la force. C'est depuis cette époque que ce malheureux pays subit le fardeau de rétablissertieîît luiueux d'une Eglise officielle dont il n'usé pas. Ou lui reconnaît le droit de n'en pas user : la ôofléêqUetlce est qu'il devrait eti être déchargé. Elisabeth dépense Amu la guerre d'Irlande 5 millions de livres steHing. C'était beau* coup poUrlanatiofl, mais très-peu pour dette princesse, qui en donnait 300,000 à Esâex, l'un de ses favoris, et ëd devait 400,000 lorsqu'elle mourut.
Philippe III, renouvelant les persécutions qu'uti siècle auparavaut Ferdinand le Catholique avait fait éttilurer aux Maures, en chassé d'Espagne 500,000. Ses ministres en Italie tentent inutilement de s'emparer de Venise au moyen d'une conspiration (1618).
JJlemagiie» Baiiemark, Pranee^ Suéde» Espagne»
de iëna & iûàs.
J*àt»rive à célti loiigue guéfre de trente ané, qui éoûld si chef à rÂllemàgUe.
L'empereur Rodolphe II avait ftocofdé âUx protestauis de Bohême par lettres pateates le libre exercice de leut culte (1609)» Son frère Matthias, parvenu au trône paf l'usurpation, yeul leur f étirer cette liberté sous diver» pré
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textes. Il s'était pi^noDcé, avec raison cette fois, contre des protestants qui avaient bâti des temples sur les terres de l'abbé de Braunau et de Tarchevêque de Prague. Excités par le comte de La Tour, les protestants se révoltent. Matthias offre en vain de confirmer les lettres patentes, et son successeur Ferdinand II, après avoir fait également de tardives concessions et des efforts impuissants pour arrêter les progrès de la révolte, est déclaré déchu de ses droits. La couronne de Bohême est offerte à l'électeur palatin, Frédéric Y, prince dont la capacité ne répondait nullement à une telle situation, et qui est battu, à Prague, par les troupes de Ferdinand, aidées de celles du roi d'Espagne, de l'électeur de Saxe et de Maximilien de Bavière* Le vainqueur ne met aucune borne à ses vengeances ; ii couvre la Bohème d'échafauds et y rétablit le culte catholique. Son ministre sanguinaire, Tilly, prend d'assaut et saccage Heidelberg (1621). A la diète de Ratisbonne, Tempereur enlève à Frédéric sa qualité d'électeur, qu'il fait conférer à Maximilien. Christian IV, roi de Danemark, secrètement excité par les rois d'Angleterre et de France, qui redoutent la puissance toujours croissante de Ferdinand, vient au secours du parti protestant, menacé en Allemagne d'une destruction complète. Il réunit une armée de 60,000 hommes; mais il est battu, à Konigslutter, par Tilly (1626). L'empereur dépouille les ducs de Mecklenbourg, Maurice, landgrave de Hesse, et Frédéric Olric, duc de Brunswick. Il remet, par son édit de restitution, les églises catholiques en possession de tous les biens qui avaient été sécularisés, et charge ses généraux Tilly et Wallenstein d'extirper la réforme par les moyens les plus violents. Nous allons voir le protestantisme sauvé en Al-
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lemagne par uu ministre qui le combattait ailleurs.
En Fran ce, La Rochelle était alors le boulevard des protestants. Le ministre de Louis XIII, Richelieu, après avoir assuré le triomphe définitif de la monarchie sur la puissance des grands, vient en personne assiéger cette place, qu'il réduit par la famine, malgré les secours de TAngle- (erre (1628). Le siège de La Rochelle peut donner une idée de Tétat de détresse auquel la guerre amène une ville en Faffamant. Il est vrai qu'il s'agit ici d'un siège dirigé par un cardinal, qui disait lui-même que, lorsqu'il avait une fois pris sa résolution, ilfaucKait tout et ensuite couvrait tout de sa robe rouge. Après avoir épuisé toutes leurs pro^ visions et dévoré tous les animaux domestiques, les assié* gés mangèrent les herbes, les pailles et les racines mêmes les plus malfaisantes, puis ils se jetèrent sur les animaux les plus immondes et les plus répugnants, et ils en vinrent jusqu'à déterrer les cadavres des cimetières. On jugera de l'exaspération et du désespoir de la défense par ce mot du maire, en voyant les habitants mourir les uns après les au* très : « C'est assez qu'il en reste un pour fermer les portes. )> Lors de la reddition de la ville, il ne restait que 5,000 habitants sur 30,000. Les dépenses que nécessita la réduction de cette place s'élevèrent à 40 millions.
Gustave-Adolphe, ce grand manœuvrier, qui pourrait disputer à Frédéric II de Prusse et à Napoléon le mérite d'avoir perfectionné l'art de tuer en bataille rangée, Gustave- Adolphe venait d'enlever à la Russie plusieurs de ses provinces (1617), dans une guerre injustement entreprise, puisqu'elle avait pour but d'empêcher la nation russe d'user du droit d'élire son chef. Il avait rencontré plus d'obstacles dans la guerre que l'usurpation de son
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pèrô lui avAÎt léguée contre SigismondlII, roi de Pologne, qui était soutanu par l'empereur Ferdinand. Celui-ci redou* tait aveq raisofii dans la personne de Gustave, le défenseur 4e la caus0 protestante ; mais en prenant à son égard un X6\e agressif el en le laissant insulter par Wallenstein au congrus de Lubeck, il lui fournissait des sujets de ressentiment, que rhabile ministre de Louis XIII pliait exploiter. Riobelieu amène Gustave à traiter avec Sigismond (1639), et Teicite contre Ferdinand. Le roi de Suède, li* bre maintenant de déployer toutes ses forées en ÀUema-r gne, s'y présente en libérateur du protestantisme, en même temps qu'en protecteur de la liberté des peuples, menacée par le despotisme de Ferdinand. La France et TAngleterre lui fournissent des subsides, et la Hollande lui prête ses vaisseaux pour le transport des troupes. Il s'embarque avec 15,000 hommes seulement et 6,0(M) matelots. Il est bientôt maître de la Poméranie, malgré la défense à outrance que font les généraux de Ferdinand. Un de ceux-ci, le cruel Tilly, avait massacré la garnison de Neu-Brandebourg ; Gustave, par une horrible représaille, massacre celle de Francfort. Il ne peut arriver à temps pour délivrer Magdebourg, que Tiily prend d'assaut (1631) et qu'il saccage *. Gustave poursuit ce tigre,
1 11 II y a, dii Ancilbn^ peu de (ableaui plus horribiles que celai du « sacca^emeni de celle belle ville. Pendanl trois jours, le soldat s'y « abreuva de crimes, s'enivra de débauches et de sang. On ne vit que c des bourreaux et des vielimes. Plus de 40,000 personnes périrent dans a le feu, par le fer ou dans je^ e^\\\ de T^lbe, qui étaient teintes de sang « et qui roulaient des cadavres. De quatre mille maisons il n'en resta a que cent quarante-quatre. Mille personnes s'étaient réfugiées dans « i^église cathédrale, et furent seules épargnées lorsque les vainqueurs fuf ront ffiligués de meurtres. ISemblal^le j^ l'ange destructeur, Tllly piési<-
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l'atteint à Breit6Qfe}d près LeipsicH, le met en pleine dé-i route §t chapge eatièrement par cette yietoire la face de^ affaires en Europe. U soumet le Paiatinat et la Franconie. Il bjE^t de nQUY0au, sur U% bords du Lech, Tilly, qui est \i\e^ dans }a bataille et meurt trois jours après. Levain* queur pépètre en Bavière. Ferdinand, qui tremble à son approche, rappelle à la tête de larmée impériale le féroce Wallenstein» que Tindignation générale lavait forcé de renvoyer, et qui lui fait subir, comme conditions de ee rappel t les plus insultantes humiliations. Celui*ci rassemble une armée de 40,000 hommes qu'il réunit à 20,000 Bavarois. Gustave, pressé par la famine et la peste, est obligé de quitter Nuremberg, qu'il voulait mettre en état da défense. Wallenstein ravage le haut Paiatinat et me- . nace l'électeur de Saxe, Gustave vole au secours de ce dernier, bat les Impériaux à Lutzen, mais trouve la mort au milieu de sa victoire (1633). Son corps fut retrouvé parmi 13,000 cadavres. Wailen&tein est accusé d'aspirer au trône de Bohême i Tempereur s'en débarrasse à Egra, par la main d'un assassin. Leduc Bernard deWeimar avait pris, àla mort de Gustave, le commandement des troupes suédois ses ; après plusieurs succès obtenus en Franconie, il vient secourir Nordlingeo, qu'assiégeaient les Impériaux, réunis à 15,000 Espagnols. La bataille s'engage, et dans cette funeste journée, les Suédois, écrasés par le nombre, ont 8,000 morts et 4,000 prisonniers. Us sont alors abandon-
« dait froidement à ces scèDes Infernales, comnie on préside à une fête « militaire, et pour ajouter à I*iiorpeuf de ee carnage par un coniraste « révoltant, sur les moneeaqx de cadavcf s et les ruines fumantes de la <f ville il entonna avec ses satellites un Te Deum solennel. » (fàbleau d^ révolutions du système j^litJique de C Europe, cl)ap. xxxii, tome HT, Berlin, tS05.)
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nés par l'électeur de Saxe^ le perfide Jean-George P', qui fait sa paix avec l'empereur, et obtient, pour prix de sa lâche désertion, la Lusace avec la promesse de l'archeyéché de Magdebourg pour son fils. La cause qu'ils étaient venus si généreusement défendre en Allemagne y courait les plus grands dangers, lorsque Richelieu, qui un instant avait été inquiet et même jaloux des succès de Gustave^ Adolphe, maintenant délivré de toute inquiétude de ce cAté, vint faire une heureuse diversion.
Philippe lY, roi d'Espagne, gouverné par son ministre Olivarès, continuait de faire dans les Pays-Bas une guerre ruineuse. Il avait secrètement encouragé la révolte de Gas* ton et de Marie de Médicis, mère de Louis Xni, révolte qui était dirigée moins contre le roi lui-même que contre son ministre. Ce fut pour celui-ciun prétexte suffisant pour déclarer la guerre à TEspagne. C'était là son motif principaU quoiqu'il en mit aussi d'autres en avant, par exemple, la détention de l'électeur de Trêves, qui avait déclaré vouloir rester neutre, acte odieux, dont la France n'était du reste pas chargée d'exiger le redressement. Il attaque les Espagnols à la fois en Espagne, en Italie et dans les Pays-Bas. Banner, qui avait le commandement d'une division suédoise, défait à \yittstock les Impériaux réunis aux Saxons (1636). Bernard de Weimar obtient de nombreux succès en Alsace. Bientôt après il meurt subitement. On a dit qu'il convoitait alors la conquête de l'Alsace pour son propre compte, et que Richelieu le fit empoisonner. Celui-ci voulait annexer cette province à la France, et il s'en empara en efiet, à la mort de Bernard. Peut-être est-ce cette simple coïncidence d'un événement naturel et de l'avantage qu'en tira le cardinal, qui a fait supposer un crime pour expli-
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quer on gain qui n'a nullement besoin d'explication* Banner meurt également au milieu de ses succès et après avoir été smr le point de s'emparer de ia personne même de l'empereur. Un poison lent, a-t-on dit, lui aurait été administré à Hildesheim. Le gouvernement autrichien a été accusé de ce crime ; mais les preuves rigoureuses manquent. Le mal a le triste privilège d'être admis facilement; il lui suffît pour cela de quelque vraisemblance. Quand la vérité se fera-t-elle jour sur ces horribles mystères de rhistoire ?
L'empereur Ferdinand II était mort depuis quatre ans. Son fils, Ferdinand III, manifestait quelques dispositions à la paix, mais continuait la guerre. Torstenson, qui avait remplacé Banner, et qui était comme lui élève de Gustave, parcourt en triomphateur la Silésie, la Saxe, la Bohême et la Moravie (1642). Le maréchal de Guébriant, victorieux à Eempen, meurt au siège de Rothweii. Les Français, défaits à Duttlingen par les Bavarois, battent les Espagnols à Rocroy (1643). Louis XIII descendait dans la tombe : Richelieu, qui l'y avait précédé d'un an, s'était donné un successem* dans Mazarin. Torstenson, après s'être débarrassé, avec avantage pour la Suède, de la guerre avec le Danemark, que lui a sourdement suscitée Ferdinand, revient sur ses pas, pébètre en Bohême, tue, à la bataille de Jancowitz, 9,000 Impériaux, et menace Vienne, dont il se serait emparé sans la défection de Ragotzky. Le congrès de Munster s'assemble ; mais les hostilités marchent de front avec les conférences, qui durent quatre années. La prise de Prague décide l'empereur à signer enfin la paix de Westphalie (1648), qui rend à l'Allemagne la liberté de conscience. Les plénipotentiaires français firent
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insérer dans le dispositif du traité uûe clause qui était pe^ sérieuse : on déclara que les cantons puisses étaient aifrau'» cbis ; il y avait trois siècles qu'Us l'étaient sans ia permission de la diplomatie, Voilii dope cette orgueilleuse maison d'Autriche humiliée et amoindrie. Qui prétendra maintenant parler en maître à sa place ? Avant de répondre a cette question, arrêtons-nous un instant h la révolutiop qui sqrvient an Angleterre.