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i^yRtème tnuuiltolre de défenve.
La maxime romaine qui recommande de préparer la guerre pour avoir la paix (1) peut absolument, ainsi que je le ferai voir tout à l'heure, être enteûdue dans un sens raisonnable ; mais, comme beaucoup d'autres maximes, elle devient très-mensongère et produit en somme beaucoup plus de mal que de bien par la mauvaise application qu'en font journellement les hommes intéressés à la guerre ou incapables de mesurer la portée réelle des paroles. Supposez deux hommes se montrant le poing et se provoquant mutuellement au combat. Pour peu qu'ils soient enclins à la violence, et leur attitude et leur langage prouvent déjà qu'ils sont dans ce cas, ils ne tarderont pas à se jeter l'un sur l'autre. Pareille chose doit arriver aussi infailliblement et avec des conséquences bien autrement terribles entre les nations. Faire des préparatifs pour la guerre, c'est donc, dans la plupart des cas, un moyen infaillible de l'avoir. Sous le faux semblant de la prévenir on la fait naître. Des hommes que l'on a armés, et qui n'ont d'autre emploi de leur activité que de se
(1) Sï VM pacem, para bellum.
battre pour une cause quelconque et selon qu'il plaît à celui qui les paie pour cela, demandent à se battre en effet, et leurs chefs surtout, qui vivent splendidement des maux engendrés par la guerre, y poussent par toutes sortes de moyens. Les nations civilisées ont un intérêt incalculable à substituer aux armées permanentes les liens d'une vaste association, qui rendrait impossible le fléau de la guerre ou l'étoufferait à l'instant même où i] naîtrait, en opposant la volonté et les forces de tous à des efforts isolés. J'ai montré qu'il y avait possibilité d'établir cette association des nations, non point par des utopies stériles de cabinet, mais par la proposition et Taction de deux grandes nations comme, le sont aujourd'hui la France et l'Angleterre. Il n'y en a point de mieux placées pour faire cette proposition à l'Europe. En attendant qu'elles fassent partager leurs vues à cet égard aux diverses nations européennes, elles peuvent préparer et organiser un autre système transitoire de défense, qui amènerait immédiatement la suppression de leurs armées permanentes, et dont ridée existe déjà en germe dans l'institution des gardes nationales, institution que les influences militaires ont toujours discréditée et annulée en la faisant ou en la laissant dégénérer en vaines parades, mais qu'il faudrait cette fois prendre au sérieux. Dans ce système, tout homme de vingt à cinquante ans, sauf les exceptions légales, serait soldat de droit, et nul ne le serait de profession. La France, par exemple, pourrait armer 2 millions d'hommes, dont 1 million mobilisables, jeunes gens de vingt à trente ans.
378 TRoi$iiw 9Âwm
exercés au mame^^eot da& ^imo^^ févm» pémdique^ ment pour le^ manfi^avras ^tratégi({U^6, conum aujourd'hui dans l69 cautaos «uîsi^sb, ^t qtu saraiaut coustamment prêts à vpler au qualquea joups à une froutièi:» menacée, leâ enrôlés voloutairaa étant immi» les pre-^ miers, du eonsentement de leinrs parents ou tuteurs en eas de minorité. L'AngleteiTÊ, dont la population européenne est moindre que celle do la France, pourrait encore avoir un offeetif da 1,200,000 hommes (i). De pareilles armées seraient yéritablement nationales; elles ne connaîtraient que la guerre défensive^ la seule nécessaire et légitime, et elles seraient plu3 formidables que ne le fut jamais aueuoe armée. Que coèteraientelles? Presque rien en temps de paix (2), et elles rendraient l'état de paix presque nécessaire. Qui oserait en effet s'attaquer à de tels colosses, animés d'un tel esprit ? Qu'on ne vienne pas dire que 2 millions de gardes nationaux, étrangers à l'art des combats, ne ré* sisteraient pas à une invasion de 500,000 Russes, disciplinés et habitués au métier de la guerre. Quatre hommes, bien résolus à se défendre et à se défendre justement, seraient inférieurs en force à un seul qui
(i) U ^e faut pas qu'elle renouvelle la f^ute qu'elle ^. commise en 1757, lorsqu'en instituant sa milice, elle permit qu'on se fît remplacer ou qu'on se dispensât du service en payant une certaine QommB' L'institution dégéuièra trâ9'Vite en une simple capitatioQ, légère pour le riche et très-lourde pour le pauvre : on ne pouvait pas s'y prendre mieux pour la rendre impopulaire. Un pareil service doit être personnel, Bt nul ne doit en ètr& exempté que pour cause d'empêclien^enL grave et dûment constaté.
(2) En licenciant les armées, il y aurait justice h donner des retraites aux officiers âgés et à indemniser les phss jetmet.
viendrait les provoquer injustement? Eu se battant ppw la Uluerté, il& seraient p)uB lâobe^ que celui qui se luattrait pour 4e l'argent ? En protégeant l'indépenda?ice de Içur patrie, en défendant leurs familles et leurs foyera, ils fuiraient devant celui qui viendrait de loin poux les asservir? Est-ce que les paisibles cultivateurs qui chassèrent les aidais autrichiens de^ moi;^ tagnes delà Suis^&e» étaieut des militaires de profession? Est*ce que les colons américains qui firent repasser pour toujours TAtlantique aux troupes régulières et aguerries du roi de la Grande-Bretagne» n'étaient pas des agriculteurs, des industriels , des commerçants, tous gens étrangers au métier des armes? Et sans aller chercher des exemples si loin de naus^ est-ce que ces armées de volontaires, qui se levèrent comme un seul homme, lors de la première révolution friincaise, à rappel de la patrie en danger, et qui, dan» Les guefre^ les plus justes que la Fraaiee ait eues depuis longtemps^ châtièrent Taudace de l'attaque, est-ce que ces armées, disxje, ne se eompo^aient pas aussi de soldats knpro^ visés et que Ton pouvait croire amollis par une longue paix ? Est-ce que les habitants de Lille, défendant euxmêiues leurs remparts^ en 1792^ au milieu d'un bom^ bardement non interrompu pendant six jours et de rinceudie de plus de deux cents de leurs maisons^ et forçait enfin tes soldats autrichiens, conduits par le duc de Saxe-Teschea, à s'éloigner de leur ville, faisaient profession s péciale de la guerre? Ces braves bourgeois et ouvriers demandèrent-ils qu'on leur payât en ^ades^ o/e^>-àMlire %m argent et en* hoch«t», k pirix de
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leur dévouement, et ne se montrèrent-ils pas noblement fiers et pleinement satisfaits lorsque, pour tout dédommagement de leurs nombreux sacrifices, la Convention nationale déclara qa'ik avaient bien mérité de la patrie ? Mais d'ailleurs, quand nous demandons que les gardes nationales soient substituées aux armées permanentes, est-ce que nous entendons les priver pour cela de l'avantage que peuvent donner la tactique militaire et la science des manœuvres ? Est-ce que nous entendons qu'elles devront, si elles viennent à être attaquées, se battre comme des hordes de sauvages ou des bandes de barbares? N'avons-nous pas dit au contraire qu'elles devraient être organisées et exercées ? Seulement nous ne donnerons à ces choses que l'importance qui leur appartient réellement; nous ne ferons pas de la forme le fond, de Taccessoire le principal, et nous ne croirons pas que le soldat-citoyen , pour être demeuré au milieu des siens et pour y avoir continué une vie laborieuse, soit un soldat moins habile et moins brave que s'il avait croupi dans l'oisiveté des garnisons (1).
(1) « La première fonnatioQ de la garde nationale, au mois de ce juillet 1789^ décida le triomphe de la cause des peuples. Ses ba- (( taillons apportèrent dans nos armées, non-seulement la puissance « numérique, devant laquelle durent s'arrêter les efforts présomptueux a de la coalition, mais encore tous les sentiments généreux qu'enfante « l'amour de la gloire lorsqu'il s'exalte par l'amour de la patrie. C'est « cette force morale qui renversa tous les obstacles et qui porta si « haut le renom de nos armes. » (Gamot, Exposé de la situation de r empire f'psLSS&ge cité dans les Mémoires sur Camot par son fils, tome II, 2« partie, Paris, 1864.) On comprend de quel poids doivent être ici ces remarquables paroles d'un militaire de profession, qui a dirigé les affaires de la guerre pendant les grandes luttes de la Révolu-
C'est à intention que j'ai appelé transitoire ce système de défense; je ne me dissimule point le danger qu'il y aurait encore à exercer habituellement au maniement des armes des populations même animées d'un bon esprit civique ; car il pourrait survenir des circonstances où, sous l'influence d'excitations extraordinaires, la préoccupation de la défense se changeât en tentation d'attaque.
Aussitôt donc que l'Europe aurait été amenée à supprimer également ses armées permanentes, l'institution même de la garde nationale devrait être grandement réduite dans ses proportions : il suffirait de conserver une fraction de la partie mobilisable comme une réserve destinée à faire face à toute éventualité, et constituant alors cette force publique et commune qui, dans le système, précédemment exposé, de l'association des peuples et de l'institution d'un Tribunal suprême, se tiendrait toujours prête à en faire exécuter les jugements, si cela devenait nécessaire. La sécurité
lion* Il est bleu entendu qu'il faudra simplifier et alléger le costume et l'armement, et supprimer les trois quarts de ces ridicules exercices, bons tout au plus pour les planches d'un théâtre, et qui sont encore ceux que Frédéric, dit le Grand, avait imaginés pour façonner ses armées au rôle de pures machines. Qu'on lise au hasard la théorie des exercices militaires. Un exemple entre cent autres : Voici la définition du pas appelé ordinaire et qui n'a jamais figuré dans aucune bataille sérieuse : le pied gauche à soixante-cinq centimètres du droit, le jarret tendu, la pointe du pied un peu baissée et légèrement tournée en dehors ainsi que le genou. Des militaires mêmes, malgré leurs préjugés de métier, livrent ces choses à la risée publique. Voir en particulier le livre du général Trochu, intitulé L'armée française en 1867, chapitre xviii. Des manoeuvres, Paris,
38â troisiLme partie
des États associés serait ainsi pariaitement garantie à rextérieur. O^ant à l'intérieur/ pour surveiller et arrêter ceux qui se rendraient coupables d'attentats à la vie ou à la propriété des citoyens, il suffirait, dans des pays comme l'Angleterre ou la France, de iO,Ô00 à 20,000 gendarmes, animés d'un esprit civil, occupés uniquement à poursuivre les malfaiteurs et à faire exécuter, sur l'ordre du magistrat, en cas de résistance matérielle, les sentences de la justice. ïel est le terme vers lequel doivent tendre les nations en fait d'organisation de la force publique, et auquel il faudra bien ([u'elles arrivent. Alors la barbarie, qui peut encore à l'heure qu'il est menacer la civilisation, serait à jamais tendue impuissante, et l'humanité, confondant dans une même pensée et un même amour tous ses enfants, Français et Arabes, Germains et Slaves, Anglais et Chinois, blancs et noirs, Orientaux et Occidentaux, pourrait enfin se mettre en marche pour la conquête pacifique et seule vraiment glorieuse du nouveau monde moral. Que le moment où s'opérera cette marche solennelle de l'humanité doive arriver, c'est de quoi je doute moins que personne. Mais ést-il prochain? Je l'espère, quoique je ne me dissimule aucune des difficultés que rencontrera la réalisation du plus ardent dé nos vœux. Il semble qu'il faille d'abord que s'achève l'éducation politique des peuples qui, pendant dies siècles, sont demeurés étrangers à la gestion de leurs propres affaires. Dans cette France mêmCj qui prétend niàrcher â leur tête, le nombre eât encore bien grand, je ne veux pas dire seulement de ces hommes qui, ne
C0NSIDÉRATld3^d ItOéÂÈklS Et POLITIQUES 383
ê()tn|>f eriant rien à rien, laissent faite tbùf le mal jibssible, et dont il faut aussi savoir se passer {)Oiit^ faire le bien, mais de ces gens honnêtes daiis les petites choses et malhonnêtes dans lés grandes, appliqnâiit assez exactement le§ tiotiofls de la Indtale aux relations privées et ne paraissant pas voir qu'il faut aUsSi les appliquer aux affaires publiques, se faisant Un scrupule de léser les droits individuels et ayant la conscience en repos quand ils cotitribuent par leur apathie, lèùt* silence et quelquefois même leurs frayeiits égoïstes, à mettre en péril la fortune de l'État, la vie et ta pi*dpriété des citoyens. Quelle humiliation pour liii peuple aussi fier, que, plusieurs fois en liii demi-siècle, il se soit ainsi abandonné et ait dû recevoir d'aussi dures leçons, et de quel prix les nations sont souvent condamnées à payer leur affranchissement ! Mais ces extrêmes défaillances des nations sont pour elles de grands eriseighéinents où l'excès même du mal les tiré dé leur léthargie et devient une voie de salut. Espérons donc, et travaillons de toutes nos forcés à propage!* lés motifs de notre confiance en un meilleur avenir*
§ xxrv
Jb'ArTèiili> kifké i^i-éj^lArë l%Moetâtioi& àeé j^en^tén ièYa-t-lï
déponr^il de poésie!
* Piarmi nos adversaires, il en est qiielques-uns dont je h'âi rien dit encore et à qui je dois une réponse.
384 TROISIÈME Partie
Ceux-là ne reprochent pas à l'ayenir que le présent annonce et prépare d'être trop beau. Les yeux sans cesse tournés vers un passé qu'ils regrettent et qu'ils voudraient faire revivre, ils le trouvent supérieur au présent et suitout à l'avenir, par cela seul qu'ils j voient plus de poésie et de pittoresque. Il faut s'entendre et ne pas se contenter de lire quelques pages du grand livre de la nature sans tourner les feuillets, n est incontestable qu'à mesure que le progrès de la civilisation introduit le bon et l'utile dans la vie humaine, il y a un certain pittoresque et une certaine poésie même, si l'on veut, qui en disparaissent. Assur rément il y a plus de pittoresque dans une forêt vierge et dans ses sauvages habitants que dans nos champs ensemencés et dans les populations qui les arrosent de leurs sueurs; dans les cérémonies payennes et les pompes éblouissantes des cultes qui parlent aux yeux et à l'imagination, que dans la noble simplicité d'un culte s'adressant avant tout à la raison, ne donnant aux sens que leur stricte et légitime satisfaction, et ne réunissant les hommes que pour leur apprendre chaque fois à faire un nouveau pas dans la voie de leur véritable amendement; dans un vieux monastère, caché au fond d'un frais vallon, ou dans un château gothique, assis fièrement sur un roc escarpé, que dans une rue bien alignée de nos cités ou dans l'élégante villa d'un commerçant enrichi ; dans une de ces bandes de brigands ou de mendiants, fort beaux en peinture et dont les espèces s'éteignent heureusement, que dans une famille d'artisans honnêtes et timides ; dans une
armée rangée en bataille ou paradant au soleil, que dans une troupe d'ouvriers travaillant dans un atelier. Mais, sous ce pittoresque du passé , il faut voir aussi les affireuses réalités qu'il recouvrait et qui composaient la majeure partie de la vie humaine. H faut voir, dans cette forêt vierge, rhébêtement ou la férocité de ces hordes qui s'y disputaient avec les bêtes leur chétive nourriture ; dans ces multitudes, qui ne sont religieuses que par les sens et l'imagination, cette absence affligeante de véritable développement intellectuel et surtout d'amélioration morale; aux pieds de ce vieux monastère ou de ce château gothique, ces populations dégradées et vivant honteusement d'abrutissantes aumônes (1); parmi ces bandits ou ces estropiats, la
(fl) Je me trouvais naguère dans une vallée de la Normandie que se partageaient autrefois un couvent et un château féodal autour desquels végétaient de rares et pauvres habitants. Elle est maintenant couverte d'usines de toute espèce^ de riches cultures et de riantes maisons de campagne^ et habitée par une population nombreuse, active et aisée. En visitant les ruines du couvent, je remarquai sur un pan de muraille ces vers fraîchement tracés :
Trop heureux qui vivait
Dans ces siècles sublimes Où^ du génie humain dorant encor les cimes^ Le vieux soleil gothique à l'horizon mourait.
Dans le même moment^ un de ces robustes mendiants^ comme on en voit encore quelques types en Normandie, autrefois leur terre classique, vint rôder autour de moi. Ce rapprochement fit soudain naître dans mon esprit la réflexion suivante : Celui qui a ainsi exhalé sa plainte d'être né quelques siècles trop tard, ne sait pas apparemment, à moins qu'il ne descende d'un Montmorency ou d'un Rohan, que, dans ces temps qull admire et qu'il regrette, son prétendu bonheur eût été peut-être celui de cet être dégradé qui, ne trouvant plus à la porte du couvent ou du château la pitance de ses ayeux» exploite la curiosité des passants.
386 TiK)iaiÈ!ll£ ?AIiTIB
barbarie et la laiaéaati^e; daoâ oe3 brillants soldats enfin, les instrumenta aveugles du despotisme et de la destruction et les désœuvrés corrupteurs des mo&urs» C'est pour le sage un spectacle qui navre le cœur, que celui de toutes les misères dont Thumanité a été accablée jusqu'ici, et loin qu'il regrette de voir sV moindrir cette source de tristes émotions et de pein-^ tures dramatiques, il voudrait pouvoir la tarir entiè* rement; et en cela il ne croirait nullement dépouiller Texistence humaine de sa meilleure et plus noble p.oésie. U y aura toujours, dans le monde physique comme dans le monde moral, de quoi éveiller et nourrir le sentiment du beau, et les artistes qui craindraient de manquer désormais de sujets propres à exercer le génie, prouveraient par là qu^ils sont aussi dépourvus d'intelligence que de talent. Est-ce que l'homme^ en arrachant à la nature une partie de ses secrets et en la forçant à se plier avec moins de résistance à ses besoins, ne découvre pas de nouvelles sources de douces émotions et de sentiments élevés? Parce qu'il aura émoussé les plus rudes aspérités de son séjour, parce qu'il aura fait de prodigieux; efforts pour en chasser la misère et Fîgnorance, qui y occuperont toujours une trop grande place, parce qu'il aura défriché des plaines, assaini des vallées, abrégé l'espace et ménagé le temps et la peine, on crie que tout est perdu pour les arts. Mais les grandes scènes de la nature ne sont-elles pas toujours là pour inspirer qui sait les regarder et qui les comprend? A-t-on supprimé les montagnes et les vallons, les torrents et les ruisseaux.
COMSlDÉRATlffli SOIAU» W9 POLITIQUES Wl
rOcéM étlteKtéÉf^éteiiSr Ufs vdtespi» et tei isêOùil&iÊtmsfm dé tetre, hé tiuàge» et Ift fettdref E& atté»iiaA« mta&i que possible les incendies, les iMftdtfkioM M kl peëtë^ en cherchant surtout à prévenir désormais cet autre fléau qui les résume tous, Thorrible fléau de la guerre, supprime-t-on cette riche nature morale, qui doit aller toujours s^épurantet s^agrandîssant, supprime-t-on la lutte du bien contre le mal, les efforts de la volonté contre les pai^sidlli? et lei^ hitéfêti», ts» innombrables douleurs de l'épreuve? Poètes, peintres, statuaires, artistes de tout genre, au lieu de prostituei: votre talent à déérird on k représenter de» bataîlles^ Mê^ liideusè» an point de vue moi'at qtie dégoùfèâtdê ëi ineptes sôu» le ri^poi^t artistique, eéléinre^ ki cft^ifé btiniahie restatrrée, la liberté près d'èt^ ree(H»q«y^ et totitée les merveiileis d'un monde âduV^Hr âtiêééA et de sentiments. Marches: avec les gétténitieîis fioti» Velle», confiants dans l*înépinsable féeonfité de la nà^^ ture, vers cet avenir au^ confins duquel nous foneilon» déjà et qui vons onvrede nonveacoc horssen»:^ SI quelqnefois vous aimess comme nm» à repc^rter y(>«^rBgâa[fd«^ vers len temps anciens, que ce soit pomf e/nAtw cel intérêt de curiosité qui s'attache nafnrellemMt 6tt!£ souvenirs et wax vietot débris, et non potct ëonpir^ ridiculement d'inutile» et coupable» regret». Qna&tf vous nous peindrez les ruines, belle» nniqtteiffén! en tout que ruines et vue» de loin, d'un Ingtibre passé, qne ce soit surtout ponr nous ramener ensnite, plein»de reconnaissance pour Tinfinie bonté de ÎAea, ter» un présent meilleur malgré »es misères tme&té trep
386 TiK)isiÈii£ fxfms
barbarie et la feméantise; dans ^y^^^^^ij.^ par enfin, les instruments aveugles an// ^ ^^^^ ^ ^ la destruction et les désœuvrés coç^^ C'est pour le sage un spectao"^ que celui de toutes les misè^ accablée jusquld, et loû?
moiadrlr. cette source de ^V tures dramatiques, il "
rement; et eu cela i) ^.^daimtioii «etneUe.
roûstence hum^^
poésie. Il y aur
comme oaus ^ot s^adressera aux amis de la paix.
^^^^ le *^«^J^.ons d'y penser : s'ils veulent arriver
draient ^ /'^ proposent d'atteindre, ils doivent com-
exercer^ y élever leurs enfants autrement qu'on ne
^,^^^^/^jV)urd'hui, leur mettre entre les mains des / .J»^ lesquels l'histoire réelle* leur soit montrée
^ /^n véritable jour, et ne confier le soin de former
>^prit et leur cœur, quand il leur est impossible
f^'en charger eux-mêmes, qu'à des maîtres éprouvés
^ tfès-fermement dévoués à Tœuvre de l'abolition de
j^ guerre. L'éducation actuelle est en contradiction permanente avec nos principes. Elle n^est nullement propre à inspirer aux jeunes gens des sentiments pacifiques. La poésie et tous les autres arts contribuent à altérer leurs dispositions bienveillantes, en leur faisant admirer les exploits militaires, dont ils ne leur montrent que le côté brillant, leur en dissimulant touj ours les côtés odieux. Ils fascinent leurs regards par des trophées étincelants et charment leurs oreilles
nts de triomphes, qaand il faudrait frapper
'ion de ces spectacles afEreux qui se mon-
^A^ ^as sur les champs de carnage. Lés
•^ Tart le plus doux, de celui qui dis-
\^ ^ o êtres doués de sensibilité à serap-
a, s'entr'aimer, sont employés à exalter la s5 et la plus farouche des passions et mis au oe de la science de la destruction. Que de jeunes jns, rien qu'en regardant parader un régiment au son d'enivrantes harmonies, se sont cru une vocation pour la profession des armes, et ont ainsi laissé détourner de leurs fins et déplorablement égarer leur activité et leur énergie! Quel désenchantement lorsqu'on un jour de bataille ils n'ont plus entendu d'autre musique que Teffiroyable tonnerre de la canonnade et des feux de pelotons, mêlé aux gémissements des mourants, et lorsque ces beaux uniformes et ces armes qu'on avait fait scintiller à leurs yeux éblouis ont été souillés de sang et couverts des entrailles jaillissantes de leurs compagnons d'infortune ! Disons enfin qu'en cette matière les auteurs grecs et latins abondent en exemples et en principes mauvais, tout en étant, sur d'autres sujets, pleins de beaux exemples et de bons préceptes. A Dieu ne plaise que je propose de les exclure de l'instruction classique ! Mais je voudrais qu'on ne les fit servir à l'éducation qu'accompagnés d'enseignements destinés à en prévenir les dangers. La philosophie a pour mission d'enseigner que la véritable gloire, pour les individus comme pour les nations, consiste à faire du bien aux hommes, en amé-
SM TBOUUÈXB PAim
liarvit Imv caaditioa q^atMsJlê «t swtoat «n hksaU f9ôgnêB«t leur iatelligiMiee ^t lem mordité, et &011 à ftjentop tontes sortep de fléaux «ux f^au^ inévitableB qui goBt natimllraftMit attaché» k la «ondition humaÎBe. Mai» aa tAeha eat rendiid pins diffldl^ qua&4 déjà lea études ^sloiiquas et esthétiques ent imbu les jeunes geas de feu^ pFinoipes. H faut donc que This^ teira l^ui smt enseignée désormais avee plus de saine critique, et que leup édueation littépaire iste fasse danii un nouvel esprit* Bncope une fois, si les amis de la paix tiennent à être cons^équents à leu» principes, ils deinent éeprtev avec le pl^ grand soin de l'éducation de leurs enftmts tous les enseignements et tous les eaEomples qui y sont opposés. Cet avertissement d^ notre part ne leur semblera point trop sévère» s^ils veulent bien considérer que nous le leur devions pour que nous eussions la conscience d^avoir rempli envers tous le rèle de sainte direction que nous avons osé prendre ici, en consultant peut-être plus Tardeup de n€4re foi epjte la mesure de nos forces.
CONCLTTSION GÉNÉRALE
Dans la pMmière partie de ee livre, j*ai montré par Phistoîre que le système des armées permanentes arait, depuis son origine au milieu èa qmnasième sîèele jusqu'au dix-neuvième siècle, pris tot^ours de nouveaux aecroissements, et qu*à mesure qu'il prenait ces accroissements continus, les calamités qu'il engendrait allaient aussi croissant en étendue, en durée et en intensité. Dans la seconde partie, j'ai exposé l'état réel de la dépense que nécessite ce système^ dépense monstrueuse, qui va bien au delà de ce que l'on croit communément^ et qui non-seulement empêche de réaliser les nombreuses réformes et améliorations réclamées par le progrès des connaissances humaines, mais introduit dans les finances de l'Europe un désordre efiErayant et qui les menace d'une ruine totale. Dans la troisième partie enfin, j'ai déroulé le tableau de tout le mal que produisent les institutions militaires dans l'ordre politique, moral et social, et j^ai démontré que ce mal n'était nullement nécessaire, mais qu'on pouvait y mettre un terme. Qui donc, après avoir pris une connaissance complète de tout ce qui se rattache à cette si grave question de la guerre et des armées permanentes et après y avoir