QU'IL FAUT LEUR DONNE R
Mon cher ami,
J'ai cherché dans ma précédente lettre à vous offrir une notion exacte et complète, quoique très-sommaire, de cette grande et belle science qui s'appelle l'Esthétique. Nous avons vu qu'elle se compose de deux parties, une partie
théorique ou philosophique, et une partie positive, à la fois historique et critique : une partie théorique qui expose les principes, qui établit la théorie du beau et en déduit la théorie de l'art; et une partie positive qui embrasse l'histoire de l'art et l'étude des œuvres d'art ; et nous avons vu qu'il ne faut pas isoler Tune de l'autre ces deux grandes branches de la science esthétique, mais les étudier simultanément, pour les éclairer et les féconder Tune par l'autre.
Je voudrais entrer aujourd'hui avec vous plus au cœur même de ce grand sujet, et vous montrer les avantages de premier ordre qui découlent d'une telle étude, soit pour les individus, soit pour la société, pourvu qu'on se place ici au vrai point de vue des choses, et qu'on cultive l'art avec les dispositions élevées d'esprit et d'âme, avec le sentiment religieux qu'une telle étude réclame.