DIX-SEPTIÈME LETTRE
féoessité de Tétude de Thistoire pour les militaires en particulier. — Quel(iue8 conseils à un militaire.
Mon CHER AMI,
n y a une classe d'hommes surtout, auxquels l'étude de histoire est particulièrement nécessaire , de telle sorte a'elle fait pour ainsi dire partie des études indispensables leur profession : ce sont les militaires. Dans ma première lettre, je vous ai dit déjà quelques mots or les militaires, et sur la nécessité pour eux du travail 'esprit dans les loisirs que leur laisse leur profession. Mais Bn'ai pu à ce moment dire comme je l'aurais voulu toute ûa pensée ; et bien que ce sujet ne vous regarde pas direcement vous-même^ il y a là néanmoins un tel intérêt, que )ent-être il vous agréera que je m'en entretienne aujourl'hoi quelques instants avec vous. Vous avez, du reste, wiour de vous et vous touchant de près, des jeunes gens auxquels vous ne croirez peut-être pas inutile de communi* ijuer ce que je vais vous écrire.
Vous ne vous étonnerez pas d'ailleurs, mon cher ami, de cette préoccupation, çt du profond intérêt que je porte aux utilitaires.
L'état militaire a été de tout temps fort honoré en Frwce, et certes avec raison. L^armée est une des grandes forces, des grandes gloires de la France, et la France armée a dans le monde une mission souveraine. Gesta Dei per francos^ ainsi a été définie noire histoire; et certes, dès l'origine, oa le sait, Dieu a fait de grandes choses dans le monde par* répée des Francs. La France est le soldat de Dieu, disaim:. Shakespeare, et l'épée française doit rester toujours un^^ épée chrétienne et civilisatrice, qui ne se tire que pour Is^ justice et pour l'honneur. T^l est Je rôle de notre armée.
£t quant au militaire français, à celui dont je parle ici. ^ et à qui s'adressent ces conseils, il a des qualités et uwcm caractère qui en font une des natures les plus aimables ^^ t les plus attachantes qni soient au monde.
Le fond du militaire français, c'est l'honneur, la bra.— Toure, la générosité, le dévoûment; tout cela chez IvM-i recouvert de je ne sais quelle enveloppe d'humeur spirituelle et légère, avec je ne sais quel charme de gaieté viv^ i d'élégance distinguée et de bonnes façons. Je n'entend ^ pas médire des officiers des autres nations; mais je a^ crois pas être emporté trop loin par mon patriotisme, e '^^ disant qu'il y a dans l'officier français un ensemble de qu»-^ lités généreuses et brillantes, qui lui assureront toujours ^ ^ partout le premier rang.
11 faut se souvenir, du reste, mon cher ami, que l'arma ^ française ne compte pas moins de 400,000 hommes dans s^ ^ cadres, et que les officiers de celle immense armée, so^ * ceux qui, sortis des rangs du peuple et élevés aux grad^^ par leur mérite et leurs services^ sont le plus pur du san-