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ui enfin a rapport à cette éducation qui se fait dans le de et la bonne compagnie.
itre que cela accoutume à la réflexion, el développe Tesd'observation, chose toujours si fort utile, et que cela
servir à un militaire pour fixer et conserver des souveprécieux, cela aussi dégage et élève Tesprit. Quoi qu'on 76, j'entends avec soin, dès qu'on prend la plume, de i l'esprit s'élève au-dessus du niveau ordinaire de la jée et de l'expression. L'habitude seule d'écrire avec , ne fûl-ce que les simples choses qui se présentent au
le jour, suffirait pour préserver l'esprit du commun et ï vulgarité. Je connais plus d'un militaire qui a pris de se heure, et conservé toute sa vie cette excellente habij, et qui s'en est fort bien trouvé.
)urquoi aussi un militaire ne s'adonnerait-ii pas à la are d'un art quelconque, par exemple la photographie ? onnais un militaire, aujourd'hui officier supérieur, que campagnes ou ses voyages ont promené en Afrique, en lée, en Italie, en Allemagne et en Espagne, et qui a su ver partout^ dans son goût pour la photographie, les *actions les plus nobles. Les albums qu'il a rapportés de
les pays qu'il a parcourus révèlent un goût artistique lis, et sont une des collections de vues les plus intéreses qu'on puisse rencontrer. Je dois dire aussi que ce taire est bien un des hommes les plus aimables, les plus s et les plus distingués que j'aie connus.
A rétude des lettres et des arts se rattache Vétude des mes : point capital pour un officier, que la guerre peut sler d*aQ moment à l'autre hors de son pays, et mettre x>ntact avec les diverses nations ou armées de l'Europe. connaît, du reste, le mot de Frédéric : « Un homme qui e sait qu'une langue n'en vaut qu'un ; un homme qui sait uatre langues en vaut quatre. »
• J'ai parlé de la philosophie. Je n'en voudrais pas trop,
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sans doute, moins encore chez un militaire^ homme d'action, que chez personne : non plus sapere quam oportet^ dirais-je volontiers ici ; et toutefois j'en voudrais :
Parce qu'enûn, c'est la philosophie, je ne saurais trop la redire, qui rend plus homme, et que ce sont les esprits sani ^ réflexion, sans idées philosophiques, que je craindrais le plus de voir s'abaisser tristement dans la vie de garnison, et ^ finir par se faire une de ces philosophies pratiques, une 4d ^ ces manières de prendre la vie et les choses de la vie, qui , dénotent le plus dans une âme une ruine intellectuelle et i morale absolue. \
Et qu'on ne s'imagine pas, comme j'ai entendu un jour un ] militaire peu philosophe me Tobjecter, que des lectures phi-^ 1 losophiques exposeraient un militaire à perdre le sens pratique des hommes et des choses. Cette objection, Gatinati Turenne^ Gondé, je n'en doute pas, l'auraient repoussée comme une injure ; et quant à moi, elle mç parait si nulle» que je crois superflu de la réfuter ; si nulle surtout, eu égard à la part dont je me contente pour ces lectures dans la vie ] d'un militaire.
Assurément, un militaire ne doit pas être un disputeur ni un rêveur ; un militaire est un homme d'action, un homme ^ pratique, un homme de sang-froid, de coup d'œil, de déci' i sion prompte; il doit vivre de faits, non de théories; et li ;., des études philosophiques en devaient faire un homme hô? '^ sitant et irrésolu sur le terrain, au moment de l'action, je C^ serais le premier à les lui déconseiller. Mais que, laissant \ de côté les questions oiseuses, les creux systèmes, les hypo* '^ thèses nuageuses, il applique son bon sens et la fermeté ^ de son esprit aux grandes questions philosophiques, et ■ aime à se rendre compte des croyances fondamentales ^ qui portent tout dans ce monde, qu'il converse de tempi ^ en temps, non avec les sophistes, mais avec les grands re- . présentants de la raison humaine, comment craindre que
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it OU son caractère y perde rien de sa décision ? je demanderais rigoureusement à un militaire, en liilosopbie, se réduirait simplement à ceci : avoir, 3ur les Lettres, deux ou trois grands livres de choix, lecture attachante, quMl affectionnerait, et dont il a temps en temps quelques belles pages, c'est-àbibliothèque de trois ou quatre volumes de petit û'un officier peut parfaitement emporter partout lans son bagage : le Traité de VExislence de Dieu^ on, par exemple, ou les Soirées de Saint-Pélers^ \ M. de Maistre, entreliens philosophiques dont un locuteurs est précisément un militaire ; ou bien j recueil que j'ai publié sous ce titre : le Christian ésenté aux gens du mondes par Fénelon, les preumes seulement, dans lesquels il y a beaucoup de t Féoelon à des militaires. —J'ai eu la joie dé renn militaire, un général russe, dont ces quatre pôaes, au fond du Caucase, et sur les bords de la mer aient été, m'ëcrivait-il, la consolation.
•amène à une dernière considération, par laquelle lis terminer tout ceci : je veux parler de la part que 5es religieuses, que les devoirs religieux doivent 18 la vie d'un militaire. Car enfin, un militaire est le, il a un âme, un avenir éternel; et les droits de rhomme ne connaissent pas d'exception. Ce serait \ une vue singulièrement fausse et étroite des t en définitive un trop grand mépris de soi, que de er, parce qu'on est militaire, que les choses de la ne nous regardent plus; que la vie militaire est vale avec toute pratique religieuse, et qu'en un mot t n'a d'autre Dieu que son drapeau. Il me serait le de montrer, si c'était ici le lieu, par des raisons
invincibles et par Texemple des anciens preux, el même par d'illustres exemples contemporains, que rien ne s*allie plus naturellement que la piété et la valeur. Il serait donc temps qu'il fût admis, en fait comme en droit, que dansTarmée, comme dans le monde, Thomme doit servir Dieu et pratiquer sa religion, et qu'aucun militaire ne se crût dispensé par son uniforme de ses devoirs de chrétien. Et certes, qui devrait être moins Tesclave du respect humain, le joaet de la lâcheté morale, et plus Thomme de sa conscience et de sa foi, qu'un militaire français?
Et n'est-ce pas Voltaire qui disait, à propos du marquis de Féneion, grand soldat et grand chrétien, qu'une armée composée de pareils hommes serait invincible? Féneion a dit aussi, dans cette lettre à un jeune militaire, que je me plais à citer si souvent : a Quand on saura que vous tra- « vaillez à n'ignorer rien dans l'histoire et dans la guerrei ce nul n'osera vous attaquer sur la dévotion. » Ni sur autre chose.
Je n'ajouterai à ces belles paroles qu'un seul mot : c'est que le militaire le plus intrépide et le plus vaillant n'est pourtant pas toujours un être de fer, mais un être qui sent, comme nous tous, et porte dans sa poitrine un cœur accessible comme le nôtre aux afflictions et aux tristesses de la vie. Pour lui, par conséquent, comme pour tout homme Ici-bas, les consolations, les promesses et les espérances de la religion, à certains moments surtout, sont un profond besoin de l'âme, en même temps qu'une force contre les déceptions, les amertumes et les mille épreuves secrètes de l'existence.
Si donc la religion doit avoir sa part dans la vie d'an militaire, comme dans toute vie, lui demander de lournerde temps en temps sa pensée vers les choses religieuses, et de donner à son âme un aliment qui l'entretienne et l'affermisse dans la foi et la pratique de ses devoirs, est-ce trop
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exiger? Or, à celte exigence silégilime, il est bien facile de satisfaire, et je demanderai simplement ici au jeune officier clirétien d'ajouter à sa bibliothèque un seul petit volume, d'un élégant format in-32, et contenant reliés ensemble deux livres : celui que Fontenelle appelait le plus beau Uvre qui soit sorti de la main des hommes^ puisque VEvangile n'en vient pas^ V Imitation; et Y Evangile lui-même. Oui, voilà deux livres que le jeune officier devrait avoir et porter avec lui partout et toujours. L'Evangile^ livre divin, parole directe de Jésus-Christ; V Imitation, qui a une parole et des lumières pour tous les sentiments et toutes les situations de Tâme. C'est de ce dernier livre sans doute que parlait le comte de Maistre à son fils, qui débutait dans la carrière des armes, lorsqu'il lui traçait ce court règlement de vie, si bien fait pour tous ceux qui portent Tépée:
« Mon fils, soyez toujours assez semblable aux autres « pour ne pas leur déplaire, et assez différent pour ne dé- « plaire ni à moi, ni à vous. Battez-vous bien, mais ne « faites de mal qu'à l'ennemi. Soyez honnête homme et bon f enfant. Ne vous détachez pas du petit livre latin,,, »
Je me représente en effet ici un jeune homme, un militaire, engagé dans une guerre lointaine, à cinq cents, à mille lieues et plus de son pays, en Afrique, en Crimée, en Chine, au Mexique. Combien de fois, après des marches pénibles, sous les feux du soleil, sous des torrents de pluie, lorsque la fatigue accable, ou après une affaire sanglante, quand Tenivrement du combat est passé; combien de fois sous la tente, pendant les veilles du camp, et même dans les ennuis des garnisons, dans ces moments où les ressorts de la machine humaine se détendent, où chez les plus so-lides militaires eux-mêmes le moral quelquefois fléchit, où Pâme retombe en quelque sorte sur elle-même et se trouve en face de ses pensées ; combien de fois^ dis-je, un simple H. É., III. 47
regard sur ce petit livre, quelques lignes des saints Evangiles, quelques versets de V Imitation^ seraient comme un cordial de Tâme, qui remettrait^ qui remonterait tout; et quand; après cette fuite rapide et momentanée vers les horizons plus sereins et plus lumineux des choses de Tâmeet de Dieu, le jeune soldat redescendrait à terre pour ainsi dire, combien il se trouverait fortifié par ce commerce avec les pensées supérieures, par la prière venue alors sur ses lèvres, par un cri de son âme vers Dieu, pour toutes les luttes et toutes les épreuves de sa périlleuse et militante vie!
En terminant ces conseils, je demande la permission d'adresser un mot spécial à toute une portion de notre armée pour laquelle j'ai toujours senti, je l'avoue, une prédilection : nos marins. Tout ce que je viens de dire ici les codcerne assurément, et peut-être plus particulièrement encore : car les connaissances qui constituent l'art de la marine, ou qui s'y rattachent, sont peut-être plus nombreuses et plus étendues que celles qui ont rapport à l'armée de terre ; mais de plus, les voyages que font nécessairement les marins, sous tous les climats et sous tous les cieux, et chez tous les peuples du monde, les grands aspects de la mer et des tempêtes, des continents, des îles, sont autant d'excitation et de facilités pour des études de toute nature, historiques^ géographiques^ astronomiques^ et d'histoire naturelle dans toutes ses branches. Disons enfin que si les facilités pour l'étude sont plus grandes dans la marine que dansTarmée, les loisirs des marins, soit dans les longues navigations, soit à terre, sont aussi plus considérables; autant de motifs qui doivent engager nos jeunes officiers de marine à s'instruire solidement, et à soutenir dans le monde cette distinction et cette supériorité d'esprit, qu'on s'accorde à reconnaître au nwrin français.
A tous nos militaires donc, à tous nos jeunes officiers de
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nos armées de terre et de mer, j*adresserai en terminant la parole célèbre d'un soldat, qui, d'obscur Africain et de simple milicien qu'il était d'abord, parvint, de degrés en degrés, jusqu'à l'empire, et gouverna, pendant vingt ans Rome et le monde. A son lit de mort, révélant dans cette dernière parole tout le secret de sa fortune el de son génie, Septime-Sévère ^donnait à son armée ce simple et sublime mot d'ordre, que je donnerais volontiers moi-môme à la nôtre : a Travaillez ! Laboretis ! »