‹ De la haute éducation intellectuelle (volume 4)Chapitre 22 sur 75 · LETTRE X. — MÉTHODES D*ÉTU0ES PHILOSOPHIQUES · texte numérisé non relu

LETTRE X. — MÉTHODES D*ÉTU0ES PHILOSOPHIQUES

par Fénelon, etc. Ces livres mémorables entre tous, appellent, sollicitent la lecture de tout homme vraiment ami de la vérité, vraiment désireux d'une réelle et forte culture philosophique; mais, je le répète, je voudrais que ce travail ne vint qu*en troisième lieu, et ait été précédé de Tétude élémentaire, puis de Tétude spéciale, approfondie , mais suivie et complète, dont j'ai parlé.

*• Enfin , je le redirai encore , car je ne saurais trop rincuîquer, la lecture que je demande ici, c'est la lecture sérieuse, réfléchie, et entière , du commencement à la fin des ouvrages; j'entends la lecture, avec l'analyse et Tappréciation écrite, et aussi avec Texcellente méthode des EXTRAITS. C'est surtout quand il s'agit d'études philosophiques, que lire simplement ce n'est rien ou peu de dïose ; ce qu'il faut, c'est analyser et résumer, afin de posséder vraiment un ouvrage ; le faire sien en quelque sorte par la conception et la compréhension réelle qu'on en a.

Et, de plus, je voudrais qu'on notât les principaux passages, les belles pensées, les pages éloquentes des grands philosophes chrétiens, et qu'on en composât un trésor pour sa mémoire, ou au moins qu'on s'en fit un précieux recueil, où l'on pût au besoin puiser, soit pour son âme, soit lorsqu'il s'agit d'écrire.

S*» Mais ce que je demande par-dessus tout, c'est que les études philosophiques soient dominées et pénétrées par Tesprit chrétien. Et comment ne pas déplorer ici que la philosophie qu^on appelle séparée, fasse systématiquement abstraction des vérités apportées sur la terre par le Fils de Dieu, le Verbe éternel? Pour moi, je ne comprendrai jamais ceux qui, en plein Christianisme, et quand la parole évangéliqne rayonne dans l'humanité depuis dix-huit siècles, ne tiennent aucun compte de la lumière divine, ferment les yeux an flarmbeau allumé dans le monde, et recommencent

ringrat labeur des hommes qui n'ont pas eu le bonheur de connaître Jésus-Christ. Là, dans cette séparation obstinée, est la cause, pour la philosophie contemporaine, d'une irrémédiable stérilité.

Je n'ajouterai plus qu'un seul mot : c'est que je n'ai pas dans mon âme assez d'énergie, ni dans ma parole assez de vive lumière, pour dire» en finissant, combien il est triste de voir à quelle multitude d'hommes, surtout dans les régions élevées de la société, manquent les bonnes études philosophiques I quelle lacune c'est dans leur esprit, quel malheur dans leur vie! J'en connais qui seront par là toujours inférieurs à eux-mêmes, toujours au-dessous de leur lâche, et qui ne rendront jamais ni à leur pays, ni à leurs familles, les services qu'ils auraient pu rendre avec une éducation philosophique, profonde, chrétienne, complète.

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