QUATORZIÈME LETTRE
L'histoire de France.
Je vous disais dans ma précédente lettre que, selon moi, l'histoire par laquelle un homme du monde^ qui voudrait reprendre ses études historiques, devrait commencer, c'est l'histoire de France. J'essaierai aujourd'hui de vous indiquer quelques-uns de nos meilleurs historiens, et de dire aussi dans quel ordre, avec quelle méthode et quelle gradation, on peut faire cette belle étude de l'histoire de France.
Peut-être, si l'on n'a encore que des notions confuses sur l'histoire de France, serait-il nécessaire, avant de se jeter dans les grands auteurs, d'étudier sérieusement un de ces ouvrages qui tiennent le milieu entre les grandes histoires et les abrégés, mais qui sont complets. En voici quelquesuns : je nommerai d'abord V Histoire de France^ par M. Auguste Trognon, excellent ouvrage, remarquable tout h la
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fois par Tesprît relîgîctrx de son aatenr, par la sûreté de la science, la justesse des appréciations, ht gravité et la noblesse du style, et auqnel TAcadèime française Yictrt de décerner le grand prix Gobert. C*cst ira livre que Je conseille sans hésiter à toutes les nraisezrs d* éducation chrétienne. Le cinquième et dernier vahime de cette histoire vient de paraître. — Je nommerai en même temps cette de M. Lcmrentie^ dont le juste et aicien snccès feit assez Téloge; cel^ aussi de M. Amédée Gabour, Je regrette rfe ne pouvoir parler qu'avec bien des réserves de VHistoire des Français^ par ^.Théophile Lavaïlêe.
Je d^is indiquer encore, pour cevx qui voudraient Hre quelque chose de moins étendu^ ^ eonme manwl propre à rappeler les faits, Y Abrégé chrtmologique de r Histoire de FraTïc^ jusqu'à la mort de Louis TllV, par le président Héntralt, édition complétée par M. lUiehaud : livre utile et exact, offrant des détails essentiels et jvdicîewsement choisis pour la connarssancedes faits, des hommes, des institutions et des mœurs.
Ce premier trarail fait, et towte la smte 4e Thistolire de France étudiée et apprise, on lira alors avec frfus de frmt des ouvrages phrs développés.
On pourra même faire choix d'u-we époque, d\ra s^le powries "étudiera /l?«rf. Maïs il ne faudra pas owWier qu'en hisloire surfait, pour étudier * tofid une éfpoque, une période quelconque, R est néces«aipe tfe connaître, d'one manière élémentaire au moins, les périodes qui ont précédé et suivi, et tout Fensembîede l'histoire ; et c'est à qnoî vous ne saiurîez trop vous appliquer, mon ami, soft que vo«s étudiiez les premiers «iècles, soit que vous vous oeeupve^ des deniiers temps de n^otre histoire.
Il y a des personnes qui supposent peut-être que Tétnde dies première temps d»e notre histoire pourraifêtre «égiîf^e sans rnccmvénient, ou qu'en tout ca« elle offre peu d'iniétét.
Ce serait là, à mon sens, une double erreur. En toute chose, et surtout en histoire, les origines sont de la plus haute importance; et quand aux origines et aux premiers temps de rhistoire de France, ils ont été très-étudiés, et trèsèclaircis par la mise au jour des sources, et par les travaux des ërudits contemporains.
Sont-ce donc les époques primitives de notre histoire qu'on voudra étudier de prés? Je dis que les anciens chroniqueurs et annalistes seront lus avec beaucoup de fruit, et même de charme, en commençant par Sulpice Sévère et Grégoire de Tours, et en continuant jusqu'aux temps modernes, où les chroniques sont remplacées par des récits et des mémoires du plus grand intérêt.
Pour les origines, Grégoire de Tours, traduit de nos jours par M. Guizot, est une excellente et charmante lecture : on sait en quelle haute estime le tenait M. Ozanam. Les Récits des temps mérovingiens, de M. Augustin Thierry, inspirés presque d'un bout à l'autre par Grégoire de Tours, qui est le vrai patriarche de notre histoire, offrent un tableau plein de mouvement et de vie, où tout serait à admirer, si l'auteur n'y eût laissé échapper bien des traits se ressentant des préjugés irréligieux dont il s'est si noblement dépouillé dans ses dernières années.
Il ne faut pas s'y tromper, plusieurs de nos écrivains anciens, chroniqueurs et annalistes, ont une valeur littéraire et historique considérable. Quel que soit le mérite de certains auteurs anglais et surtout espagnols, ce sont les français qu'on estime, et avec raison, de beaucoup les premiers, par la date comme par le mérite : ils n'ont d'égaux que les grands historiens classiques. Il en est qui ne sont pas bons seulement à consulter, mais à lire. VHisloire des Croisades, de Guillaume de Tyr, est un livre aussi intéressant que judicieux ; il y a de même quelque plaisir à étudier, malgré sa rude latinité, l'historien normand Orderic Vital, Le pre-
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mîer de nos chroniqueurs français, Geo ff roi de ViUehardoin, a un grand cbarme dans la traduction qu^en a donnée DucaDge ; les mémoires de Joinville^ à Faide de quelques notes explicatives, sont une ravissante lecture. H. de ¥railly, de riustitut, et M. Tabbé Millaut, ancien supérieur du petit Séminaire de Paris, en ODt donné deux éditions excellentes. Froissard est, comme l*on dit aajoard'hui, un coloriste inappréciable; Comines n'est déjà plus un chroniqueur : il a le génie de Tbistoire, et a mérité d'être appelé le Machiavel français.
Si on s'attache à lire Tensemble de ces collections si précieuses, où se trouvent les auteurs que je viens de nommer. Ton apprendra à connaître Tinfluence des événements sur les mœurs publiques et particulières, aux difTérentes époques de notre histoire. De la sorte, on pourra juger le vrai caractère des ces événements, parce qu'on possédera, si je puis m'exprimer ainsi, leur véritable dossier. Une telle étude enseignerait non-seulement les faits d'une façon peu commune ; mais elle enseignerait aussi les mœurs, les caractères, la vie domestique en même temps que la vie politiqueet civile. Voilà le fruit qu'on retirerait de l'étude de ces vieux auteurs et des documents que je viens de nommer ici.
Quant aux travaux plus modernes, en donnant la préférence à certains travaux contemporains, je n'ai pas prétendu répudier les historiens autrefois estimés, Mézerai^ et surtout le P. Daniel^ auquel les plus savants historiens de nos jours rendent un juste hommage. Anguetil est très-loin de les valoir.
Parmi les écrivains modernes, un des plus éminents est sans contredit M. Guizot. Dans ses Essais sur V Histoire de France^ et dans son cours de 4828 à 4830, où il a fait de rhisioire de France une histoire de la civilisation moderne comparée, il est remonté aux sources, et a ouvert de nouvelles perspectives à la science. M. Guizot est un grand es-
H. é., lil. 4 3
prit, un esprit généralisateur, qui a de plus )e mër|te de bien étudier le^ faits. Touf ep rendant justice trës-souy^^{ à Tin- Ouence salutaire de TEglise, |I n'est pas exempt des préjugés du protestantisme, en particulier sur la constitution même de TEglise dans les premiers siècles, et il faut ôtre sur ses gardes ^ ce point de vue en le lisant. Mais ses aveux favorables p*en ont que plus de force, quand il parle comme il le fa}f des (évoques, des grands saints, de saint Benoît et des ptpnastères.
Un écrivain qui a contribué beaucoup aussi à ramener à rétude des sources et h mettre Vliistoire de j^rance dans une nouvelle voie, c'est M. Augustin Thierry. Il y a chez cet Wstoriep une vue nouvelle et très-féconde, quoiqu'il en ^it abusé jusqu'au système, celle des races diverses, avec leurs divers caractères, dont le mélange a formé les peuples modernes. Son histoire de la conquête de V Angleterre par les Normands est une œuvre d'invention et de génie. L'auteur est, en outre, un excellent, un véritable écrivain. Cet ouvrage, tou^fojs, n'est pas sans défaut. M. Thierry a forç<S son système et en a fait comme un lit de Procuste; puis il a mutilé et faussé une foule de faits et de personnages pour les y étendre. Mais les plus regrettables taches de' ce ^rand ouvrage sont dues aux préjugés anti-chrétiens de V^uteur et à son étrange animosité contre l'Eglise. Eclairé d'une lumière meilleure vers la fin de sa vie, il s'occupait d'effacer ces taches, et les a fait disparaître des premiers chapitres. La mort ne lui a pas permis d'achever ce consciencieux et salutaire travail. Ses Lettres sur rHistoii^e de France et son Essai sur la formation et les progrès du tiers-état^ portent aussi à un certain degré l'empreinte regrettable des premières opinions de l'auteur; mais nous croyons néanmoins que ces deux ouvrages, du reste éminents, peuvent être lus sans danger, dès qu'on s'est armé 4e quelque j^éfiance> et avec un très-grand profit.
Son frère, M. Amédée Thierry, a fait, non s^ns méri^p, YHistoire ies Gaulois, Vflistoire 4^s invasiom l^arbares^ \ Histoire de la Gaule sous radministrationromaj^e^ PM'ift" téressants récits de YHistoire romaine au v* siècle.
Le correctif nécessaire avec lequel il faut lire les ouvrages de MM. Guizot et Thierry, c'est Tabbô Gorini. Il s'pst trouvé, dans une petite paroisse d'un de nos diocèses, un prêtre, un curé de campagpe, esprit élevé autant que modeste, laborieux, infatigable, qui, s'attachant à remonter aussi ^ux
sources de notre histoire, et contrôlant, par les documents originaux, les récits et les appréciations de MM. Guizot et Thierry, a réussi, du fond de son presbytère, à donner avec convenance et autorité des leçons d'histoire à ces deux maîtres de la science historique. M. Augustin Thierry avait en haute estime l'humble et savant curé, et tenait grand compte de ses critiques. Nous recommandons avec instance ses bons et savants volumes.
Je regrette de n'avoir à mentionner la grapdq ftjsloirfi (Je M. I^enri Martin que pour en déconseiller la lecture ; le? savantes recherches de l'auteur, la vérité de quelques-uqs de ses aperçus, le talent de peindre qu'il y a dans quelques-uns de ses tableaux, disparaissent pour moi devant l'esprit général de l'ouvrage, profondément irréligieux et hostile au christianisme. Pour ma part, je ne recommanderai janiais de tels livres. — Les préjugés protestants de M. deSjsmondi rendent également peu sûre la lecture de son histoire estimable à d'autres égards. L'attrait du style manqua d'ailleurs trop souvent à son récit.
Il faut bien parler de M. Michelet pour dire qu'il y ayait chez lui quelques-unes des qualités du grapd hi^torjpq, ?'il 110 les eût si tristement perverties, pa^s son Histoire ^ Francejusqu'au^v* siècle, malgré d'étranges abus d'ijnagination, malgré des disproportions e^ des lacunes w0p[)e dans le récit, malgré un pspri» trop pçu p!ïrét»Wi U ï ^W^
des parties très-bien étudiées, des tableaux d*uae vérité saisissante, des beautés de détail admirables. Mais un jour est venu où le coup d*œil déjà peu sûr de Tauteur s'est entièrement troublé; les passions irréligieuses ont pris Tabsolue possession de son intelligence, Tont jeté, sur les questions de morale, dans les plus bizarres et vraiment les plus honteuses aberrations. L'historien n'a plus été qu'un scandaleux pamphlétaire. Peu d'hommes ont offert un plus lamentable exemple des torts que l'impiété fait au talent.
Le récent volume de M. Lacroix, professeur d'histoire & la Faculté de Nancy, et intitulé : Dix ans d'enseignement historique, est un ouvrage instructif et excellent, tout à fait digne d'être mis entre les mains de la jeunesse, et d'être lu par les hommes mûrs.
J'ai dit qu'après avoir pris une connaissance générale>au moins élémentaire, mais très-précise, de toute la suite de notre histoire, on pouvait choisir, comme sujet d'études plus approfondies, non-seulement telle époque particulière, mais encore telle histoire locale, par exemple l'histoire de la Bourgogne, ou du Dauphiné, ou du Languedoc. Si on a un plus grand intérêt à étudier, entre toutes les histoires, celle de son pays, on conçoit qu'il doit y avoir aussi un intérêt particulier à étudier plus spécialement dans l'histoire de son pays celle de sa province. J'insiste sur cet objel, assurément fort digne des études d'un homme de loisir, l'histoire provinciale.
Nos grands Bénédictins du xviii' siècle ont posé les assises de cette histoire dans plusieurs provinces : Vaissette, le plus éminent de tous, en Languedoc; Planche, en Bourgogne; Lobineau et Maurice, pour la Bretagne; Calmet, pour la Lorraine, etc. ; mais depuis ces vénérables et laborieux successeurs de Mabillon, on a mis en lumière une foule do documents. Que de monuments inconnus de leur temps, et aujourd'hui rendus à la science I On en publie tous les Jours
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dans les recueils des sociétés savantes; tout honnête homme doit encourager de ses sympathies ces publications, dont il ressort du reste presque toujours une appréciation remarquable du passé catholique. En outre, des écrivains contemporains se sont plu à écrire Thistoire de leurs provinces; par exemple, en Bretagne, MM. de Courson, de la Borderie, de Villemarqué, Pol de Courcy; en Dauphiné, M. Albert du Boys, M. le comte Charles de Monteynard * et M. Tabbé Trépied»; en Franche-Comté, M. Edouard Clerc et M. Hugon- Dangicourl; en Lorraine, M. Guerrier de Dumast et M. de Metz-Noblat; Tabbé Monlezau en Gascogne; Tabbé Cochet, lauréat et correspondant de Tlnstilu t^ en Normandie ; en Bourgogne, M. Rossignol et M. Foisset, ont publié sur leurs différentes provinces des ouvrages où l'antique foi et la vérité sont présentées et défendues par la pleine lumière de l'érudition moderne.
Je craindrais, si je voulais faire ici une revue des bons ouvrages qui ont paru de notre temps sur telle ou telle partie de notre histoire, telle ou telle province de notre pays, de me laisser entraîner en ce moment à trop de détails, et aussi de commettre une sorte d'injustice en ne citant pas tous ceux qui pourraient être cités; je ne puis cependant ne pas nommer VHistoire des Ducs de Bourgogne^ par M. de Barante, pleine de charme, et où le récit a toute la naïveté et l'intérêt des anciennes chroniques avec lesquelles il a été composé; l'ouvrage de M. Dareste de la Chavanne, i^T l'administration de la France depuis Philippe-Auguste; ^^s Fondateurs de V Unité française, et la Monarchie française au xviii® siècle^ par M. de Carné; le beau travail de M. Wallon, sur Jeanne d'Arc ; VHistoire de madame de Main-
* Publication du Gartulaire de Tabbàye de Domène, avec une excellente préface.
* Preuves de l'authenticité du Cartulnire attribué h, saint Hugues, en réponse à M. Fauché Prunelle.
tenon^ par M. le duc de Noailies, ouvrage considérable, aussi savant et curieux que noblement écrit ; celle deTadministralion de Colbert, par M. Clémenl; et sur Henri IV, le savant ouvrage de M. Pbirson, et le lumineux essai de M. C. Mercier de Lacombe,inlitiilé :1a Po//^i(7ued7/enn/K; la très-remarquable histoire de Louvois, par M. Camille Rbusset, couronnée par TAcadémie, etc.
Mais s'il y a une partie de Tliistoire de France que je conseille surtout d'étudier à fond, — non pas tant certes aux très-jeunes gens qu'aux hommes mûrs et aux pères de famille, — et vers laquelle d'ailleurs les esprits soient plus pointés, c'est celle qui, commencée en 4789, on peut le dire, dure encore. Certes, les événements qui se passent dans cette période, les questions qui s'y débattent, nous touchent d'assez près pour qu'il nous importe de savoir exactement cette histoire ; et les erreurs, que les passions politiques, philosophiques et irréligieuses y ont répandues, sont une raison de plus pour chercher à y voir clair. Je suis trèsconvaincu, pour ma part, qu'un grand pas sera fait vers la pacification des esprits, quand les événements si complexes de la Révolution seront connus sous leur vrai jour, et le départ entre le bien et le mal déterminé avec la haute et sévère impartialité qui convient à l'histoire. On ne l'a pas assez fait jusqu'ici; on a trop négligé, en général, ce qui est le grand enseignement de l'histoire, et son intérêt le plus saisissant, quelquefois le plus douloureux, mais aussi le plus lumineux, je veux dire l'étude à fond des caractères et des âmes. Plusieurs aussi, entraînés par les passions du temps, ont trop oublié l'éternelle loi morale et sociale, et ce principe inviolable qu'il ne faut pas amnistier le crime pour les résultats, que la fin ne justifie pas les moyens, et qu'en un mot, il n'est jamais permis de faire le mal pour arriver au bien.
Il est incontestable du moins qu'un homme bien éclairé
sur cette histoire, cbhiiaissàht à fond les évënemenu et les Ëdmines, les causes et les effets réels, ne flotterail pat dans son appréciation dé cette formidable époque à tous les teoU de Topinion et des partis, et serait plus éclairfi et plus fort dans les liittës présentes. Ici surtout, ce ne sont pas les livres qui manquent; mais rembarras est dt bied choisir parmi tarit de livres écrits la plupart avec la passion contemporaine. Les plus célèbres sont assez connus et entre les mains de tout le monde. Il est inutile de les nommer tous. Je tne bornerai à avertir du danger, et à cbnseillcr* siirtotit aux jeunes gens, d'être en grande défiance, et de ne rien lire sur ces matières avant d'avoir consulté un homme |ràvé et sûr.
Une excellente introduction à l'Histoire de là Itëvolutlon se trouve, selon moi, daiiS quatre publications importantes :
4° Vhistôire du règne de Louis IV l pendant les années où on pouvait prévenir la Révolution^ par M. Droz, de l' Académie française. Ce livre, beaucoup trop peu connu, ne saurait être assez recoinmandè. M. de Montalettibert Ta Irèsjudicieusement apprécié dads son discours de réception à rÀcadémie ;
2« Les assemblées provinciales avant 4789, par M, Léonce
de Lavergne, ouvrage plein de science et surtout de cdns-
cieface, mais qui attristé profondéinent ; car il révèle tout ce
qiiil y avait eri France, ad moment de la révolution, d'élé-
iheniâ inappréciables, d'effdns intelligëiits et courageux,
qui devaient et pouvaient, avec un roi aussi parfaitement
siiicëre et bien intentionné que Louis XVI, assurer le ti'idm-
phe de la vraie liberté et la régénération dU pays, si quel-
(|iies scélérats, jiiassant entre la vanité des tins et la foihlesse
dés âiitres, né s'étaient emparés de tout, h'âvaiëtil bientôt
tout dominé et tout perdu ;
3° Vaûcieh régime et là hévolutioh, par M. de Tocqueville. On y apprend à connaître ce qu'était la France avant
la Révolution : et rien n'est plus essentiel, car rien n'est au fond plus inconnu. Pour moi, je ne crois pas qu'on puisse porter un jugement sur la Révolution et l'ancien Régime sans avoir lu M. de Tocqueville. Il a plus étudié pour faire cet unique volume que d'autres pour faire de gros livres sur le même sujet;
i"" Les Cahiers de 4789 que M. de la Roquette et M. E. de Barthélémy republient.
Sur la Révolution elle-même, l'ouvrage peut-être le plus consciencieux, le plus exact et le plus terrible de vérité, bien qu'il soit encore inachevé, c'est VHistoire de la Terreur^ par M. Mortimer Ternaux. Les quatre premiers volumes ne vont que jusqu'à !a mort du roi. 11 fait commencer avec raison la Terreur dés 4790 ; et quant à moi, je la ferais commencer encore plutôt. Du joiir où TAssemblée Constituante enleva toute force à l'autorité publique, s'en empara, et ne sut ou ne voulut pas s'en servir pour réprimer le désordre; du jour où il y eut en France un meurtre impuni, c'est-à-dire dès les o et 6 octobre, et même dès le 44 juillet, la Terreur a commencé, la Terreur des bons et l'audace des méchants : dès lors, la Terreur régna, et sur l'Assemblée Constituante elle-même. Malgré les esprits généreux qui se trouvaient dans celte Assemblée elle fut misérablement et constamment dominée tout à la fois par la pression des tribunes, par les violences de la rue, et par ceux auxquels Mirabeau criait trop tard et vainement : « Silence aux Trente I »
Il m'est impossible de ne pas mentionner au moins les deux grandes histoires de M. Thiers : celle de la Révolution et celle du Consulat et de r Empire. La première est une œuvre de jeunesse, un plaidoyer en faveur des hommes et des choses d'un temps que M. Thiers avait le tort de trop admirer. Ou je me trompe, ou depuis Tépoque qui lui fit prendre la plume, de nouvelles révolutions lui ont donné
sur ce temps, à iui comme à d'autres, de nouvelles et plus sûres lumières. Cet ouvrage n'est certes pas le seul qui puisse faire à un jeune homme, sur cette époque, des impressions dangereuses, et ici, grâce au talent de l'écrivain, ces impressions seraient peut-être dans la suite difficiles à modifier. On a dit de cette histoire que la vérité des couleurs n'y répond pas toujours à l'effet du tableau. Je laisse ces critiques de détail; et je me borne à dire que, quant à moi, l'étude que j'ai faite de près des hommes de la Révolution, de leurs paroles et de leurs actes, de leurs écrits et de leur vie, me donne sur le fond des choses et sur les horreurs de cette époque, des lumières que nul panégyrique n'éteindra jamais dans ma conscience invinciblement éclairée; et cela, du reste, sans diminuer en rien mes convictions sur les déplorables abus de l'ancien régime, ni sur toutes les réformes nécessaires, qui étaient alors également réclamées par la politique, par la justice, par la religion, et que Louis XVI voulait plus sincèrement que personne.
VHistoire du Consulat et de VEwpire a été composée k une époque où M. Thiers avait passé par l'expérience des affaires publiques; ses jugements y ont une bien autre maturité. Sur les choses religieuses en particulier, il a l'intention d'être juste et vrai; à son insu, il est loin de l'avoir loujours été ; la lumière lui manque sur bien des points, et je me liens pour assuré qu'il pourrait modifier davantage encore aujourd'hui ses opinions, en particulier sur la négociation du Concordat, sur les articles organiques, sur les luttes de Pie VII avec Napoléon. La lecture des mémoires, récemment publiés, du cardinal Consilvi, l'y aiderait assurément beaucoup. L'immense popularité de VHistoire du Consulat et de VEmpire est du reste assez notoire. On y trouve les éminenles qualités d'historien qui distinguent M. Thiers et le placent à un si haut rang : la clarté, la rapidité, la vivacité, l'entente des faits, l'habileté d'exposition,
lé talent de tout concevoir et de tout exprimer de manière à faire tout comprendre, et ce grand charme, enfin, qui fait qu'on est entraîné par une telle lecture, et qu'on ne iDeut quitter un volume après ravoir commencé. Je recommande particulièrement à mes lecteurs le résumé qui termine le dernier volume. C'est là que M. Thiers, plus définitivement éclairé par l'ensemble des faits, et moins fasciné sur son héros, porte sur lui un jugement qui est plus complètement la pensée de Thistorien, et qui se rapproche mieux de ce qui sera le jugement de la postérité et Tarrêt de Thlstoire.
M. Mignet a donné une courte histoire de la Révolution frahçalse, écrite au même temps et sous la même inspiration que celle de M. Thiers: c'est aussi une œuvre de jeunesse, composée avec toute la rigueur de l'esprit de système et empreinte d'une sorte de fatalisme historique, qui ne serait plus aujourd'hui dans les idées de l'auteur. Je ne conseillerais pas non plus à un jeune homme inexpérimenté d'aller chercher dans cet ouvrage la formule de la Révolution française. M. Mignet, depuis lors, a fait d'auti'es travaux historiques d'un ordre supérieur, parmi lesquels je citerai les Négociations relatives à la succession d'Espagne, J'ai particulièrement remarqué, dans ses Notices et Mémoires historiques^ les pages sur saint Boniface et Taciion des Bénédictins en Allemagne. Je regrette d'avoir à prévenir les jeunes lecteurs contre Vllistoire de Marie Stuarty du même écrivain; il y a dans ce livre un mérite incontestable, mais qui, à son insu, n'est pas toujours, je le crois, celui de la vérité*.
Je ne puis omettre ici, et je conseille expressément la lecture des deux grandes histoires de M. de Barante, VHis-
* Une savante et exceUente justification de Marie Stuart a été récemment publiée par M. Wiesener, jeune professeur de l'Université ; et jusqu'à présent les adversaires de Marie Sluart n'ont pas essayé de lui répliquer* C'est intitulé : Marie Stuard et le comte de Dothwell, 1863.
LBTTRB iiv. — L'histoire dk frange. 227
toire de ta Convention [six volumes), et Vkistoire au Direcroiré (trois volumes], ouvrages remarquables par Tëtude des faits, la sûreté des récits, la sérénité et l'élévation du style, la modération et là douceur extrême des jugements.
VÉistoirè dé la Révolution^ par M. Lacreteile, a précédé touies celles que je viens de nommer, et bieii que ceux qui sont venus après lui l'aient un peu fait oublier, elle n'est pas assurément sans mérite.
C'est ici que je dois nommer l'Histoire de la Restauration par M. Nettement, qui n'est pas encore achevée, mais dont plusieurs volumes importants ont déjà paru. On trôtlve dans ce livre une grande véracité, un grand esprit de conciliation, et le talent connu de Fauteur.
Parmi les ouvrages épisodiques et les mémoires qui se rattachent à la Révolution et à l'histoire contemporaine, je me bornerai à signaler :
L'Histoire de Napoléon et de la grande armée pendant l'année iSMi^ par M. de Ségur, ouvrage qui obtint, quand il parut, un si grand succès;
Les Souvenirs contemporains^ de M. Viilemain, volume d'un intérêt si profond, si vif, si attachant.
Je nomtherai aussi les si intét'essâhts Vlémoires de i/"* la marquise de la Rochejaquelein^ rédigés pai» M. de Barante;
Et encore l'admirable Histoire de Louis XVïIj par M. de Beauch'esne, un deS livrés qui m'ont le plus ému, et surtout le plus éclairé sur la dévolution française ;
Et aussi la Correspondance de Mirabeau avec le comte de LaMark:'}^ recommande très-particulièrement la lecture attentive de Tlntroduction à cette correspondance, par le si regrettable M. de Bacourt ;
Enfin les Dernières années de Louis XV J^ par M. Hue ;
Et les Mémoires de Cléry.
Je suis très-convaincu que ce n'est pas dans les ouvrages
228 LETTRES A IN liaMME DU MONDP.
composés avec effort d'esprit et pour faire triompher des systèmes préconçus, qu'il faut étudier la révolution française, mais dans les livres qui mettent les actes, les paroles, les hommes et les choses sous les yeux. On voit alors, et on juge. A ce titre, je puis signaler comme jetant sur les événements une grande lumière, parles documents authentiques :
Marie- Antoinette à la Conciergerie, et V Histoire du tribunal révolutionnaire de Paris, par M. Emile Campardon. archiviste de l'empire ;
La Justice révolutionnaire, par M. Berryat Saint-Prix ;
\é Histoire des Journaux en France^ par M. de Monseignat.
Enfin, je ne puis oublier ici la Correspondance de Marie- Antoinettey récemment publiée, qui a été une révélation si inattendue et si éclatante d'une des plus aimables et des plus héroïques natures qui furent jamais, et qui est en même temps sur cette époque le monument le plus vrai, le plus authentique et le plus vivant.
Enfin, sans adopter toutes les vues particulières de M. de Maistre et du célèbre Burke sur la Révolution française, il est évident qu'on trouvera un intérêt très-grand à lire les Considérations sur la France du premier, et les Réflexions sur la Révolution française du second. Burke surtout montre une âme, une éloquence, un génie merveilleux. 11 froudroie comme la justice divine. •— Evidemment il est très-bon d'entendre sur ces faits ceux qui les ont vus de haut et de loin, et qui n'étaient pas, en écrivant, sous le coup et la tyrannie des événements.
J'ai recommandé d'abord l'étude de celle grande époque de la Révolution française, parce qu'elle dure encore, et que les questions formidables qu'elle a soulevées sont loin d'elle toutes résolues. Mais on no peut pas s'en tenir là. Il n'y a pas moyen d'oublier qu'avant la Révolution il y eut une franco, et une France glorieuse ; et certes, pour l)ien
des raisons, 89 n'est pas chez iious Tunique date à laquelle il faille s^arrêter.
Toutefois, je ne remonterai pas Thistoire de France de siècle en siècle pour indiquer l'intérêt particulier que présente chaque époque; mais comment passer sous silence et ne pas recommander à Tétude spéciale des hommes tant soit peu curieux de connaître la plus glorieuse et la plus féconde époque de notre pays, ce grand xvii« siècle, ce règne de Louis XIV, sur lequel d'ailleurs tant de travaux remarquables ont été faits : histoires générales ou récits particuliers; biographies, mémoires *, études de tout genre, sur l'administration, les finances, les guerres, sur toutes lesgrandes questions et les grands hommes de ce temps-là : voilà assurément qui mérite d'être étudié, voilà qui vaut mieux que les études malsaines, et les entretiens quelquefois plus malsains encore du club et du cercle, et que toutes ces frivolités et ces misérables occupations qui dérobent trop souvent les meilleurs heures et les meilleurs jours! Je le demande de nouveau, comment a-t-on du temps à donner aux vains littérateurs et feuilletonistes de l'époque, et pas un jour, pas une heure pour l'étude des grands siècles de l'histoire de son pays? Plus j'avance dans l'examen détaillé de ce qui pourrait occuper utilement les loisirs d'un homme du monde, plus devient inexplicable pour moi l'abandon si fréquent de toute élude sérieuse. N'est-il pas évident que l'histoire de France, à elle seule, suffirait pour occuper et charmer toute une vie? Nous n'en sommes qu'au xvii* siècle, et déjà combien d'ouvrages du plus haut intérêt, que bien peu de jeunes gens et d'hommes du monde ont lus, et qu'il leur serait si facile de lire I
' Malgré mes répugnances, cl toutes les réserves que je suis obligé de faire, je dois nommer ici. au premier rang, le cardinal de Retz et Saint- Simon, celui-ci rival de Bossuet p&r la splendide originalité de sa langue, et quelquefois par \^ hauteur de sa pensée.
230 LETTRES A UN HOMME DU îdONDE.
Si nous remontons plus haut dans notre histoire, nous trouvons Henri IV et la Ligue, les guerres de religion, lé proteslantisriie, là découverte de l'Amérique et Tliistoire des colonies européennes dans le Nouveau-Monde, et ehÎBn le Moyen Age.
Le Moyen Age, époque longtendps négligée, obscure, mal
i*ugéë, est enfin aujourd'hui plus équilablemént appréciée, ^à, surtout, dans Tombre mal éclaircie, dans l'apparent chaos de cos temps, Tincrédulité était allée chercher ses arînes, et une histoire également ingrate et mensongère faisait un crime à TÉglise de ses propres bienfaits. [ Il est un point important surtout qu'on a trop oublié ici : c'est que l'Église, ou la Papauté, au moyen âge, n'a jamais été, en fait, une souveraine paisible et incontestée ; qu'elle a toujours rencontré, ici où là, pour ne pas dire partout, des résistances violentes ; qu'elle était la tête de la société, mais une tête à laquelle le corps était loin de toujours obéir; et que par conséquent elle ne saurait être responsable de tous les abus, crimes, excès, que certains historiens lui ont imputés injustement, et dont beaucoup remontent même jusqu'au paganisme romain et germanique.
Le jour s'est levé d'ailleurs sur ces grandes questions ; et bien qu'aujourd'hui encore des esprits extrêmes en restent sur ie moyen âge au dénigrement absolu ou à l'enthousiasme absolu, un esprit impartial et sincère peut contempler, à côté des misères inévitables, la grandeur réelle de ces temps et la portée véritable des faits.
Quels temps et quels faits immenses ! A s'en tenir aux grandes lignes de cette histoire, les invasions et les établissements successifs des Barbares, l'Islamisme, le règne de Charlemagne, le Schisme grec, la Féodalité, les Croisades, les grands Papes, les grands Ordres religieux, la lutte du Sacerdoce et de l'Empire, les guerres entre là France et l'Angleterre : voilà les grands faits historiques '4Ui doml-
nent tout le moyen âge. Qui ne voit, d'après ce simple énoncé, quel haut intérêt présentent de telles études? Aussi, avec quel ardeur les hommes de labeur ont-ils exploré celte époque 1 La science catholique et même la science protestante s'y sont exercées à Tenvi; etqui veut étudier ces temps n'esi pas en peine de trouver d'excellenls ouvrages, (juelques-uns même écrits par nos frères séparés, que la bôrine foi et la vraie science ont transformés en apologistes inattendus de TEglise, de la Papauté, et des grandes Institutions catholiques. Comment se fait-il, encore une fois, quand on a des loisirs, qu'on ne soit pas tenté d'étudier par soi-même et de se faire une opinion personnelle, éclairée, sur de tels siècles et de tels faits?
Que ceux auxquels je m'adresse comprennent bien ma pensée. Je ne demande pas à tous les hommes qui ont du loisir de se faire érudits; mais je ne vois certes pas pourquoi ils dédaigneraient de profiler du travail des érudits; et je leiir montre comment ils pourraient, avec peu de peine, ou t)lutôt avec un grand charme, par de simples lectures bien ordonnées, employer noblement leurs loisirs, acquérir d'utiles connaissances, et tenir constainment leur esprit dans une région élevée. Que d'autres s'enfoncent dans le passé et fouillent péniblement le sol de Thistoire ; en un tnot, que les savants fassent la science; mais au moins que les hommes du monde se donnent la peine de lire, et de profiler de la science toute faite !
Vraiment ici ma surprise est extrême, et mes regrets, je ne veux pas dire mes reproches, s'adressent non pas seulement aux jeunes gens ei aux hommes légers, mais à des hommes sérieux et à des chrétiens sincères, qui restent trop indifiérents aux questions les plus intéressantes pour leuir foi, el ne prennent pas même la peine de lire les ouvrages des catholiques militants, qui sohl pour eux sur la brèche, et défendent la cause commune. Comment! voilà
des écrivains, des laïques, tels que MM. Ozanana, Charles Lenormant, Franz de Cbampagny, Albert de Broglie, de Montalembert, qui consacrent de longues années à étudier quelque point important de Thistoire ; Ozanam use sa vie à faire Thistoire de rétablissement du christianisme chez les Germains ; M. de Montalembert poursuit depuis vingt ans l'histoire de Tordre monastique en Occident : M. de Broglie publie sur TËglise et Tempire romain au iv* siècle six beaux et savants volumes. N'y a-t-il pas une vraie tristesse à penser que pour beaucoup de catholiques, à qui il en coûterait peu de lire ces ouvrages, ces ouvrages sont comme non avenus ?
Serait-il donc si difficile de faire un travail comme celui que je vais dire, et de lire, dans un temps plus ou moins long, selon les loisirs qu'on a, mais avec suite, la série d'ouvrages que je vais indiquer, qui s'échelonnent pour ainsi dire, et se complètent les uns les autres ?
Commencer, par exemple, avec Les Césars de M. de CbampagWYi y compris Rome et la Judée ; poursuivre avec ses Antonins^ trois ouvrages de premier ordre, que doit suivre un dernier tableau, où se développeront parallèlement pendant le in« siècle la décadence du monde païen et les progrès du christianisme. De là, il n'y a qu'un pas aux six volumes de M. de Broglie sur VEglise et Vempire romain au iv« siècle; M. de Broglie donne la main à Ozanam, qui fait suite avec ses volumes sur la Civilisation au v* siècle : c'est l'époque de l'invasion des Barbares. On peut poursuivre alors encore avec Ozanam et son Histoire de rétablissement du christianisme chez les Germains; puis on rencontre les belles leçons historiques de M. Ch. Lenormant, qui introduisent plus avant dans le moyen âge, et les quatre magnifiques volumes de M. de Montalembert sur les Moines d'Occident, — Un chef-d'œuvre d'érudition et d'équité historique, qui fermi entrer encore plus h fond dans Vintelligençe
de ces temps, c*est le Pouvoir temporel du Pape au moyen âge, par le modeste et savant abbé Gosseiin.
Je pourrais multiplier ces indications, ajouter ici, aux ouvrages cités déjà, Thistoire de quelques grands papes, telle que VHistoire d'Innocent III, par M. S. Hurter, ou de Gré^ fjoire VII, par Voigt; VHistoire de Photius et du schisme f/rec, par M. Jager, très-intéressante par le fond des choses; VHistoire des Croisades^ par M. Michaud, ouvrage qui n*est pas sans reproche assurément, mais qui, malgré ses défauts, n'a plus, selon moi, la réputation qu'il mérite; enfin, VHistoire des Variations, par Bossuet, où Torigine et les phases diverses du protestantisme sont retracées de main de maître, et qui, malgré les discussions théologiques qu*on y rencontre parfois , offre un intérêt et un charme singulier. N'est-il pas manifeste que ces lectures seraient pour tout esprit quelque peu sérieux du plus haut intérêt, et qu*elles ne demandent pas un travail impossible ; qu'il s*agit ici simplement de leur donner une part do son temps, et de les poursuivre avec constance? Voilà comment je comprendrais qu'un homme d'intelligence et de loisir s'occupât d'histoire.