CHAPITRE IY
Méthode particulière d'enseignement historique.
Après avoir exposé les avantages et les inconvénients de l'Enseignement historique, après avoir montré comment on doit prévenir les périls et corriger les excès, il me ret-
tcrait à tracer une méthode pratique, bonne et convenable, qui eût pour effet de ne laisser produire à renseignement de l'Histoire que les meilleurs fruits. Cela est assez difficile. Un ancien professeur de l'Université, fort distingué assurément et fort chrétien, M. Edouard Dumont, écrivait il y a quelques années : t S'il est maintenant reconnu que l'en- « seignement de l'Histoire est une partie essentielle de « l'instruction, la direction, et la division de cet enseigne- « ment spécial ne sont pas véritablement fixées. Il n'y a pas t vingt ans que les chaires d'histoire ont été élevées dans « les collèges de Paris; on n'a donc fait, jusqu'à présent, « en ce genre, que des essais. »
Ainsi, il faut savoir l'histoire : nulle contestation n'est possible à cet égard ; on ne peut ignorer le genre humain, comme dit Bossuct; mais quand et comment faut-il l'étudier? quelles histoires faut-il apprendre aux enfants, et dans quel ordre? Par exemple, faut-il commencer par Vhistoirc romaine ou par Yhhtoire sainte y quand et comment enseigner l'histoire du moyen-âge et l'histoire moderne?
A quel âge, à quelles classes, assignera-t-on chacune de ces histoires? quelle sera, en un mot, la meilleure méthode pratique de cet enseignement?
Sur tout cela, après avoir consulté les souvenirs de mon expérience, les règles du bon sens, et la pratique des plus sages professeurs, je me bornerai à dire quelle méthode nous avons cru devoir suivre au petit séminaire de Paris, et quelle est celle qu'on suit encore aujourd'hui au petit séminaire d'Orléans.