CONCLUSION. — ALUANCR DE LA RAISON F.T DF LA FOI
comme les études littéraires, trouvent un dernier asile. Ce sont les philosophes de l'Eglise qui ont donné au moyen âge, par la bouche de saint Thomas, la plus belle définition de la raison humaine : Quœdam participât™ lunUnti m terni.
Il est vrai, la philosophie, sauvée par rious, s'est souvent insurgée contre nous; mais les écarts des philosophes ne parviendront jamais à nous faire proscrire ni la philosophie, ni la raison. Aujourd'hui comme toujours, l'Eglise repousse également, et ceux qui accordent trop à la raison, et les apologistes téméraires qui ne lui accordent pas assez.
Sans doute, l'apôtre saint Paul nous met en garde contre une philosophie vaine et trompeuse, philosophiam et inanem fallaciam Mais saint Augustin déclare, et le bon sens avec lui, que les divines Ecritures n'entendent point par là condamner la bonne philosophie : Inde etiam divinœ Scripturœy non omnino philosophes, sed philosophas hujusmundi evitandos atque irvidendos esse prœcipiunt. Ce ne sont pas les philosophes, mais les philosophes de ce monde, que l'apôtre nous dit d'éviter et de railler.
Et avant saint Augustin, Origène, dans sa réponse à l'épicurien Celse, insiste sur cette distinction capitale, et revendique avec autant de fierté que pas un les droits de la vraie philosophie.
« L'Apôtre, disait Origène, n'a pas dit simplement que « la sagesse est une folie devant Dieu : il ne parle que de « la sagesse de ce monde. La sagesse est la reconnaissance « des choses divines et humaines, et de leurs causes. Une h telle sagesse ne détournera personne de la connaissance « des mystères chrétiens. Car ce n'est pas la vraie sa- « gesse, mais l'ignorance qui égare, et il n'y a de solide
* Ad Colos., il, 8.
« au monde que la science fruit de la sagesse 4. » Ailleurs, Origène ne craint pas de dire que « c'est Dieu même qui a révélé aux philosophes ce qu'ils ont dit de bon. » Ce qui est au fond la parole même de saint Paul, sur les philosophes anciens: Quodnotumest Dei, Deusmanifestavii illis f.
Et tout cela> n'est-ce pas ce que le Saint-Siège a lui-même déclaré, dans des propositions célèbres dirigées contre le traditionalisme :
Istœ thèses, decreto S. C. Judicis d. 44 junii 4855 à SS. D. IV. Pio IX 45 junii approbato...
4 . Etsi fides sit supra rationem, nulla (amen vera dissentio, nullum dissidium inter ipsas inveniri unquam potest, cum ambœ ab uno, eodemque immutabili veritatis fonte, Deo Optimo Maximo, ofiantur, atque ita sibi mutuam opetn ferant. (Encycl. P. P. Pii IX, 9 novembre 4846.)
2. liatiocinatio Dei existentiam, animœ spiritualitatem, hominis libertatem, cum certitudine probave potest. Fides posterior est ratione, proindeque ad probandum Del existent iam contra atheum^ ad probandum animœ rationalis spiritualitatem, ad libertatem contra naturalismi ac fatalisyni sectatorem, allegari convenienter nequit.
3. Rationis usus fidemprœcedit, et ad eam hominem, ope vevelationis et gratiœ, conducit.
4. Methodus, quâ usi sunt D. Thomas, D. Bonaventura et alii posl ipsos scholasticl non ad rationalismumducis, neque causa fuit cur apud scholas hodiemas philosophia in naturalismum et pantheismum impegerit.
Proinde non licet in crimen doctoribus et magistris Mis vertere, quod methodum hanc, prœsertim approbante vel saltem tacente Ecclesia, usurpaverint.
11 y a d'ailleurs une raison profonde, pour laquelle TÉglise,
1 Oiuo., Cont. Ccls.
* Ad Rom., i, 19. Quod notum est Dei manifestum est in illis ; Deus enim illis manifestavit.