‹ De la haute éducation intellectuelleChapitre 44 sur 80 · CONCLUSION. - ALLIANCE DR LA RAISON ET DR LA FOI · texte numérisé non relu

CONCLUSION. - ALLIANCE DR LA RAISON ET DR LA FOI

cè qui la compromettrait et la déshonorerait, si elle pouvait Têtre.

Ce qu'elle demande à tous les philosophes, c'est de ne pas exagérer les droits de la raison, et de ne pas oublier ses devoirs; c'est de ne pas proclamer une indépendance qui n'est pas, qui ne peut pas être; c'est de ne pas conclure i\ un isolement qui serait stérile et funeste; c'est de ne pas repousser systématiquement une lumière qui remplit le monde; c'est de ne pas faire reculer la raison humaine de dix-huit siècles.

Ce qu'elle demande enfin, c'est que toutes forces de l'esprit humain s'unissent, que toutes les vérités se fortifient mutuellement, que toutes les lumières se rapprochent, pour faire marcher l'homme dans la voie de tous les progrès possibles, et le conduire à sa double fin temporelle et éternelle.

Il y a, nous l'avons dit et nous le rappelons pour conclure, il y a, pour arriver à la possession totale de la vérité, trois degrés îi franchir, et comme trois sagesses. Il y a la raison ou la sagesse de la nature : l'Eglise n'entend pas l'amoindrir, et n'entend pas non plus qu'on la lui interdise; l'Eglise vient à elle et lui tend la main, pour l'aider dans ses déductions légitimes et la conduire aussi loin qu'elle peut aller; puis quand cette sagesse s'arrête, pour combler ses lacunes et suppléer à son insuffisance, l'Eglise offre la révélation, qui est la sagesse de la grâce, laquelle, promettant h nos âmes altérées de lumière et d'amour une satisfaction plus complète encore, nous conduira jusqu'à cette intuition éternelle qui sera la sagesse de la gloire, l'immortelle et divine philosophie.

Que la philosophie ne craigne donc pas de s'unir h ses lumières supérieures de la révélation, et qu'on ne défende pas aux chrétiens de marcher aussi au flambeau de la philosophie.

Car, selon une belle parole d'un philosophe chrétien, apologiste de la Religion au ive siècle, Lactance : « Ce serait > une grave erreur que de vouloir s'attacher à la religion à « l'exclusion de la philosophie, ou à la philosophie à l'exclu- « sion de la religion. Ces deux ordres de vérités ne peuvent « être l'un sans l'autre »

Nous le dirons donc, en finissant, avec saint Augustin : t Ceux qui pensent qu'il taut fuir toute philosophie ne « tendent à rien moins qu'à nous empêcher d'aimer la sa- « gesse1.»

1 Homines ideo falluntur, quod eut religionen su$cipiu»tf omissa sapientia, nut sapientiœ soîi student, omxssa religione, cum alterum sine eîtero non pû$sit tsse verttm. (Lact., Dit. in»!., lit. III, cap. n.)

</K.f« «on amarc ^apieultam. {De Ordine, liv. I, 3î, E.)

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