‹ De La Hernie Inguinale Étranglée Chez Le NourrissonChapitre 13 sur 28 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

En présence d'un étranglement herniaire chez le nourrisson, quel parti faut-il prendre? Avant tout ne pas perdre de temps et opérer de suite la réduction, soit par le laxis, soit par la kélotomie.

Il est certain que, chez les sujets qui nous intéressent, beaucoup plus que chez les adultes, le taxis arrive à triompher de l'agent de striction et à remettre les choses dans l’ordre. C'est ainsi que de grands chirurgiens comme Holmes el Saint-Germain, qui ont souvent observé l’étranglement chez des nourrissons,ont eu la bonne fortune de n'être jamais obligés d'intervenir. De même Guersant (1) et Félizet (2) déclarent avoir le plus souvent employé le taxis avec succès.

[Il convient done, avant de pratiquer loute intervention

(1) Nolice sur la chirurgie des enfants.

(2) Les hernies inguinales de l'enfance, p. 337.

sanglante, de se livrer aux manœuvres externes de réduction. Et, à ce propos, voici ce que nous conseille Guersant (1) : « Lorsque nous voulons mettre en usage le taxis, surtout chez les plus jeunes enfants, nous les plaçons sur un plan incliné, de manière à tenir la tête el le tronc plus bas et le bassin élevé: nous suivons les préceptes indiqués pour le taxis chez les adultes ; nous pressons la tumeur près de l'anneau, de manière à faire rentrer la partie supérieure d'abord et le reste ensuite. Nous essayons d’abord cette manœuvre fort peu de temps-sans employer le chloroforme: mais, dès que nous en avons reconnu l'inutilité, ce qui arrive souvent parce que les enfants, en poussant, s'opposent à la réducion, nous conseillons d'appliquer un caltaplasme sur la tumeur ; nous faisons prendre un bain el de suite nous avons recours .à l'anesthésie, afin de pouvoir meltre en usage le Laxis sans avoir à redouter les cris et les efforts des petits malades. Presque toujours nous sommes arrivé à réduire. »

Dans ces quelques lignes se trouve résumée la pratique du taxis. Seulement nous devons ajouler que ces manœuvres ne doivent pas êlre De au delà de eing minules à cause des accidents qu'elles peuvent causer (contusions, hémorragies, déchirures de la porlion herniée). Il est même des cas où le taxis ne sera pas du tout pratiqué : c'est lorsque lon à diagnostiqué une appendicite ou une diverticulite herniaires ; car, ainsi que nous l'avons déjà dit, on s'expose à produire une péritonile septique généralisée par réduction dans la cavité

(1) Loc: cit.

Le PYRQLES périlonéale du liquide du sac dont nous avons fait connaîlre les altérations microbiologiques.

On s'abstiendra également du taxis si l’étrangléement date de plusieurs jours, car on s'expose à rentrer dans l'abdomen une anse gangrenée ou perforée et à prodaire encore une péritonile mortelle.

Supposons que le taxis ait amené la réduction, ee que l'on jeconnail à la cessation des phénomènes fonctionnels el au rétablissement du cours des matières et des gaz, faut-il s’en tenir à ? Non. Le taxis ne doit être considéré que comme un traitement d'attente.

Tous les chirurgiens s'accordent à reconnaitre que, - surtout lorsqu'on a affaire à des hernies du gros intestin, les récidives sont fréquentes el se produisent à brève échéance. Broca cite le cas de plusieurs enfants de son service qui ont été affectés jusqu'à l'opération de crises d'irréductibilité.

Ainsi donc, après le taxis, chez les tout jeunes enfants, on pourra conseiller le port d'un bandage. « Ce bandage sera en caoutchouc avee pelote à air. Il serà bilatéral même si la hernie est unilatérale et devra être porté. jour et nuit. Un bandage double tiendra beaucoup mieux’ en place el préservera l'anneau opposé contre la production d'une hernie possible chez un individu déjà prédisposé. Son avantage est d’être facile à nettoyer, mais il à l'inconvénient de ne pas maintenir suffisamment la hernie (1). » 12 Le

Mais si le bandage doit êlie mal appliqué, s’il n'arrive pas à maintenir la hernie réduile, on peut, sans tenir

(1) Masson. — Thèse Paris, 1903-1904,

comple de l’âge de l'enfant, pratiquer la cure radicale, dont la bénignité est sans conteste.

Eu effet, d'après la statistique de Brocx (1), la mortlalité globale dans la cure radicale chez les enfants est de 20/0; si l'on ne prend que des enfants de un an el au-dessous de un an, la mortalité s'élève à 4,5 0/0. Voici les chiffres de Broca :

Eniants dettAr 2 anse. 070198 cas... 0 décès + à ‘ < La ©) 2 = Enfants de O0 à l an,.,…. DS cas.... 2-décès

On peut donc opérer sans eratnle les tout jeunes enfants, car la mortalité chez eux ne vient pas de Popéra-lion, mais des complications fbroncho-pneumonie).

Si les manœuvres de réduction par le taxis échouent, il faut sans relard-praliquer la kélolomie..

Quelquefois il arrive que la hernie rentre pendant la toilette de la peau sous l'action de la brosse, ou au moment de lincision de la peau. Broca, Félizet ne sont pas d'avis de temporiser pour cela; car, pour eux, la temporisation à des dangers, landis que l'action n'en a pas : on évitera ainsi à l'enfant des alertes et des périls h venir.

La kélotomié est pour Broca d'une bénignité aussJ parfaile que la cure radicale ; le pronostic dépend exelusivement du retard parfois apporté à l'intervention. « La kélotomie n’est pas responsable des échecs : c'est. le relard de l'opération qu'il faut incriminer el l'âge ne modifie en rien les conclusions auxquelles sont arrivés

(1) Masson. — Thèse Paris, 1903-1904,

MAO les chirurgiens depuis que l'antisepsie leur a démontré l’'innocuité parfaite de la kélotomie envisagée en soi » (Broca).

À propos de la technique opératoire de la kélotomie, nous nous contentons de rappeler qu'il faut agir avec la plus grande célérité. Por conséquent, après: avoir réduit l’anse herniée et fermé le sac, le chirurgien devra se contenter de refaire la paroi antérieure du canal. Comme anesthésique on choisira le chloroforme, lequel est très bien supporté par le nourrisson.

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