OBSERVATION II
(Bourdon Soc. anat. 1871, p. 278)
Sur le cadavre d'un homme mort à Ja suite d'une amputation de la cuisse, je remarque que le testicule gauche n'est pas dans le scrotum. mais au-dessus du ligament de Fallope.
[est petit, mais souple el sensible à la pression comme
celui du côté opposé, il semble suspendu à un pédicule long
= | 3 se
et grêle, qui me parait contenir, outre les éléments du cotdon, le corps et la queue de l'épididyme détaché du testicule dont je puis assez exactement apprécier la forme, car il est Situé immédiatement sous la | cau : je puis, par une pression de haut en bas, le refouler dans le scrotulu, mais il m'est im possible de le faire pénétrer dans le canal inguinal et de le repousser daïs l'abdomen.
Me guidant sur le testicule que je fais saillir au dessus du ligament de Fallope, j'incise la peau et tombe sur une poche entourée d'un tissu cellulaire lamelleux ; cette poche croise à angle aigu l'arcade crurale qu'elle déborde en haut et repose sur l’aponévrose du grand oblique dont elle est séparée par du tissu cellulaire très-làche ; je puis 'a disséquer facilement et la rabattre sur le scrotum ; faisant alors rentrer le testicule dans la tunique vaginale. j'enlève celle-ci ainsi que le cordon contenu dans un prolongement de la séreuse et.entouré par les fibres du erémaster.
A l'ouverture de l’abdomen je constate en avant eten dehors du point où le canaf déférent se recourbe, pour plonger dans le petit bassin. une ouverture froncée formée aux dépens du péritoine, souple et grisàtre à ce niveau ; le petit doigt peut être engagé par son extrémité dans cet orifice, qui se continue avec le canal vagino-périlonéal et permet de conduire un stylet dans le fond de la tunique vaginale. Les anses intestinales sont saines et ne présentent pas de traces de hernie ancienne
La pièce enlevée, on rémarque que le canal vagino-péritonéal aboutit au niveau de l'anneau inguinal externe, à une bifurcation conduisant dans deux cavités de même volume qui se séparent à angle obtus et communiquent par un assez
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large espace : l'une est la cavité vaginale contenue dans Le scrotum, l'autre un diverticulum en doigt de gant qui croise l'arcade crurale; on peut faire passer le testicule de line dans l’autre facilement.
Le canal, du point de sa bifurcatiom à son orifice péritohéal, a une longueur de deux travers de doigt, et une largeur moitié moindre, ses parois sont minces: sa surface interne lisse présente à sa partie moyenne un léger rétrécissement: à ce niveau la séreuse s’adosse à elle-même pour former une valvule circulaire mince, transparente, dont le bord libre est profondément déchiqueté et présente des filaments capillaires flottant dans l’eau et assez longs pour se rejoindre au centre du conduit.
Le bord adhérent de cette valvule est souple. et les deux lames ne peuvent être isolées par des tractions en sens op+ posé.
La valvule forme un cul-de-sac circulaire ouvert en haut et analogue à celui qui résulte de l’adossement des valvules sigmoïdes de l’aorte. |
La paroi postérieure du canal est soulevée par le canal déférent et les éléments du cordon, ainsi que par une accumulation considérable de tissu adipeux ; la séreuse les recouvre sans les entourer complètement.
Le testicule est petit, globuleux, de consistance normale : à sa place ordinaire est la tête de lépididyme ; entre le corps et le bord supérieur du testicule est le cul-de-sac normal tourné en dehors; sa queue n'adhère pas au testicule, et l'épididyme allongé, long de 12 centimètres et aminci, s’applique à partir de sa dernière moitié à la face externe de la tunique vaginale sous laquelle il fait un léger relief; par-
venu au fond de la cavité il se continue avec le canal déféférent qui remonte le long des éléments du cordon et s'enfonce dans le canal inguinal en arrière du conduit que nous avons décrit:
Le testicule est done suspendu à un pédicule dans lequel ne Se trouvent contenus ni l’épididyme, ni le canal déférent, et qui n’est absolument entouré par la séreuse qu'au‘dessous de l’orifice externe du canal inguinal.
Le diverticulum présente exactement l'aspect d'une cavité séreuse à surface lisse, à parois minces, facilement isolable des tissus voisins et sous-cutanés.:
Il n’y avait pas une goutte de liquide dans la cavité vagihale ni dans le diverticulum. L’anneau inguinal externe n'était pas dilaté et le testicule ne pouvait pas le franchir.
OBSERVATION III (Résumée)
Le Fort-Bull. gen. de thérapeutique, 1886, p. 49
Le 18 novembre, au soir, entrait dans mon service de l'hôpital Necker, avec tous les symptômes d’une hernie étranglée, un malade qui me donna, lors de la visite, le lendemain matin, les renseignements suivants sur son état antérieur. Ce jeune homme, âgé de 18 ans, robuste, bien constitué, s'était depuis longtemps aperçu que si son testicule gauche occupait sa situation normale, le testicule droit manquait dans le scrotum. Il avait deux ans, lorsque ses parents s'aperçurent qu’il avait à droite une hernie ingui-
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hale, pour laqueiïle il porta un bandag'e pendant un an, aprèë lequel la hernie parut guérie, et ne reparut pas, malgré soi rude métier de journalier.
L° 18 novembre, vers 10 heures du matin, en soulevaht un sac du poids de 30 k. il éprouva daris la région de l’aine droite, une vive douleur accompagnée d’un craquement et s'aperçut aussitôt de l'apparition d'une tumeur ingvinale. Dans l'aprés:midi, il alla à la garde-robe.
A cinq heures, le malaise augmente, vomissements.
On essaye de réduire la hernie, le soir.
Le lendemain 19 : La région inguinale droite est occupéé par une tumeur ovoïde. dont le grand axe est parallèle à l'arcade de Fallope, au-dessus de laquelle elle est placée, et qui se dirige vers l’épine iliaque antéro-supérieure jusqu'à deux travers de doigt de celle-ci. Cette tumeur, du volume d'un gros œuf, soulève fortement la peau, et cettesaillie forme un relief allongé trés saillant, très distinct, comme le ferait une tumeur tout à fait sous-cutanée. Elle est molle, fluctuante, sonore à la pression comme l'est une entérocèle. En bas et vers la ligne médiane, elle s'arrête au bord externe de l'anneau inguinal. De ce côté le scrotum est flasque, vide et, en effet, on constate l'absence du testicule, qui existe à gauche avec ses caractères normaux. Si on le cherche à droite, on ne le trouve pas au niveau de l’anneau mais dans le centre de la hernie et très en dehors de l'anneau, on à la sensation d'un corps plus résistant, sous-jacent à la hernie que je soupçonne être le testicule, supposition qui se justifiera plus tard, après la réduction.
En explorant l’anneau inguinal, on trouve au devant de lui, une tumeur molle, fluctuante quin'est qu'un diverticulum
(BR il de là hernie, car si on presse sur la tumeur qui longe le pli inguinal, on augmente le volume et la tension de cette poche, et la fluctuation se transmet facilement de l’une à l'autre tumeur. Si on presse sur cette tumeur secondaire,
On la vide en partie : toutefois son contenu est refoulé non
dans le canal inguinal, mais dans la tumeur principale qui augmente de volume et de consistance. Si alors, refoulant le scrotum, on cherche à introduire le doigt dans l'anneau inguinal, on l'y engage facilement et l’on constate qu'il est plus large, ou tout au moins aussi large qu’à l’état normal. En même temps, on sent que cet anneau n’est pas complètement libre et que le pédicule de la hernie s’y engage vers le côté opposé.
Je diagnostiquai unehernie congénitale avec ectopie testiculaire, heruie qui, arrivée au-delà de l'anneau inguinal, s'était recourbée en dehors, glissant sous la peau, et audevant de l’aponévrose du grand oblique, vers l’épine iliaque, parallèlement au pli de l’aine et présentant un petit diverticulum se dirigeant vers la racine du scrotum, sans y pénétrer. J’eus la pensée que l’étranglement était dû à ce que le pédicule de l'anse herniée dans le pli de l'aîné, se coudait brusquement à angle aigu sur l'arête formée par le pilier externe de l'anneau ; j'agis en conséquence et les phénomènes observés pendant la réduction confirmérent ce diagnostic.
Le taxis est fait en amenant l'intestin vers l’anneau, de
dehors en dedans et de haut en bas, puis l’anneau atteint, en
sens inverse, suivant la direction du canal inguinal. Une fois l'intestin réduit, il ne reste plus, dans le pli
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dé l’aine, que le testicule, nettement dessiné sous la peau et mobile. |
Le malade sortit au bout de 5 jours de l'hôpital, portant un bandage avec petite pelote connexe.