‹ De la houilleChapitre 102 sur 116 · ÉTUDES SUR LE BASSIN DE BLANZY ET DU GBBUIOT · texte numérisé non relu

ÉTUDES SUR LE BASSIN DE BLANZY ET DU GBBUIOT

par la ligne de partage des bassins hydrographiques de la Saône et de la Loire, qui le traverse obliquement. Mais, si les deux bassins se rapprochent par ces analogies, ils diffèrent essentiellement en ce que le bassin de Blanzy est presque entièrement recouvert par les grès bigarrés, et que, dans les zones littorales qui sont restées décoavertes, les gîtes houillers ont des caractères tout à fait spéciaux .

Le bassin du Creuzot et de Blanzy a été déjà décrit plusieurs fois * ; mais les documents sur lesquels sont basées ces descriptions datent de 1 840, et, depuis cette époque, les travaux souterrains se sont étendus de manière à résoudre beaucoup de questions restées jusqu'alors incertaines. Ces travaux, dus à Tinitiative de M. Jules Chagot, gérant des mines de Blanzy, et à M. Siraudin, ingénieur, ont mis en évidence des richesses considérables, et placé ce bassin parmi ceux qui présentent le plus d'avenir.

Nous avons indiqué précédemment la concordance qui existait entre les lignes géologiques qui limitent le bassin, et les lignes hydrographiques qui déterminent les thalwegs

* Mémoire sur le gisement de la houille dans le bassin de Saône-et-Loire, par Am. Burat, 1842. — Etudes sur les bassins houillers de Swkuhet-Loire. par Manès, 1844.

Nous avons indiqué dans le chapitre V (p. 335) les conditions générales de la forme de ce bassin houiller, et la probabilité de continuité souterraine, qui nous fait considérer les diverses parties restées à découvert, orome appartenant k un seul et même dépôt. Ces parties forment deux zones, dont la carte ci-jointe (PI. Xlfl) indique les contours et la situation; cette carte est réduite d'après celle de MM. Manès et Tarnier, qui a été ins^Tée dans le travail de M. Manès sur la géologie du département de Saôn&^t-Loire.

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et les lignes de faite ; il résulte de cette concordance qne les deux zones houillères se trouvent dans des conditions bien différentes relativement aux voies de communication. La zone méridionale suit les thalwegs des vallées de la Dheune et de la Bourbince, qui ont servi à rétablissement du canal du Centre, et trouve sur ce canal une voie d'ex* portation facile ; aussi est-elle couverte de travaux dans toute sa longueur, et alimente-t-elle exclusivement le commerce d'exportation. La zone septentrionale, au contraire, éloignée du canal, n'a pu fonder ses exploitations qu'en organisant des consommations sur place, et peutpétre estce de cette différence de situation que résulte la pénurie de cette zone, où les travaux de recherche ont été beaucoup moins développés.

Les roches qui composent les deux lisières visibles du bassin ont tous les caractères ordinaires du terrain houiller. Ce sont des grès et des schistes formant un grand nombre de variétés. Les grès dominants sont grossiers, composés de grains arrondis de quarz et de feldspath ordinairement kaolineux, micacés, grisâtres et souvent charbonneux. Ces grès alternent avec des grès fins et compactes, avec des psammites schistoïdes, et des argiles schisteuses grises, plus ou moins délitables, accidentellement très chargées d'em* preintes végétales. Au contact du terrain houiller avec les terrains anciens, se trouvent des conglomérats composés de galets et de blocs de granités et gneiss. Peu développés sud la lisière méridionale, ces conglomérats le sont beaucoup plus sur quelques points de la lisière du nord, où le mé-

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granitiques qu'il faut attribuer Tapparence toute particu* Hère de certains grès houillers de Saint-Bérain. Ces grès sont surchargés de feldspath rose en grains peu déformés, et de quarz hyalin en gros grains cristallins ^ de telle sorte qu'ils ressemblent à de véritables granités. En réalité, ce sont des granités remaniés par les eaux, car ils sont stratifiés et superposés à des schistes et à des couches de houille ; mais toujours est-il que plusieurs ingénieurs s'y sont trompés, et ont confondu certaines portions du terrain houiller avec rencaissement granitique.

Comme dans tous les terrains houillers, les parties supérieures des dépôts se surchargent de psammites et de schistes. Parmi ces schistes, le bassin de Blanzy en présente, sur plusieurs points, qui sont très bitumineux, gris et noirs, à pâte très fine et homogène; ces schistes bitumineux, qui se distinguent par une structure en feuillets sonores et quelquefois flexibles, résistent beaucoup mieux aux agents atmosphériques que les argiles schisteuses oixlinaires, et sont généralement aussi plus charbonneux ; en outre ils brûlent avec une flamme longue et blanche, et Ton peut, en réalité, les considérer comme une variété des combustibles minéraux.

Les parties supérieures du terrain houiller se lient généralement, par des passages assez bien ménagés, aux grès bigarrés qui les recouvrent, et, dans la plupart des puits placés sur les grès bigarrés, on passe au terrain houiller sans pouvoir tracer d'une manière précise la ligne de séparation des deux terrains. Cette incertitude rend les lignes

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tification, vers Taxe longitudinal du bassin, présentent probablement plusieurs de ces plis et contre-pendages, qui tendent à ramener les couches vers la surface, ainsi que cela a été observé dans tous les bassins qui ont une grande largeur.

La direction générale des couches de houille suit le mouvement des deux zones parallèles qui limitent le bassin ; mais cette direction éprouve elle-même quelques déviations, soit par les contournements de la stratification, soit par des failles ou des plis obliques qui rejettent diagona* lement les plans des couches.

Les deux zones houillères qui limitent le bassin ont une largeur qui varie depuis quelques centaines de mètres jusqu'à quatre et cinq mille; leur surface n'atteint pas 10,000 hectares, pour un bassin que nous avons supposé en avoir au moins 60,000. Malgré cette faible proportion des surfaces découvertes, on aurait pu encore définir Tallure probable des couches du bassin, si les gites houillers avaient eu quelque régularité; mais, dans aucun bassin, ces gttes ne présentent un caractère aussi prononcé d'instabilité et d'intermittence. Des lacunes stériles y séparent les couches les plus puissantes, à tel point que nous serons obligés d'étudier isolément chacun des gîtes connus; nous examinerons ensuite s'ils sont réellement séparés par des lacunes stériles, ou bien s'il est possible d'établir un lien entre eux, et de supposer qu'ils appartiennent aux mêmes couches, disloquées par des accidents postérieurs.

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