‹ De la houilleChapitre 116 sur 116 · FORMATION DO CALCAIRE CARBONIFÈRE · texte numérisé non relu

FORMATION DO CALCAIRE CARBONIFÈRE

çile de rencontrer une roche plus universellement utilisée.

Sous le rapport minera logique, la formation houillère est complètement distincte de celle du calcaire carbonifère ; bien qu'il y ait concordance de gisement, elle lui est superposée avec assez de netteté pour qu'on puisse fixer leur plan de séparation ; mais il est difficile de les isoler Tune de l'autre sous le rapport géologique. Si nous examinons, en effet, la superposition de ces deux formations» nous trouvons qu'il existe, sur beaucoup de points, un véritable passage de l'une à l'autre.

Nous avons déjà cité la concession de Château-l'Abbaye comme ayant présenté un exemple de ces passages, par le fait de l'intercaiation des couches de houille anlhraciteuses inférieures dans les alternances des calcaires carbonifères supérieurs. Le même fait se reproduit aux environs de Namur, où les calcaires noirs supérieurs contiennent souvent de petites couches de terroule. M. Alexandre Brongniart a pité depuis longtemps les houillères de la Rochette, près Liège, comme présentant, en alternance avec la houille et les schistes houillers, des bancs qui contiennent de gros rognons de calcaire coquiller. Le fait se reproduit en plusieurs autres localités, et notamment à Houlleux, près de Jupille, et dans les déblais de Gérardclos, du Trou-Souris, des Makets près Jemmapes , du Val-Benoit , etc. Les coquilles que l'on trouve dans ces calcaires sont indentiques à celles qui existent dans l'ampelite alumineux de Chockier. Ce sont , d'après M. Davreux , des unios (aculus et aniiquus de Sowerby), des peignes (papyraceus)^ semblables

466 FORMATION DU CALCAIRB CARBONIFAbE*

à ceax qai ont été signalés dans le terrain houiller de Verden sur la Rahr.

Mais ce qui établit surtout une liaison géologique œtie la formation du calcaire carbonifère et la formation houillère, c'est Texistence des poudingues, grès et peammites, qui alternent avec les calcaires, et que M. Dumont a désignés sous la dénomination de systèmes quarzo-achiateux. En étudiant ces couches arénacées, dont les éléments sont généralement grossiers et dans lesquels dominent les cail* loux roulés de quarz laiteux, on ne peut s'empêcher de les assimiler aux grès houillers, qui sont composés des mêmes éléments et dont les grains sont seulement plus fins. Si Ton supprimait les couches calcaires en alternance avec ces étages quarzo-schisteux , on n'y pourrait voir en réalité que des assises correspondantes aux conglomérats et poudingues qui forment les premiers dépôts des bassins houillers lacustres.

Les véritables grès houillers supérieurs au calcaire sont, en eflet, formés des mêmes éléments, mais réduits à une plus grande ténuité; ce sont les mêmes cailloux quarzeux, les mêmes éléments schisteux. Enfin, le développement des deux formations est tout à fait simultané; celles-ci partagent les mêmes accidents, si ce n'est que le système calcareoschisteux forme l'encaissement des roches houillères, et que celles-ci occupent ainsi des surfaces plus restreintes. Si donc les grandes divisions géognostiques doivent correspondre aux perturbations principales de la surface du globe , il est difficile de ne pas considérer comme appar-

tenant déjà aux dépôts de la période houillère ces poudingues et psammites qui alternent avec les calcaires carbonifères, surtout lorsqu'il arrive , comme sur la rive gauche de la Meuse au-dessous de Huy, que le terrain houiller, superposé d'une manière concordante au calcaire, commence immédiatement par ces argiles schisteuses, noires et pyriteuses, appelées schistes alunirères. N'est-il pas évident que , si Ton sépare les deux formations , il manque une base à ces schistes fins, d'autant plus qu'à 20 mètres de leur contact avec les calcaires carbonifères, les couches de houille commencent à se développer.

Porm»tt«B houillère.'

Les exemples de passages que nous venons de citer, entre la formation du calcaire carbonifère et la formation houillère, n'ont de valeur que sous le rapport géognostique; car, d'une part, ce n'est que par exception que l'on trouve quelques petites veines d'anthracite ou de terroule dans les calcaires ; et, d'autre part, il existe un contraste aussi complet que possible entre les caractères minéralogiques des

deux formations.

Ce contraste se manifeste d'abord par l'aspect superficiel: la formation houillère ne constitue généralement que des plateaux ou des collines arrondies comme celles des environs de Charleroy, de Namur et de liége, dont les pentes recouvertes de terres meubles et végétales sont bien distinctes des surfaces rocailleuses et dénudées de la formation

calcaire. Vient-on à entamer le sol houiller, par des pnitsj galeries ou tranchées, on n'y trouve que des roches à structure plateuse et schisteuse , résistantes lorsqu'on les entame, mais se délitant à Tair, et prenant Taspect jaunâtre de la rouille, lorsque le carbone divisé ne les a pas colorées en noir.

Nous avons précédemment indiqué les caractères gênéraux de cette formation houillère, qui, de Liège à Valenciennes, est remarquable par son uniformité. Les grès appelés kuerelUêy les schistes dits rocs ou e$ea%lle$f sont en réalité la reproduction des grès fins, psammites et argiles schisteuses de nos bassins lacustres; seulement, ils y sont plus plateux et plus stratifiés en petits bancs , et il est fort difficile d'y trouver des couches assez spécialement caractérisées pour servir d'horizons géognostiques. Les schistes alumineux de la vallée de la Meuse, placés à la base de la formation, les quarzites ou grès compactes qui accompagnent la veine ayeurie dans le terrain de Charleroi, fournissent des horizons locaux, souvent mis à profit ; mais en somme les roches houillères sont moins variées dans ces bassins marins que dans les bassins lacustres.

Mais ce qui donne surtout aux terrains houillers du nord un caractère tout spécial , c'est la manière dont la houille y est distribuée. La grande majorité des couches exploitées n'a qu'une épaisseur de 0°*,30 à 1 mètre, et c'est par exception que quelques-unes atteignent des puissances de l'^ySO et 2 mètres. On peut donc dire de la houille, ce que nous venons de dire des grès et des schistes : elle est plus divisée

en petits bancs et plus stratifiée. Le grand . nombre des coaches vient compenser leur faible paissance, et les épaisseurs réunies de toutes les veines, comparées à la puissance totale du terrain houiller , donnent des proportions qui s'approchent souvent de 1/30,. c'est-à-dire qui sont ana- .logues aux régions les plus riches des autres bassins. On appréciera ces conditions particulières du gisement de la houille, en examinant les coupes (PI. Y, VI, YII), et en les comparant à celles prises dans les bassins de la Loire, Saône-et-Loire, etc.

En cherchant les rapports qui peuvent exister entre les couches combustibles et les roches qui les encaissent, on a remarqué que les argiles délitables étaient souvent en contact immédiat avec la houille; que les kuerelles et psammites se trouvaient de préférence au mur des couches, tandis que les schistes quarzeux ou rocs étaient au toit, et d'autant plus colorés en noir qu'ils étaient plus voisins de la couche.

La stratification est tellement prononcée dans les couches de houille de ce bassin, que presque toutes sont divisées par de petits bancs de schiste-escaille, en plusieurs couches pu sillons distincts. Dans l'exploitation, ces divisions sont mises à profit pour les havages.

Nous avons indiqué comment les houilles varient de qualité, depuis les couches inférieures jusqu'aux couches supérieures, avec une généralité telle que cette qualité devient un horizon géologique qui permet de reconnaître si Ton se trouve dans l'étage inférieur qui ne contient que des

houilles maigres anthraciteases, dans Tétage moyen caractérisé par les houilles de forge, ou dans Tétage supérieur dont les charbons sont gazeux et flenus. Cette classification géognostique des houilles est à peu près la même dans toutes les parties du bassin.

Dans le terrain houiller de Liège, on compte 85 couches de houille, d'une puissance de 0™,1 5 à 1 °*,50 et même 2 mètres. Ce terrain est divisé en trois étages : Tétage inférieur, contenant 33 couches de houille maigre anthraciteuse, souvent terreuse et chargées de pyrites; Tétage moyen, comprenant 21 couches de houilles demi-grasses; enfin, Tétage supérieur, dans lequel se trouvent 31 couches de houilles grasses, les plus estimées de la localité*. Si l*on cherche à se rendre compte des proportions qui existent entre les couches combustibles et les roches dans lesquelles elles se trouvent stratifiées, on trouve qu'à Saint-Gilles, 1340 mètres de terrain houiller contiennent 61 couches, qui représentent à peu près 40 mètres d'épaisseurs réunies. C'est donc une proportion de 1/35.

 Charleroi, les conditions de gisement de la houille sont à peu près les mêmes. D'après la classification de M. Bidault', l'ensemble du terrain houiller y serait divisible en quatre étages, qui seraient, à partir de la base : 1^ le système des couches de Lambusarl, ou de la province

^ Description géologique du pays de Liège, par M. Du mont. — Cartes et coupes, par M. Mohren.

' Etudes minérales, par M. Eugène Bidault (arrondisscmenl de Char- Utoi).-^ Jdemy Elxploitalioo de la houille dans la province de Namur.

de iVamur, comprenant 25 couches de houilles maigres; la nature anthraciteuse de ces couches diminue sensible* ment à mesure qu'on s'élève de la base vers la partie supérieure de Tétage, de telle sorte que les dernières se rapprochent sensiblement du demi-gras. 2'' Le système des Ardinoises j qm contient 13 couches d'une nature assez variable; elles sont maigres dans les mat tresses-allures du territoire des Ardinoises , tandis que, dans la concession de Trieu-Kaisin et Petit-Foret , elles sont demi-grasses. 3^ Le système de la SabUmniire et de Lodelinsarij corn*" posé de 1 1 couches demi-grasses. A^ Le système de Mamhaur et de Monceauriur^Sambre y comprenant 20 couches de houilles tout à fait maréchales. On voit, qu'en réunissant le système des Ardinoises au système inférieur^ on aurait trois étages comparables à ceux du pays de Liège.

Un puits foncé près de Monceau-sur-Sambre recouperait toutes les couches exploitables des quatre étages; celles qui ont une puissance de 0°^,30 à 1™,50 sont au nombre de 73 ; il y en aurait 82 si Ton comprenait les veinettes au-dessous de 0™,25. Ce puits devrait avoir, suivant toute probabilité, de 1 ^200 à 1 ,400 mètres de profondeur.

A Mons, la série des couches de houille est plus nombreuse et plus complète. Elle se compose de 116 veines ou veiniats, formant quatre étages distincts dont nous avons déjà indiqué la classification. Ce sont, à partir de la base : 1* le système des charbons maigres, comprenant 45 couches; 2* le système des fines forges ou de GrtMuili exploité en grande partie pour la fabrication du coke, et

contenant 23 couches ; d"" le système des charbons durs , qui ne sont autre chose que des demi-gras, plus solides que les houilles de forges proprement dites, et comprenant 29 couches; 4"" enfin le système des flenus ,/ contenant 50 couches , dans lesquelles sont placées les principales exploitations des environs de Mons.

On voit qu'à Mons Tétage des houilles maigres est beaucoup moins développé qu'à Liège et Charleroi; que Tétage des houilles de forge y est également amoindri, tandis que Tétage supérieur, caractérisé par les houilles gazeuses ou flenues, occupe la plus grande surface suivant Taxe du bassin. De ce que les couches de flenu sont à la fois les plus nombreuses et les plus puissantes, nous sommes conduits, ainsi que nous l'avons dit précédemment, à placer le centre des dépôts un peu à Tôuest de Mons.

Les divers étages de houilles maigres, demi-grasses et de forge ont été recojmus sous le territoire de Yalenciennes, qui, à Touest de Mons, reproduit les conditions symétriques du territoire de Charleroi, situé à l'est. Ainsi, en se reportant aux indications données dans le chapitre précédent sur le système inférieur des houilles maigres de Vieux- Condé, Fresneset Vicoigne, on peut voir que cet étage inférieur est, de môme qu'à Charleroi, beaucoup^ plus développé qu'à Mous, tandis que l'étage des charbons flenus n'existe plus.

L'élage des houilles maigres est le mieux connu, et doit comprendre au moins trente couches distinctes, dont la puissance varie de 0™,30 à 1™,40. A Vicoigne, les galeries

fie traverse ontl ,000 mètres de longueur, et, d'après Tinclinaison des couches, elles ont exploré environ 600 mètres de Tépaisseur normale des dépôts ; dans cette épaisseur, on a recoupé dix-sept veines qui , défalcation Taite des nerfe intercalés, donnent une épaisseur totale de 1 1 mètres. C'est donc, comparativement à Tensemble des dépôts, une richesse de 1/54.

Cet étage des houilles maigres est surmonté d'un étage caractérisé par des houilles plus ou moins demi-grasses, désignées sous les dénominations de charbons durs ou charbons secs. Ce second étage parait varier dans son développement, et n'est bien connu qu'aux environs d'Aniche, où i! comprend de 20 à 30 couches de 0° ,30 à O'^ySO de puissance, et dont l'inclinaison générale est au sud, sous vingt à quarante degrés. Les fosses dites Saint-Louis et la Renaissance qui se trouvent dans la partie la plus riche, ont rencontré un faisceau de 14 veines représentant plus de 6 mètres d'épaisseur de houille, dans une épaisseur de 260 mètres de dépôts : c'est une proportion de 1/44. Ces charbons deviennent un peu plus gras à mesure qu'on s'élève dans la série géognostique des dépôts, et conduisent, de couche en couche, à l'étage des charbons gras, qui est recoupé par les fosses d'Aoust et d'Azincourt, et comprend au moins 1 6 veines exploitables.

L'étage des charbons gras est celui qui est exploité sur toute la ligne méridiotale , par les lignes de Denain , Abscon , Saint-Vaast et Anzin ; il y termine la série des dépôts, en s'appuyant immédiatement sur les poudingues

de Bornot, par snite do déplacement de i'axe, que nous avons précédemment signalé.

Si Ton compare Tenôemble de ces trois étages houillers au terrain de Charleroi, on trouve encore quelques diiTé^ rences importantes. Les épaisseurs maximum des couches, qui sont de 1 ",40 pour la grande veine de Yicoigne , et del^'ylO pour la grande veine d'Ânzin, sont notablement inférieures aux épaisseurs des grandes couches de Qiàrleroi, car celtes^ci atteignent et dépassent 2 mèfarM; la moyenne, surtout, des puissances est au dessous de celles de Charleroi; de telle sorte, que, bien que le nombre des couches paraisse aussi considérable, la richesse du terrain est beaucoup moindre. La comparaison est d^autant plus défavorable au terrain de Valenciennes , que répaissenr totale des dépôts y est plus considérable; il en résulte que les veines sont généralement plus distantes les unes des autres, et qu'un même puits, dans son rayon d'exploitation, en atteint un moins grand nombre. Delà une grande différence dans la production d'un même puits; dans les chai^ bonnages belges, un puits atteint souvent 4,000 hectolitres par jour, tandis que les puits les plus actifs d'Anzin, Denaîn ou Yicoigne ne dépassent pas 2,000. Il semble donc que la pattie occidentale de la zone houillère soit moins riche que la partie orientale, et qu'on doive s'attendre à une décroissance progressive à mesure qu'on s'éloignera de Valenciennes et de Douai *.

^ Nous avons donné, dans les chapitres précédents, riiislorique des principales recherches qui ont amené la découverte des parties de là

Stmeinre et Accidents des coachee*

Nous avoDS dit que le bassin belge avait été comprimé de manière à réduire sa largeur aux deux tiers ou à la moitié de sa largeur primitive, et de telle sorte que les couches déposées horizontalement présentaient une série de plis en Y et en \j parmi lesquels dominaient les maî-

zone houillère sous le territoire français; noos compléterons ees documents par l'extrait suivant d'un rapport de M. Rulmann, membre du jury pour l'Exposition des produits de l'industrie, en 4847.

La première découverte de la houille eut lieu h Fresne, et remonte k i7S0. En 4734, la houille grasse fut découverte k Ânzin, par la compagnie Desandrouin, Taffln et Mathieu, à qui Ton doit aussi l'inYonlion du cuvelage, et l'introduction de la première machine k vapeur en France. En 4757, par suite d'une transaction entre diverses compagnies rivales, la compagnie d'Ânxin prit naissance. En 4790, cette compagnie employait 4,000 ouvriers k extraire anntiellement 3,7S0,000 quintaux métriques de houille. De 4734 k 4790, une foule de compagnies engloutirent des capitaux considérables dans des travaux de recherches ; la houille fut trouvée k Âniche, k Saint-Saulve, k NoIre-Dame-aux-Bois et k Forest. Âniche seul fut l'objet d'une exploration régulière, mais peu profitable.

Lors de la révolution, en 4792, les Autrichiens détruisirent en partie nos établissemenls houillers. Après la tourmente de 93, l'exploitation eut lieu au nom de l'Ëtat; mais bientôt elle passa de nouveau k la compagnie actuelle des mines d'Anzin. Le gouvernement reconnut k cette compagnie quatre concessions, celle de Fresnes, celle de Raimes, celle d'Anzin et celle de Vieux-Condé. De 4790 k 4800, la production de cette compagnie s'esl réduite de 3,790,000 k 2,200,000. En 4 830, nous la trouvons de 4 millions, de 6 en 4840, et de 8,852,356 en 4847. L'extraction s'opère aujourd'hui au moyen de cinquante-six puits, munis de cinquante-trois machines d'une force totale de 1,403 chevaux, et k l'aide de 7,000 ouvriers, doàt 6,000 employés aux fosses et 4 ,000 dans les chantiers.

Deux concessions nouvelles, celles d'Odomez et de Denain, ayaient été accordées it cette compagnie en 4834 et 4832.

La compagnie d'Aniclie, peu développée et peu prospère, ne produisait guère encore, en 4839, que 200,000 quintaux métriques de houille; elle en donnait 600,000 en 4841, 800,000 environ en 4846, et 960,000 en 4647. Elle est en voie de progrès. Les découvertes récemment faites k l'Es-

tresses allures qui détermiDent un fond de bateau et un ennoyage principal. La compression a été très prononcée sur la lisière du sud; les allures y présentent des zigxags multipliés et des droits ou drenants très étendus; tandis que, sur la lisière du nord, les allures en plats ou plaieures sont dominantes et régulièrement se soutiennent sur des espaces considérables.

carpelle lui promellenl un très long avenir ; elle est en effet assurée de trouver du charbon sur une étendue de 42 kilomètres eoTiron, qui n'arait pas encore élé explorée.

En 4832 y le gouvernement accorda des concessions à deux nouvelles compagnies, celle de Doucby et de Bruille.

Les premiers travaux de la compagnie de Doucby furent suivis de peu de succès. En février 1833, ses actions, i/26, avaient de la peine à se vendre 2,230 fr. ; mais bientôt l'engouement s'empara de ces valeurs, et en janvier 1834 l'action valait 300,000 fr.; on ne saurait dire œ qui avait occasionné cette hausse incroyable, car on ne trouva de houille k Bœulx, près Lourches, qu'en mars 1834. Cette impulsion de hausse des actions fut suivie de loin par la compagnie de Bruille, et développa cette lièvre de spéculation k jamais déplorable, et dont les effets furent si désastreux. De loules les compagnies qui se formèrent alors, quatre subsistent: celles de Douchy, de Vicoigne, de Fresoes-Midi et d'Azincourt. Celles de Bruille et de Marly trouvèrent bien de la houille , mais furent obligées d'abandonner leurs travaux.

En i83G, Texlraclion des mines de Douchy donnait déjà près de 1 million de quintaux métriques de houille. Ce chiffre s'élève aujourd'hui k 1,625,000.

La concession de Vicoigne, accordée en 1841 seulement, donnait déjà, en 1840, 345,000 quintaux métriques de charbon; elle en donne aujourd'hui 774,000.

La compagnie de Fresnes-Midi, formée par la réunion des trois compagnies concessionnaires de Thivencelles^ d'Escaupont et de Saint-Aybert, et qui produisait en i840 moins de 15,000 quintaux métriques de houille maigre, en produit aujourd'hui 120,000. La concession d'Escaupont est seule exploilée.

La compagnie d'Âzincourl, limitée en 1840 à une production de 86,000 quinlaux métriques de houille, produit aujourd'hui 400,000 quintaux.

En résumé, il y a dans le bassin de Valenciennes douze concessions

Ces plis transversaux, se combinaDt avec les plis longitudinaux dont nous avons également signalé Texistence, donnent aux couches la forme d'une série d'entonnoirs ou

exploilées et six compagnies exploitantes , sur une étendue de 426 kilomètres-carrés. Ces produits ont été successivement :

1790 — 3J90,000 quinUux méU*. 1843 — 8,577,830 quintaux métr.

id.

id.

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id.

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Deux compagnies de recherches méritent d'être citées.

La compagnie dite des Ganonniers de Lille, qui poursuit depuis longues années et a?ec une louable perséYérance, des travaux qui malheureusement n'ont encore abouti qu'à la rencontre de trois couches peu épaisses et peu régulières de houille maigre; la fosse de Marchiennes, que celte compagnie a fait ouvrir, ne paraît pas destinée à Tindemniser des dépenses considérables qu'elle a faites.

La compagnie de la Scarpe, dont le siège est à Cambrai, a été plus heureuse; c'est un fait de la plus haute importance que la découverte par celte compagnie du terrain houiller k l'ouest de la commune d'Aniche. Par suite, une fosse a été entreprise en 1848, près du fort de Scarpe, et poussée ayec la plus grande activité : on vient d'y rencontrer le terrain houiller k la profondeur de 454 mètres. Quelques mètres plus bas on a percé une couche de houille demi-grasse. Il parait probable qu'on a enfin découvert le prolongement vers l'ouest de la bande houillère. Cette bande ne peut pas s'interrompre brusquement ; il y a lieu de la chercher plus au couchant encore, c'est ce que font deux sociétés différentes établies dans le Pas-de-Calais, aux environs de Carvin.

L'influence des établissements houillers sur l'accroissement de la population est une chose à noter. Il y avait :

A Anzio, en 1699, 221 hab. En 1788. 2,982.

A Fretnvt. — 248 — — 1,875.

A Vîeux-Condé, — — — 1,316.

A Donain, — — — En 1831, 1,601.

A Lourches, -» — — En 1836, 739.

En 1846, 4,422.

Celte influence est également remarquable au point de vue du salaire

bassins accolés, séparés les uns des autres par lés points culminants ou les arêtes saillantes des plis ou selle.

Cette division en bassins distincts, ayant chacun leur centre et leurs axes, est encore rendue plus évidente par les dénudations que les dépôts houillers, ainsi ployés, ont dû subir. Les parties saillantes des plis en selle ont été généralement enlevées par les eaux ; en sorte qu'il y a interruption des couches, sur un parcours plus ou moins long, lorsqu'on passe d'un bassin dans l'autre.

Les parties détachées des zones littorales présentent surtout cette disposition , parce que les plis qui les isolent n'ont pu affecter qu'un certain nombre des couches inférieures , les couches supérieures occupant toujours la région centrale. Après le dépôt, et lors même qu'elles étaient encore horizontales, les couches devaient couvrir, en effet, des espaces décroissants à mesure qu'elles étaient plus

des ouvriers. Ce salaire augmente alors même que le béoéGce de l'exploiianl est slationnaire ou même diminué.

Ainsi, un bon ouvrier mineur gagnait en 1790 1 fr. 67 cent, en douze heures de travail, et peut gagner aujourd'hui 3 i'r. 30 cent, eu huit heures. La moyenne du salaire journalier de l'ouvrier, tant au jour qu'au fond, enfants compris, était en 1790 de 0 fr. 90 cent.; elle est aujourd'hui de 1 fr. 66 cent. /

En 1790, la compagnie d'Anzin payait en salaires annuels, pour 4,000 ouvriers, 1,080,000 fr.; elle paye aujourd'hui, à 7,000 ouvriers, 3,500,000 fr. Cependant les actionnaires d'Anzin se partageaient, en 1790, 1,200,000 fr. de bénéûces annuels, et aujourd'hui, avec un capital inGniment plus considérable, ils se partagent, en moyenne, environ 1 ,800,000 fr. Ainsi, avec des bénéfices moindres, eu égard au capital, avec des produits . doubles, le nombre des ouvriers employés n'est augmenté que dans la proportion de 1 k 1 3/4 , tandis que la somme des salaires s'est accrue dans la proportion de 1 èi 2 3/4.

récentes, et présenter cette structure imbriquée que nous avons déjà signalée, notamment dans le bassin de la Loire.

C^tte division en bassins isolés se complète par Tapparitio9 de zones calcaires que les soulèvements ont souvent ramenées jusqu'au jour, ou que les dénudations ont atteintes. Ainsi, le bassin de Liéj|[e se compose de trois grands bassins distincts; celui de Liège qui est le principal, séparé par des failles en plusieurs groupes ou trainê é^ cQuçheê; celui de Battice ou de Glermont, et celw de Huy. Outre cette distinction établie par les affleurements et les ennoyages principaux , on distingue quatre petits bas* sins latéraux, en partie détachés par des saillies de calcaire carbonirère, et ne présentant que quelques couches inférieures de houille maigre ^

A Test de Mons, dans les bassins de Charleroi et de Liège, la compression du terrain houiller a affecté, à peu près dei la même manière, les deux lisières de la zone houillère, et les pendages du nord et du sud se trouvent dans des conditions analogues; mais, du côté de l'ouest, la différence que nous avons signalée se maintient sur toute l'étendue qui est connue, depuis Mons jusqu'au-delà de Valenciennes., Les travaux établis sur la lisière septentrionale, où les couches sont en plats réguliers, sont, par conséquent, dans des conditions différentes de celles de la lisière méridionale, où dominent les allures en droits, avec des plis mul-*, tipliés. Vers les mines d'Aniche et d'Azincourt, l'allure sq

^ DftTreux, proTiace de Liège.

modifie, en ce sens que tous les pendages connus, même ceux du faisceau de houilles grasses, sont vers le sud. Le soulèvement de tout le terrain parait ainsi avoir ea lieu dans le même sens, et Tépaisseur des morts-terrains, qui, au nord d^Aniche, n'est guère que de 1 1 0 à 1 20 mètres, est, au sud d'Azincourt, de 1 60 à 1 70 mètres.

Ce qui caractérise d'une manière toute particulière les couches de houille du bassin belge, c'est que, malgré tous les ploiements qui les ont affectées , et malgré leur puissance très faible comparativement à celle des houilles des bassins lacustres, elles conservent une grande régularité. Ainsi, il existe bien des étranglements ou étreintes, et même des coufflées, surtout dans les parties qui ont été relevées en droits, mais, généralement, le plan de la couche reste assez distinct pour guider les recherches. Rarement les couches sont interrompues par ces brouillages et ces lacunes stériles qui jettent tant d'incertitudes dans les études et les tracés géologiques. Aussi, malgré la complication de la distribution de la houille dans les dépôts houillers du nord, le tracé graphique des couches, en plan et coupes, est-il beaucoup plus avancé que dans nos bassins du centre. Ce rapprochement doit confirmer ce que nous avons dit précédemment, que la plupart des lacunes stériles qui interrompent les grandes couches lacustres résultent plutôt d'accidents contemporains des dépôts, que de perturbations postérieures.

Le principal accident des couches du nord est l'amaigrissement. Leur puissance est ordinairement si peu consi-

dérable, qu'une diihiniitioD de 25 à 50 centimètres rend rexploitdtion tout à fait impossible, tandis que dansuoe grande couche ce ne serait qu'une ondulation insignifiante. Ces diminutions de puissance se maintiennent sur des espaces considérables , précisément à cause des ' conditions générales de régularité du terrain; et de là des lacunes, non pas de stérilité mais de pauvreté, car dans la plupart des cas cet amoindrissement affecte à la fois tout un faisceau de couches.

Les failles secondaires, à rejets de 5, 10 et 20 mètres, sont assez nombreuses dans ce terrain houi lier,* et nous avons eu occasion d'en citer plusieurs exemples; mais les grandes failles qui affectent toute l'épaisseur des dépôts sont, au contraire, très rares. Ces grandes failles ne se rencontrent guère que dans le pays de Liège, où elles sont aujourd'hui assez bien connues pour qu'on en ait pu faire le tracé '. Elles sont tantôt linéaires, tantôt onduleuses et branchues, avec des épaisseurs de 5 , 1 0 et 50 mètres et se poursuivent sur des longueurs de plusieurs kilomètres. Ainsi, l'on cite une de ces failles qui part de la houillère de Sardavette, à l'est des Awirs, se divise en plusieurs branches au nord-est et au nord-ouest de la ville de Liège, et se dirige en ligne plus ou moins sinueuse sur Hermée, au-dessous de Herstal. Ces failles , remplies d'argile et de toute sorte de débris, donnent généralement beaucoup d'eau dans les mines; aussi évite-t-on de les traverser par des galeries et même de les joindre par les travaux d'abattage.

* Carte géologique de la province de Liégff, par M. Mohrcn.

482 COHCLUSION.

Cette description rapide des jpiriQcipales conditions du 'gisement de la houille, dans les trois bassins où les conditions de ce gisement diffèrent le pins, fait voir qa*on retrouve cependant toujours à peu près les môùies faits. Le nombre et la puissance des couches, et surtout leur continuité, sont les éléments les plus variables; quant aux accidents qui en modifient rallure, ils ne diffèrent guère que par la prédominance des plis sur les failles, on réci«* proquement. Lorsqu'on explore des surfaces houillères étendues, les conditions physiques de la surface viennent jeter une grande variété dans les observations; aAssi, malgré les répétitions auxquelles on est entraîné, les études locales sur chacun des bassins préseotent-eiles toujours quelques traits particuliers qui Tindividualisent. Les des* -criptions de la plupart de nos 58 bassins houîllers seraient donc des appendices très utiles à ce traité, si le cadre que nous nous sommes tracé n'était déjà suffisan^ment rempli ; mais nos lecteurs pourront retendre eux-mêmes en étiH diant les nombreux travaux qui ont été publiés dnns le§* divers ouvrages de géologie. - i

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