‹ De la houilleChapitre 16 sur 116 · TOURBIÈRES · texte numérisé non relu

TOURBIÈRES

craSy et dont Tépoque actuelle noas présente le maximam : c*est, par exemple, le développement des espèces animales et végétales. Si donc, les bancs coquillers, les coucher madréporiques qui se forment aujourd'hui, tendent à constituer des phénomènes plus généraux et plus puissants que par le passé , il doit en être de même des accumulations végétales, dont les diverses périodes géologiques nous ont conservé des témoignages si intéressants , sous forme de houilles et de lignites.

La végétation qui s'est développée sur la plus grande partie de la surface du globe, constitue probablement aujourd'hui un fait plus général et plus étendu qu'à aucune é{K)que géologique, mais cette végétation ne laisse que bien peu de traces de son existence; une faible épaisseur de terre végétale est, en quelque sorte, la seule trace de son passage. La décomposition des végétaux est, en effet, dans la plupart des cas, putride, c'est-à-dire gazeuse, et il en résulte peu de carbone isolé; la destruction a lieu* de la même manière que le développement. Ainsi, cette végétation qui, depuis tant de siècles, imprime un caractère si tranché et si varié aux surfaces continentales de l'époque actuelle, laisserait des vestiges bien faibles, si une révolution géologique, semblable à celles des temps passés, venait à la détruire. 11 faut en conclure que ce n'est pas dans les conditions ordinaires de la production et de la décomposition des végétaux qu'on peut chercher l'origine des combustibles minéraux.

Les tourbières présentent des phénomènes tout différents.

La prodaction des végétaux, sUmalée par les coDditions par-^ (iculières de ces foyers , y est plus active que partout ailleurs ; leur décomposition est iDcx>mplète et se produit de manière à laisser sur place la plus grande partie du carbone. £n réalilé, le phénomène du tourbage n'est pas une décomposition , c'est presqu'un phénomène de conservation des végétaux, conservation qui parait résulter d'une sorte de fermentation dans les eaux stagnantes.

La plupart des tourbières se trouvent, en effet, dans des plaines basses, où les eaux n'ont qu'un écoulement diflScile et forment une nappe de peu d'épaisseur. Telles sont, dans les grandes vallées de la Somme (Amiens), de la Seine (Essonne), de la Loire (environs de Nantes), les tourbières qui se sont formées à la surface des plaines latérales. Dans certaines contrées, ces plaines tourbeuses ont im niveau inférieur à celui des fleuves, dont elles sont, isolées par des digues naturelles produites par les atterrissements.

Dans les pays de montagne , on remarque souvent de petits fonds marécageux, très unis, couverts d'une végétation vivace et toujours verte , même pendant les temps de sécheresse; ce sont de petites tourbières, telles qu'on en rencontre fréquemment dans les Ardennes , dans les. Vosges, etc...

Sur les côtes très planes, telles que celles de la Hol-* lande, du nord de la France, des Landes, etc., l'action de la mer forme des levées de sables et de galets derrière lesquelles se trouvent des lagunes et des marécages d'eiau

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douce. Ce phéDomène est surtout très prononcé eu Hollande y où d'immenses tourbières se sont développées sur les plaines marécageuses ainsi séparées de la mer ; ces plaines tourbeuses sont ce que Ton appelle, en Allemagne et en Angleterre, moor ou moos.

Cependant, le phénomène du tourbage se produit aussi, dans un grand nombre de cas, sur des pentes sensibles qui se sont couvertes de plantes basses et serrées. Ces planta forment un tissu spongieux, et lorsqu'elles sont dominées par des sources, elles retiennent constamment une lame d'eau qui favorise leur transformation en tourbes. Telles sont certaines pentes des montagnes de la France centrale^ des Vosges, du Fichtelgebirge, etc.. Toutefois, la gêné» ration de la tourbe est loin d'être aussi active sur ces déclivités que dans les tourbières proprement dites, et la tourbe y est plus mélangée de parties terreuses.

D'après les observations de M. Élie de Beaumont, il se développe, dans les eaux stagnantes et peu jprofondes des tourbières, deux espèces de végétations; l'une, au fond, produite par les plantes aquatiques; l'autre, à la surface, produite- par des végétaux terrestres qui ne tardent pas à s'implanter sur la pellicule solide que forment les feuilles, les bois morts et surnageants, les poussières flottantes, etc. Les végétaux terrestres , une fois développés, forment un gazon superficiel, dont la solidité va toujours croissant; il s'y implante des arbres, et, dans un grand nombre de cas, la surface est assez solide pour qu'on puisse la parcourir. Le sol tourbeux, ainsi superposé à une lame d'eau, se re*

connaît ordinairement à son élasticité et. au son qu'il rend lorsqu'on le traverse.

Pour bien apprécier le phénomène de Taccroissement des toiirbièreSy il suffit de bien se rendre compte de leur struc» ture intérieure. Le gazon superficiel forme une surface solide, élastique, au-dessous de laquelle se trouve Teau , remplie par les plantes ascendantes du fond, et les racines descendantes du gazon; ces plantes et ces racines enchevêtrées déterminent un feutrage spongieux. Du fond de Teau, se développent et montent les plantes aquatiques, qui augmentent l'épaisseur du feutrage et dont la décomposition successive accroft incessamment l'épaisseur de la tourbe. Cette tourbe se stratifié à mesure qu'elle se produit, et elle exhausse le fond de la tourbière.

L'eau, qui parait le principe de l'action du tourbage, semble devoir sa propriété conservatrice à quelques faits analogues à ceux du tannage des peaux. Il faut, pour que cette action se produise, que l'eau soit presque complètement stagnante, car lorsqu'il existe des sources sur le fond d'une tourbière, le développement et le tourbage des plantes est d'autant plus troublé que le mouvement produit par la source est plus considérable.

Ces sources du fond ont, en outre, l'inconvénient d'établir, dans la partie solide des tourbières, des solutions de continuité qui en rendent le parcours très dangereux. Si l'on vient à marcher sur une de ces fondrières, le sol manque, et, lors même que la tourbière est peu profonde, plus on fait d'efforts pour en sortir, plus on s'enfonce dans le

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